Arts décoratifs et industriels modernes

Paris 1925 - Arts, design, furniture, fashion, shows
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Arts décoratifs et industriels modernes

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Texte du "Rapport Général de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes Paris 1925"


La Classe 10 comprenait les diverses applications du métal au mobilier. De l’orfèvrerie à l’armurerie, du bronze d’art à la médaille, son domaine était très vaste. Des recherches d’art raffinées aux réalisations strictement utilitaires, elle groupait tous les modes d’emploi de l’or, du fer, du bronze, de l’argent, du platine & de la tôle. L’Exposition entendait présenter les solutions esthétiques & techniques des problèmes sociaux d’aujourd’hui; la réalisation d’un fusil ou d’une batterie de cuisine intéresse l’homme moderne autant que celle d’un chenet ou d’une bassinoire a intéressé nos pères. Nous admirons avec raison la grâce des objets usuels d’autrefois; nos Musées recherchent à l’envi les serrures du Moyen Age, les bronzes de l’Empire, les fourchettes du grand siècle ou les antiques pots d’étain. Avec la même piété, nos arrière-neveux, à leur tour, recueilleront nos bronzes d’éclairage ou nos argenteries de table, car ces pièces familières, qu elles soient simples ou luxueuses, évoqueront à leurs yeux l’image même de notre vie.

Les matières & les techniques grâce auxquelles se réalise la ferronnerie de luxe sont souvent encore aujourd’hui celles mêmes qu’avaient consacrées les traditions des vieux maîtres; des découvertes récentes les ont parfois enrichies. Pour les objets usuels on peut dire que tout est nouveau dans la matière, tôle, aluminium, fonte émaillée, ainsi que dans la technique des laminoirs ou des presses. C’est l’un des grands intérêts que nous offrait la Classe 10, rapprochant les uns des autres tous les artisans du métal.

LES FERRONNIERS.

Jusqu’alors, la ferronnerie appliquée au mobilier n’avait pas évolué comme celle qui s’applique à l'arcnitecture. Les ferronniers les plus modernes demeuraient traditionnels, attachés à la technique du travail de la forge, des assemblages à trous renflés, a colliers ou par soudure.

Aujourd’hui le fer laminé intervient comme le cuivre étiré dans la construction du mobilier métallique & la presse à chaud, d’un seul coup, peut donner le galbe des éléments de répétition d’un motif.
Dans le travail de la ferronnerie, la soudure autogène au chalumeau oxhydrique ou à l’arc électrique permet d’assembler aisément des motifs d’exécution séparée : cette facilité d’assemblage pourrait devenir un danger si elle devait faire oublier que la légèreté demeure la première qualité de tout ouvrage métallique.
C’est précisément en raison de son poids que la fonte de fer est difficilement utilisable dans le mobilier : elle garde son rôle dans la poterie de cuisine où les formes traditionnelles des coquelles & des marmites, rehaussées de quelques nervures, font valoir le métal uni.

LES BATTEURS DE MÉTAL.

Le travail du martelage, du repoussage, de l’emboutissage qui s’est toujours appliqué, depuis l’Antiquité, aux vases de cuivre, d’argent ou d’or, a, depuis le XVIIIe siècle, utilisé aussi la tôle, tout d’abord pour l’ornement des ouvrages de serrurerie, puis pour la grosse chaudronnerie. Aujourd’hui la tôle a sa place dans les oeuvres les plus précieuses au même titre que le cuivre : le disque de métal est relevé & rétreint au marteau ou sur le tour; la presse permet d’obtenir un certain nombre de formes simples dites «de dépouille»; le relevage du métal donne naissance à des surfaces continues dont l’ampleur peut se prêter à la riche décoration des laqueurs, des incrusteurs & des émailleurs.

LES INCRUSTEURS. LES ÉMAILLEURS. LES LAQUEURS.

L’incrustation des métaux de couleur & d’éclat variés dans un métal de support fut la tradition de l’Orient de même que l’émail cloisonné fut celle de l’Extrême-Orient, de même que les émaux peints, champ-levés & de basse taille firent la gloire de nos artistes du Moyen Age & de la Renaissance.
Les artistes français ont, de tout temps, pratiqué la gravure du métal, que ce fût ou non en vue de l’émaillage; au XVIIe siècle, ils avaient enrichi la gravure par le nielle, intermédiaire entre l'émaillage & l'incrustation; de nos jours ils ont recherché l’effet des décors de surface en juxtaposant des métaux différents au moyen de l’insertion ou de la galvanoplastie.
Ils se sont souvenus aussi de la tradition des décors réalisés par des vernis & ont, avec un grand succès, appliqué le laquage au métal; ils n’ont pas négligé non plus l’héritage qu’ils avaient reçu des émailleurs limousins. Si la préciosité des émaux translucides fondus dans des cloisons à jour ne rencontre plus la faveur dont elle jouissait il y a vingt ans, l’émail appliqué aux objets usuels leur confère, en même temps que la richesse de la matière, l’avantage d’un entretien facile.

LES ORFÈVRES.

