L'incendie

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L'incendie

Message par worldfairs » 05 janv. 2016 06:53 pm

Texte tiré du Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1910

Dans les annales de notre Exposition, le dimanche 14 août marque une date de profonde tristesse. En quelques heures le feu détruisit en partie un laborieux travail de quatre années, transformant en un immense brasier la Section belge, les bureaux du Comité exécutif et du Commissariat général du Gouvernement, la Section anglaise, le Pavillon de la Ville de Paris, le Palais de l’Alimentation française, Bruxelles-Kermesse et toutes les attractions de«Luna-Park », entamant les Galeries de la Section française, anéantissant le Restaurant Duval-Gruber et quelques petits Pavillons situés sur la gauche de l’avenue des Nations, brûlant une quinzaine de villas de l’avenue du Solbosch, sans qu’il fût matériellement possible d’arrêter les ravages de l’élément destructeur.

Ce désastre sans précédent s’abattit sur le pays au moment où l’Exposition de Bruxelles, dont la merveilleuse réussite faisait l’orgueil de la Belgique et l’admiration de l’étranger, était à l’apogée de son succès.

La journée s’était écoulée radieuse, grâce à un bienveillant soleil déversant des flots de lumière et de joie, illuminant de ses ors les uniformes de nos 8,000 gymnastes de la Fédérale, se jouant dans les frondaisons de notre Bois de la Cambre, diamantant les cascatelles de l’escalier d’eau, irisant le grand jet du bassin elliptique. Jamais il n’y avait eu pareille foule au Solbosch. A 6 heures du soir on avait encaissé 91,375 francs !

La température, restée très douce, était particulièrement propice à la flânerie, et la soirée s’annonçait délicieuse. L’animation était extraordinaire. Une explosion d’enthousiasme accueillit l’illumination des jardins de Bruxelles et de la façade principale de la Section belge; la joie fut à son comble lorsque la rutilance des lumières électriques qui festonnaient les pignons et tourelles de Bruxelles-Kermesse eut ajouté au décor son cachet somptueux et pittoresque.

Soudain, en pleine allégresse, il était 8 heures 45 minutes, se répercuta anxieusement ce cri sinistre : Au feu !... provoquant dans la foule une panique folle. Presque aussitôt, la fumée et une immense gerbe de feu s’échappaient du faîte de la grande galerie centrale, au-dessus de l’entrée de la Section belge, à côté des bureaux du Comité exécutif.
Ce fut un moment d’émotion angoissante.

En quelques instants l’incendie s’est propagé avec une telle rapidité que tout le monde en reste stupéfait. La foule, en présence de ce spectacle terrifiant, est comme atterrée.
Bientôt toute l’aile gauche ne forme plus qu’un brasier. Un cordon de feu court en serpentant le long de la corniche de la façade monumentale. En moins d’un quart d’heure c’est l’embrasement général de tout le vaste hall. Des flammèches emportées par le vent vont propager le sinistre. Pendant que d’un côté les flammes gagnent la Section anglaise, une pluie de brandons s’abat sur Bruxelles-Kermesse.

Sous l’action de la chaleur, les poutrelles de fer formant l’ossature de la colonnade se tordent. Toute la façade s’écroule avec fracas, découvrant le brasier sur toute son étendue. En présence de ce spectacle, devant cette mer de feu, on comprenait quels efforts formidables allaient devoir être déployés par les pompiers qu’on voyait arriver de toutes parts avec des dévidoirs, des pompes à vapeur, des auto-pompes, des échelles.

Un immense nuage de fumée planait au-dessus du Solbosch. Sur le ciel se détachait une large bande lumineuse, d’un rouge pourpre d’aurore boréale.

Le sinistre allait-il encore prendre des proportions plus vastes ? L’Exposition tout entière allait-elle disparaître ? C’était la question que se posaient les milliers de curieux, qui, de loin, derrière les cordons de police qu’on avait aussitôt improvisés, assistaient à ce pénible spectacle.

A 10 heures, le grand hall de la Section belge, les bureaux attenants du Comité exécutif et la Section anglaise présentaient l’aspect d’une formidable fournaise. A tout instant on entendait des détonations comme des coups de canon. C’étaient des compteurs à gaz et des bonbonnes d’acide carbonique qui faisaient explosion.

Mais le vent a tourné ; il souffle maintenant dans la direction de Bruxelles-Kermesse. La coquette petite ville est condamnée !

Les flammes attaquent les clôtures du côté de la place du Marché et en même temps les étincelles qui tourbillonnent par-dessus les installations de « Luna Park » y créent de nouveaux foyers d’incendie.

En dépit des efforts des pompiers, la flamme avance, terrible et rapide. Le corps de garde s’embrase et un torrent de flammes balaie au bout de quelques minutes toute la place du Marché, où deux heures auparavant on dansait gaiement aux sons de l’orchestre rustique. Les jolies maisonnettes disparaissent dans un ouragan de feu. Il n’y a plus que les carcasses et ces squelettes s’abattent bientôt à leur tour.

Mais dans le fond, du côté des attractions de « Luna Park », on entend des rugissements épouvantables. Dans la foule qui, de l’avenue du Solbosch, contemple le désastre, c’est une nouvelle crainte. La ménagerie Bostock brûle ! Les fauves vont s’échapper !

