L'hygiène à l'Exposition Universelle

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worldfairs
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L'hygiène à l'Exposition Universelle

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 11 aout 1900"

L’Exposition d’hygiène où est-elle?

Nous croyions la question très simple à résoudre, car depuis deux ans on lit de temps en temps, dans les journaux, des communiqués officiels célébrant les mérites de la nouvelle classification imaginée par M. Picard.

Placer côte à côte la matière première, l'objet fabriqué et les procédés de transformation, est un système admirable qui a permis d’ailleurs d’exposer les poudres sans fumée dans le pavillon des forêts, puisque la cellulose joue un rôle important dans la composition des nouveaux explosifs.

Dans beaucoup d’industries, la classification nouvelle n’a pas donné de bien brillants résultats, et il faudrait que le commissariat général doublât ou triplât son armée de fonctionnaires, s’il voulait indiquer chaque jour, à quelques personnes seulement, quels sont les palais qu’il faut visiter pour se faire une idée d’ensemble sur une question quelconque.

En ce qui concerne l’hygiène, voici ce que nous savons actuellement; mais d’ici la fin de l’Exposition, il est probable que nous ferons de nouvelles découvertes.

L’exposition principale est installée près du pavillon du Mexique, dans le Palais des Armées de terre et de mer. (Toujours les surprises de la classification officielle.) Cette classe est organisée par les fonctionnaires et par les médecins qui ont particulièrement étudié la démographie et l’hygiène publique. L’hygiène de l’habitation est encadrée par l’exposition des eaux minérales et par les très intéressants travaux microbiologiques de l’Institut Pasteur. Tout cela ne fait qu’une seule classe. Par contre, il y a une classe spéciale pour l’hygiène militaire, toujours dans le même palais, mais du côté du Creusot, puis une autre classe encore pour l’hygiène coloniale, qui se cache dans les jardins du Trocadéro. 11 est utile de voir aux Invalides la classe de la céramique. Il faut visiter le pavillon de la Ville de Paris et aussi le Palais des Congrès, où l’on trouvera des documents très intéressants. Les habitations ouvrières sont à Vincennes. Les braves qui iront jusque-là y découvriront sans doute, dès que celte exposition sera achevée, d'intéressants sujets d’étude se rattachant à l’hygiène. Mais il ne faut pas oublier de visiter, au Champ-de-Mars, l’exposition de l’Assistance publique, au premier étage de l’ancienne Galerie des Machines.
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Voici à peu près ce que Pou peut voir comme expositions françaises.

Faut-il passer aux étrangers? c’est plus difficile. Chaque nation a d’abord son pavillon officiel, et il serait regrettable de ne pas visiter les installations sanitaires du pavillon d’Angleterre, ou de ne pas savoir que l’industrie du grès commence à naître en Bulgarie.

En certains points, les étrangers viennent fraterniser avec les Français et s’installent à côté d’eux, par exemple, au Palais des Congrès et à l’Exposition de l’Institut Pasteur. Mais les expositions les plus importantes sont réparties au Champ-de-Mars et aux Invalides, dans un savant désordre que le public ignorant, dont nous sommes, prend pour un simple effet du hasard.

Qui nous dira pourquoi la maison américaine Mott Iron Works, de New-York, expose à la Galerie des Machines, près de l’avenue de Suffren, ses closets et ses salles de bains, tandis qu’aux Invalides, près de la rue Fabert, la marque Standard, également de New-York, a installé les mêmes closets et les mêmes salles de bains? Mais, qui nous dira aussi pourquoi un célèbre chirurgien de Reims a exposé ses travaux dans le pavillon de la principauté de Monaco?

Il est donc bien difficile de tracer pour ces articles un programme rationnel et précis.

Nous devrions, pour suivre un ordre logique, visiter successivement tous les palais où sont installées les différentes (raclions de l’exposition d’hygiène. Mais il faudra de temps en temps nous écarter de cette méthode pour faire des comparaisons indispensables entre les diverses expositions françaises, ou bien pour indiquer ce qui se fait à l’étranger.


SECTION FRANÇAISE DE LA CLASSE 111

Comme nous venons de le dire, cette section est installée au Palais des Armées de terre et de mer, côté Est ; elle comprend une partie bactériologique et une exposition des eaux minérales, qui n’intéressent pas directement les architectes. Nous nous contenterons d’étudier ce qui a trait à l’hygiène générale de la construction, à l’assainissement des bâtiments et à l’épuration de l’eau par la filtration ou tout autre procédé. Il y a aussi quelques expositions intéressantes sur l’assainissement dos villes. Nous en parlerons en dernier lieu pour pouvoir étudier en même temps le pavillon de la Ville de Paris.

Au premier étage du Palais, au-dessus du salon de Pasteur, M. Trélat expose quelques tableaux résumant les principales conditions que doit remplir un bâtiment pour être sain, salubre et agréable à habiter.

Ces principes forment une des bases de l’architecture, mais il serait à désirer qu’ils soient connus non seulement des architectes, mais aussi du grand public.

Personne ne songe à contester le rôle bienfaisant de la lumière. Elle nous est indispensable et contribue dans une large mesure à la salubrité des habitations. Mais il y a encore bien des rues trop étroites et bien des pièces sont trop profondes pour être complètement éclairées. M. Trélat admet que la profondeur d’une pièce ne doit pas dépasser une fois et demie la hauteur des fenêtres au-dessus du parquet. Il faut que les rayons lumineux puissent pénétrer directement jusqu’au fond de la pièce avec une inclinaison de 3 de base pour 2 de hauteur. (Voir fig. 1.)

Les fenêtres doivent donc monter aussi près que possible du plafond et cela contribuera en même temps à faciliter la ventilation. Surtout, ne laissons pas nos tapissiers cacher le haut de la fenêtre avec des tentures plus ou moins décoratives. IJ faut conserver la lumière directe et ne pas se contenter d’une vague lueur diffuse. Il faut reconnaître d’ail leurs que la mode actuelle se conforme à peu près à ce programme dont on était si éloigné il y a vingt ans.

Dans le même ordre d’idée, il faut attacher beaucoup d’importance à l’orientation des bâtiments. Si vous avez à construire un établissement public dans un centre septentrional, orientez le grand axe de vos bâtiments suivant la ligne Est-Ouest; c’est ainsi qu’ils recevront le maximum de rayons lumineux. Dans le Sud de la France, il vaut mieux placer le grand axe suivant la ligne Nord-Sud : ce sera la meilleure disposition pour éviter la trop grande chaleur.

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On peut ajouter qu’il faut revenir à l’orientation Est-Ouest dans les centres très chauds, où, pendant l’été, les rayons solaires tombent presque verticalement. On aura le minimum de chauffement en exposant une grande façade au Sud, pourvu qu’on la protège par une véranda et qu’on
laisse une circulation d'air entre la couverture et le plafond de la salle.

L'étude du chauffage présente aussi, au point de vue spécial do l’hygiène, un intérêt considérable, l’our qu’un milieu soit salubre, il faut que l’air reste frais, dense et agréable à respirer. Les surfaces de chauffe doivent émettre de la chaleur par rayonnement seulement. C’est la condamnation des calorifères à air chaud, car, comme l’a dit Emile Trélat, un air d'intérieur sain ne peut absolument pas servir au chauffage.

