Le Chauffage à l'Exposition Universelle

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worldfairs
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Le Chauffage à l'Exposition Universelle

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 3 novembre 1900"

Notre collaborateur M. L. Borne se plaignait naguère, ici même, de la difficulté qu’il avait rencontrée à trouver l’Exposition d’hygiène. L’Exposition du chauffage n’est guère plus facile à trouver, ou plutôt on la trouve sur toute la surface de l’Exposition; ce qui n’est pas une raison pour qu’on la trouve plus aisément. Elle est aux Invalides, au Champ de Mars, sur les rives de la Seine ; peut-être au Trocadéro, si nous avions parcouru avec plus de soin cette partie de l’Exposition. Cette dissémination, on s’en doute, est loin de faciliter les comparaisons. Heureusement, ou malheureusement, si l’on veut, il nous a semblé que cette partie de l’industrie ne brille pas par les innovations sérieuses, et notre travail d’études en a été diminué d’autant.

On peut diviser le chauffage en général en trois classes : le chauffage direct à l’air chaud ; le chauffage à l’eau chaude, et à la vapeur. Le chauffage direct à l’air chaud peut lui-même se subdiviser en deux sections, selon que Ton chauffe au moyen d’un appareil central distribuant la chaleur aux pièces plus ou moins éloignées, ou que le chauffage est obtenu au moyen d’un appareil situé dans la pièce même à chauffer.

Cheminées et poêles. — Les cheminées et poêles rentrent dans cette dernière catégorie, où nous n’avons rien trouvé de particulièrement intéressant : on s’est borné à imiter plus ou moins heureusement, l’antique cheminée Fonde/, ainsi que la plus récente Salamandre. Nous devons pourtant dire un mot d’une cheminée de ce dernier genre, exposée par les “usines du Pied-selle à Fumay (Ardennes).” Cet établissement a apporté à la cheminée genre Salamandre une petite innovation qui* nous avions recommandée nous-même, il y a quelques années et ici même, pour les calorifères de cave. Une rosace R, dont on voit le profil sur la coupe ci-contre (fig. 1), destinée à régler l’arrivée de l’air sous la grille, commande en même temps, au moyen de la tige AS, une valve V qui ouvre ou ferme la communication de l’air de la pièce avec le tuyau de fumée F. Il est évident que l’introduction directe d’air dans le tuyau de fumée ralentit le tirage, comme il est ralenti également par la diminution d’ouverture de la rosace servant à l’entrée de l’air sous la grille. Le constructeur signale l’avantage de faire marcher simultanément les deux réglages au moyen de la tige rigide AS ; nous aimerions mieux, pour notre part, que les deux réglages fussent indépendants, à cause de la trop grande sensibilité (qui pourrait peut-être aller jusqu’à l’extinction) donnée par les deux réglages simultanés.

Pour les poêles, nous n’avons su distinguer que les succédanés du Chouberski, et ils ne nous ont pas paru devoir retenir davantage l’attention.

Calorifères de cave. — Il n’existe qu’un petit nombre d’échantillons de ce système de chauffage, et ils ne nous out pas paru dignes d’une mention spéciale.

chauffageexposition-01.jpg

Chauffage à eau chaude. — On connaît le principe de ce chauffage : du sommet d'une chaudière chauffée, pleine d’eau, partent un ou plusieurs tuyaux amenant l’eau chaude dans les pièces ou à proximité des pièces à chauffer, tandis que l’eau refroidie est ramenée en un point bas de la chaudière, formant ainsi une circulation continue. Nous avons remarqué, surtout dans les sections étrangères, de nombreuses formes de ce genre de, chaudières. 11 nous a semblé que, pour augmenter le rendement, on a eu la tendance de compliquer peut-être un peu trop les formes adoptées. En France, on a l’habitude, en général, de faire ces chaudières en fonte ; en Angleterre, deux maisons d’Halifax : Lumby son et Wood, et Hartley et Sugden, préconisent des chaudières en fer soudé, entourées ou non de maçonnerie. Le fer soudé a certes l’avantage, comme ces maisons le font observer, de se mieux prêter à la dilatation que la fonte, laquelle peut parfois criquer ; mais il a le désavantage de se rouiller, tandis que la fonte reste à peu près indemne d’oxydation. La pratique seule, en tenant compte du prix de revient de fabrication respectif, pourrait indiquer, à la longue, la matière qu'il faudra préférer.