Le personnel de la ménagerie a déjà sauvé tous les animaux inoffensifs. Le reste est voué à la mort. Bientôt, de la vaste arène Bostock il ne reste plus que les ferrailles rougies et tordues des cages.

Le « Scenic Railway » et toutes les autres attractions de « Luna Park » flambent également. Le feu n’épargne de Bruxelles-Kermesse qu’une rangée de maisons de la rue de la Senne et le quartier situé en contre-bas du Chien-Vert. Une nouvelle saute de vent s’est produite. C’est à cette circonstance que cette partie ainsi que le restaurant du Chien-Vert doivent d’échapper à la destruction.

Mais l’incendie poursuit ses ravages. Le grand restaurant Duval, situé près du Palais de l’Alimentation française, devient la proie des flammes et celles-ci se communiquent, vers i i heures i 5 minutes, au Palais de l’Alimentation française. Au bout d’une vingtaine de minutes, de tout le bâtiment plus rien ne reste debout.

Pendant que le feu ravage le Pavillon de la Ville de Paris, contigu au Pavillon de l’Alimentation, le pont qui sépare la Section française du restaurant Duval s’écroule, miné par les flammes. Des pompiers arrosent sans relâche les ruines du pont. L’incendie est arrêté de ce côté, mais un autre sinistre, tout aussi grave, est signalé. Quinze maisons de l’avenue du Sol-bosch, pour ainsi dire enclavées dans les terrains de l’Exposition, prennent feu. Et les pompiers doivent combattre ce nouveau désastre.

A l’avenue des Nations, où est massée une véritable armée de pompiers, l’incendie est coupé également. Quelques petits pavillons seulement sont réduits en cendres.

A 2 heures et demie tout danger d’extension du sinistre a disparu. La part du feu était faite.

 photo de l incendie

Tout sera reconstitué !

Le Comité exécutif, s’étant réuni le lundi, à 4 heures du matin, dans le corps de garde, éclairé par un misérable lumignon, décida, à l’unanimité, de laisser l’Exposition ouverte et de reconstituer les parties endommagées. La douleur était sur tous les visages, mais il n’y eut chez personne un moment de faiblesse ou de désespérance.

Trois jours après le Comité exécutif adoptait le projet de façade nouvelle qu’on avait demandé à M. Acker.

La veille s’était tenue, à la Direction du Ministère de l’Industrie et du Travail, une réunion des Présidents de groupes et des Présidents de classes de la Section belge; une soixantaine de personnes y assistaient. M. Hubert, ministre de l’Industrie et du Travail, présidait, assisté de MM. le duc d’Ursel, commissaire général du Gouvernement; Gody, commissaire général adjoint; Storms, secrétaire général ; Amelin, directeur général de l’industrie ; O. Mavaut, directeur; Bastenier, directeur à la Section belge, et Gellé, architecte de la Section belge.

M. Hubert, en ouvrant la séance et après avoir déploré l’événement, ajouta aussitôt que l’heure n’était pas aux vains regrets, mais à une action prompte et énergique. Le Ministre annonça que divers exposants et non des moindres étaient venus lui offrir déjà de reconstituer leur stand.

Les architectes du Commissariat se mirent immédiatement à l’œuvre pour dresser des plans d’aménagement et de lotissement de la nouvelle Section belge à installer dans les halls des concours temporaires annexés au Palais de l’Agriculture.

La France prit des mesures immédiates pour réparer la partie endommagée de sa participation. Enfin, l’Angleterre annonça sa décision de-reconstituer son compartiment, et le Comité exécutif mit la Salle des Fêtes à sa disposition. A Bruxelles-Kermesse on s’était mis au travail le lendemain même de l’incendie.

L’exemple du Comité exécutif gagna tout le monde, et il y eut une véritable émulation. Bientôt les traces du désastre étaient effacées, sinon entièrement réparées. On réinaugurait la Section anglaise, la Section belge, la Section française, Bruxelles-Kermesse. Et cet assaut de dévouements assurait le succès de l’Exposition jusqu’au jour fixé pour la clôture.

La volonté raisonnée des hommes avait vaincu la rage destructrice des éléments aveugles. L’incendie du 14 août fut un incident, et, malgré tout, la Belgique a donné la mesure de sa vitalité et de son énergie.

Nouvelle façade de la Section Belge
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 10:37 am

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

CE QUI A ÉTÉ DÉTRUIT. — CE QUI RESTE.

Vue de l’Exposition à vol d’oiseau. — La partie détruite — Nos 1 (en partie) 2-3-4-5-13 et 14 est en grisé.
Bruxelles 1910 - Informations, renseignements, discussions, questions - L'incendie - avantapresincendie.jpg
L’étendue du mal.

