Palais du Trocadéro

Paris 1878 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture, pictures, drawings
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IV - EXTÉRIEUR DE LA SALLE DES FÊTES. (Côté du Jardin.)

La salle des concerts ou des fêles proprement dite est enveloppée de constructions qui en sont le complément et qu’il nous faut décrire.

Si nous nous sommes fait comprendre, les gradins formant le grand amphithéâtre et les deux rangs de loges superposées occupent toute la partie inférieure de la salle dans une hauteur de 15m,50 ; cette partie, comme nous l’avons déjà dit, est percée de dix-sept portes et fenêtres à deux des étages des gradins, ce qui permet de communiquer de l’intérieur à l’extérieur avec une grande facilité; mais ces communications seraient d’un accès impossible si toute la périphérie circulaire de la salle n’était enveloppée d’un portique à deux étages, comme dans les théâtres et amphithéâtres antiques.

Fig. 14 - L'industrie des Métaux (Statue de M. de Vauréal)
Fig. 14 - L'industrie des Métaux (Statue de M. de Vauréal)
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Ce portique occupe donc le développement complet de la circonférence visible de la salle; seulement au lieu d’être, comme dans les édifices romains, composé d’une ordonnance montée sur une autre ordonnance, chaque travée ne comporte qu’une arcature, montant dans la hauteur des deux étages, coupée en deux par un plancher qui s'accuse par un petit ordre intérieur. On a pensé avec raison que, n’ayant à construire ni un Colisée, ni un théâtre de Marcellus, enserrés dans les rues étroites d’une ville comme Rome, mais au contraire un édifice visible par sa situation topographique à plus de 8 kilomètres de distance, il convenait d’accentuer vigoureusement les grandes lignes de construction et par conséquent d’éviter les petits ordres d’architecture superposés l’un à l’autre.

Le portique dont il s’agit se compose donc, à l’extérieur, de trente piliers de un mètre carré de section, coiffés de chapiteaux à volutes et feuillages sur le côté et ornés de figures humaines sur la face; ces chapiteaux à forts tailloirs surplombant reçoivent des arcs plein-cintre extra-dossés en léger tiers-point; au-dessus, un entablement décoré de modillons porte une balustrade à jour, coupée de piédestaux couronnés de statues.

Fig. 15 - L'industrie des Tissus (Statue de M. J. Gautherin)
Fig. 15 - L'industrie des Tissus (Statue de M. J. Gautherin)
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Le vide des arcades en question n’a pas moins de 3m,78 de largeur sur 12m,72 de hauteur; c’est cet espace qui est divisé en deux par un entablement porté sur des dosserets latéraux aux piliers; une balustrade, également à jour, surmonte cet entablement qui correspond rigoureusement au sol du deuxième étage sous les gradins des amphithéâtres de la salle.

La décoration de ce portique extérieur qui, dans la composition du palais du Trocadéro, joue un rôle important, est d’une très-grande sobriété; à V exception des chapiteaux et de quelques moulures, la main du sculpteur est absente; les lignes seules en forment la décoration; disons toutefois que les tympans, c'est-à-dire les espaces triangulaires entre les extrados des ares et l'entablement, sont décorés de bandes de mosaïque rouge avec rosace au centre en mosaïque varice du plus riche effet. II va sans dire que toutes ces arcs turcs sont identiques et que la diversité de leur aspect résulte, comme dans tous les édifices circulaires, de la façon différente dont chacune d’elles est éclairée et se présente à l’œil.

Les statues qui décorent le sommet de ce portique sont en pierre comme le portique lui-même, et mesurent 2m,30 de hauteur; elles personnifient les sciences, les arts et les applications techniques qui constituent le grand travail humain (Fig. 14,15,16 et 17).