L’art des orfèvres modernes résume toutes les industries du métal. Les pièces uniques sont, pour la plupart, fabriquées par les procédés traditionnels du planeur & du ciseleur, tandis que les pièces d’édition relèvent de l’estampage à la presse, de l’emboutissage au tour, du laminage & même, pour certaines parties, de la fonte. Les couverts de table, des plus simples aux plus luxueux, sont exécutés, soit entre les laminoirs avant d’être cambrés, soit entre deux matrices à la presse.
Il semble que les nécessités du travail rationnel des machines, l’obligation de calculer avec précision les formes & les épaisseurs à donner au «plané» découpé pour obtenir l’objet fini par un nombre minimum de passages sous la presse n’ont pas été sans influence sur les formes actuelles de l’orfèvrerie; leur simplicité fait valoir les qualités essentielles de la matière elle-même.
Ainsi, comme l’observait dès 1889 le marquis de Vogue, le sens plastique s’efface devant l’esprit rationnel qui « nous façonne un mode plus sévère, plus strié! aux yeux, mais imposant pour le regard intérieur, harmonique pour la pensée abstraite».

LES GRAVEURS SUR ACIER.

L’importance qu’a prise l’outillage des matrices, d’où l’objet fait en série doit sortir entièrement fini, a développé l’art de la gravure sur acier. Si, dans le martelage à la main, l’artiste intervient lui-même jusqu’à l’achèvement de la pièce par la ciselure au repoussé, le travail des poinçons & des matrices qui prendront place sous la presse incombe au graveur sur acier dès le début de l’ouvrage & son importance est d’autant plus grande que les qualités ou les défauts devront être reproduits à de plus nombreux exemplaires.

LES HORLOGERS.

L’enveloppe des mécanismes d’horlogerie relève des métiers les plus divers; le marbre, le bois, la céramique ou le verre peuvent, au même titre que le bronze, porter les rouages d’une pendule; une montre devient un bijou garni d’émail, d’incrustations ou même de pierres précieuses. Le mécanisme lui-même peut aussi être une œuvre d’art, on s’en rend compte dans la plupart des horloges anciennes où le mouvement est apparent.
La diffusion des horloges dans toutes les demeures & des montres dans toutes les poches a déterminé une fabrication industrielle pour laquelle la Suisse détient la première place. C’est par cent mille douzaines que la France, chaque année, importe de Suisse les mouvements ébauchés en série, tout en gardant sa supériorité pour les petits mécanismes de qualité exceptionnelle qui conviennent aux montres-bracelets.

LES ARMURIERS.

Par la nudité du décor, l’armurerie offre un exemple des tendances actuelles. Le fusil d’aujourd’hui, sans chien, avec leviers de détente protégés contre les pressions accidentelles, nous présente la forme simple & la solution claire qu’aime & recherche l’art moderne. Il en est une des créations les plus typiques. On ne saurait trop vanter, au point de vue purement technique, la qualité des aciers de haute résistance étirés & le mécanisme logé de façon si judicieuse dans les magasins & les culasses. Mais c’est la décoration qui nous intéresse ici; elle consiste dans la recherche de la plus grande commodité, qui n’exclut pas l’ornement des incrustations délicates enrichissant la platine.

LES BRONZIERS.

Le bronze d’ameublement reflète les mêmes tendances. C’est à travers l’Exposition tout entière qu’il en faut chercher les témoins : entrées de serrures, plaques de propreté, poignées, motifs d’angle, couronnements, agrafes, appliques lumineuses, plafonniers, torchères, lampes de bureau, flambeaux & lustres. Une poignée de bronze sur un meuble n’est pas seulement un motif de pure décoration, sa présence est imposée par une réelle nécessité. Sans doute, on peut y suppléer au moyen d un anneau d’ivoire ou même d’un gland de soie, mais cette préciosité ne convient guère qu’au boudoir. Le bureau d’un homme d’affaires exige des poignées robustes, au dessin ferme, aux formes simples. On ne saurait renoncer, sans de sérieux inconvénients, à faire emploi de ces bronzes. Au XVIIe siècle, ils servaient d’encadrements, de sabots, d’entrées de serrures pour protéger les délicates marqueteries de cuivre & d’écaille contre les arrachements d’une clef hésitante, pour garantir les pieds du meuble contre les chocs maladroits, pour maintenir le décor des placages. L’emploi des bois précieux à l’état massif supprime bien la nécessité des encadrements, mais non celle des autres bronzes. C’est peut-être à tort que les meubles modernes écartent ces éléments protecteurs, faciles à associer à la beauté des grandes surfaces.

LES FONDEURS.

Si la ciselure fait le prix des fontes au sable destinées au bronze d’ameublement, la fonte à cire perdue destinée à la statuaire se suffit à elle-même : en se substituant à la pellicule de cire retouchée par l’artiste, le bronze reproduit fidèlement la sensibilité la plus intime & la variété de la patine ajoute à la vie de l’œuvre. La patine est obtenue non par des vernis, mais par des oxydations naturelles; elle ne s’altère pas; elle est la matière elle-même fixée dans un état nouveau.

LES MÉDAILLEURS.

Les monnaies & les médailles constituent l’une des formes les plus anciennes & les plus parfaites de l’art du métal. Le flan circulaire répond à. l’utilité; le sujet peut exprimer en une synthèse réduite tous les plus vastes symboles.
Les monnaies, les médailles anciennes réalisaient au plus haut degré la simplicité du dessin & du relief; ces qualités se sont trouvées compromises par l’emploi du tour à réduire, ramenant à la dimension définitive la composition étudiée à une plus grande échelle. C’est l’honneur de certains médailleurs modernes d’être revenus à la gravure directe du coin qui sert à la frappe ou de pratiquer tout au moins sa retouche, lorsqu'il a été obtenu par une réduction mécanique.

LES DOREURS ET LES ARGENTEURS.

