Le musée Centennal des Moyens de Transport
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Le musée Centennal des Moyens de Transport
Au premier plan, à gauche, la machine n°131, qui date de 1844 et parcourut 1.310.000 kilomètres sur la ligne de Paris-Rouen; au milieu, une chaise à porteurs Louis XIV, et une berline de demi-gala du train de Napoléon; à droite, derrière une diligence à vapeur Bollée, les transformations de la bicyclette depuis la Draisienne de 1795.
Le tricycle à vapeur de Dion-Bouton de 1885 semble déjà dater d'un siècle.
Au milieu et au fond, vis-à-vis d'un carrosse de grand gala du XVIIIe siècle, une chaise de poste de 1789 et une calèche de voyage de 1827.
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Re: Le musée Centennal des Moyens de Transport
Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900
La Carrosserie
L’Exposition des voitures est bien celle qui donne l'idée la plus surprenante des audaces du progrès, de ses attraits aussi. Elle est en effet très séduisante, cette innombrable série de véhicules de tous modèles, légers, pimpants, vernis, qu’on sent rapides et forts, commodes, pratiques, méticuleusement agencés pour le plus de travail et le moins d’efforts possible. Toutes les formes de la locomotion actuelle sont là présentées et représentées. Vouloir en donner la description détaillée, l’énumération seulement, nous entraînerait vite hors des limites tracées à cette brève étude. En outre, un pareil travail aurait quelque chose de fastidieux pour nos lecteurs et ne leur apprendrait rien, car tous ont plus ou moins devant les yeux ou devant l’esprit les résultats obtenus par la carrosserie moderne, et tous savent que cette industrie est à peu près arrivée au summum de ses progrès pou rentrer dans une voie nouvelle et porter son initiative sur le perfectionnement de l’automobile. Nous sommes tous à peu près convaincus, en effet, que la traction animale aura disparu, du moins dans les grandes villes, avant qu’un nouveau siècle se soit écoulé.
L’intérêt de la section de carrosserie, ceci étant donné, va droit à l’exhibition rétrospective, organisée avec un soin, et aussi un goût tout particuliers. L’impression qu’on en emporte est extrêmement curieuse ; elle est faite d’un peu de mélancolie et d’un peu de stupéfaction, d’un peu d’ironie aussi et de quelque pitié.
« Comment, dit volontiers le public en s’arrêtant devant un véhicule monumental, c’est dans ces guimbardes que voyageaient nos aïeux ! »
Pas même nos aïeux, nos grands - pères, nos pères presque, puisque celle-ci transporta en 1808, par ordre de Napoléon Ier, l'infant Don Carlos, Ferdinand VII et Don Antonio de Madrid à Valençay. C’est énorme ; la caisse a 4 mètres cubes, les roues d’arrière ont r mètres de diamètre; elles sont en bois grossier, la bande de fer attachée au bois à coups de gros boulons écrasés. C’est massif, imposant et lourd ; les pièces sont suspendues par de fortes courroies de cuir. On devait sauter là-dedans à se décrocher le cœur au moindre cahot, et verser dans tous les fossés. C’était cependant le moyen de locomotion des grands, des puissants, des riches, les seuls qui pensassent d’ailleurs à se déplacer alors. Ils y passaient de longues journées et de longues nuits sans se plaindre ; ils y séjournaient des mois entiers pour traverser l’Europe ; ils en sortaient contents, sinon dispos. Nous gémissons aujourd’hui pour douze heures à passer en chemin de fer. Et il n’y a de cela que quatre-vingt-douze ans!
D'ailleurs, tout ce qui a été rassemblé à l’exposition rétrospective de la locomotion mérite d’être vu. Tout a un cachet d’authenticité fort pittoresque, et tout concourt à un enseignement appréciable et nouveau pour beaucoup d’entre nous.
Avoir, spécialement :
1824. — Le carrosse de Lafayette, hôte du gouvernement américain.
XVIIIe siècle. — Un carrosse de gala, énorme, avec ses deux chevaux et ses deux laquais, surchargé d’ornements et de dorures.
1760.— La litière de La Motte-Fouquet, étroite, incommode, brancards devant et derrière, sans roues.
Louis XIV. — Une litière du même modèle.
Une collection de traîneaux de forme toute particulière, à une place, avec une selle à l’arrière, où se tenait le cocher, les pieds dans des sabots garnis de fourrure. L’un de ces traîneaux a appartenu à la reine Marie-Antoinette, et l’autre à l’impératrice Joséphine.
1789. — La berline du marquis de Thomassin, grand bailli d’épée de Vitry-le-François.
De curieux chariots de paysans du XVIII' siècle, avec panneaux peints de sujets champêtres.
1790 —.Un petit carrosse construit pour les enfants du duc de Beaufort, etc., etc.
Nous n’avons pas ici la prétention de donner la nomenclature complète de ce que renferme cette exposition rétrospective, évidemment l’une des plus intéressantes. Nous avons voulu seulement en conseiller la visite et guider nos lecteurs vers les objets qui nous ont paru réunir les plus grands éléments de valeur et de curiosité.
Pour en revenir à la carrosserie contemporaine, à la carrosserie neuve, si différente et si éloignée de celle du commencement du siècle, il nous a semblé que l’exposition française présentait les meilleurs modèles au point de vue de l'élégance, du confortable, et que l’américaine atteignait à la perfection de la force unie à la légèreté. Hâtons-nous d’ajouter d’ailleurs que toutes ont leur mérite spécial, que toutes témoignent d’un effort sincère vers le progrès, d’une science véritable et d’une intelligente émulation.
