Pavillon du Siam

Paris 1889 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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worldfairs
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Pavillon du Siam

Message par worldfairs » 04 juil. 2019 01:15 pm

Texte et illustrations de "La construction moderne - 21 septembre 1889"

L’architecture du royaume de Siam est loin d’offrir le même intérêt que celle des Indes, elle est d’ailleurs beaucoup plus moderne.

Tandis que, dans le nord de l’Inde, les nations civilisées étaient connues déjà 2000 ans avant Jésus-Christ, et que dans le Bengale il en était de même environ 800 ans avant notre ère, les souvenirs de l’histoire, à Siam, sont beaucoup plus rapprochés.

La capitale primitive du royaume, Sokotay, était connue au XIVe siècle, elle était située à 200 milles de la mer et construite au pied des montagnes. Après leurs conquêtes dans le Cambodge et la Birmanie, les Siamois abandonnèrent Sokotay pour établir une nouvelle capitale à Ayuthia située seulement à 50 milles de la mer ; elle fut florissante pendant trois siècles. Les anciens voyageurs hollandais et portugais vantaient ses monuments splendides et la surnommaient la Venise de l’Orient.

Les ruines qu’on voit actuellement témoignent de cette antique richesse. Elles se trouvent perdues au milieu de la végétation parmi les figuiers sauvages, dont les racines vigoureuses, pénétrant dans la maçonnerie, achèvent de jour en jour la destruction.

Pavillon du Royaume du Siam - Architecte: MM. Ballu et Chancel
Pavillon du Royaume du Siam - Architecte: MM. Ballu et Chancel

Des changements survinrent encore dans le royaume de Siam, la capitale Ayuthia fut abandonnée au XVIIe siècle, pour être remplacée par la ville de Bangkok que nous voyons aujourd’hui.

Elle est encore remarquable par ses pagodes et ses palais qui sont des copies plus ou moins réussies des anciens monuments siamois.

On remarque aisément leurs imperfections si on les compare aux ruines existantes. L’art oriental se perd de jour en jour en ces pays, les Siamois ne l’étudient plus, malheureusement. Us se préoccupent aujourd’hui de copier toutes choses de la civilisation européenne et abandonnent leur art national qui finira sans doute par être complètement oublié.

Le pavillon siamois élevé à l’Exposition offre un charmant spécimen de l’architecture moderne de ce pays. Il se compose de quatre pignons dont les bordures sont ornées de boiseries découpées et dorées, les tuiles de la toiture sont en feuilles de bois taillées en forme d’écailles arrondies peintes en jaune avec bordure verte. Les pilastres légers qui soutiennent la toiture sont garnis sur leurs quatre faces d’une mosaïque en verroterie de différentes couleurs, ce sont des étoiles vertes alternant avec d’autres qui forment autant de petites glaces dont les facettes brillent d’un vif éclat. D’autres morceaux de verres rouges et bleus, taillés cette fois en forme de cabochons, sont collés également autour de cette mosaïque et lui servent de cadre. Les chapiteaux, dont les moulures sont en menuiserie rapportée, sont rehaussés, comme les pilastres, de morceaux de différentes verroteries enchâssées dans des rinceaux en pâte dorée et collés sur le bois. Les soubassements du pavillon et leurs balustrades ainsi que les quatre perrons sont rehaussés d’ornements dorés et de sculptures ajourées. Autour des pilastres élégants qui forment les quatre entrées de ce joli salon d’été, on remarque de curieuses sculptures en bois découpé et des petites figures dorées qui représentent des divinités sortant d’une fleur de lotus.
D’autres dieux fantastiques, à l’aspect farouche, avec leur figure peinte de bleu et de rouge, et vêtus de vêtements brillants parsemés de verroterie, ornent les quatre perrons.

Intérieurement, toute la charpente de la toiture est cachée par de larges planches peintes en rouge vermillon et semées de rosaces d’or. Leurs jointures sont dissimulées par des moulures également dorées.

La décoration brillante de cette légère construction distrait les yeux, on ne voit point premièrement combien les détails en sont peu soignés. Ce ne sont presque partout que des boiseries rapportées, assez grossièrement posées et des pièces mal jointes de charpente. L’effet n’en est pas moins charmant cependant, et il serait difficile d’imaginer un pavillon plus riche et plus élégant.


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