La dorure & l’argenture, que facilitent les procédés modernes de la galvanoplastie, restent tou jours employées pour rendre plus précieux les métaux usuels. Un signe du goût moderne est l’abandon du bronze doré en faveur du bronze argenté, plus sobre & plus discret que l’or. L’appareil d’éclairage lui-même se fait en bronze argenté. En donnant une couleur nette aux branches sveltes, aux lignes calmes qui le dessinent l’argenture est bien conforme à l’esthétique de notre temps.
Elle ne suffit pas à faire oublier que, le plus souvent, ces appareils seraient aussi propres à porter des bougies de cire que des ampoules électriques : leur structure n’exprime pas l’éclairage immatériel qu’offre l’électricité. Elle constitue en quelque sorte un compromis provisoire entre l’éclairage d’hier au moyen d’appareils visibles & celui de l’avenir qui saura dissimuler le foyer de la lumière & son aveuglante boule de feu. Les lampes à réflecteurs cylindriques dont la lumière atténuée se répand en nappes égales sur l'endroit à éclairer ou encore les lampes à pédoncule pivotant, d’une construction courante, nous font comprendre le sens des transformations actuelles. Elles s’accomplissent avec lenteur car elles sont subordonnées à l’évolution générale de l’ameublement lui-même & de tous les arts de la vie.

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SECTION FRANÇAISE.


Comprenant sept cents exposants, la Classe 10 était une de celles qui représentaient le mieux l’effort moderne des artistes, des artisans, des industriels & des éditeurs français.

Parmi les œuvres de ferronnerie exécutées au moyen de la soudure autogène, figuraient des consoles, des écrans, des plafonniers, des torchères, œuvres d’Édouard & Marcel Schenck, de Subes & Borderel, de Brégeaux, de Kiss, de Bagués. Le talent de Brandt, l’imagination de son collaborateur Favier se manifestaient avec autant de variété que de force : leur œuvre maîtresse, un grand paravent à six feuilles, en tôle d’acier patinée, ouvrait à la ferronnerie une voie toute nouvelle. La composition générale s’ordonnait autour d’un jet d’eau; le modelé délicat des feuillages enchevêtrés s’accusait par une patine tantôt bleutée, tantôt dorée. L’inépuisable expérimentateur qu’est Maurice Dufrène avait composé, avec la collaboration du ferronnier Vasseur, le mobilier d’une salle à manger où l’acier apparaissait en barres nues, polies, aux arêtes vives. De la même composition rationnelle dérivait la grille de communion d’une chapelle où Kiss avait figuré une croix comme motif de porte en employant exclusivement des cornières laminées.

A côté des parisiens Desvallières ou Szabo & du lyonnais Piguet, la Section française montrait, par ses œuvres régionales, qu’à Marseille ou en Alsace, comme à Lyon ou à Paris, l’esprit moderne vivifie la ferronnerie traditionnelle.

C’est Dunand qui introduisit dans les salons, il y a vingt-cinq ans, les premières manifestations du métal repoussé : il décorait alors ses vases & ses plateaux de courbes régulières, dessinées par un fil d’argent qu’il incrustait au marteau; c’était un art agréable & souriant. Aujourd’hui, il construit des vases aux formes allongées, subitement terminées par un épaulement court & dont la noire patine accentue le style sévère; il pose sur ce ton noir des taches d’argent rectangulaires, circulaires ou segmentées, sans intention figurative. L’artiste ne cherche là que le plaisir de nos yeux, il ne songe qu’à opposer au ton noir de la patine le doux éclat de l’argent; dans cette recherche de peintre il témoigne d’une sensibilité aiguë, d’une virtuosité rare. Sans cesse préoccupé d’inventer de nouvelles techniques, il applique aujourd’hui à ses vases celle du laque, ou encore le procédé des décors en coquilles d’œufs, qui nous vient d’Extrême-Orient & donne de si précieux effets.

La formule de l’artisan lyonnais Linossier diffère de celle de Dunand. Là où le maître parisien condense toute une recherche dans le jeu d’un carré d’argent posé sur un globe noir, le maître lyonnais multiplie les effets de couleur tirés de la matière rougeoyante, telle qu’elle est sortie du feu, mais il sait jeter sur ce champ une gerbe de tons choisis : argent, rouge, noir, disposés en de justes proportions.

Serrière, qui pratique le martelage du métal, s’inscrit également parmi ceux qui, comme Carrel, Porcheron, Jouhaud, Bonnaud, Miault, marquent d’un sentiment profond les effets propres à l’émail.

La tendance générale de l’orfèvrerie moderne a pour traits essentiels le choix de formes simples, l’absence de toute ornementation, la recherche de solutions nouvelles. La remarquable unité de la Section française prend, à cet égard, une valeur symbolique. II ne s’agit pas seulement d’une mode passagère, mais bien d’une esthétique. En épurant leur style, en l'émondant de toutes les formules décoratives tombées dans la banalité par l’abus, les orfèvres modernes, aussi bien les industriels que les artistes indépendants, affirment leur retour aux grandes traditions de style. Les œuvres anciennes les plus parfaites ne sont-elles pas les plats romains ou les réchauds à œufs de Germain qui doivent toute leur beauté à la surface du métal simple enveloppé d’une forme imposée par l’usage ?

Jean Puiforcat est l’un des initiateurs de cet art laconique & rationnaliste : pour lui rien ne doit prendre forme qui ne soit vraiment nécessaire à la fonction de l’objet; tel vase n’est qu’un cylindre à la base arrondie, telle coupe n’est qu’un prisme muni d’une anse. Sans doute, ce sont là des manifestations un peu systématiques. Puiforcat sait trouver des formes qui, tout en conservant ce caractère de nudité, valent par la proportion, par l’exécution magistrale, par quelque point décoratif : l’anse de lapis d’une théière, le bouton d’ivoire d’un couvercle. A cette formule se rallie Gérard Sandoz qui a créé des pièces d’orfèvrerie usuelle, notamment des tête-à-tête, d’une heureuse proportion, d’une élégance sûre d’elle-même. Les vases, les services, les sur-touts de table ne sont pas toute l’argenterie et l’on ne saurait trop louer l’esprit d’innovation que Gallerey & Puiforçat ont apporté à l’étude des couverts.