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hygiene-03.jpg (39.42 Kio) Vu 4499 fois

On devrait envoyer dans les salles de l’air à 10 ou 12° au maximum et pour entretenir la chaleur du corps on maintiendrait la température des murs à 20 ou 25° de manière à leur faire émettre une chaleur rayonnante. Cela conduit à constituer les murs par deux parois entre lesquels sont logés les appareils de chauffage. On a construit quelques maisons d’après ce système, maison peut dans la pratique se contenter d’employer comme source de chaleur rayonnante des surfaces de chauffe alimentées par de la vapeur ou par de l’eau à température élevée. Le calorifère à air chaud ne peut être employé que dans les locaux qui ne sont occupés que d’une manière intermittente comme les réfectoires ou les salles de conférence. On envoie dans les salles de l’air à 60 ou 80° pour échauffer les murs puis on ouvre largement les fenêtres et tant que la salle est occupée on n’y laisse plus pénétrer que de l’air frais.

Les plans de l’Ecole Vauvenargues, construite par M. Trélat, indiquent une application très intéressante de ces procédés de chauffage.

Le Touring-Club a étudié une autre question d’hygiène générale : la salubrité des chambres d’hôtel. Dans la plupart des petites villes, les hôtels sont construits et aménagés contrairement à toutes les règles de l’hygiène, et le bon vouloir de quelques hôteliers n’aboutit souvent qu’à diminuer encore la salubrité de leurs chambres. Le Touring-Club a entrepris depuis quelques années une campagne pour tâcher d’obtenir que les hôtels soient largement aérés, abondamment pourvus d’eau et munis de water-closets convenables. On devrait renoncer aux rideaux, aux papiers de tentures, aux meubles et surtout aux lits en bois. On pourrait certainement réaliser sur le mobilier des économies importantes qui permettraient sans grande dépense supplémentaire de peindre les murs en un ton clair.

Les ripolins ou les peintures au vernis sont à recommander, et si la dépense première est plus élevée, les frais d’entretien sont beaucoup moindres.

M. G. Rives, architecte du Touring, a construit à l’Exposition de l’hygiène une chambre qu’il donne comme modèle aux hôteliers de bonne volonté. Voici les principes qui ont été appliqués dans cette construction d’après une communication de M. Rives au récent Congrès d’hygiène et de demographie (Voir fig. 2).

La chambre doit avoir au minimum 3m sur 5 et 3m de hauteur, ce qui donne une capacité de 45 mètres cubes. La ventilation doit se faire par |a fenêtre et par la cheminée.

Naturellement la fenêtre montera aussi haut que possible pour donner le maximum de lumière et pour faciliter la ventilation, la cheminée sera munie d’une ventouse ou prise d’air pour faciliter le tirage.

Pas de corniches, pas de rosaces au plafond, pas de suspension — les angles des murs pourront être arrondis comme on le fait dans les hôpitaux.

Le parquet constitue peut-être le meilleur sol à la condition qu’il soit fait en bois bien sec avec des petits joints, il ne faut pas l’encaustiquer mais le passer à l’huile et le laver souvent. Pour éviter le vide des entrevoux, qui est une cause si grave d’insalubrité, on devrait poser le parquet sur lambourdes scellées au bitume. En tout cas, pas de lapis sur le sol, tout juste une descente de lit. Et encore c’est une concession à la routine, car il vaut mieux enfiler ses pantoufles que de marcher sur un tapis qu’on ne peut guère nettoyer qu’en le passant à l’étuve.

Il faut aussi réduire au minimum les plinthes, les chambranles et les autres moulures; surtout employer des profils simple et éviter les angles rentrants où s’accumule la poussière.

Le lit doit être en fer ou en cuivre avec sommier métallique. Il faut aussi, et c’est peut-être la modification la plus indispensable, supprimer la table de nuit en bois et la remplacer par un meuble en fer, comme on le fait dans les hôpitaux. Mieux vaudrait encore, toutes les fois que la disposition des locaux le permet, supprimer complètement la table de nuit, cette dernière transformation de la chaise percée du grand roi.

Pas de portières, pas de rideaux au lit et surtout pas de papier peint. Si on ne peut faire de la peinture à l’huile, il vaut mieux mettre une couche de lait de chaux et la renouveler tous les ans.

Les peintures, l’ameublement, le marbre de la cheminée devront être en teintes claires : c’est plus gai d’abord. Les vieilles bonnes femmes aiment mieux les tons foncés, parce qu’ils sont moins salissants. Cela veut dire qu’on aperçoit moins facilement les taches et les souillures, mais c’est pour cette raison que nous voulons employer des couleurs claires.

On pourrait conseiller, bien que ce procédé n’ait pas été appliqué dans la chambre du Touring, de placer les plinthes à 45°, comme l’indique la figure 3, au lieu de les fixer verticalement contre le mur. Cela amortit un angle et facilite le lavage. On pourrait aussi supprimer les rideaux des fenêtres et se contenter d’un store placé à l’extérieur entre la fenêtre et les volets. La croisée no porterait qu’un simple rideau de vitrage en mousseline et seulement sur les carreaux inférieurs.

Le Touring-Club aura rendu un bien grand service à l’hygiène s’il réussit à rendre salubres les hôtels. Il passe dans les chambres bien des malades, bien des personnes plus ou moins contagieuses et on ne se préoccupe guère de la désinfection. Bien des appartements d’hôtel, d’aspect très confortable, sont de véritables étuves à cultures. Mais que dire de ce que sont les chambres des stations spécialement fréquentées par les phtisiques? Il y a là un véritable danger public, dont on ne se préoccupe pas assez, et les hygiénistes ne doivent ménager au Touring-Club ni leur approbation ni leur concours.

(A suivre.)

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 aout 1900"

ASSAINISSEMENT DE L'HABITATION

Beaucoup d’industriels ont exposé à la classe 111 les appareils qu'ils ont combinés pour contribuer il l’assainissement de l’habitation. Naturellement, presque tous ces appareils ont pour but de faciliter l’application du tout il l’égout, puisque ce système est maintenant imposé dans beaucoup de grandes villes. Du reste, on ne saurait contester que c’est le procédé le plus pratique et le plus sûr pour assainir une habitation. Evacuer rapidement toutes les matières dangereuses, avoir des canalisations étanches et parfaitement isolées des appartements, on ne saurait désirer mieux. Aussi, les particuliers adoptent volontiers ce système à la condition que les villes donnent de l’eau h bon marché, et qu’elles résolvent d’une manière satisfaisante le problème de l’épuration des eaux d’égout. Nous étudierons plus lard celle question.

Tuyaux de canalisation. — Les tuyaux doivent être lisses, imperméables, solides et réunis par des joints étanches. Il faut que les tuyaux soient aussi longs que possible pour diminuer la longueur des joints.

Il y a dix ans, le grès était tout à lait en faveur, mais actuellement, toutes les fois que les eaux à évacuer ne sont pas acides, on admet très bien la fonte, qui permet de taire des joints plus étanches.

On voit à l’Exposition quelques tuyaux de grès de 2m,00 de longueur. La maison Jacob expose un tuyau de 0m,40 de diamètre et de 2m,00 de long. Mais pratiquement, les usines livrent des tuyaux d’une longueur de 0m,60, ou exceptionnellement de 1m,00, ce qui multiplie le nombre des joints.

Les joints des tuyaux en grès doivent être faits avec beaucoup de soin. On est forcé d’employer le ciment, et il suffit d’une négligence de l’ouvrier pour que le joint se détache du tuyau au bout de quelque temps. D’autre part, si le ciment n’est pas de très bonne qualité, s’il contient notamment de la magnésie, il peut se dilater et faire sauter la tulipe du tuyau (fig. 4).