En ce qui concerne la variété des types présentés elle est à peu près infinie ; les constructeurs ont fait preuve d’une imagination féconde; ils ont su allier avec beaucoup de bonheur la solidité à la grâce, et ce n’est pas perdre son temps qu’aller étudier leur œuvre, hors de pair.
La Carrosserie
L’Exposition des voitures est bien celle qui donne l'idée la plus surprenante des audaces du progrès, de ses attraits aussi. Elle est en effet très séduisante, cette innombrable série de véhicules de tous modèles, légers, pimpants, vernis, qu’on sent rapides et forts, commodes, pratiques, méticuleusement agencés pour le plus de travail et le moins d’efforts possible. Toutes les formes de la locomotion actuelle sont là présentées et représentées. Vouloir en donner la description détaillée, l’énumération seulement, nous entraînerait vite hors des limites tracées à cette brève étude. En outre, un pareil travail aurait quelque chose de fastidieux pour nos lecteurs et ne leur apprendrait rien, car tous ont plus ou moins devant les yeux ou devant l’esprit les résultats obtenus par la carrosserie moderne, et tous savent que cette industrie est à peu près arrivée au summum de ses progrès pou rentrer dans une voie nouvelle et porter son initiative sur le perfectionnement de l’automobile. Nous sommes tous à peu près convaincus, en effet, que la traction animale aura disparu, du moins dans les grandes villes, avant qu’un nouveau siècle se soit écoulé.
L’intérêt de la section de carrosserie, ceci étant donné, va droit à l’exhibition rétrospective, organisée avec un soin, et aussi un goût tout particuliers. L’impression qu’on en emporte est extrêmement curieuse ; elle est faite d’un peu de mélancolie et d’un peu de stupéfaction, d’un peu d’ironie aussi et de quelque pitié.
« Comment, dit volontiers le public en s’arrêtant devant un véhicule monumental, c’est dans ces guimbardes que voyageaient nos aïeux ! »
Pas même nos aïeux, nos grands - pères, nos pères presque, puisque celle-ci transporta en 1808, par ordre de Napoléon Ier, l'infant Don Carlos, Ferdinand VII et Don Antonio de Madrid à Valençay. C’est énorme ; la caisse a 4 mètres cubes, les roues d’arrière ont r mètres de diamètre; elles sont en bois grossier, la bande de fer attachée au bois à coups de gros boulons écrasés. C’est massif, imposant et lourd ; les pièces sont suspendues par de fortes courroies de cuir. On devait sauter là-dedans à se décrocher le cœur au moindre cahot, et verser dans tous les fossés. C’était cependant le moyen de locomotion des grands, des puissants, des riches, les seuls qui pensassent d’ailleurs à se déplacer alors. Ils y passaient de longues journées et de longues nuits sans se plaindre ; ils y séjournaient des mois entiers pour traverser l’Europe ; ils en sortaient contents, sinon dispos. Nous gémissons aujourd’hui pour douze heures à passer en chemin de fer. Et il n’y a de cela que quatre-vingt-douze ans!
D'ailleurs, tout ce qui a été rassemblé à l’exposition rétrospective de la locomotion mérite d’être vu. Tout a un cachet d’authenticité fort pittoresque, et tout concourt à un enseignement appréciable et nouveau pour beaucoup d’entre nous.
Avoir, spécialement :
1824. — Le carrosse de Lafayette, hôte du gouvernement américain.
XVIIIe siècle. — Un carrosse de gala, énorme, avec ses deux chevaux et ses deux laquais, surchargé d’ornements et de dorures.
1760.— La litière de La Motte-Fouquet, étroite, incommode, brancards devant et derrière, sans roues.
Louis XIV. — Une litière du même modèle.
Une collection de traîneaux de forme toute particulière, à une place, avec une selle à l’arrière, où se tenait le cocher, les pieds dans des sabots garnis de fourrure. L’un de ces traîneaux a appartenu à la reine Marie-Antoinette, et l’autre à l’impératrice Joséphine.
1789. — La berline du marquis de Thomassin, grand bailli d’épée de Vitry-le-François.
De curieux chariots de paysans du XVIII' siècle, avec panneaux peints de sujets champêtres.
1790 —.Un petit carrosse construit pour les enfants du duc de Beaufort, etc., etc.
Nous n’avons pas ici la prétention de donner la nomenclature complète de ce que renferme cette exposition rétrospective, évidemment l’une des plus intéressantes. Nous avons voulu seulement en conseiller la visite et guider nos lecteurs vers les objets qui nous ont paru réunir les plus grands éléments de valeur et de curiosité.
Pour en revenir à la carrosserie contemporaine, à la carrosserie neuve, si différente et si éloignée de celle du commencement du siècle, il nous a semblé que l’exposition française présentait les meilleurs modèles au point de vue de l'élégance, du confortable, et que l’américaine atteignait à la perfection de la force unie à la légèreté. Hâtons-nous d’ajouter d’ailleurs que toutes ont leur mérite spécial, que toutes témoignent d’un effort sincère vers le progrès, d’une science véritable et d’une intelligente émulation.
En ce qui concerne la variété des types présentés elle est à peu près infinie ; les constructeurs ont fait preuve d’une imagination féconde; ils ont su allier avec beaucoup de bonheur la solidité à la grâce, et ce n’est pas perdre son temps qu’aller étudier leur œuvre, hors de pair.