Quelques-unes de ces œuvres d’art sont fort remarquables, soit comme composition, soit comme caractère expressif; toutes ont un sentiment décoratif très-satisfaisant et le public peut regretter que, à cause de la hauteur où elles sont placées, la perception de leurs qualités de détail ne soit pas toujours facile. Voici, en commençant par la droite, les sujets de ces statues avec les noms de leurs auteurs.:

1. L'Imprimerie. . Par MM. Félon.
2. La Musique. . .Schrœder.
3. La Minéralogie. .Saint-Jean.
4. La Peinture. . .Barthélemy.
5. La Chimie. . . .Chevalier.
6. La Métallurgie...........Ludovic Durand
7. La Pisciculture............Eude.
8. L’Industrie des Métaux ....Par MM.De Vauréal.
9. La Physique........Sobre.
10. La Botanique...... .Baujault.
11. Le Génie civil........L. Perrey fils.
12. L’Éducation....... Ch. Lenoir.
13. L’Architecture.........Soldi.
11. La Photographie........A. Tabard.
15. L’Art militaire........ De la Vingterie.
16. L’Industrie des tissus . . . Jean Gautherin.
17. L’Agriculture...... . Aubé.
18. La Médecine....... C. Gauthier.
19. L’Astronomie....... Itasse.
20. La Mécanique..... Roger.
21. L’Industrie du meuble. ...... Millet de Marcilly.
22. La Géographie...... Bourgeois.
23. La 'Télégraphie...... Hubert Laxigne.
24. La Sculpture...... Vital-Dubray.
25. La Navigation. . . . Chervet.
26. L'Orfèvrerie...... Varnier
27. Les Mathématiques. Cambos.
28. L’Industrie forestière. . . C. Chrétien.
29. L’Ethnographie...... G. Clerc.
33. La Céramique......Chambard.

Entrons maintenant dans les deux étages de ce portique; le sol de celui du riz-de-chaussée est à 24 mètres au-dessus du sol du quai et à 30 mètres au-dessus du niveau général du palais du Champ de Mars. Le premier sentiment qui frappe en pénétrant sous celui du nez-de-chaussée et plus encore sous celui du premier étage, c'est la splendeur du spectacle dont on jouit, ce que nous avons déjà au lecteur.

Si, de l'extérieur du portique, le regard se porte à l’intérieur, le visiteur, placé au rez-de-chaussée, peut compter dix-sept baies, dont la partie inférieure sert de porte et la partie supérieure de fenêtre pour éclairer les couloirs de la grande salle.

Le plafond du portique se divise en larges compartiments déterminés par les poutres métalliques, formant saillie au droit des piliers et supportées par des corbeaux en pierre ; les murs et le plafond sont peints.

Fig. 16 - L'agriculture (Statue de M. Aubé)
Fig. 16 - L'agriculture (Statue de M. Aubé)
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Le premier étage est ajusté d’une façon analogue à celui du rez-de-chaussée; un même nombre de baies sont percées dans les murs de la salle ; ces baies sont également divisées en -deux parties : la porte et la fenêtre. Toutefois cette deuxième galerie n’est pas plafonnée; elle est couverte d’une voûte composée d’une série de berceaux reposant sur des arcs-doubleaux métalliques.

Tout le dessous de ce portique est également décoré de peinture ; le ton rouge du rez-de-chaussée se prolonge sur la paroi verticale et se trouve lui-même divisé par des bandes et frises ornementales du meilleur effet. Disons enfin, pour compléter cette partie, que le portique circulaire de la salle est surmonté d’une terrasse accessible aux visiteurs ; c’est delà surtout qu’on peut apprécier l'ensemble de l'exposition, car on domine, non-seulement toutes les constructions du Trocadéro, mais encore toutes celles du Champ de Mars ; le spectacle donne un avant-goût de celui qui attend le visiteur au sommet des tours.

La muraille de la salle s’élève circulairement au-dessus de cette terrasse, sur une hauteur de 15 mètres. Elle est percée par les neuf baies plein-cintre que nous avons décrites. Ces baies sont garnies de meneaux de pierre pour soutenir les verrières. Entre elles sont ajustées huit tourelles carrées, dont la fonction consiste à épauler le mur courbe et à faire office de contre-fort.