Aussi un certain nombre de fabricants emploient-ils des tuyaux unis avec manchon d’accouplement en fonte mince (fig. 5). Ce système donne une canalisation plus résistante et plus étanche que les tuyaux à tulipe. Far la saillie qu’elle forme, par son mode même de fabrication, la tulipe est toujours exposée à des ruptures, tandis que le manchon en fonte consolide le tuyau et joue en quelque sorte le rôle de frette.

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l est toujours imprudent de faire des chutes verticales en grès, car le plus léger mouvement du bâtiment amène des ruptures qu’il est très difficile de réparer. Les tuyaux avec manchons en fonte donnent un peu plus de sécurité; mais il est bon néanmoins de mettre ft chaque étage un petit manchon en plomb fondu recevant dans son emboîtement le tuyau supérieur.

Les maisons Jacob et Noël Chadapeaux ont mis particulièrement en évidence ce nouveau procédé de pose des tuyaux en grès. Leurs manchons d’accouplement ne présentent guère que des différences insignifiantes, On peut ménager un trou sur le côté du manchon pour faciliter le coulage du ciment liquide.

Ce qui fait la valeur du tuyau, c’est l’imperméabilité non seulement du vernis, mais du la pâte elle-même. Four qu’un tuyau soit bon, il faut qu’il n’absorbe pas plus de 2 ou 3 pour cent de son poids d'eau. Un tuyau coupé en plusieurs morceaux est pesé après dessiccation à 100°, puis on le laisse plusieurs jours dans l’eau. On repèse après l’immersion, et la différence des deux poids donne la quantité d’eau absorbée. Presque toutes les maisons peuvent livrer des grès imperméables, mais quand il s’agit de travaux importants, il est indispensable de faire de temps en temps des expériences d’imperméabilité, pour s’assurer qu’il n’y a pas de défauts de fabrication.

Les tuyaux en fonte sont de qualité bien plus régulière. Actuellement, on les emploie fréquemment dans les travaux d’assainissement; aussi en trouve-t-on un grand nombre de types à l’Exposition.

Le plus souvent, la fonte est simplement protégée par une couche de goudron ou de peinture. Mais on arrive maintenant à faire de l’émaillage sans dépense excessive. Les tuyaux sont enduits d’un silicate que l’on fait fondre dans un four spécial; leur surface est alors enduite d’une sorte do verre qui adhère parfaitement au tuyau si l’opération est bien conduite. Pont-à-Mousson et plusieurs autres usines réussissent bien l’émaillage des tuyaux. Mais il faut reconnaître que l’émaillage ne donne qu’une sécurité incomplète et que l’enduit peut toujours se détacher sous l’influence d’un choc.

Pour avoir une canalisation parfaite, il faudrait employer les tuyaux qu’expose la maison Testet. La fonte est recouverte d’une véritable couche de verre de plus d’un centimètre d’épaisseur. Ces tuyaux pourront rendre de grands services, à la condition que leur prix ne soit pas excessif.

Quand on emploie les tuyaux en fonte, il est facile de faire des joints durables et tout à fait étanches. Mais pour atteindre ce but, il faut renoncer complètement à l’ancien type connu sous le nom de fonte de bâtiment (fig. 6). Dans ce modèle le joint se fait entre les deux cordons e d, il est impossible de bourrer le ciment dans l’emboîtement et la petite bague de ciment à section carrée qui se trouve entre les 2 points e d, se brise au moindre choc ou au moindre tassement.

Il faut employer le tuyau, dit salubre, représenté par la figure 7; le bout mâle ne porte plus de saillie venant recouvrir l’emboîtement, il en résulte qu’on peut tasser entre les deux tuyaux la matière employée, on peut se servir du ciment, du caoutchouc ou du plomb coulé à chaud.

Le ciment qui, par lui-même n’est pas tout à fait imperméable, ne peut donner un joint sensiblement meilleur que celui des tuyaux en grès.

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Le caoutchouc de bonne qualité donne un joint étanche et élastique, ce qui est une précieuse qualité, car la canalisation peut se dilater librement et on n’a pas à craindre qu’il se produise des ruptures. La bague en caoutchouc est placée dans la rainure a., quand on enfonce le tuyau dans l’emboîtement la bague roule un peu et vient s’aplatir sur le plan incliné placé entre les points a et b. La partie b c de l’emboîtement peut être garnie en plâtre ou en ciment pour éviter l’accumulation des poussières. Mais ce type de joint ne présente de sécurité qu’à la condition que le caoutchouc soit de bonne qualité. Dans l’industrie on trouve sous le nom de caoutchouc des produits tout à fait différents coûtant depuis deux francs jusqu’à vingt francs le kilogramme. Il faut que la bague soit bien élastique et qu’elle ne contienne pas trop de matières étrangères.

Les services de la marine demandent de la gomme presque pure et exigent que le caoutchouc puisse flotter sur l’eau, c’est-à-dire qu’il ait une densité inférieure à l’unité.

De toutes les matières que l’on puisse employer, c’est le plomb qui donne la plus grande sécurité. La rainure a est garnie d’un peu de corde goudronnée, puis on coule du plomb fondu dans toute la partie supérieure de l'emboîtement. Après refroidissement le plomb est maté, c’est-à-dire refoulé avec un ciseau à pointe mousse.

Ces tuyaux salubres sont maintenant fabriqués par tous les fondeurs, et on les trouve chez tous les dépositaires de matériaux de construction. C’est M. Masson, l’inspecteur de l’assainissement de la Ville qui a fait adopter ces modèles et c’est à lui qu’on doit être reconnaissant des bons résultats obtenus. Malheureusement les fondeurs vendent ces tuyaux avec une sensible plus-value bien que la fabrication soit à peu près la même que pour les tuyaux ordinaires. Il y a là une anomalie qui devrait disparaître.

On trouve dans le commerce deux types de tuyaux salubres, les tuyaux minces salubres qui ont à peu près le même poids que les tuyaux ordinaires de bâtiment et les tuyaux mixtes salubres qui ont à peu près la même épaisseur que les tuyaux à eau forcée employés pour la distribution d’eau dans les villes. On employait autrefois assez volontiers ces tuyaux quand on voulait avoir une canalisation rigoureusement étanche. C’est suivant ce système qu'on a fait la canalisation des eaux pluviales du Trocadéro. Quand le tracé ne comprend pas beaucoup de pièces de raccord on peut avoir intérêt aujourd’hui encore à employer ces tuyaux qui ont une longueur de 3 mètres ; les joints sont moins nombreux et la fonte est même plus légère à épaisseur égale puisque l’emboîtement ne se répète que tous les trois mètres.

Ainsi la fonte de 108 pèse 14k,5 le mètre en tuyaux ordinaires, ou en tuyaux salubres minces: elle pèse 20k,8 en tuyaux mixtes et 18k,5 seulement en tuyaux emboîtement cordon pour eau forcée.

On trouve à l’Exposition un certain nombre d’autres types de joints. Dans la très intéressante collection exposée par Noël Chadapeaux, on voit même des joints en feutre, .le sais bien qu’à Marseille on fait volontiers des joints avec du mastic de vitrier, mais je préfère certainement le type do joint au caoutchouc représenté par la figure 8. Les tuyaux n’ont pas d’emboîtement mais seulement des cordons à chaque extrémité: un collier à contre-partie serré par deux boulons, applique sur ces cordons une bague en caoutchouc, ce joint est très étanche si le caoutchouc est de bonne qualité. Quand on emploie ce type de tuyau sans emboîtement il est très facile de déposer un tuyau pour faire une réparation.