Les grands orfèvres parisiens Aucoc, Cardeilhac, Christofle, Têtard, Fouquet-Lapar, Hénin, ont admis les conceptions nouvelles & ont mis à leur service une forte expérience technique & de puissants moyens d’action. Il n’est pas jusqu’aux fabricants d’orfèvrerie usuelle qui n’aient, comme Dupeyron, renouvelé leurs modèles.

Si les noms de nos horlogers parisiens ou provinciaux, tels qu’Auricoste, Blot-Garnier, Hour-Lavigne ou Japy, expriment une tradition séculaire, ce sont les bronziers qui ont rénové la forme extérieure de nos appareils d’horlogerie. Ils ont fait appel aux artistes pour composer leurs modèles d’édition. Cette collaboration, qui s’applique atout le bronze d’ameublement, a rapproché les noms d’industriels tels que Colin, Contenot, Fontaine, Bricard, Bezault, Picard, Gagneau, Gagnon, Simonet, Vian & ceux d’artistes comme Jallot, Dufrène, Follot, Cormier, Béal, Hamm, Dunaime, Gigou, Prou, Dominique, Malclès, Le Bourgeois, Ruhlmann.
Nos fondeurs & nos éditeurs, tels que Hébrard, Rouard, Leblanc-Barbedienne, Susse, Goldscheider, sont les dignes collaborateurs des statuaires qu’ils éditent, Bartholomé, Bernard, Bourdelle, Bitter, Bugatti, Pompon, Delamarre, Vigoureux, Pommier, Contesse, Niclausse, David, Desbois, Vlérik, Temporal, Landowski, Traverse, Halou, Ca-vaillon, Guénot, Despiau, Marque, De jean, Arnold, Lamourdedieu. Ce sont d’ailleurs les bronziers qui ont conclu les premiers traités d’édition entre artistes & industriels. On ne saurait citer les noms de nos médailleurs, Poisson, Mascaux, Drivier, Rivaud, Turin, Bouchard, Yencesse, sans y joindre ceux d’éditeurs tels que Canale ou Arthus Bertrand & Cie.

Il était particulièrement intéressant d’étudier le travail du métal dans nos diverses colonies. Héritières d’une ancienne civilisation & des traditions de métier les plus savantes, elles poursuivent aujourd’hui l’application de méthodes qui remontent loin dans l’histoire & perpétuent, de nos jours, une antiquité reculée; les œuvres qui en témoignent n’en paraissent pas moins neuves & c’est d’elles que sont issues certaines de nos formules d’une modernité aiguë. Aucune analogie d’ailleurs entre les cuivres ouvragés d’Algérie & ceux de l’Asie Mineure, entre l'orfèvrerie du Sénégal & celle du Laos, entre les damasquins de l’Annam & ceux du Tonkin. Il faut examiner les œuvres isolément & pour elles-mêmes : c’est alors qu’apparaissent leurs mérites.

Ici les cuivres syriens présentent la plus grande ingéniosité dans l’exécution, la technique la plus fine appliquée a la gravure & à l’émaillage du métal. Là, dans les damasquins & dans les bronzes annamites, c’est l’habileté la plus patiente, la plus sûre dextérité manuelle mises au service d’une tradition teintée d européanisme. Les cuivres d’Algérie sont repoussés & ciselés par des artisans d’une véritable personnalité. Le Laos ne se contente pas de réaliser de belles orfèvreries; il pratique encore l’art difficile du nielle. Le Tonkin, sous la bienfaisante influence des écoles françaises, exécute avec adresse des cuivres ouvragés, des bronzes, des étains; il crée de curieuses orfèvreries. Le Sénégal, enfin, montre des bijoux d’or & d’argent dont l’étrange beauté possède un raffinement, une fertilité d’invention qu’on trouve seulement chez les peuples dont les formules d’enseignement n’ont pas encore aboli la spontanéité native.

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Section française

CARTEL (bronze doré) composé par Dieu PART, édité par CONTENOT, <br />BOITIERS DE MONTRES (acier oxydé, incrusté d’argent) par J. DUNAND, <br />CALICE ET PATENE (argent) par A. RIVIR.<br />VASE (argent) par HENIN.
CARTEL (bronze doré) composé par Dieu PART, édité par CONTENOT,
BOITIERS DE MONTRES (acier oxydé, incrusté d’argent) par J. DUNAND,
CALICE ET PATENE (argent) par A. RIVIR.
VASE (argent) par HENIN.

L'OFFRANDE (bronze) composée par CORMIER, éditée par BARBEDIENNE.
L'OFFRANDE (bronze) composée par CORMIER, éditée par BARBEDIENNE.

COUVERTS (argent) par CHRISTOFLE.
COUVERTS (argent) par CHRISTOFLE.

VASES (cuivre battu incrusté au marteau) Par C. LINOSSIER et par J. DUNAND.
VASES (cuivre battu incrusté au marteau) Par C. LINOSSIER et par J. DUNAND.