Le feu s’est subitement déclaré dimanche soir, 14 août, un peu avant 9 heures, dans l’aile gauche de la façade de l’Exposition. Les flammes ont instantanément envahi la section belge, la section anglaise et Bruxelles-Kermesse. Un peu plus tard, les flammèches incendiaient la galerie de l’alimentation française, le pavillon de la ville de Paris. Le pittoresque quartier de Bruxelles-Kermesse était détruit également, avec toutes les attractions du Luna Park. C’est un véritable désastre qui a attristé profondément non seulement tous les Belges, sans distinction de parti ni de classe, mais aussi les nations amies qui sont venues fraterniser avec nous dans ce pacifique tournoi du commerce, de l’industrie et des arts.

Tous déploreront les pertes matérielles considérables et à certains points de vue irréparables, ainsi que les conséquences lamentables de la catastrophe pour une foule de braves gens qu’elle a ruinés.

Mais la solidarité nationale et internationale saura, les mesures prises déjà le prouvent, s’affirmer en cette circonstance et faire face aux nécessités les plus pressantes.

Il ne faut pas, d’ailleurs, exagérer l’importance du désastre. L’Exposition de Bruxelles n’est pas anéantie, loin de là. La partie détruite représenté en superficie environ un tiers des halls de l’industrie, mais elle équivaut à peine au sixième de l’ensemble des constructions de notre World’s fair.
Si les galeries de l’industrie belge sont détruites, si la section anglaise est perdue, la majeure et la plus belle partie de la section française est indemne, ainsi que les autres sections étrangères installées dans les halls de l’industrie : Italie, Autriche, Danemark, Suisse, Turquie, Etats-Unis, Perse, Japon, Grèce, Luxembourg, etc., la galerie internationale des machines, le hall des chemins de fer et tous les pavillons étrangers isolés : Allemagne, Pays-Bas, Monaco, Uruguay, Brésil, Espagne, Canada, Chine, etc. Restent également intacts : les pavillons des villes de Bruxelles, Gand et Anvers, le palais des fêtes, les halls belges abritant la métallurgie, l’armée, les sports, l’enseignement, l’économie sociale, le génie civil, les eaux et forêts, etc. ; les pavillons français des colonies, de l’automobile et de l’aviation, de l’agriculture et de l’horticulture, le parc des habitations ouvrières et du travail à domicile, la plaine des attractions américaines, etc., etc.

Il importe qu’on le sache et qu’on le répète : l’Exposition de Bruxelles n’est pas morte, elle n’a subi' qu’une amputation, et son. existence n’est nullement en danger.

Avant quinze jours, la plus grande partie du mal sera réparé. A Bruxelles-Kermesse, il y aura un campement forain du plus pittoresque effet ; on peut compter pour cela sur l’ingéniosité de nos artistes. Une partie de l’exposition anglaise sera reconstituée dans la salle des fêtes, et pour ce qui concerne la reconstitution de la section belge, architectes et ingénieurs sont déjà à l’œuvre.

Et maintenant que voilà les choses mises au point, donnons quelques détails sur les péripéties de la catastrophe.
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 11:02 am

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

L'INCENDIE

Jamais il n’y avait eu autant de monde à l’Exposition que pendant la journée de dimanche. La plus forte recette avait été jusqu’à présent de 60,000 francs. Or, on avait encaissé dimanche, à 6 heures du soir, 91,375 francs ! Ajoutez à cela les abonnés et vous aurez une idée de la foule qui se pressait dimanche soir dans les jardins. Tous les cafés regorgeaient de monde. On avait peine à avancer dans les allées. Dans les rues de Bruxelles-Kermesse, à Luna Park, partout, on s’écrasait littéralement.

Et dans cette foule joyeuse qu’animaient les fanfares et les flonflons des orchestres, un cri soudain vient jeter l’alarme : Au feu !

Il était alors 8 h. 3/4. Au dessus de l’aile gauche du palais de la section belge, du côté de Bruxelles-Kermesse, une langue de feu vient d’apparaître. La flamme lèche la corniche qui s’embrase. En quelques instants, l'incendie s’est propagé avec une telle rapidité que tout le monde en reste stupéfait. La foule, en présence de ce spectacle terrifiant, est comme atterrée.

Bientôt, toute l’aile gauche ne forme plus qu’un brasier. Un cordon de feu court en serpentant le long de la corniche de la façade monumentale. En moins d’un quart d’heure, c’est l’embrasement général de tout le vaste hall. Des flammèches emportées par le vent vont propager le sinistre. Pendant que d'un côté les flammes gagnent la section anglaise, une pluie de brandons s’abat sur Bruxelles-Kermesse.

Sous l’action de la chaleur, les poutrelles de fer qui forment l’ossature de la colonnade se tordent. Toute la façade s’écroule avec fracas, découvrant le brasier sur toute son étendue. En présence de ce spectacle, devant cette mer de feu, on comprenait quels efforts formidables allaient devoir être déployés par les pompiers qu’on voyait arriver de toutes parts avec des dévidoirs, des pompes à vapeur, des auto-pompes, des échelles Porta.

Un immense nuage de fumée planait au-dessus du Solbosch. Sur le ciel se détachait une large bande lumineuse, d'un rouge pourpre d’aurore boréale.

Le sinistre allait-il encore prendre des proportions plus vastes ? L’Exposition tout entière allait-elle disparaître ? C’était la question que se posaient les milliers de curieux qui assistaient de loin, derrière les cordons de policé qu’on avait aussitôt improvisés, à ce pénible spectacle.