Le même avantage se retrouve dans le joint représenté par la figure 9. Les deux tuyaux munis de cordons sont amenés bout à bout, une bague conique en plomb recouvre le joint et s’appuie sur un repos ménagé sur le tuyau inférieur. Sur cette bague on lait glisser une bague en fonte également conique. Avec quelques coups de marteau on enfonce la bague el le plomb vient se mouler autour des cordons. On obtient ainsi très rapidement et sans être obligé de faire du feu un joint au plomb très étanche et suffisamment élastique. Ce système est exploité actuellement par la maison Jacquemin.

En établissant les modèles de ces tuyaux on a cherché à réduire au minimum le nombre de joints et à éviter ces entassements de demis, de quarts, de huitièmes, que l'on retrouve dans tous les autres systèmes, la série des modèles se compose pour chaque diamètre de : 1 manchon de 0m,35 de long, 1 manchon do 0m,40, 1 tuyau de 0m,90, 1 tuyau de 1m,10, 1 tuyau de 1m,40 et 1 tuyau de 1m,50. Avec ces 6 modèles on peut obtenir à 25 millimètres près toutes les hauteurs d’étage avec un nombre de joints très réduit

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En employant le branchement de 0m,35 à la place de celui de 0m,40, ou obtiendra toutes les longueurs dont le dernier
chiffre est un 5. On arrive donc à reproduire une longueur quelconque avec un écart maximum de 25m/m en plus ou en moins.

Il serait à désirer que ce système très simple soit appliqué à tous les tuyaux employés dans le bâtiment. Les tuyaux Jacquemin donnent au plus trois ou quatre joints par étage ; avec les autres systèmes on en a presque le double.

Tampons de visite. — Ces accessoires indispensables de la canalisation sont représentés par de nombreux modèles aux expositions de Jacquemin, Guinier, Chadapcaux.

Dans toutes ces expositions on trouve des types de tampons pouvant se placer dans la partie courante de la canalisation et des modèles spéciaux formant coude, embranchement ou culotte, tous visitables par le tampon. La fermeture est obtenue par des pièces excentrées, par des plans inclinés par des vis de pression. Ce sont les vis depression en cuivre qui donnent les meilleurs résultats. Avec les autres systèmes on est exposé au bout d'un temps assez court à ne plus pouvoir ouvrir le tampon ou bien à ne plus pouvoir le fermer. Le joint est toujours obtenu au moyen d’une rondelle de caoutchouc et à ce propos nous ne pouvons que répéter les observations faites plus haut.

(A suivre.)

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Re: L'hygiène à l'Exposition Universelle

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 22 septembre 1900"

Puisque dans notre dernier article nous avons examiné les canalisations d'eaux vannes, il ne serait pas inutile d’aller aux Invalides visiter l’Exposition de la céramique qui est installée au-dessus du chemin de fer près de la rue Fabert. C’est là que les fabricants de tuyaux de grès ont montré plus complètement qu'à l’hygiène ce qu’ils savaient faire et dans quelle mesure ils peuvent résister à la concurrence étrangère. Nous ne voudrions pas promener nos lecteurs à l’esplanade, dans la rue des Nations, au Champ de Mars, bref dans toute l’Exposition pour comparer les grès français aux produits étrangers. Très sincèrement, nos grés français peuvent soutenir la comparaison, et nos fabricants vendent actuellement des tuyaux qui sont équivalents aux tuyaux anglais.Du reste nos bons céramistes ont fait établir de sérieux droits de douane qui arrêtent à peu près l'importation étrangère, et qui ont permis de sensibles relèvements de prix. Il n'y a guère que le contribuable et le propriétaire qui pourraient s'en plaindre, mais ils en ont vu bien d'autres.

Ce qu'il y a de curieux, c’est de constater la différence de qualité des matières employées pour la fabrication des tuyaux de grès et pour la fabrication des appareils destinés aux usines de produits chimiques. Dans la même exposition ou trouve des grès pour usines, vitrifiés, imperméables dans leur masse, ayant subi à la cuisson un commencement de fusion : puis à côté on voit des tuyaux d’assainissement en terre plus ou moins réfractaire recouverte d’un vernis qui semble appliqué au pinceau et qui a la teinte du chocolat blanchi par la vieillesse. Si les céramistes voulaient bien nous donner pour l'assainissement les grès qu'ils fournissent aux usines de produits chimiques! On n'aurait peut-être pas besoin de recourir la fonte ou de chercher à fabriquer des tuyaux en verre.

La conclusion qu'il faut en tirer c'est que les administrations doivent se montrer très sévères dans la réception des tuyaux en grès ; comme nous le disions dans notre précédent article, les mêmes usines livrent des produits de qualités bien différentes, et il faut faire pour chaque expédition des essais très sérieux permettant de se rendre compte de la quantité d’eau absorbée.

Ce sont les usines de Boulogne et de Pouilly qui ont, à la classe de céramique, les expositions les plus intéressantes au point de vue de l'assainissement. Pour prouver sa puissance de fabrication. Jacob expose un tuyau de 0m,40 de diamètre et de deux mètres de long. Boulogne montre une grande cornue de quatre mètres de longueur.

Il faut signaler particulièrement, l'usine très ancienne de Rambervillers, qui n'occupe peut-être pas, sur la place de Paris, la place à laquelle lui donnerait droit la qualité de ses tuyaux. Les grès d’assainissement exposés parcelle maison sont comparables aux grès pour usines exposés par d'autres fabriques. La pèle est dure, sonore, imperméable et la couverte présente des traces évidentes de commencement de fusion. L’émail est tacheté de points de couleur et cela ressemble plutôt à une crêpe bien cuite, pour employer encore une comparaison culinaire. On trouvait autrefois dans les bazars des cruches en grès bleuté bien cuites et très imperméables ; cela se rapproche beaucoup de la fabrication de Rambervillers ; ce sont ces produits que devraient nous livrer tous les fabricants de grès d’assainissement.

On trouvera aussi à l'exposition de céramique les carrelages en grès de Boulogne, de Sand, de Simons et de Boch. Les architectes s'intéresseront surtout aux terres cuites décoratives. La maison Bigot expose des portiques, des revêtements et un escalier en grès flammé très réussi. Gilardoni, de Pagny-sur-Saulx (Marne), expose une porte d'un grand effet, obtenu avec des moyens très simples et très artistiques. On cherche la manufacture de Sèvres mais, naturellement, suivant la classification de M. Picard, il faut aller dans une autre partie des Invalides pour voir sa façade décorative en grès qui est fort réussie d'ailleurs. Sèvres voulait exposer un pavillon complet en grès cérame. Mais le projet ne date que de dix ans et on n'a eu le temps que de faire une façade. Ceux qui vivront vers 1950 verront peut-être le pavillon achevé.


SALLES DE BAINS

Continuant notre étude de l'assainissement de la maison, nous sommes amenés à nous occuper des différentes installations sanitaires. Nous commencerons par les salles de bains et nous demanderons à nos lecteurs de bien vouloir prendre la plate-forme roulante. En traversant la galerie des machines jusqu’à l’avenue de Suffren, on arrive au premier étage dans une section étrangère de l'hygiène comme on le voit, c'est très simple et très facile.

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A côté de Jennings et de Doulton, la maison Motts Iron Works, de New-York, a installé une salle de bains très intéressante et présentée de la manière la plus heureuse. Le sol est en grès cérame. Les murs sont garnis de faïence claire formant plinthe et stylobate. Les appareils sont bien étudiés; nulle part d’angle rentrant, l'ensemble est élégant très élégant très salubre et répond parfaitement à toutes les prescriptions de l’hygiène. Il faut pourtant dire qu’on a simplifié notablement le problème en noyant dans les murs on en supprimant toutes les canalisations. La tuyauterie n'est jamais bien belle, elle retient les poussières, peut causer des fuites ; mais enfin elle est indispensable et les Américains ne nous donnent pas le moyen simple et pratique de la dissimuler.