Fig. 17 - L'astronomie (Statue de M. Itasse)
Fig. 17 - L'astronomie (Statue de M. Itasse)
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Leur présence est non-seulement utile au point de vue constructif, mais, sous le rapport esthétique, elle détermine de fortes saillies et conséquement de fortes ombres, qui modèlent vigoureusement la rotondité de la salle. Dans leur intérieur on a disposé de petits escaliers à vis; qui permettent d’arriver aux tribunes de la salle, lesquelles sont placées au niveau de la terrasse et ont pour profondeur la saillie même des tourelles. Le sommet de ces dernières est couronné par un pavillon à quatre faces à jour, couvert en terrasse et percé sur chaque face de deux arcades géminées séparées par une colonnette de marbre à chapiteau et base sculptés. La terrasse porte elle-même une oriflamme centrale, maintenue par de légers haubans.

Fig. 18 - La Renommée (Statue de M. A. Mercié)
Fig. 18 - La Renommée (Statue de M. A. Mercié)

Le comble qui couvre la salle des fêtes s’élève du pied de la balustrade surmontant la muraille extérieure; il est à pans et forme une pyramide dont le sommet est couronné par une vaste lanterne à jour en fonte et en plomb, ornée, couronnée elle-même d’un second comble avec chêneau agrémenté. C’est du sommet de ce comble que s’élève la gracieuse figure de la Renommée, modelée par M. Antoine Mercié et exécutée en cuivre repoussé au marteau dans les ateliers de MM. Monduit, Gaget et Gauthier. Cette figure, dont la composition montre une fois déplus la grâce et la vigueur exceptionnelles du talent du jeûné statuaire, tient d’une main plusieurs couronnes, tandis que, de l’autre, elle soutient la traditionnelle trompette. Sa dimension est de 3m,50 ; est elle dorée ainsi que les ornements qui supportent sa base.

La construction de cette partie extérieure de la salle et sa décoration sont les mêmes que dans les autres parties de l’édifice : corniches, bandeaux, appuis, dosserets, archivoltes, etc... en pierre; les murs en moellons piqués ou pierres de petit appareil avec bandes de marbre; colonnes monolithes en marbre; ornements dans les tympans en mosaïque vénitienne; balustrades en pierre avec remplissage en grès céramique.

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V - LES ANNEXES DE LA SALLE (Côte de la place du Trocadéro).

Nous avons dit que la salle de concerts, ou des fêtes, n’était pas entièrement circulaire et qu’un ajustement spécial y avait été réservé pour l’orchestre ; aussi, celle dernière partie, ainsi qu’on peut s’en convaincre sur les plans, offre-t-elle une disposition particulière pour les parties qui lui sont adhérentes. Entre les deux tours, dont nous parlerons plus loin, et qui flanquent la conque de l’orchestre, le proscenium, il existe un mur montant de fond qui, à l’extérieur, s’accentue sous la forme d’un grand pignon à redents; entre ce pignon et la voie publique, est une large galerie rectiligne qui joint les deux vestibules entre eux et donne accès à de grands escaliers et à des foyers d’artistes ; le tout constituant un bâtiment spécial, dont nous allons maintenant nous occuper.

Le bâtiment adossé à la salle des fêtes, du côté de la place du Trocadéro, y compris les escaliers, a 78 mètres de longueur sur 20 mètres d’épaisseur maximum. A chacune de ses extrémités et dans la partie qui correspond aux tours sont disposées deux grandes cages d’escalier carrées, mesurant à l’intérieur 12m,40 sur chaque face. Les escaliers qu’elles contiennent possèdent une large révolution dans le milieu et deux révolutions de reloue, une de chaque côté. La partie supérieure est voûtée, et les voûtes qui la surmontent sont portées par quatre colonnes en fonte, reliées entre elles par des arcs-nervures en fonte ornée et à jour. La partie centrale de ces voûtes est sphérique, ainsi que les huit autres parties qui l’enveloppent; des peintures ornementales les décorent; chaque cage d’escalier est percée de grandes baies formant verrières, l’une placée dans l’axe de la montée et l’autre sur le flanc droit ou gauche, suivant l’escalier dans lequel on se trouve. La verrière de face a 5m, 10 de largeur sur 9m,25 de hauteur, celle latérale 5m,10 de largeur sur 6m,25 de hauteur. Les sujets qui ont été choisis pour le programme de ces verrières se rattachent à l’histoire des métiers, en voici le programme et le nom des artistes:

Grands escaliers. — Côté de Paris.
Baie faisant face à la place.
Sujet du travail : l’histoire des instruments de musique.
(M. G. Bourgeois, peintre-verrier à Paris.) Partie supérieure. — Trois verrières.
Au centre : la corporation des facteurs obtient du roi Henri III des privilèges et des statuts particuliers.
A gauche : la musique religieuse. — La reine Isabeau de Bavière visite la chapelle Saint-Jacques.
A droite : la musique de chambre ou profane. — Quatre personnages jouant dos instruments à cordes et du clavecin.
Partie centrale. — Quatre verrières
Les quatre verrières ne forment qu’un sujet unique : la musique militaire met en relief les instruments à vent.
Partie inférieure. — Quatre verrières.
Trophées d’instruments avec les noms des fabricants français : Le Vacher, Sébastien Érard, Cousineau et Carlin.

Baie latérale, côté de Paris.
Sujet du vitrail : l’horlogerie.
(M. Crapoix, peintre-verrier à Paris.)
Partie supérieure. — Trois verrières.
Au contre : l’horloge de la cathédrale de Strasbourg.
A gauche : un beffroi avec cloches.
A droite : un autre beffroi avec cloches.
Partie intérieure. — Quatre verrières.
A gaucho : les mathématiques. — Deux moines guidés par la Genèse étudient le cours du soleil et de la lune.
A gauche : l’astronomie. — Pythagore explique les deux mouvements de la terre.
A droite : la navigation. — Application du loch et de la boussole marine à la direction des navires.
A droite : la mécanique. — Un atelier d’horlogerie.

Grands escaliers. — Côté de Passy.
Baie faisant face à la place.
Sujet de vitrail : l’histoire de la ferronnerie artistique.
(M. Gsell-Laurent, peintre-verrier à Paris,)
Partie supérieure. Trois verrières.
A gauche : les compagnons serruriers portent le chef-d'œuvre de la corporation. (XVIe siècle.)
Au centre : Louis XIV traverse la cour du château de Versailles.
(XVIIe siècle). — Grilles en fer forgé.
A droite : un intérieur de forge au XVIe siècle.
Partie centrale. — Quatre verrières.
A gauche : une châtelaine se rend à l’Église. — Ferrures du XIIe siècle.
A gauche : un baptême. — Ferrures du XIIIe siècle.
A droite : le prix du tournoi. — Armures du XIVe siècle.
A droite : une place publique au xve siècle, un jour de fête.
Partie inférieure. — Quatre verrières.
Sur un fond grisaille, imitant une grille, les armoiries des serruriers et des maréchaux.
Baie latérale, côté de Passy.
Sujet du vitrail : la carrosserie et la sellerie.
(MM. Bazin et Cie, peintres-verriers au Mesnil-Saint-Firmin.) Partie supérieure. — Trois verrières.
Une scène unique : La carrosserie. — L’entrée d’Isabeau de Bavière à Paris.
Partie inférieure. — Quatre verrières.
Une scène unique : la sellerie. — L’entrevue du « Camp du drap d’or. »

Les murs des escaliers sont enduits en stuc-pierre et accusent de grandes lignes verticales correspondant aux colonnes en fonte intérieures; sur la face opposée à la verrière latérale se trouve ajusté un cadre répétant les proportions de la verrière qui lui fait face, et dans lequel on se propose de faire exécuter ou placer, soit une peinture murale, soit une tapisserie.

La révolution centrale de chaque escalier, qui n’a pas moins de 3 mètres de largeur entre limons, se compose de 20 marches, exécutées dans la belle pierre de Cruas des carrières de M. Rostagnat; les deux révolutions latérales et le palier qui les joint à la révolution centrale, sont exécutés en même matière; ces révolutions ont 2'",50 de largeur et possèdent 19 marches; les balustrades qui bordent les rampes et qui viennent s’ajuster dans les colonnes en foule, sont également en fonte et surmontées de mains-courantes en bois.
Les limons de ces escaliers étant supportés par des murs d’échiffre en maçonnerie, on a pu trouver, dans les dessous, remplacement de vastes urinoirs et cabinets d’aisances, divisés en deux parties, pour chaque sexe.