SERVICE À THÉ (métal argenté) composé par H.-M. MAGNE,<br />SERVICE A CAFÉ (métal argenté) composé par CLAUDEL,<br />édités par DUPEYRON.
SERVICE À THÉ (métal argenté) composé par H.-M. MAGNE,
SERVICE A CAFÉ (métal argenté) composé par CLAUDEL,
édités par DUPEYRON.

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BOITE, SERVICE A THE ET BASSIN (argent) par PUIFORCAT
BOITE, SERVICE A THE ET BASSIN (argent) par PUIFORCAT

LAMPE DOUBLE (argent) composée par DUNAIME, éditée par CHRISTOFLE.<br />LAMPE DOUBLE (argent) composée par BEAL, éditée par AUCOC.<br />LAMPE (argent) composée par DUNAIME, éditée par GAGNEAU.
LAMPE DOUBLE (argent) composée par DUNAIME, éditée par CHRISTOFLE.
LAMPE DOUBLE (argent) composée par BEAL, éditée par AUCOC.
LAMPE (argent) composée par DUNAIME, éditée par GAGNEAU.

LUSTRES (bronze doré et verre) par Lalique, Gagneau et Bagués.
LUSTRES (bronze doré et verre) par Lalique, Gagneau et Bagués.

BOITE, SERVICE A THÉ ET VASE (argent) par CARDEILHAC.
BOITE, SERVICE A THÉ ET VASE (argent) par CARDEILHAC.

BOITE (émail peint) par Bonnaud.<br />PLAQUE (émail peint sur cuivre) par Jean Serrière.<br />PLAQUE (émail peint) par Jouhaud.
BOITE (émail peint) par Bonnaud.
PLAQUE (émail peint sur cuivre) par Jean Serrière.
PLAQUE (émail peint) par Jouhaud.

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PARE-ÉTINCELLES (fer forgé) composé par FAVIER, exécuté par Edgar BRANDT.
PARE-ÉTINCELLES (fer forgé) composé par FAVIER, exécuté par Edgar BRANDT.

TIGRE (bronze) composé par Bugatti , édité par HEBRARD.
TIGRE (bronze) composé par Bugatti , édité par HEBRARD.

LÉGUMIER (argent) par FOUQUET-LAPAR.
LÉGUMIER (argent) par FOUQUET-LAPAR.

MÉDAILLE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE PARIS par Poisson.<br />PRINTEMPS par P. Turin.<br />TENDRESSE MATERNELLE par DROPSY.<br />PASTORALE par Mascaux.
MÉDAILLE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE PARIS par Poisson.
PRINTEMPS par P. Turin.
TENDRESSE MATERNELLE par DROPSY.
PASTORALE par Mascaux.

VASE (cuivre incrusté d'argent) CORBEILLE AUX RAISINS (argent) composés par Jean SERRIÈRE, édités par HÉBRARD.
VASE (cuivre incrusté d'argent) CORBEILLE AUX RAISINS (argent) composés par Jean SERRIÈRE, édités par HÉBRARD.

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VASE (cuivre émaillé) par Miault.<br />PENDULE (marbre et bronze) par Hatot<br />VASE ET BONBONNIÈRE (tôle émaillée) par la Société des fers émaillés.<br />FUSIL de Gastinne-Renette, incrusté d'or par Mlle Cbr. PÉRARD.<br />FUSIL de VERNEY-CARRON, monté par JURY; décor de MAYOSSON exécuté par JOURJON.
VASE (cuivre émaillé) par Miault.
PENDULE (marbre et bronze) par Hatot
VASE ET BONBONNIÈRE (tôle émaillée) par la Société des fers émaillés.
FUSIL de Gastinne-Renette, incrusté d'or par Mlle Cbr. PÉRARD.
FUSIL de VERNEY-CARRON, monté par JURY; décor de MAYOSSON exécuté par JOURJON.

APPLIQUE À COUPE BRAS À DEUX ET À QUATRE LUMINAIRES par L’Art du bronze.
APPLIQUE À COUPE BRAS À DEUX ET À QUATRE LUMINAIRES par L’Art du bronze.

FEMME DE MARRAKECH (bronze) composée par Céline LEPAGE, éditée par GOLDSCHEIDER.<br />PENDELOQUE LUMINEUSE (plomb et serre) par PERZEL.<br />PENDULE (marbre et bronze) par HOUR-LAVIGNE.<br />VASE (bronze incrusté d'argent) par CHAPUS.
FEMME DE MARRAKECH (bronze) composée par Céline LEPAGE, éditée par GOLDSCHEIDER.
PENDELOQUE LUMINEUSE (plomb et serre) par PERZEL.
PENDULE (marbre et bronze) par HOUR-LAVIGNE.
VASE (bronze incrusté d'argent) par CHAPUS.

LA DOULEUR (bronze) composée par BOURGOUIN, éditée par SUSSE FRÈRES.<br />PLATEAU (bronze) par A.-A. RATEAU.
LA DOULEUR (bronze) composée par BOURGOUIN, éditée par SUSSE FRÈRES.
PLATEAU (bronze) par A.-A. RATEAU.

SERVICES TÊTE À TÊTE (argent) par Gérard SANDOZ.
SERVICES TÊTE À TÊTE (argent) par Gérard SANDOZ.

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PENDULE ET VASES (cristal et bronze) par SIMONET FRERES.
PENDULE ET VASES (cristal et bronze) par SIMONET FRERES.

SERVICE À THÉ (argent) par Têtard.
SERVICE À THÉ (argent) par Têtard.

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SECTIONS ÉTRANGÈRES.