Quoiqu'il en soit, voici d'après l'album de Mott les dessins de quatre salles de bains qui donnent une idée assez précise de ce qu'exposent les différents fabricants américains (Voir fig. 10. 11. 12. 13).

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Tout cela est bien différent de ce que nous avons l’habitude de faire en France : Où sont les caillebotis. les meubles en bois plus ou moins nouveau style, servant de toilette, de tables coiffer ou dissimulant les meubles d'usage trop intime. Ici, le water-closet, le bain de siège, le bidet lui-même. ne songent pas a se dissimuler. Cela donne l'impression d'une usine à laver, à décortiquer, à décrasser. Mais il n'y a nulle place pour la recherche, l'élégance et pour les mille riens qui contribuent au charme de la femme. En sortant de ce cabinet de toilette elle est prête pour faire du sport, mais non pas pour aller en soirée. Tout au contraire, dans les hôtels construits récemment à Paris, le cabinet de toilette est un salon ou tout au moins un boudoir où la maîtresse de maison peut sa tenir le malin et même recevoir parfois ses amies intimes. C'est la table à coiffer et les granités glaces qui occupent la place principale; Ici baignoire elle-même est parfois reléguée dans une pièce secondaire ou tout au moins elle est dissimulée par des paravents.

Nous devons donc, à notre point de vue, critiquer l'ensemble de ces installations ; mais si nous examinons chaque appareil en détail nous reconnaîtrons qu'il est bien conçu et qu'il répond parfaitement à toutes les règles de l'hygiène.

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La baignoire est toujours en faïence, un peu froide peut-être, mais facile à tenir parfaitement propre et préférable au nickel de ce point de vue. La robinetterie de vidange et d'alimentation est au pied de l'appareil. Des rosaces d'une manœuvre facile commandent les robinets et remplacent les fameux cols de cygne ciselés qui faisaient, il y a trente ans. l'ornement des salles de bains. On a supprimé complètement le terrasson et tous les recoins difficiles ou même impossibles à nettoyer : la baignoire est scellée dans le sol et dans les murs, ou bien au contraire elle s'éloigne des parois et est supportée seulement par 4 pieds laissant tout l'espace nécessaire pour le nettoyage.

La douche ou le bain de cercle sont montés sur une grande cuve en porcelaine scellée dans le sol et présentant parfois, comme la baignoire, une gorge pour se raccorder avec le carrelage en évitant un angle où s’accumuleraient les poussières.

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Le bain de siège est conçu dans le même ordre d'idée, mais sa forme est moins heureuse. On a un peu l’impression de s’asseoir dans un coffre et on doit craindre que le couvercle ne retombe sur vous.

La toilette est en faïence ou en porcelaine. On a supprimé avec raison le meuble en bois qui peut être commode mais qui n’est pas salubre; malheureusement les formes proposées ne sont pas très heureuses. Dans deux des croquis le lavabo ressemble un peu trop à un bénitier. Un autre modèle rappelle un évier posé sur une quille, mais le dernier type est très admissible. On pourrait même sans inconvénient trop grave employer comme support le métal, bien qu'il soit moins propre que la porcelaine.

L'appareil de water-closet et le bidet se rapprochent beaucoup des types que nous employons en France. On n’essaye pas de dissimuler le réservoir de chasse et sa chaîne: mais le réservoir est toujours en porcelaine et il est parfois décoré comme les autres appareils de la salle de bains. Les cuvettes de water-closets sont bien isolés du mur, elles reposent sur le sol par une large base, et le siège en bois est fixé à l’appareil lui-même el non pas à la paroi. La cuvette a une forme spéciale caractérisée par un siphon de petit diamètre. Au moment où le réservoir fonctionne, l'eau monte d'abord dans la cuvette. puis le siphon s’amorce et fait une aspiration énergique assurant une prompte évacuation et un bon nettoyage.

La salle de bains représentée par la figure 13 est destinée spécialement aux hôtels de voyageurs d'après les indications du catalogue. Pour une salle de bains de ce genre les objections que nous avons faites plus haut tombent d'elles-mêmes. Dans ces installations il faut appliquer les règles de l'hygiène aussi scrupuleusement qu'on le fait dans les hôpitaux ; il faut avant tout faciliter le nettoyage absolu, et cette considération doit primer toutes les autres.

Les croquis montrent aussi quels sont les moyens proposés pour loger les différents objets de toilette indispensables dans une salle de bains particulière. Les porte-serviettes, les porte-verres les paniers à éponge, sont étudiés avec beaucoup de soin et ne manquent même pas d’une certaine élégance. Nous devrions créer et employer des types analogues.

Du reste les appareils de water-closets, les baignoires, les bidets se retrouvent avec quelques variantes dans un certain nombre d'expositions françaises ou étrangères. Parmi les étrangers il faut citer particulièrement la Standard Baths de New-York, qu'on a logée, Dieu sait peut-être pourquoi, vers le milieu de l'Esplanade des Invalides, du côté de la rue Fabert. Cette maison expose surtout des lavabos el des baignoires en fonte émaillée. Mais l'émaillage est si réussi et si joli de ton qu’on prendrait ces fontes pour de la céramique. Nous retrouvons des baignoires isolées portées sur quatre pieds et des lavabos en fonte émaillée de formes très heureuses. Les nombreuses fabriques qui ont été créées récemment pour faire concurrence aux anciennes usines d’émaillage trouveraient là d'excellents exemples à suivre.

La Standard Baths a exposé aussi un certain nombre d'appareils de water-closets et notamment quelques modèles à siphon étroit fonctionnant par aspiration.

Si nous revenons maintenant au Palais de l'hygiène après avoir fait le tour de l’Exposition, nous retrouverons chez les fabricants français un certain nombre d'appareils qui permettraient de faire des installations analogues à celles qui sont exposées par les étrangers. Nous reverrons ultérieurement ces appareils, mais nous ne pouvons terminer cette étude sommaire des installations de bains sans parler de l'exposition
très luxueuse de la maison Porcher au Palais de l'hygiène : il y a là trois ou quatre salles de bains très complètes, composées de beaux appareils. L'ébénisterie des toilettes est très soignée, les marbres choisis avec goût. Mais ces salles de bains sont bien différentes des salles américaines. Le water-closet est dissimulé sous un fauteuil de style. Au-dessus se trouve sur une colonne une belle horloge. Mais n'y touchez pas, il y a dedans un réservoir de chasse.

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APPAREILS SANITAIRES

Les différents appareils de water-closet qui figurent à l'Exposition universelle ne présentent pas de dispositions bien nouvelles. Tout au plus peut-on signaler quelques modifications de détail.

Si nous parlons d’abord des appareils à la turque, nous devons signaler le modèle qui est représenté par la figure 15 et qu’on retrouve chez presque tous les fabricants de grès.
(Boulogne, Jacob, Pillivuyt, Flicoteaux, etc). La cuvette forme trémie se raccordant avec les murs et avec le sol. L’arrivée d’eau se fait par une pièce en cuivre qui lave complètement la cuvette. L’appareil est muni soit de patins, soit d’une grille sur laquelle on peut se placer. La grille est plus commode, mais elle se rouille. On a renoncé presque complètement à employer le type qui avait été introduit en France par Doulton et qui se composait d’un siphon, d’une cuvette placée à 0m, 15 au-dessus du sol et d’un dessus de siège en grès formant trémie. Cet appareil est trop compliqué et les eaux du sol ne peuvent rejoindre la cuvette que par une petite goulotte qui peut causer des fuites.

