Exposition Universelle de 1889

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Exposition Universelle de 1889

Message par worldfairs » 07 déc. 2010 08:51 pm

Exposition Universelle de 1889
Auteur : Louis Rousselet
Editeur : Hachette & Cie
Année de sortie : 1890
Langue : Français
Estimation de prix : 15-50€

 Exposition Universelle de 1889


Préface :

Ouverte le 6 mai, l'Exposition universelle de 1889 a fermé ses portes le 6 novembre, et durant ces six mois elle a été visitée par vingt-cinq millions de personnes accourues aussi bien de toutes les parties de la France, de tous les pays d'Europe, que des points les plus reculés du globe. La moyenne des entrées journalières, non compris les gens de service, les fonctionnaires, les journalistes, les exposants et autres personnes munies de cartes gratuites, a été de cent cinquante mille personnes, chiffre qu'aucune exposition internationale n'avait atteint jusqu'ici. L'Exposition de Paris en 1878 n'avait compté que douze millions et demi de visiteurs, avec une moyenne de soixante-cinq mille par jour; celle de Philadelphie, dix millions d'entrées et soixante et un mille par jour; celle de Paris en 1867, neuf millions d'entrées et quarante-deux mille par jour ; celle de Vienne sept millions d'entrées et quarante mille par jour; etc.

Ces chiffres donnent une idée du succès matériel de notre de Exposition, qui laisse à ce point de vue bien loin derrière elle toutes ces rivales; mais ce succès n'est rien, comparé à la prodigieuse impression que cette manifestation industrielle et scientifique a produite sur le monde entier, à son immense retentissement dans les régions les plus reculées et les plus barbares du globe, enfin à la gloire qui en a rejailli sur notre patrie. Un journal allemand a pu dire : « La France a trouvé sur ce terrain des arts de la paix une revanche plus éclatante que celle qu'eût pu lui fournir le sort des armes ». Et un illustre homme d'État anglais écrivait de son côté : « La France, par ce superbe effort, a reconquis son rang à la tête des nations civilisées. »

Ce succès, en somme, a dépassé les espérances les plus optimistes, et jamais nation pacifique et laborieuse n'a remporté plus éclatante victoire. Il a été tel qu'il serait difficile de se faire ici l'écho du concert d'éloges et d'admiration qui a retenti de toutes parts.

Contentons-nous de répéter les paroles prononcées par M. Carnot, le président de la République, à la distribution des récompenses :
« L'Exposition de 1889 a été de tout point digne de la France, digne des grands souvenirs qu'évoquait sa date. Elle laissera une belle page dans l'histoire de l'activité humaine. Honneur à ceux qui en ont conçu le projet! Honneur à ceux qui ont su le réaliser et élever cet ensemble d'édifices dont la belle ordonnance saisit et charme les visiteurs! Honneur aux organisateurs de ce merveilleux concours et à leurs plus modestes collaborateurs! Tous ont été à la hauteur de leurs devoirs et ont bien mérité de la République. »

Et cependant jamais exposition ne fut entreprise sous de plus sombres auspices. Ce n'est qu'après beaucoup d'hésitations, alors qu'il s'agissait de célébrer le Centenaire de notre grande révolution, qu'on s'était arrêté à l'idée de marquer cette date par un vaste concours international. M. Lockroy, alors ministre du commerce, fut un des plus ardents promoteurs de cette idée. Il faisait valoir que l'émulation de nos architectes, de nos artistes, ferait surgir à cette occasion, et grâce aux ressources de l'Exposition, quelque monument d'aspect ou de forme nouvelle qui, consacré parle suffrage des visiteurs, serait digne d'être conservé comme souvenir du Centenaire et aurait à la fois un rôle plus grandiose, plus utile que celui d'une statue, quelque gigantesque qu'elle fût, dressée en l'honneur de la date immortelle.

L'avis du ministre, soutenu par la plupart de ses collègues, prévalut. Une exposition fut décidée pour 1889. Mais dès que les nations que l'on conviait à y prendre part furent interrogées, il se manifesta de la part d'un grand nombre de gouvernements une vive hostilité contre le projet. L'Allemagne, comme on pouvait s'y attendre, refusa purement et simplement, et invita même ses nationaux à ne prendre aucune part à ce concours. Deux grands Etats monarchiques, l'Autriche et la Russie, arguèrent qu'ils ne pouvaient convenablement prendre part d'une façon officielle à une manifestation destinée à célébrer une date révolutionnaire ; d'autre part, ils s'engagèrent à n'entraver en rien les initiatives particulières de ceux de leurs sujets qui voudraient participer à l'Exposition. Les autresÉtats s'empressèrent d'imiter cet exemple, et parmi eux on fut quelque peu surpris de trouver, non pas seulement l'oublieuse Italie, mais aussi la libérale Angleterre, la Belgique et même la Suède, gouvernée parle petit-fils du révolutionnaire Bernadotte. La Serbie, la Norvège, la Grèce, le Luxembourg et le Brésil étaient les seuls royaumes acceptant officiellement les offres de notre gouvernement. Il est vrai que quelques autres pays promirent d'encourager le concours de leurs nationaux par des subventions, entre autres la Belgique, l'Espagne, la Roumanie. Quant aux États-Unis, aux Républiques sud-américaines, ainsi que la Suisse, ils adhéraient avec chaleur à nos propositions.
En tous cas la situation était délicate. En présence de si nombreuses abstentions quelques esprits timorés, croyant à une attitude hostile de l'Europe, craignaient un échec désastreux pour le pays. On parlait d'abandonner le projet; mais, défendu avec énergie par M. Lockroy, qui soutint que la France pouvait sans crainte entamer la lutte, il fut maintenu.

C'est alors que M. Alphand, chargé d'en étudier l'exécution, dressa avec l'aide de ses collaborateurs un plan qui parut d'abord presque irréalisable : il s'agissait de réunir en un vaste ensemble le.Champ de Mars, le Trocadéro et l'Esplanade des Invalides. Tandis que le Champ de Mars se couvrirait de palais destinés à l'industrie et aux arts et édifiés sur des proportions monumentales, on couvrirait le quai d'Orsay d'immenses galeries où seraient réunis tous les produits de l'agriculture destinés à l'industrie et à l'alimentation humaine, on créerait à l'Esplanade une série de villages figurant les diverses parties de notre empire colonial et que peupleraient des indigènes amenés de ces régions lointaines, enfin le Trocadéro recevrait des collections artistiques et ethnographiques et servirait de réunion à des congrès de toutes les sciences pendant que ses jardins formeraient une brillante et incessante exposition d'horticulture. Puis, à mesure que ce plan était étudié, loin de le resserrer, de le diminuer dans une quelconque de ses parties, n ajoutait d'heureuses innovations, les expositions décennale et centennale des beaux-arts, l'histoire du travail, l'exposition maritime, le musée de la guerre, les expositions philanthropiques, etc., etc.

Entre temps M. Lockroy, malgré une opposition qui paraît aujourd'hui presque inexplicable, avait accepté la proposition de l'ingénieur Eiffel de dresser au centre de l'Exposition une tour en fer de trois cents mètres.

Mais tout ceci est l'histoire du passé, il est inutile d'y insister plus longtemps. Voyons maintenant comment ces projets ont été exécutés, puis nous étudierons une à une les parties les plus curieuses de ce merveilleux ensemble.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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