Chauffage à vapeur. — Un grand nombre de constructeurs ont exposé des chaudières à vapeur “à basse pression” poulie chauffage des maisons d’habitation ou des établissements de faible importance. Comme pour les chaudières à eau chaude, il nous a semblé que la plupart d’entre eux, voulant avoir la plus grande surface de chauffe sous le moindre volume, n’avaient pas craint la complication. Quelques-uns, en France comme à l’étranger, ont eu l’idée de former ces chaudières d'éléments indépendants que l’on réunit après coup par un système de connexion que l’on n’a pas su ou voulu nous dire. Nous citerons, entre autres, M. Hamelle (de Paris), la “Cie nationale des radiateurs de Dole (Jura)”, et la maison Hartley et Sudgen, déjà nommée. Le but visé par ces constructeurs est de pouvoir installer des chaudières assez volumineuses dans des pièces où l’on n’accède que par des portes ou des escaliers étroits.

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Il fallait, pour ces chaudières à vapeur, empêcher la pression de s’élever au-dessus d’une valeur déterminée. Tous les exposants sont parvenus à ce résultat de la même façon : le levier de la soupape de sûreté est relié par une chaîne au registre d’entrée d’air sous la grille, et selon que la pression s’élève ou s’abaisse, le registre est abaissé ou relevé automatiquement.

Qu’on ait adopté le chauffage à l’eau chaude ou à la vapeur, il est nécessaire d’avoir, dans les pièces à chauffer ou dans leur voisinage, des surfaces parcourues par l’un ou l’autre fluide et transmettant leur chaleur par rayonnement ou par ventilation. Il est évident, toutes choses égales d’ailleurs, que le chauffage sera d’autant plus efficace, que l’on aura des surfaces plus considérables. Et comme le plus souvent l’espace dont on dispose est restreint, le problème est d’arriver au maximum de surface de chauffe sous le plus petit volume. Et l’on peut, à ce sujet, contempler à l’Exposition une véritable débauche d’ailettes de tout genre, de « radiateurs » de toutes les formes, voire même de toutes les couleurs. Y en a-t-il ! Y en a-t-il !... Les ailettes, soit qu’on les fasse venir de fonte, soit qu’on les fixe sur les tuyaux de fer par un procédé spécial, nous ne voudrions pas en dire de mal, car elles rendent des services quand on les emploie avec discrétion. Mais trop est trop ; et, pour peu que la poussière s’en mêle, sans compter les toiles d’araignée, nous craignons qu’on ait quelques mécomptes. Ces ailettes, d’ailleurs, tiennent beaucoup de place dans nombre d’échantillons que nous avons vus ; leur température, au moins vers la périphérie, et quelle que soit la conductibilité du métal, est moindre notablement que celle du tuyau même; de sorte qu’il serait souvent plus efficace de remplacer ces énormes et nombreuses ailettes tout simplement par un 2e tuyau, d'une surface moindre, il est vrai, mais d’une température plus élevée. Cela dit, nous devons rendre hommage à l’habileté ou môme au goût qu’ont déployé beaucoup d’exposants pour faire que ces radiateurs ne déparent pas trop la pièce où ils sont posés, ou même qu’ils y ajoutent un ornement. Nous citerons, entre autres, MM. Mathelin et Garnier, Chappée et fils, Hamelle, et enfin la « Cie nationale des radiateurs », en France ; « the Mott iron works » de New-York, « Hardware and malleable iron works » de Philadelphie, à l’étranger.

Comme accessoire du chauffage, nous avons remarqué une disposition spéciale de l’extrémité supérieure des tuyaux de cheminée : pour éviter les refoulements dus au vent, M. Butzbach, de Belfort, termine ce tuyau par un coffre percé de 4 ouvertures placées sur deux diamètres perpendiculaires l’un à l’autre ; des portes en tôle, mobiles autour d’axes horizontaux A, B, (fig. 2), sont munies, vers leur partie inférieure, d’une tige rigide D E reliant les deux portes situées sur le même diamètre : le vent faisant fermer AD, fait ouvrir B E, et la fumée peut s’échapper par l’ouverture laissée béante.

Quoique n’existant pas h l’Exposition, nous donnons (fig. 3) une disposition visant le même but, et que nous avons vue réalisée à Saint-Hélier (île de Jersey) : le bout du tuyau de cheminée est coiffé d’une persienne circulaire comme l’indique le croquis : le vent, qui, en général, a une direction inclinée de haut en bas (flèche A), chasse la fumée suivant les flèches B, au lieu de la refouler dans le tuyau.

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