Lorsque l'incendie éclata, il y eut dans les rues de Bruxelles-Kermesse un moment de panique folle. On se ruait en masse vers les sorties. Des femmes furent bousculées. Tout le monde croyait que le feu s’était déclaré dans le quartier même. Et c’est compréhensible, car le premier foyer de l’incendie se trouvait presque en face de l’entrée principale de Bruxelles-Kermesse.

Au fur et à mesure que les curieux qui sortaient de ce côté étaient rassurés, ils se massaient devant le bâtiment en feu. La gendarmerie, la garde militaire et la police eurent beaucoup de peine à refouler cette masse compacte. Mais bientôt arrivèrent des différentes casernes de la capitale de fortes escouades de soldats et grâce à ce renfort, les jardins de l’Exposition purent être évacués. Il y eut bien encore des bousculades, mais tout se passa dans un calme relatif.

La mesure était nécessaire. En effet, déjà des pillards profitant de la panique à Bruxelles-Kermesse et du désarrbi qui régnait du côté de l’avenue des Nations, se constituaient «sauveteurs ».


A 10 heures, le grand hall de la section belge, les bureaux attenants du comité exécutif et la section anglaise présentaient l’aspect d’une formidable fournaise, A tout instant, on entendait des détonations comme des coups de canon. C’étaient des compteurs à gaz et des bonbonnes d’acide carbonique qui faisaient explosion.

Mais le vent a tourné ; il souffle maintenant dans ' la direction de Bruxelles-Kermesse. La coquette petite ville est condamnée.

Les flammes attaquent les clôtures du côté de la place du Marché et en même temps les étincelles qui tourbillonnent par-dessus les installations de Luna Park y créent de nouveaux foyers d’incendie.

En dépit des efforts dés pompiers, la flamme avance. terrible et rapide. Le corps de garde s’embrase et un torrent de flammes balaie au bout de quelques minutes toute la place du Marché, où deux heures auparavant on dansait gaiement aux sons de l’orchestre rustique. Les jolies maisonnettes disparaissaient dans un ouragan de feu. Il n’y a plus que les carcasses et ces squelettes s’abattent bientôt à leur tour.

Mais dans le fond, du côté des attractions de Luna Park, on entend des rugissements épouvantables. Dans la foule qui de l’avenue du Solbosch contemple le désastre, c’est une nouvelle crainte. La ménagerie Bostock brûle ! Les fauves vont s’échapper.

Le personnel de la ménagerie a déjà sauvé tous les animaux inoffensifs. Bœufs, zèbres, rennes, éléphants, etc., sont en lieu sûr dans des écuries des environs. Il ne reste plus que les fauves. Les pauvres bêtes affolées par les lueurs de l’incendie bondissent dans leurs cages.

Elles sont vouées à la mort, Car des gendarmes, massés devant la ménagerie ont le mousqueton prêt. On ne tirera qu’à la dernière minute et si c’est d’absolue nécessité.

Les flammes dévorent la clôture de bois. On entend des rugissements, des hurlements, puis c’est le silence.

Les boiseries s’écroulent. Les cages- apparaissent au milieu d’un tourbillon de flammes. Tous les fauves ont péri asphyxiés.

Bientôt, de la vaste arène Bostock, il ne reste plus que les ferrailles rougies et tordues des cages et les corps carbonisés et recroquevillés des fauves. Trois crocodiles enfermes dans une caisse sont étendus sur le sol, à peu près intacts. Le feu qui détruit leur prison et les a fait mourir est resté presque sans action sur leur carapace écaillée.

Le scenic-railway et toutes les autres attractions de Luna Park flambent également. Le feu n’épargne de Bruxelles-Kermesse qu’une rangée de maisons de la rue de la Senne et le quartier situé en contrebas du Chien-Vert. Une nouvelle saute de vent s’est produite. C’est à cette circonstance que cette partie, ainsi que le restaurant du Chien-Vert doivent d’échapper à la destruction.


Mais l’incendie poursuit ses ravages. Le grand restaurant Duval, situé près du palais de l’alimentation française, devient la proie des flammes et celles-ci se communiquent, vers onze heures un quart, au palais de l’alimentation française. Au bout d’une vingtaine de minutes, de tout le bâtiment plus rien ne reste debout.

Pendant que le feu ravage le pavillon de la ville de Paris, contigu au pavillon de l’alimentation, le pont, qui sépare la section française du restaurant Duval, s’écroule, miné par les flammes. Des pompiers arrosent sans relâche les ruines du pont. L’incendie est arrêté de ce côté, mais un autre sinistre, tout aussi grave, est signalé. Quinze maisons de l’avenue du Solbosch, pour ainsi dire enclavées dans les terrains de l’Exposition, prennent feu. Et les pompiers doivent combattre ce nouveau désastre.

A l'avenue des Nations, où est massée une véritable armée de pompiers, l’incendie est coupé également. Quelques petits pavillons seulement sont réduits en cendres.

A 2 h. 1/2, tout danger d’extension du sinistre a disparu. La part du feu est faite.
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 05:40 pm

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

LE ROI ET LA REINE

Les télégrammes envoyés au Roi, des Belges à l’occasion de l’incendié de l’Exposition ne purent tout d’abord toucher Sa Majesté, qui excursionnait dans les montagnes du Tyrol.