La plupart des nations étrangères apportaient à la Classe 10 une importante participation. Toutefois quatre d’entre elles n’y figuraient pas & six ne comprenaient guère qu’une dizaine d’exposants. Dans ces manifestations restreintes, ni la Turquie, ni l’U. R. S. S. ne fournissaient d’éléments nouveaux. L’orfèvrerie populaire de la région d’Oustugue, par exemple, ne témoigne d’aucune des préoccupations esthétiques de l’Occident & l’on s’étonne que les formules si fortement affirmées dans les cercles intellectuels de la capitale n’aient pas encore modifié cet art du Moyen Age.

Des ateliers privés de Lettonie & la Ligue des femmes de Riga exposaient des objets d’orfèvrerie, pendentifs, insignes, présentant un savoureux caractère d’art populaire.

Le petit nombre des ferronniers de la Section Luxembourgeoise ne permettait pas d’en dégager un caractère bien marqué.

En Espagne, les ferronniers, les batteurs de métal, les émailleurs appliquent parfois encore leur grande habileté à des formes inspirées du XVIIIe siècle; Masriera y Carreras, Soldevilla manifestent, d’autre part, des velléités de modernisme.

Le mouvement de rénovation qui s’est produit en Pologne a transformé l’architecture & les arts populaires, si riches en enseignements & si fertiles en ressources. Il semble que les arts du métal, si toutefois les quelques éléments exposés permettent d’en juger, n’aient pas encore aussi largement participé à cette renaissance : dans le bronze cependant, les œuvres de Szukalski témoignaient d’une impeccable technique & d’une grande beauté de style.

Autriche. — Les arts du métal en Autriche présentent une grande unité. L’enseignement dispensé, depuis le début du siècle, non seulement par les écoles nationales, mais parles «académies» privées, détermine la formule actuelle : elle est tirée de l’œuvre du grand architecte Joseph Hoffmann, professeur à l’Ecole des arts & métiers de Vienne. « L’Ecole Joseph Hoffmann » apparaît même à titre de coopérateur d’un émailleur & d’un serrurier. Elle aurait pu revendiquer sa part dans l’œuvre des orfèvres, des bronziers & des fabricants d’objets en métal. Son style répudie formellement les réminiscences du passé; les proportions, l’aspect des surfaces, l’ornementation des formes manifestent un esprit dont l’inattendu séduit & dont la volonté subjugue.

Belgique. — Les arts du métal, dans la Section belge, consistaient surtout en orfèvrerie, en ferronnerie, en bronze d’éclairage. Les exposants ont fait preuve d’une véritable maîtrise. Encore les ferronniers restent-ils fidèles à la fois à une formule décorative où domine le goût du détail & à une technique de forge qui s’y adapte à merveille. Les orfèvres semblent posséder un esprit d’invention, une vive sensibilité, une large compréhension des phénomènes sociaux. Le goût contemporain, qui n’est pas une mode fugitive, mais répond à des conditions de vie stable, éveille chez eux l’initiative. Altenloh & Philippe Wolfers, praticiens émérites, sont aussi des artistes aux idées neuves. La salle à manger d’apparat du Pavillon national belge, conçue par P. Wolfers, se recommandait par l’unité de son style; les formes de l’orfèvrerie s’y harmonisaient avec celles des verreries, des céramiques & des meubles.

Danemark. — Nation de céramistes, le Danemark est aussi une nation d’orfèvres. Ses premières recherches sont contemporaines des nôtres. Renonçant aux formules du XVIIIe siècle, les orfèvres danois ont appliqué leur esprit d’indépendance à une expérience dont ils pressentaient les suites. En 1900, l’art de Karl Michelsen se caractérisait par sa grande simplicité. « Par l’emploi d’une seule fleur, écrivait Henri Bouilhet, ou même par la disposition alternée d’un seul pétale, l’artiste a su donner naissance à des combinaisons du plus gracieux effet. »

Cet esprit de sobriété, de sélection, de pureté caractérise aujourd’hui l’orfèvrerie danoise, telle que nous la montrent les compositions de Fisker ou de Bindesböll réalisées par A. Michelsen. La nôtre affecte des plans simples & accuse des effets de volume ; celle de nos émules oppose à une masse importante des éléments précieux d’une grande légèreté : quatre menus rameaux d’argent soutiennent une haute coupe nue. Fjerdingstadt se plaît à conservera la feuille d’argent une certaine rusticité. Mais le style vraiment caractéristique de l’orfèvrerie danoise est celui qu’a créé Jensen. Sa formule fort heureuse unit le caractère brillant, la recherche délicate des chefs-d’œuvre de la Renaissance à la sobriété moderne. Cette tendance est celle de toute une école de praticiens comme Dragsted, Mogens Ballin, Just Andersen, Kaj Bojesen, Ewald Nielsen, Erik Magnussen.

Le Danemark possède aussi une antique & célèbre lignée de fondeurs de bronze que représentaient Rasmussen en ses sièges pliants, archaïques mais savoureux & Henningsen dont les appareils d’éclairage traversant, au moyen d’une forte ampoule, des réflecteurs métalliques superposés, répandent une lumière diffuse & discrètement atténuée.

Grande-Bretagne. — L’orfèvrerie britannique se caractérise par la recherche de la commodité & le soin de l’exécution, autant que par l’aspect même qu’elle sait donner au métal. Les larges surfaces chargent sont polies, nettes, unies, un peu froides, mais leur exceptionnelle pureté constitue une parfaite réussite technique. On n’en regrette que plus l’abstention de certains grands orfèvres, éloignés de l’Exposition de 1925, comme ils l’avaient été de celle de 1900.