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On n’emploie du reste les appareils à la turque que lorsqu’il est impossible de faire autrement et on préfère de beaucoup les appareils assis qui donnent des water-closets plus salubres et plus faciles à tenir propres.

La maison Scellier a proposé un type intermédiaire représenté par la figure 16. La cuvette est construite en foule émaillée. On doit placer les pieds dans les talonniers A et on doit aussi ne pas mouiller le sol. C’est très bien pour les gens soigneux, et la partie antérieure de la cuvette peut arrêter les liquides. Mais la plupart du temps, les water-closets de ce système sont encore plus sales que ceux représentés par la figure 15.

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Quand on doit construire un groupe de water-closets, on adopte généralement des appareils ayant chacun leur siphon et leur réservoir do chasse. Cela ne coûte pas plus cher, et si un appareil est dérangé, les autres peuvent continuer à fonctionner. Rien que ces latrines communes soient moins employées qu’il y a quelques années, la maison Jacob a créé un nouveau modèle qui présente une disposition intéressante (voir fig. 17). Les cuvettes placées côte à côte sont reliées à un collecteur toujours rempli d’eau et sont lavées par un réservoir de chasse automatique. Au moment où la chasse se produit, l’eau s’élève dans les cuvettes et monte jusqu’au niveau du sommet du coude T. Elle retombe dans le siphon U au moment où l’air comprimé s’échappe. Mais un rétrécissement A concentre la colonne d’eau et il se produit une aspiration énergique qui vide le contenu des cuvettes. La rentrée d’air qui se produit par le trou de désamorçage placé sur le coude T à la fin de la chasse ramène l’eau à son niveau normal dans chacune des cuvettes. Il faut employer un grand réservoir de chasse et le faire marcher souvent, car entre deux chasses les matières s’accumulent dans chaque cuvette et il n’y a pas moyen de ne pas les voir.

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Cet appareil fonctionne comme les cuvettes américaines dont nous parlions dans notre précédent article. La figure 18 représente une cuvette de la marque Standard. Comme on le voit par le niveau du siphon, l’eau se lève très haut dans la cuvette au moment où la chasse se produit et c’est l’aspiration qui produit le nettoyage en amorçant le siphon. Avec ce type d’appareil, les engorgements sont assez rares et il est probable que les fabricants français feront bientôt des modèles basés sur le même principe.

On remarque que dans l’appareil Standard le siège est fixé sur la cuvette et non pas .au mur. L’appareil est complètement isolé et il n’y a plus derrière la cuvette un espace difficile à nettoyer. Celte disposition est maintenant adoptée par tous les fabricants français et étrangers. Voici par exemple (fig. 19) un modèle de Pillivuyt. Le dessus de la cuvette se prolonge en arrière pour supporter une pièce nickelée munie de charnières et fixée à la porcelaine par dos boulons.

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Les sièges en bois sont toujours employés pour les water-closets d’appartement. Mais pour les établissements publics, il est préférable d’employer des cuvettes spéciales à larges bords formant siège. On s'assied directement sur le grès ; c'est peut-être un peu froid, mais c’est très facile à tenir propre. Dans cet ordre d’idées, on peut citer la cuvette le Vaucluse (marque Flicoteaux) l’hospitalière (marque Jacob) et la cuvette fabriquée par les usines de Boulogne pour les prisons de Fresnes et de la Santé.

Voici maintenant le dessin d’une très belle pièce en grès fabriquée par Jacob (voir fig. 20): c’est un urinoir à 3 stalles demi cylindriques réunies par des montants et par un couronnement en grès.

Ce sont les Anglais qui ont créé les premiers ces types d’urinoirs. Mais les usines françaises ont réalisé assez de progrès pour pouvoir, elles aussi, entreprendre avec succès la construction de ces pièces.

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Saint-Gobain expose des urinoirs en opaline de même forme. Mais l’opaline est bien fragile, bien difficile il cintrer, à couper et à poser. Si l’on a besoin d’une pièce un peu spéciale, il faut l’attendre fort longtemps et un accident est toujours à craindre jusqu’au moment où la pièce est posée définitivement. Tous ces inconvénients restreignent beaucoup l’emploi de l’opaline, bien qu’elle donne des revêtements d’une jolie teinte et parfaitement salubres.

Tous ces grands urinoirs qui ont un aspect très satisfaisant sont pourtant moins parfaits au point de vue de l'hygiène que les cuvettes en porcelaine isolées les unes des autres par des séparations, ne touchant ni au sol ni aux murs et maintenues par des supports à fourche. Les cuvettes peuvent être posées sur un revêtement en carreaux de grès ou en ardoise émaillée, les réparations peuvent être en ardoise émaillée ou en lave émaillée.

C’est la lave émaillée qui constitue actuellement le meilleur revêtement, mais son prix est bien élevé.

(A suivre.)

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 27 octobre 1900"

Si nous voulons maintenant étudier les réservoirs de chasse, nous verrons qu’il y a bien peu de choses nouvelles, tant chez les Français que chez les étrangers.

La figure 21 représente le type à joint noyé qui est le plus souvent employé. Le tuyau de chasse se prolonge à l’intérieur du réservoir par un syphon recourbé. Pour amorcer on soulève une soupape qui envoie de l’eau dans le tuyau de chasse ; l’air est entraîné par aspiration et le réservoir se vide. La soupape peut être fermée par un contrepoids ou par un ressort. Le prolongement du tuyau de chasse à l’intérieur du réservoir peut être formé par un tuyau recourbé comme l’indique le croquis ou par un tuyau droit recouvert d’une cloche. On peut aussi supprimer la soupape latérale et soulever le syphon comme le faisaient Geneste et Herscher. Tous ces procédés sont à peu près équivalents.

La Figure 22 représente un autre, type de réservoir. Quand on tire sur la chaîne on soulève la cloche et en même temps un anneau mobile qui entraine la quantité d’eau nécessaire pour remplir le tuyau de chasse et produire l’amorçage du syphon. On peut aussi envoyer de l’eau dans la partie supérieure du tuyau de chasse en manœuvrant une écope ou en comprimant de l’eau dans un cylindre; l’eau refoulée est conduite par un tuyau jusqu’en haut du syphon.

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La solution est différente dans le système Flicoteaux (voir fig. 23) ; l’eau nécessaire la mise en marche est prise sur la conduite par un petit robinet amorceur. Quand on appuie sur ce robinet, l’eau de la distribution remplit le syphon et le tuyau de chasse. On obtient donc l'amorçage sans aucune complication d’organes.

Tous ces appareils sont à peu près équivalents comme principe de construction, les réservoirs à joint noyé sont peut-être plus simples et fonctionnent plus sûrement que les réservoirs à écope entrainant l'eau. Pour peu que le réservoir soit bien fait, il n’y a pas à craindre de fuites par la soupape de remplissage, car la pression d’eau est insignifiante.