La Reine télégraphia à M. Ingenbleek, secrétaire du Roi, pour lui dire combien elle avait été consternée en apprenant l’épouvantable catastrophe, et elle l’a chargé d’aller trouver le baron Janssen pour lui exprimer tous ses regrets et lui dire la part qu’elle prend au deuil national. Le secrétaire du Roi s’est acquitté immédiatement de sa mission et s’est fait donner par le baron Janssen, sur la catastrophe, tous les détails qu'il a immédiatement envoyés à Sa Majesté.

Sa Majesté la Reine a répondu en chargeant le secrétaire du Roi de dire au baron Janssen combien elle était profondément émue de tout ce qu’elle venait d’apprendre.

Mardi matin, le Roi a adressé au comité exécutif le télégramme suivant :
Toblach, 16 août.
J’apprends avec la plus grande affliction le terrible désastre survenu à notre magnifique Exposition.

Je regrette infiniment avec vous toute .la perte de tant de merveilles dues à l’art, à la science et à l’industrie de nos concitoyens et des nations amies.
Je tiens aussi à dire aux membres du comité exécutif, aux directeurs-généraux et. aux exposants combien je suis peiné du grand malheur qui a anéanti une partie de leurs efforts.

ALBERT.


D’autre part, M. le Bourgmestre a reçu de Sa Majesté la Reine Elisabeth le télégramme suivant :
Consternée par la terrible nouvelle de l’incendie de l’Exposition, je vous exprime ainsi qu’à la ville de Bruxelles la part profonde que je prends à ce désastre qui réduit à néant tant d’efforts et d’espérances.

ELISABETH.


Mercredi, à 1 h. 10, le Roi arrivait â Bruxelles, venant du Tyrol. Le souverain avait dû faire une partie du trajet en automobile pour rejoindre à Vienne l’Orient-Express.

Le Roi était accompagné par le commandant Tombeur.

Sur le quai de la gare attendaient M. Max, bourgmestre de Bruxelles ; le baron Beyens, ministre du Roi ; le grand-maréchal comte Jean de Mérode, le lieutenant Cattoir, officier d’ordonnance, et le commandant Blanpain.

Le Roi paraissait en excellente santé.

Le souverain s’entretenait quelques instants avec le bourgmestre :
— La Reine et moi, nous avons été très heureux, a-t-il dit, d’apprendre que les ravages causés par l’incendie ne sont pas aussi considérables qu’on le croyait tout d’abord. Si les flammes ont détruit la section belge et la section anglaise, notre magnifique Exposition n’en reste pas moins très attrayante et je suis persuadé que de nombreux étrangers viendront encore accentuer son succès. Nous avons maintenant de la besogne, et j’ai appris avec une très vive satisfaction que le comité exécutif et les directeurs-généraux ne se sont pas découragés, qu’au contraire ils se sont efforcés de réparer les pertes causées par l’incendie.

Le Roi se fit ensuite conduire au palais.

Dès 3 heures, le Roi était à l’Exposition. Le comte Jean de Mérode, grand-maréchal de la Cour, raccompagnait.

A l’entrée de l’Exposition, au 'bout de l’avenue des Nations, le Roi a été reçu par le ministre Hubert, le duc d’Ursel, le baron Janssen, les directeurs-généraux M. Keym et le comte Adrien van der Burch, le bourgmestre Max et les membres du comité exécutif. Le Roi s’est immédiatement informé de l’importance exacte des dégâts. Il a demandé les noms des personnes qui ont été victimes d’accidents. Puis il s’est dirigé vers Bruxelles-Kermesse. Il a pénétré dans Ce quartier de l’Exposition par la rue de l’Escalier. M. Fritz Rotiers a appris au Roi que.l’on allait s’efforcer de rendre à Bruxelles-Kermesse son entrain et sa gaieté.

Le Roi s’est déclaré heureux de cette bonne nouvelle.

Passant devant les ruines de la façade monumentale, le Roi a demandé aux directeurs-généraux de lui communiquer le plan du gabarit et de la façade cloisonnée qui seront construits incessamment.

Je sais, a-t-il dit à M. Van der Burch et Keym, que vous ne parlez pas beaucoup, mais que vous agissez rapidement quand c’est nécessaire. Je vous félicite du zèle que vous avez manifesté dans ces circonstances pour réparer les dégâts occasionnés par l’incendie.

Le Roi a gagné la Section française par . la rue des Nations et les jardins de la ville de Paris.

Il s’est fait présenter, dans la section française, MM. Sandoz, secrétaire-général ; Jansselme et de Montarnal, architectes.

- J’espère, messieurs, leur a dit le Roi, que bientôt la galerie d’honneur de votre admirable section sera complètement réparée.

Après en avoir reçu l’assurance, le Roi s’est arrêté un moment devant le pavillon italien. Il a eu un entretien avec MM. Gatti Cazazza, directeur de la section italienne, et Orlandi.

Le Roi a prodigué à tous les membres du comité exécutif des paroles d’encouragement et de réconfort.