Italie. — Deux métiers intéressants se partagent la faveur des artisans italiens : le travail du bronze & celui du fer forgé. Tous deux sont traités avec une brillante virtuosité. Il n’est pas une cire perdue, il n’est pas une œuvre de forge qui ne soit un morceau de bravoure. Si aucun procédé moderne n’a tenté l’ingéniosité des praticiens italiens, les exposants ferronniers & fondeurs de bronze, Mazzucotelli, Rizzarda, Arpesani, Wildt demeurent les représentants d’une tradition illustre.

Japon. — Les arts du métal sont de ceux que le Japon, à toute époque, a pratiqués avec éclat. Orfèvres & émailleurs, ferronniers & bronziers, gardent la virtuosité dont témoignaient dans le passé les chefs-d’œuvre que nos Musées se disputent à l’envi. Jusque vers 1900, les artistes s’étaient cantonnés dans la reproduction des modèles traditionnels; à partir de ce moment se manifesta une tendance au réalisme, qui s’affirma surtout après la création de cours de peinture & de sculpture occidentale à l’Ecole des beaux-arts de Tokio, en 1897 : le réalisme exerça une grande influence sur les bronzes.

Les anciennes techniques des métaux forgés ou repoussés ont pris un large développement, notamment dans l'application de la gravure & delà niellure.Le travail du métal ciselé s’était, sous le Shogounat, appliqué surtout aux garnitures de sabres. Depuis Père de Meiji, ces objets ciselés ont trouvé d’autres applications dans la parure & l’ameublement.

Toutefois, si les Écoles d’art de Kyoto & de Tokio dispensent un enseignement approfondi, où l’étude des vieilles & glorieuses formules nationales n’exclut pas celle des techniques importées de l’Europe moderne, il n’existe encore au Japon que peu de firmes industrielles; les artisans isolés travaillent dans leur atelier selon la coutume ancienne : de là le grand nombre d’exposants & l’extrême diversité de la Section. L’orfèvrerie est le métier préféré de Yasuyoshi Nakajima & de Kado Sugita, la fonte celui de Hakusaï Okuni, l’émail cloisonné celui de Schichiho Inaba. Des boîtes, des cassolettes, des surtouts, des étuis gravés, niellés, incrustés & patinés de mille manières témoignent d’un goût exquis digne des meilleures époques.

Les procédés spéciaux employés pour le cloisonné sont encore ceux qui furent inventés, il y a cent ans, par Tsounékitchi Kaji & perfectionnés vers 1880 par Ando de Nagoya. La production, exclusivement manuelle & très coûteuse, des objets en émail cloisonné, qui atteint une valeur manuelle de 700,000 à 800,000 yens, prendra un essor nouveau lorsque l’adaptation des objets à un usage pratique, conforme à la vie moderne, & l’introduction, dans certaines parties de la fabrication, du travail mécanique se seront développées.

Pays-Bas. — D’une manière générale, l'art hollandais nous révèle un souci d’originalité; la Hollande est un des rares pays où les essais d’un renouvellement artistique aient été, de prime abord, accueillis avec sympathie. Ici, c’est un effet de masse & de ligne que recherchent les artistes, plutôt qu’ils ne s’ingénient à interpréter par les formes la structure de l’objet. L’aspect décoratif prime l’effet constructif ; c’est là le trait essentiel qui différencie l’art hollandais des conceptions françaises, nordiques & germaniques. Au surplus, les techniciens néerlandais n’ont pas encore abandonné, pour les procédés mécaniques, les vieilles pratiques artisanes. Orfèvres & ferronniers constituaient l’apport des Pays-Bas à la classe du métal : ferronneries de forge telles que lanternes & consoles, d’une grande variété décorative; orfèvreries, dont certaines sont exécutées au marteau & à la lime, ce qui leur confère d’ailleurs une saveur singulière. Tandis que l’architecture hollandaise affirme de nos jours une nudité sévère, tous les arts qui la complètent apparaissent plus tourmentés.

Suède. — Peu de nations ont renouvelé, plus profondément que la Suède, leur esthétique traditionnelle. Ce pays qui, au cours des âges, a réalisé des chefs-d’œuvre d’orfèvrerie, de bronze & de ferronnerie, présentait, en 1925, une section très cohérente.

Si l’orfèvrerie suédoise s’apparente à l’orfèvrerie danoise, elle garde une réminiscence du glorieux XVIIIe siècle; elle n’en a que plus de mérite à trouver dans des œuvres sobres un accent original. A l’orfèvrerie d’argent, la Suède ajoute celle de l’étain; dédaignée au siècle dernier, elle n’en hérite pas moins d’une très longue tradition. Elle fut, au XVIIe siècle, la rivale de la «grosserie» d’argent; les praticiens suédois donnaient au métal précieux tout l’éclat & le poli, laissant à l’étain son aspect lourd, un peu terne. C’est en ce sens, mais avec un goût tout nouveau, que travaillent les potiers d’étain modernes. D’un objet destiné à des usages vulgaires, ils font un objet de beauté.

La Suède a rénové l’art de ce métal qu’elle emploie même dans le luminaire, de même qu’elle a rénové l'art de la fonte de fer appliqué à la décoration des jardins.