Quel que soit le principe adopté, il est essentiel de choisir des appareils robustes et bien étudiés dans leurs détails de construction. Il faut surtout avoir un bon robinet flotteur, c’est l’organe le plus délicat et souvent le plus négligé du réservoir de chasse. En choisissant convenablement le système de flotteur, on peut arriver à supprimer les effets des coups de bélier dans la tuyauterie. Il suffit de prendre un robinet où la soupape est appuyée sur son siège par le levier de la houle. Quand il se produit un coup de bélier, la soupape est légèrement soulevée et une très faible quantité d’eau tombée dans le réservoir. Le robinet flotteur fonctionne alors comme une véritable soupape de sûreté ; la pression étant limitée, il n’y a pas à craindre de rupture de tuyau. A ce point de vue, le flotteur ordinaire est bien supérieur au système plus compliqué où la soupape est maintenue sur son siège par la pression de l’eau. Quand l’eau baisse dans le réservoir, la tige du flotteur rend libre un contre-poids qui force la soupape à s’abaisser et à livrer passage à l’eau.
Comme type de réservoirs de chasse on peut encore citer le réservoir Gadot, à deux débits. La même caisse alimentée par une seul flotteur, contient deux réservoirs distincts, l'un de 3 litres, l’autre de 8 litres. En tirant sur la chaîne de droite ou sur celle de gauche, on peut proportionner la dépense d’eau à la force qui est nécessaire pour nettoyer la cuvette. Tous les constructeurs font d’ailleurs des réservoirs à débit facultatif qui s’arrêtent dès qu’on cesse de tirer la chaîne.

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La société de Boulogne expose un appareil très simple de principe. Le fond du réservoir est percé d’un orifice garni de caoutchouc très souple. Sous cette garniture est placé un disque à parois très lisses (porcelaine ou tôle émaillée) ; un contrepoids placé dans le réservoir sur une tige à 45° soulève le disque et l’appuie sur le caoutchouc. Le réservoir esL rempli par un flotteur. Pour vider le réservoir on soulève un peu le contrepoids, le disque s’abaisse et la chasse se produit.

On peut régler le contrepoids de manière à ce qu’il bascule de lui-même lorsque l’eau atteint un certain niveau, et le réservoir fonctionne alors automatiquement, donnant des chasses à intervalles réguliers. On peut même employer ce système pour des réservoirs de grande capacité destinés au lavage des égouts.

On voit que rien n’est plus simple en théorie, mais l’application est plus délicate.

Pour le lavage des appareils de water-closets on emploie de moins en moins le réservoir automatique donnant une chasse à intervalles réguliers tous les quarts d’heure ou toutes les demi heures, par exemple. Ces appareils fonctionnent par compression et détente comme le siphon double que nous avons donné dans la figure 18. Pour que la cuvette soit à peu près propre il faut faire fonctionner très souvent le réservoir, cela dépense beaucoup d’eau, et en cas d’engorgement, il se produit une inondation qui peut être dangereuse.

Si l’on craint que les visiteurs ne fassent pas fonctionner les réservoirs de chasse, on installe des appareils fonctionnant par la porte. Ils se composent en principe d’une serrure avec bouton de commande à l’extérieur seulement et d’une gâche â bascule. Pour sortir du water-closet on ne peut faire manœuvrer la serrure et on est forcé de faire basculer la gâche. En faisant ce mouvement on déclenche le réservoir par un dispositif facile à concevoir.

(A suivre.)

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 24 novembre 1900"

Voici l’Exposition terminée et il faut arrêter maintenant cette série d’articles. Nous pourrons traiter plus tard, sous une autre forme, deux questions importantes : la filtration des eaux potables et la désinfection des eaux vannes. Il peut être particulièrement intéressant d’étudier en même temps l’alimentation en eau pure et l’assainissement de la ville de Paris, car l’application complète du tout à l’égout soulève en ce moment bien des polémiques dans les journaux quotidiens.

Mais, dans cet article, nous nous proposons seulement de tirer une conclusion de l’Exposition d’hygiène et de réparer en même temps quelques omissions.

Il est certain que nous disposons maintenant, en France, d’un excellent matériel pour l’assainissement de l’habitation et que nous savons employer ce matériel de manière à exécuter des installations ne laissant rien à désirer au point de vue de la salubrité. Les architectes sont tenus très au courant de ce qui se passe dans l'industrie par les visites parfois ennuyeuses des fabricants : aussi, n’ont-ils pu découvrir à la classe 111 qu’un certain nombre de perfectionnements de détails. Mais si l'on veut faire remonter la comparaison jusqu’à l'Exposition de 1889, on sera frappé des énormes progrès qui ont été réalisés : les divers appareils sont plus parfaits, fonctionnent plus régulièrement. On a réussi à abaisser sensiblement leurs prix malgré la hausse récente des matières premières, et les nouveaux appareils à siphon et à chasse d’eau coûtent moins cher que les anciens appareils à valve qui étaient généralement employés en 1889.

On comprend mieux les principes fondamentaux de l'assainissement et on se préoccupe davantage de la facilité du nettoyage et du rapide écoulement des eaux usées. Les progrès sont considérables dans les tracés de drainage et dans ce qu’on pourrait appeler « la guerre aux coins ».

Il est certain que la fonte émaillée tient encore une place qu’elle ne devrait pas avoir. La céramique pourtant a fait de grands progrès ; elle offre aux constructeurs des pièces très résistantes, inoxydables et recouvertes d’un émail incomparablement plus solide que celui de la fonte. Il est vrai que les usines n’abordent encore que timidement la fabrication des grandes pièces telles que les baignoires, mais il y a chez elles une certaine répugnance à employer les mêmes matières que les étrangers; elles voudraient faire des baignoires en grès, tandis qu’en Angleterre et en Amérique on emploie une pâte très analogue à celle de la brique, et on ne livre au constructeur qu’une terre cuite cachée par une couverte blanche et par un émail vitrifié. L'usine de Pied-Selle exposait une baignoire en grès très réussie au point de vue céramique, et on peut espérer que les autres fabriques obtiendront prochainement des résultats équivalents.

Il faut d’ailleurs remarquer que les étrangers étaient beaucoup moins nombreux qu’en 1889. Si l'on citait deux maisons américaines et quelques maisons anglaises qui ont fait autrefois beaucoup d’affaires à Paris, on aurait indiqué tout ce qui, dans les sections étrangères, intéresse l’assainissement de l’habitation. Nous avons signalé dans ces expositions quelques dispositions originales dont nous pourrons faire notre profit, mais nous ne retrouvons plus entre les expositions étrangères et la section française la très grande différence qu’on était obligé de constater il y a dix ans.

Les très grands progrès réalisés par l’industrie française ont-ils été suffisamment récompensés par le jury ? Il est certain qu'il y a eu dans la classe 111, comme dans les autres classes, quelques erreurs regrettables. Mais d’une manière plus générale, l’industrie de l’assainissement a souffert d’une erreur de classification et de la mauvaise composition du jury qui en a été la conséquence forcée.

On avait réuni dans la classe 111 quelques architectes, beaucoup d’industriels et un certain nombre de médecins ou de bureaux d’hygiène. On y avait ajouté les eaux minérales et on a fait juger le tout par des médecins. Cet arrangement manquait vraiment d’homogénéité, et une fois de plus on peut critiquer la classification de M. Picard. Notez qu’on avait fait une classe spéciale pour l’hygiène militaire et une autre classe pour l'hygiène coloniale. Ces classes d’ailleurs ne comprenaient que très peu d’exposants et elles ne présentaient qu’un intérêt fort discutable.

Dans la section française de la classe d’hygiène on trouvait d'abord le salon Pasteur consacré à la gloire du grand savant et à l’Exposition rétrospective de ses travaux, puis quatre petites pièces réservées aux Expositions des administrations étrangères.

Les industriels occupaient dans deux grandes galeries une surface huit ou dix fois plus considérable et c’est à peine si parmi eux on trouvait quelques médecins qui avaient mis en tableaux graphiques les statistiques des bulletins municipaux. Le jury aurait dû comprendre une grande majorité d’architectes, d’ingénieurs et d'industriels. Mais au contraire, il ne comprenait guère comme titulaires que des médecins, si l’on en exempte toutefois M. Bechman, un ingénieur des ponts et chaussées. Quelques médecins avaient certainement une compétence particulière et leur choix était parfaitement justifié. Mais, comme les Anglais à Waterloo, ils étaient trop, et les récompenses ont été tout naturellement aux chers confrères français ou étrangers.