Il a été l’objet de la part du public d’ovations émues. La foule voulait montrer au Roi qu’elle lui savait gré de s’être imposé les fatigues d’un long voyage pour se rendre compte -par lui-même de l 'importance des dégâts causés par l’incendie.

Le Roi a quitte l’Exposition à 4 heures.
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 05:46 pm

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

LES CONDELEANCES

De partout nous sont arrivées des marques de sympathies réconfortantes.

Le bourgmestre de Liège, M. Gustave Kleyer, a télégraphié à M. Max, bourgmestre de Bruxelles, la dépêche suivante :
La Ville de Liège s’associe de tout cœur aux sentiments de douloureuse émotion que provoque la nouvelle du terrible incendie qui vient de détruire une grande partie de l’Exposition de Bruxelles.

Les bourgmestres d’Anvers et de Blankenberghe ont également envoyé un télégramme de condoléances à M. Max.

L’empereur d’Allemagne a envoyé au roi des Belges, à Possenhofen, un télégramme de condoléances à .l’occasion de l’incendie de l’Exposition de Bruxelles.
Sa Majesté a fait exprimer au gouvernement belge, par un télégramme adressé par le baron von Jenisch au président du conseil des ministres de Belgique, la part qu’Elle prend au désastre national qui frappe la Belgique.

Voici le texte du télégramme que M. Fallières a adressé au roi des Belges :
J’apprends à l’instant la nouvelle du terrible incendie qui détruit votre Exposition. Je tiens à vous exprimer sans retard la part que je prends, comme toute la France, à cette catastrophe qui menace de faire complètement disparaître des trésors industriels et artistiques qui faisaient l’admiration du monde. Je m’associe de tout cœur à la tristesse de la nation belge.
(Signé) FALLIÈRES.

D’autre part, le président du conseil des ministres de la République française avait envoyé le directeur de son cabinet, M. Théodore 'Lissier, à la légation de Belgique à Paris, pour exprimer à M. le baron Guillaume et prier celui-ci de transmettre au gouvernement belge les sympathiques condoléances du gouvernement français à l’occasion de l’incendie de l’Exposition de Bruxelles.

Le bourgmestre de Berlin, M. le Dr Reicke, a adressé à M. Max, bourgmestre de Bruxelles, le télégramme suivant :
L’administration communale de Berlin exprime à la population de Bruxelles sa plus vive sympathie à l’occasion de la catastrophe qui a détruit hier de façon si lamentable la brillante manifestation pacifique des nations dans la capitale belge.

Bien que l’Angleterre ait été particulièrement éprouvée dans ce terrible désastre, elle a tenu à prendre sa part du véritable deuil qui frappe la Belgique. Et, au nom de lord Granville, absent, lundi matin, M. de Levai, conseiller de la légation d’Angleterre, est allé présenter ses condoléances au ministre des affaires étrangères.

De M. Bellan, président du Conseil municipal de Paris :
Avons appris avec infiniment tristesse incendie qui vient de détruire une partie de votre magnifique Exposition. Sommes de cœur avec vous dans cette épreuve et au nom population parisienne et de ses élus envoyons à généreuse population de Bruxelles expression fraternelle sympathie.

De M. Nathan, maire de Rome :
Profondément ému pour la catastrophe qui, en ravageant votre admirable Exposition, attriste votre ville, Rome envoie à Bruxelles l’expression de sa fraternelle sympathie.

De M. Corominas, président de l’Association de la presse de Barcelone :
L’Association de la Presse de Barcelone vous transmet son profond regret pour l’incendie qui a détruit, en même temps que d’autres compartiments, une partie du palais belge où s’affirmait la grande puissance de votre pays. Nous étions avec vous récemment dans les heures d’allégresse, nous voulons être avec vous dans les heures tristes. Nous vous envoyons l’expression de notre profonde sympathie.

Rappelant la visite qu’il a faite à la section belge, le tsar des Bulgares a exprimé au baron Janssen sa sympathie au comité exécutif et à tous les exposants.

De passage à San-Francisco, M. Ooura, ministre de Chine, qui est venu récemment à Bruxelles, a appris la nouvelle de la catastrophe et s’est empressé de télégraphier au comité exécutif.
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 06:02 pm

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

EN REFERE!

La citation suivante a été signifiée à la requête du gouvernement britannique, représenté par M. Sidney-Brixton, président du Board of T rade, par M. Hubert-Henri Asquith, premier lord de la Trésorerie et premier ministre, et, pour autant que de besoin, par M. Ulrick-P. Winthour, à :
1° L’Etat belge, en la personne de M. le ministre de l’industrie et du travail ;
2° Pour autant que de besoin M. le duc d’Ur-sel, commissaire-général près de l’Exposition ;
3° La Société anonyme de l’Exposition de Bruxelles représentée par son président, M. le baron Janssen, et ses directeurs-généraux, MM. le comte A. van der Burch et Eugène Keym.

