Pavillon de l'Allemagne

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worldfairs
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Les architectes du pavillon allemand - Egon Eiermann et Sep Ruf

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Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

Egon Eiermann (1904- 1970)

Egon Eiermann, devenu célèbre par ses constructions à ossatures métalliques dépouillées, froides et fonctionnelles mais caractérisées par une légèreté transparente, fit des études d'architecture de 1923 à 1927 à l'université technique de Berlin, où il fut l'élève de Hans Poelzig de 1925 à 1928. Jusqu'en 1936, année de son premier voyage aux États-Unis, il travailla dans un bureau avec Fritz Jaenecke. En 1941, Eiermann conçut les décors pour la mise en scène par Gründgen de "Alexander" au théâtre am Gendarmenmarkt. Son bureau de Beelitz fut détruit en 1945. Peu après, il poursuivit son travail en 1946 à Mosbach (Odenwald) en qualité de directeur du Bureau national de conseil en matière de construction, puis à partir de 1948 à Karlsruhe en tant qu'architecte indépendant et chargé de cours à l'école d'architecture.

Jusqu'en 1965, il y travailla dans un bureau commun avec Robert Hilgers et devint collaborateur de la revue d'architecture "Baukunst und Werkform". Dans les années 50, il effectua plusieurs voyages d'étude aux États-Unis, où il rencontra entre autres Walter Gropius, Marcel Breuer et Mies van der Rohe. En 1954, Eiermann dirigea la construction de la section allemande de la Xe Triennale de Milan et devint un an plus tard membre d'honneur de L'Académie des Beaux-Arts à Berlin. Après avoir obtenu en 1956 la commande pour le Pavillon à Bruxelles, il fit partie avec Sep Ruf et Paul Baumgarten du Comité d'étude pour la construction des nouveaux parlement et sénat allemands à Bonn. Eiermann mourut en juillet 1970.

C'est en particulier dans ses derniers édifices pour Olivetti à Francfort, IBM à Stuttgart et la tour des députés à Bonn que s'épanouirent pleinement les principes d'un architecte qui s'était toujours prononcé contre les excès des fantasmes et la recherche d'effets de la monumentalité au profit d'une fonctionnalité explicite et authentique : "De nos jours, construire signifie établir des règles à l'aide d'analyses technico-scientifiques et économiques et créer de nouvelles formes avec ces nouvelles règles. (...) Nous comprendrons que dans ces règles, la logique, la pureté, en d'autres termes le concept éthique de la vérité, jouent le rôle décisif. La vérité est un élément du beau, la condition préalable à l'oeuvre artistique. " (Eiermann dans une lettre à Josef Neckermann du 19.3.1960)


Sep Ruf (1908-1982)

Après ses études d'architecture à l'université technique de Munich (1926-1931) Sep Ruf travailla avec son frère Franz Ruf en tant qu'architecte indépendant. Après différents projets de construction de logements, Ruf, devenu entre-temps professeur d'architecture et d'urbanisme à l'académie de Munich et conçut le complexe plan d'aménagement pour le Germanisches Nationalmuseum à Nuremberg. Un an après avoir obtenu avec Eiermann la commande pour le Pavillon à Bruxelles, il commença avec la construction de l'institut Max-Planck, du consulat général américain et de l'extension de la Bibliothèque nationale bavaroise (tous à Munich) et devint en 1962 membre du Comité d'étude pour le nouveau parlement à Bonn. En 1963, il conçut le bâtiment d'habitation et de réception du Chancelier fédéral. Après son voyage aux États-Unis, Ruf construisit son propre atelier à Grünwald. Après l'étude du centre de calcul IBH à Munich, de l'ambassade de la RFA à Vienne et de l'immeuble administratif Est de la Bayerischen Vereinsbank, Ruf conclut en 1971 un partenariat avec quatre autres architectes. De cette collaboration jusqu'en 1981 sont entre autres issus le parlement à Düsseldorf, le hall de l'aérospatiale du Deutsches Museum à Munich, ainsi que des bâtiments pour les studios de cinéma Bavaria. C'est en particulier sa capacité de réagir avec l'architecture à la situation existante du paysage ou urbanistique et, outre des réflexions fonctionnelles, de faire d'un dialogue entre ces éléments la base des projets qui lui attira la plus grande considération.

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Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

Contrairement aux projets technicistes caractérisés par une tension dynamique ou une légèreté aérienne, d'autres architectes, renouant avec la tradition de l'architecture du Bauhaus, se référèrent à des formes géométriques simples. De nombreux pays tels que la Suisse ou le Japon renoncèrent à d'énormes bâtiments pour mettre individuellement en valeur des parties du site avec des groupes de pavillons s'insérant rythmiquement dans le Parc.

Un exemple éminent de la combinaison de ces approches fut le projet de Sep Ruf et Egon Eiermann, qui furent chargés en 1956 de concevoir en commun le Pavillon Allemand. Contrairement au projet initial de construire un bâtiment en longueur, on se décida pour une chaîne fermée de petits édifices. Sur le versant du Parc Royal, huit bâtiments de un à trois niveaux érigés sur un plan carré étaient regroupés en un ensemble rectangulaire qui entourait un jardin avec de vieux arbres. La construction de chaque bâtiment se basait sur des piliers en acier qui, vus de l'alignement extérieur, étaient décalés de trois mètres vers l'intérieur. Devant eux se trouvaient les murs extérieurs transparents en verre à glace entourés de minces cadres en acier, et se terminaient à 50 centimètres en dessous du toit pour permettre une ventilation naturelle. Entre l'alignement extérieur avec des poutres peintes en noir et des tubes blanc soudés, il y avait de la place pour un balcon décoratif large de 1,20 mètre, qui renforçait l'impression structurelle de trois plateaux de toit flottants superposés. Tous les éléments de l'assemblage furent fabriqués en Allemagne pour être seulement vissés à Bruxelles.
Pour regrouper formellement les pavillons et les rendre facilement accessibles malgré la pente, les bâtiments étaient reliés entre eux par des passerelles à la hauteur du deuxième étage. À partir du versant, on pénétrait en haut sur le site par un pont qui était suspendu par trois paires de câbles à un pylône d'acier en forme d'aiguille haut de 50 mètres, et menait par un escalier aux passerelles de jonction. Ainsi, le plan clair de l'ensemble se révélait tout d'abord au visiteur, puis, selon une perspective plus basse, les limites des différents bâtiments semblaient se résoudre dans leur infinie transparence. Cet effet se prolongeait même dans la conception du jardin de Walter Rossow, où, contrairement aux énormes fontaines éclairées de diverses couleurs des autres pays, des parties du site se reflétaient dans des pierres plates et rondes, dont les surfaces polies étaient recouvertes d'un fin film d'eau.

Dans la presse contemporaine, la contribution allemande reçut de grandes louanges en raison de sa simplicité retenue et de sa rigueur, mais on lui reprocha parfois aussi une certaine « médiocrité » ou « modestie conformiste ». L'approche claire, rigoureusement formaliste du concept spatial, combinée à l'exposition se voulant instructive « Vie et travail en Allemagne » devait être le pendant conscient à la démonstration de force allemande du Pavillon d'Albert Speer à Paris en 1937, mais les contemporains déplorèrent le manque de propre réflexion sur les conséquences du national-socialisme et de confrontation critique avec la question de la division de l'Allemagne.

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