Si nous devons être, d’ici à quelques années, gratifiés d’une nouvelle exposition universelle, il serait à désirer que les sociétés d’architectes et les chambres syndicales obtiennent la création d’une classe de génie sanitaire réservée à l’assainissement des villes et des habitations. Quelques médecins trouveraient certainement leur place dans le jury : mais la majorité serait réservée aux architectes, aux ingénieurs et aux exposants. L'architecte n’est-il pas compétent pour juger les questions d’hygiène, et pour apprécier les dispositions et les appareils qu'il emploie journellement? Ne fait-il pas de l’hygiène, ou ne doit-il pas en faire toutes les fois qu’il construit ?

Occupons-nous maintenant de réparer nos omissions, ou du moins, les plus graves.

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On ne peut enterrer cette pauvre Exposition sans signaler les efforts qui ont été faits pour donner des chasses dans les cuvettes de waters-closets sans employer de réservoir. Plusieurs industriels ont proposé l’emploi des robinets à fermeture lente et automatique, et dans cet ordre d’idées il faut signaler particulièrement la maison Croppi.

On peut employer d’ailleurs bien des types de robinets. Voici par exemple (fig. 24) la coupe du robinet servo-moteur de la maison Gibault. Quand on appuie sur la tige du robinet on ouvre d’abord la petite soupape S et l’eau pénètre au-dessus du piston P. En continuant d’appuyer, la soupape S s’ouvre à son tour en faisant descendre le piston.

Dès qu’on cesse d’appuyer, un ressort tend à fermer la soupape en la faisant remonter ; mais il faut que l’eau placée
au-dessus du piston s’écoule à l’extérieur. On règle cet écoulement en faisant passer le liquide dans un petit canal commandé par une vis, et on obtient un débit d’eau déterminé.

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Les robinets de ce type sont certainement très ingénieux, mais il suffit de quelques impuretés ou d’un léger dépôt pour en déranger le fonctionnement. En tout cas, si on les emploie, il faut de grosses canalisations : des conduites montantes en 0m,040 ne seraient pas trop fortes.

Les industriels se sont aussi préoccupés des nombreuses maisons où l'on n'installe pas les nouveaux appareils à siphon et à chasse d’eau. On a essayé de supprimer les sièges en bois des anciens waters-closets : voici (fig. 25), un modèle Scellier qui répond à ce programme; la maison Havard a d’ailleurs des types analogues.

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On sait que les nouveaux règlements prescrivent l’emploi de réservoirs de chasse automatique au bas des tuyaux de chute que reçoivent des appareils Havard. Cela est indispensable pour éviter que des obstructions ne se produisent dans les tuyaux presque horizontaux qui vont jusqu’à l’égout. Boulogne propose de résoudre le problème d’une autre manière ; au pied de chaque chute on installe un double siphon formant réservoir automatique (fig. 26). L’air se comprime lentement dans la branche BC de l’appareil et le niveau s’élève jusqu’en A dans le siphon supérieur. Une petite soupape à fermeture en caoutchouc laisse échapper brusquement l’air comprimé quand il a atteint la pression déterminée d avance. L’écoulement se lait alors très brusquement et par grandes masses. Les obstructions sont par suite moins à craindre.

(A suivre.)

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 1 decembre 1900"

La maison Jacob s’est préoccupée d’un autre problème. Il arrive parfois qu'une certaine quantité d'eaux vannes soit produite en contrebas de l'égout public, dans un deuxième sous-sol par exemple. Pour relever ces eaux, Jacob propose l'emploi de l'air comprimé par la méthode du syracusain Heron qui, s’il avait exposé en 1900, aurait certainement eu un grand prix à l'ancienneté. Ce principe a été appliqué depuis bien longtemps déjà aux mines de Schemnitz (voir fig. 27). On place un réservoir étanche un peu au-dessous du niveau de l’eau à relever, un second réservoir étanche est placé un peu au-dessus du bief d’écoulement. L’eau motrice arrive d’une hauteur supérieure à la distance verticale entre les deux réservoirs. On ouvre le robinet A : le réservoir du bief d’écoulement se remplit, et l'air comprimé qui se produit vient par un tuyau faire pression sur le réservoir inférieur.

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Sous l’influence de cette pression, le réservoir inférieur se vide et l’eau qu’il contenait remonte jusqu’au bief d’écoulement. On ferme alors le robinet d’eau A commandant l'arrivée d’eau, on ouvre le robinet d’évacuation d’air C et on vide le réservoir supérieur par le robinet D. Pendant ce temps, le réservoir inférieur s’emplit parle robinet ou par le clapet B. Si l’eau doit être relevée de 10 mètres, on voit par la loi de Mariotte qu'il faut dépenser 100 litres d’eau à la pression de 12 mètres pour avoir 50 litres d’air comprimé, qui peuvent faire remonter 40 ou 45 litres d'eau ; le rendement n’est pas brillant et il diminue de moitié toutes les fois que l’on double la profondeur du puits ; la maison Jacob a perfectionné ce système en le rendant automatique. L’eau motrice vient d’un réservoir de chasse, elle afflue donc d’une manière brusque et intermittente : le robinet d'air C est remplacé par un siphon se levant à une hauteur un peu supérieure à la profondeur du puits. Comme l’eau arrive brusquement, ce siphon s’amorce et vide, dès qu'il est rempli, le réservoir du bief d’écoulement.

La maison Beau valet a étudié un problème bien plus intéressant. Pour assainir les maisons, il faut de l’eau en abondance. Mais on manque d’eau de source à Paris et il n’y a que cetteeau.de source qui monte aux étages supérieurs! La maison Beauvalet expose des appareils qui permettent à chaque propriétaire d’augmenter la pression de l’eau de Seine et de faire dans sa maison ce que les ingénieurs devraient faire pour toute la ville. C’est l’air comprimé qui sert de force motrice, les appareils sont très ingénieux et d’un fonctionnement très régulier.

Voici, à titre d’exemple, la disposition employée pour faire fonctionner Les ascenseurs avec l’air comprimé du secteur Popp et non pas avec l’eau de source dont nous avons manqué cet été (voir fig. 28).

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A la partie supérieure, on voit un réservoir ouvert R qui reçoit la décharge de l’ascenseur. A la partie inférieure delà figure est un cylindre de pression sur lequel agit l’air comprimé qui arrive par le tube t’ et le robinet M. C’est un levier muni d’un petit seau à chaque extrémité qui commande le robinet M. Dans la position représentée en trait plein, l’ascenseur est prêt à monter, car l’air comprimé forcera l’eau du cylindre de pression à venir soulever le piston de l’ascenseur. Mais quand l’ascenseur redescendra, l’eau reviendra dans le réservoir R ; elle remplira •d’abord le petit seau N, le levier basculera, le robinet d’air comprimé sera fermé et un petit robinet de décharge m supprimera toute pression d’air dans le cylindre inférieur. L’eau passera donc du réservoir R au cylindre C, et quand ce cylindre sera plein, le petit robinet de décharge remplira le seau N’, ce qui fera basculer encore une fois le levier. L’admission d’air comprimé s’ouvre, le robinet de décharge se ferme et un petit clapet vide le seau N, l’appareil est prêt à fonctionner. Tout cela est très simple, très ingénieux et très pratique.

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