Attendu qu’un incendie vient de détruire presque complètement la section anglaise de l’Exposition de Bruxelles ;

Que le feu a été communiqué à la section anglaise par une section voisine ;

Que les causes de l’incendie sont, jusqu’ores, indéterminées ;

Qu’au surplus il ne pourrait être éventuellement établi que l’incendie a été causé par la faute d’un des cités ou leurs ayants-droits ;

Qu’il fut convenu entre les cités et le gouvernement britannique que le comité exécutif de l’Exposition appellerait en garantie ou en intervention les auteurs responsables des accidents ou dommages causés ;

Attendu qu’il y a urgence, les cités sont mis en demeure d’avoir à prendre toutes les mesures nécessaires pour que les dégâts ne s’aggravent point et pour empêcher que les objets sinistrés ne soient enlevés ;
D’avoir à mettre en cause ou appeler en garantie ou en intervention les auteurs responsables de l’incendie pour le cas où cette responsabilité ne leur incomberait pas à eux-mêmes et ce afin défaire statuer éventuellement par une seule décision entre tous les intéressés ;

Sous toutes réserves généralement quelconques, désigner trois experts, lesquels auront pour mission :
1. Décrire les lieux sinistrés ;
2. Relever les emplacements de chaque exposant de la section anglaise ; décrire les objets et matériaux subsistants et, si possible, en déterminer la valeur ;
3. Rechercher les causes du sinistre, et dire notamment comment et par quel côté ou voisinage le feu s’est communiqué à la section anglaise.

Le gouvernement britannique, dans cette instance, était représenté par Me G. de Le Val, avocat de la légation ; l’Etat belge et le duc d’Ursel par Mes Alph. Leclercq, Eug. Demoor et Albert Mestdagh de ter Kiele ; le comité de l’Exposition par Mes Emile De Mot et Francis Wiener, et le comité de Bruxelles-Kermesse, que les nécessités de la procédure, paraît-il, avaient fait appeler en intervention, par Me Paul Jamar.

Me De Le Val a fait valoir que la mesure réclamée par le gouvernement anglais doit être prise dans l’intérêt de tous les exposants de cette nation auxquels il se substitue pour leur épargner les frais et les lenteurs que leur vaudrait à chacun une intervention personnelle.

Les avocats des cités, quoique d’accord sur le principe de la désignation d’experts, ont cru devoir soulever certaines questions de compétence ; d’après eux, le litige est un litige commercial de la compétence non des juges civils, mais des tribunaux consulaires.

Après de longs débats, le juge des référés a décidé qu'il désignerait les experts au cours de l’audience de l’après-midi.

Ce qui a été fait.
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 06:08 pm

Texte tiré du Livre Exposition Bruxelles 1910

TOUT SERA RECONSTITUE

La nouvelle façade.

Dans la séance qu’il a tenue mercredi matin, le comité exécutif a adopté le projet de façade qui avait été demandé à M. l’architecte Acker.

Cette façade, en treillage, aura aux angles 15 mètres de hauteur et aux ailes 9 mètres. Les travaux vont être entrepris d’urgence.


La reconstitution de la Section belge.

Mardi, à 6 heures, s’est tenue, à la direction de l’industrie, 19, rue de la Loi. une réunion des présidents de groupe et des présidents de classe de la section belge ; une soixantaine de personnes assistaient à cette réunion, qui était présidée par M. Hubert, ministre de l'industrie et du travail, assisté de MM. le duc d’Ursel, commissaire-général du gouvernement ; Gody, commissaire-général-adjoint ; Storms, secrétaire-général ; Amelin, directeur-général de l’industrie ; O. Mavaut, directeur ; Bastenier, directeur à la section belge, et Celle, architecte de la section belge.

M. Hubert, en ouvrant la séance, a déploré l'événement qui vient de se produire, mais il a ajouté aussitôt que l’heure n’était pas aux vains regrets, mais à une action prompte et énergique.

Le ministre annonce que divers exposants et non des moindres sont venus lui offrir déjà de reconstituer leur stand.

Il espère que tous les exposants feront un effort et, en dépit de la tristesse de l’heure présente, tiendront à honneur de travailler à la reconstitution de la section anéantie.

Les architectes du commissariat se sont mis immédiatement à l’œuvre pour dresser des plans d’aménagement et de lotissement de la nouvelle section belge, qui sera installée dans les halls des concours temporaires annexés au Palais de l’Agriculture.


La Section française.

La partie détruite de la galerie d’honneur de la section française va être reconstruite par les soins du comité exécutif et sera complètement terminée pour le 10 septembre. En attendant, une entrée spéciale sera faite près du salon d’honneur.


La Section anglaise.

Il a été décidé que la section anglaise serait reconstituée dans le palais des Fêtes.

La Collectivité de la Bijouterie.

Le bureau de la collectivité de la bijouterie et de l’orfèvrerie, composé de MM. Riziger, Hardt et Devos, et plusieurs exposants, sont allés, mercredi après-midi, parmi les décombres, procéder à l’ouverture des coffres-forts où étaient enfermés les bijoux exposés et qui étaient, depuis lundi matin, sous la garde de gendarmes.

Certains coffres-forts se sont renversés et des vases contenant des perles fines ont été brisés. On a pu retrouver cependant la plupart des perles et bijoux intacts.