Suisse. — L’art du métal, en Suisse, comporte deux grandes catégories : l’horlogerie, qu’illustrent des noms comme ceux de Georges & Henri Ditisheim; l’orfèvrerie, représentée par des maîtres tels que Jucker & Knöll.
L’horlogerie suisse est une industrie nationale, pratiquée dans tout le pays. Naguère elle s’exerçait à domicile, dans les maisons paysannes, où la grange surmonte l’atelier. Puis elle s’est concentrée dans quelques villes : La Chaux-de-Fonds, Bienne, Le Locle, Saint-Imier. Le travail à la main fait place à la fabrication mécanique. Aujourd’hui, cinquante mille ouvriers, répartis en plusieurs centaines d’usines, fabriquent à la machine les pièces de la montre & de la pendule en quantité telle que la Suisse alimente le monde entier. Elle seule a su, depuis un quart de siècle, organiser sa production selon des méthodes rationnelles, utilisant les progrès de la science & de l’industrie. Toutefois l’outillage ne se perfectionne & même ne se maintient qu’au prix d’études ininterrompues. Tout un peuple d’ingénieurs & de mécaniciens est constamment occupé à l’améliorer. Une élite de chronométriers travaille à réaliser les mécanismes de précision que des ouvriers instruits, intelligents & zélés, dignes collaborateurs de ces maîtres, exécutent avec une perfection qui est l’honneur de la technique suisse. Il est à remarquer que le régime du travail, dans la république fédérale, est éminemment favorable à ces métiers supérieurs. La Suisse vit sous le régime du Werkbund, qui associe étroitement le laboratoire universitaire, l’atelier d’artiste & I usine. La prospérité d’une industrie qui régit actuellement toute la production horlogère atteste l’excellence de ce régime.

Tchécoslovaquie. — La République tchécoslovaque offre l’exemple des ressources industrielles & professionnelles qu’apportent à un Etat des établissements d’enseignement animés d’un esprit d’initiative. Sur cinquante exposants, quatre seulement étaient des industriels; les autres étaient des statuaires, des architectes, presque tous professeurs. La Section tchécoslovaque ne présentait ni quincaillerie d’appartement, ni bronze d’éclairage, ni orfèvrerie de table; outre quelques ferronneries décoratives & quelques bijoux, elle avait réuni surtout des bronzes d’art; citons le remarquable «Moto-cycliste» de Svec, coulé par Anyz, oeuvre d’expression saisissante & de parfaite exécution, ou encore le charmant «Génie» de Stursa, coulé par Bartak.

Yougoslavie. — Le principal intérêt de la Section yougoslave résidait dans les filigranes dont les orfèvres de Prizren sont probablement les seuls à perpétuer la tradition. On eût aimé retrouver, dans la forme & la technique, une plus grande curiosité de l’esthétique moderne.
Mais n’est-ce pas précisément l’intérêt des expositions internationales que de montrer aux bons ouvriers, instruits des techniques les plus variées, les ressources infinies qui s’offrent pour en renouveler les thèmes & les moyens d’exécution ?

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Sections étrangères

Section belge<br />BROSSES, PLATS, SURTOUT DE TABLE ET SERVICE À THE (argent) par ALTENLOH.
Section belge
BROSSES, PLATS, SURTOUT DE TABLE ET SERVICE À THE (argent) par ALTENLOH.

Section danoise<br />CANDÉLABRE (argent) composé par Kay FISKER,	<br />VASE (argent repoussé et ciselé) composé par Th. BlNDESBÔLL.<br />exécutés par A. MICHELSEN,
Section danoise
CANDÉLABRE (argent) composé par Kay FISKER,
VASE (argent repoussé et ciselé) composé par Th. BlNDESBÔLL.
exécutés par A. MICHELSEN,

Section danoise<br />COUPE (argent) dessinée par J. ROHDE, exécutée par G. JENSEN.<br />FLACON, COUPE, SUCRIER, BROC (argent) dessinés et exécutés par G. JENSEN.
Section danoise
COUPE (argent) dessinée par J. ROHDE, exécutée par G. JENSEN.
FLACON, COUPE, SUCRIER, BROC (argent) dessinés et exécutés par G. JENSEN.

Section espagnole<br />VASE ET COUPE (argent) par Masriera y Carreras.<br />MÉDAILLON (email) par SOLDEVILLA.
Section espagnole
VASE ET COUPE (argent) par Masriera y Carreras.
MÉDAILLON (email) par SOLDEVILLA.

Section japonaise<br />POT (argent) par Kado SUGITA.<br />BOUILLOIRE AVEC BRASERO (fonte) par Hakusaï OKUNI.<br />COFFRET A BIJOUX (émail cloisonné) par Schichiho INABA
Section japonaise
POT (argent) par Kado SUGITA.
BOUILLOIRE AVEC BRASERO (fonte) par Hakusaï OKUNI.
COFFRET A BIJOUX (émail cloisonné) par Schichiho INABA

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Sections étrangères (suite)

Section polonaise<br />LA PENSÉE (bronze) par SZUKALSKI
Section polonaise
LA PENSÉE (bronze) par SZUKALSKI

Section suisse<br />PENDULE (bronze) par Georges DlTISHElM.<br />THEIERE (argent) par Jucker (phot. Ochs-Walde).<br />PENDULETTE (émail) par Henri DITISHEIM.<br />COUPE ET BURETTE BAPTISMALES (argent) par E. KNOLL (phot. Ochs-Walde).
Section suisse
PENDULE (bronze) par Georges DlTISHElM.
THEIERE (argent) par Jucker (phot. Ochs-Walde).
PENDULETTE (émail) par Henri DITISHEIM.
COUPE ET BURETTE BAPTISMALES (argent) par E. KNOLL (phot. Ochs-Walde).

Section tchécoslovaque<br />LE MOTOCYCLISTE (bronze) par Ot. SVEC, sculpteur et F. ANYZ. fondeur.
Section tchécoslovaque
LE MOTOCYCLISTE (bronze) par Ot. SVEC, sculpteur et F. ANYZ. fondeur.

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