Pavillon de l'Allemagne

Brussels 1958 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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Pavillon de l'Allemagne

Message par worldfairs » 15 févr. 2017 08:47 am

Texte extrait d’un CD de Expo 2000 Hannover – L’histoire des Expositions Universelles

Contrairement aux projets technicistes caractérisés par une tension dynamique ou une légèreté aérienne, d'autres architectes, renouant avec la tradition de l'architecture du Bauhaus, se référèrent à des formes géométriques simples. De nombreux pays tels que la Suisse ou le Japon renoncèrent à d'énormes bâtiments pour mettre individuellement en valeur des parties du site avec des groupes de pavillons s'insérant rythmiquement dans le Parc.

Un exemple éminent de la combinaison de ces approches fut le projet de Sep Ruf et Egon Eiermann, qui furent chargés en 1956 de concevoir en commun le Pavillon Allemand. Contrairement au projet initial de construire un bâtiment en longueur, on se décida pour une chaîne fermée de petits édifices. Sur le versant du Parc Royal, huit bâtiments de un à trois niveaux érigés sur un plan carré étaient regroupés en un ensemble rectangulaire qui entourait un jardin avec de vieux arbres. La construction de chaque bâtiment se basait sur des piliers en acier qui, vus de l'alignement extérieur, étaient décalés de trois mètres vers l'intérieur. Devant eux se trouvaient les murs extérieurs transparents en verre à glace entourés de minces cadres en acier, et se terminaient à 50 centimètres en dessous du toit pour permettre une ventilation naturelle. Entre l'alignement extérieur avec des poutres peintes en noir et des tubes blanc soudés, il y avait de la place pour un balcon décoratif large de 1,20 mètre, qui renforçait l'impression structurelle de trois plateaux de toit flottants superposés. Tous les éléments de l'assemblage furent fabriqués en Allemagne pour être seulement vissés à Bruxelles.
Pour regrouper formellement les pavillons et les rendre facilement accessibles malgré la pente, les bâtiments étaient reliés entre eux par des passerelles à la hauteur du deuxième étage. À partir du versant, on pénétrait en haut sur le site par un pont qui était suspendu par trois paires de câbles à un pylône d'acier en forme d'aiguille haut de 50 mètres, et menait par un escalier aux passerelles de jonction. Ainsi, le plan clair de l'ensemble se révélait tout d'abord au visiteur, puis, selon une perspective plus basse, les limites des différents bâtiments semblaient se résoudre dans leur infinie transparence. Cet effet se prolongeait même dans la conception du jardin de Walter Rossow, où, contrairement aux énormes fontaines éclairées de diverses couleurs des autres pays, des parties du site se reflétaient dans des pierres plates et rondes, dont les surfaces polies étaient recouvertes d'un fin film d'eau.

Dans la presse contemporaine, la contribution allemande reçut de grandes louanges en raison de sa simplicité retenue et de sa rigueur, mais on lui reprocha parfois aussi une certaine « médiocrité » ou « modestie conformiste ». L'approche claire, rigoureusement formaliste du concept spatial, combinée à l'exposition se voulant instructive « Vie et travail en Allemagne » devait être le pendant conscient à la démonstration de force allemande du Pavillon d'Albert Speer à Paris en 1937, mais les contemporains déplorèrent le manque de propre réflexion sur les conséquences du national-socialisme et de confrontation critique avec la question de la division de l'Allemagne.
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