L’hôtel de ville en brillants, qui a fait, depuis l’ouverture de l’Exposition, l'admiration de tous les visiteurs, a été légèrement oxydé par la fumée et la chaleur qui ont atteint le coffre-fort où il était enfermé. Mais ce joyau pourra être remis en état et sera réexposé.

A l’unanimité de ses membres, et avec un réel enthousiasme, la collectivité a décidé d'exposer à nouveau.

Elle sera prête pour le 3 septembre prochain, soit dans le beau pavillon des glaceries réunies, soit dans une annexe de la salle des fêtes.


La reconstruction de Bruxelles-Kermesse.

Le conseil d’administration de Bruxelles-Kermesse a convoqué, mercredi après-midi, tous les concessionnaires du vieux quartier à une réunion qui s’est tenue dans la grande salle du Chien-Vert.

Assemblée nombreuse et animée, que présidait M. Fritz Rotiers, ayant à ses côtés MM. Bogaerts, V. Reding et G. Garnir.
Il n’est pas un concessionnaire qui se soit abstenu de répondre à l’appel.

M. Rotiers a annoncé que le conseil d’administration a pris la résolution de reconstituer le quartier. Un entrepreneur a pris, en effet, l’engagement d’aménager à nouveau pour le Ier septembre, tout Bruxelles-Kermesse. On construira — jour et nuit - des maisons de bois qui remplaceront les demeures détruites ; on leur donnera l’aspect de vieilles habitations, et les concessionnaires pourront en reprendre possession au fur et à mesure de leur achèvement.

Il va sans dire que les locataires n’auront aucun bail nouveau à signer. Le conseil d’administration,- désireux d’être agréable à tous, facilitera, dans la mesure du possible, la réinstallation de chacun. Le déblaiement a commencé déjà et deux cents ouvriers vont être occupés dans le vieux quartier.

Quelques concessionnaires ont soulevé des points de détail, mais l’on a été unanime à signer la proposition du conseil d’administration, proposition qui est, en somme, des plus avantageuses pour les locataires.

M. Reding a annoncé que le conseil d’administration organisera, le plus tôt possible, dans Bruxelles-Kermesse, plusieurs grandes fêtes. Il est dès à présent décidé que prochainement une fête sera donnée avec le concours de Mlle Claire Friché et le corps de ballet du théâtre de la Monnaie.

En ce qui concerne le Luna Park, rien n’est décidé encore, M. Bostock ayant dû attendre l’arrivée de Londres de ses associés.

Toutes ces propositions ont été applaudies par l’assemblée et c’est plein d’espoir que l’on s’est séparé.

A la sortie de la séance, la musique de Bruxelles-Kermesse, placée sur la terrasse du Chien-Vert, avait repris son joyeux répertoire, et la foule se promenait dans le quartier, nombreuse, regardant les ouvriers qui, en maints endroits, sont occupés déjà au déblaiement.

Parmi cette foule, se trouvaient les sénateurs Vanderkelen et Mgr Keesen, les députés Nerincx, Masson, Levie, qui tous avaient tenu à venir se rendre compte des effets de l’incendie de dimanche.


Sursum corda !

M. Max, bourgmestre de la ville de Bruxelles, a félicité la population bruxelloise pour sa belle attitude en présence de la douloureuse épreuve.

Le public, en effet, a été admirable ; 250,000 personnes ont pénétré dans l'Exposition lundi et personne n’a touché à une clôture, et quelles clôtures, des petits fils de fer de rien du tout.

Les petits ont montré beaucoup de dévouement pendant l’incendie, sauvant des recettes, des objets précieux.

Mercredi, au sortir de la Section Française, le Roi a serré la main à M. Aug. Janssen, chef du service de surveillance, et l’a vivement remercié de la vaillance et du dévouement qu’il a montrés, lui et son personnel, au cours du sinistre. De même, il a vivement félicité le major Rimbaut et le commandant Clarinval, qui se sont prodigués dans ces derniers jours.

Avant de partir, le Roi a tenu à dire au baron Janssen qu’il n’était pas venu uniquement pour exprimer ses profonds regrets, mais aussi pour féliciter le Comité exécutif de l’énergie dont il a fait preuve, et il s’est déclaré heureux de ce qu’il n’y ait eu que des pertes matérielles en partie réparables.

On peut formuler des critiques, mais tout le monde le reconnaîtra, en ces difficiles circonstances, le comité exécutif a mérité tous les éloges. Il s’est réuni dimanche à 4 heures du matin dans le corps de garde, éclairé par un misérable lumignon et à l’unanimité on a décidé de laisser l'Exposition ouverte et de reconstruire les parties endommagées.

La douleur était sur tous les visages, mais il n’y a chez personne un moment de faiblesse ou de désespérance.

Sursum corda!

Le mal est grand mais presqu'entièrement réparable et avant un mois les nouveaux visiteurs qui continueront à affluer 11c découvriront même plus les traces du feu !
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 10:21 pm

la façade avant l incendie
La façade avant l'incendie

la façade après l incendie
La façade après l'incendie

la section belge après l incendie
La section belge après l'incendie
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 10:22 pm

la section anglaise avant l incendie
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Re: L'incendie

Message par worldfairs » 10 janv. 2016 10:25 pm

La section française seule la première travée est atteinte
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