Entre les deux escaliers que nous venons de décrire il existe, au rez-de-chaussée et au premier étage, une galerie et une salle, donnant sur la place et dont la longeur est de 50 mètres et la largeur de 7m,50; ces galeries sont ouvertes sur la place du Trocadéro à l’aide de neuf baies, à plates-bandes pour la galerie basse et à plein-cintre pour la galerie supérieure.

Fig. 19 - Galerie donnant sur la place du Trocadéro
Fig. 19 - Galerie donnant sur la place du Trocadéro

La galerie du rez-de-chaussée (fig. 19), dans le projet primitif, devait être divisée en trois parties égales : vestibule d’honneur au centre et salons d’attente à droite et à gauche; elle est actuellement affectée au service des artistes de la salle de concerts. A l’aide de cloisons mobiles, on l’a fractionnée en cinq parties d’inégales dimensions et recevant, pendant les concerts, les instrumentistes, les choristes hommes et femmes, les solistes et les cabinets de régisseur et chef d’orchestre. Quelle que soit l'affectation actuelle de cette dépendance du palais, il sera possible de lui rendre sa destination originaire, celle de vestibule et de salles d’attente pour le chef de l’État, le jour où il viendra présider quelque cérémonie importante; il suffira alors d’ouvrir à l’intérieur les baies centrales et de décorer, par quelques tentures provisoires, les localités actuellement réservées aux artistes du concert.


La galerie du premier étage, correspondant à celle que nous venons de la décrire, a la même longueur, même largeur et une hauteur de 8 mètres sous plafond; les neuf baies cintrées qui l’éclairent sont garnies de meneaux et vitrées de verres à petits plombs. Neuf baies dans le mur opposé aux fenêtres correspondent aux arcatures delà face; elles sont garnies de menuiserie, dont les parties supérieures sont vitrées; c’est dans cette galerie du premier étage qu’est disposé en ce moment le musée des arts rétrospectifs de L'Orient.

Entre les deux grandes galeries superposées que nous venons de décrire et le mur pignon sont placées deux galeries de circulation également superposées, l’une au rez-de-chaussée, l’autre au premier étage : elles ont 50 mètres de longueur et 7 mètres de largeur-, éclairées en second jour sur les galeries précédemment décrites, elles n’en sont séparées que par des piliers et des menuiseries, en partie vitrées. C’est dans la galerie du rez-de-chaussée et dans l’axe du palais que se trouve la porte qui conduit les artistes, les conférenciers et le chef de F État dans la partie réservée de l'orchestre et sur le proscénium de la salle. A droite et à gauche de cette porte d’entrée et au long du mur pignon de la salle, sont ajustées 34 armoires destinées à loger les instruments et partitions, nécessaires au service des concerts; la galerie de circulation du premier étage possède également dans son milieu une porte réservée au service de l’orgue, mais la principale fonction de cette galerie est de mettre en communication les deux salles de conférences, les tours, les grands escaliers et la galerie des arts rétrospectifs de F Orient. Au-dessus de la galerie de communication du premier étage on a pu loger, dans le comble en terrasse qui la surmonte, les divers bureaux d’agence des travaux et de comptabilité.

Fig. 20 - La Palais, vu de la place du Trocadéro
Fig. 20 - La Palais, vu de la place du Trocadéro

L’extérieur du bâtiment, pris de la place du Trocadéro (fig. 20), présente à ses deux extrémités la vue très-caractérisée des cages d’escalier dont nous avons parlé. Le bâtiment étant en saillie sur l’alignement proprement dit, ces cages ont pu avoir une fenêtre sur la face principale et une sur le retour; ces fenêtres sont de même largeur, leur sommet est a la même hauteur, mais leur appui, c’est-à-dire leur point de départ, n’est pas le même sur la face latérale que sur la face principale. Cela se comprend : l’escalier qui évolue à l’intérieur était le point de départ de l’ajustement de ces baies-, sur la face principale le palier de repos correspond rigoureusement à l’arcature basse réservée dans la partie inférieure de la baie, tandis que, sur la face latérale, celle arcature est franchement aveuglée pour recevoir derrière son parement le rampant de la révolution du deuxième escalier. Nous avons dit que ces larges baies ouvertes dans les escaliers étaient garnies de vitraux-, ajoutons que leur largeur (5ⁿⁱ, 4 0) a motivé l’établissement de meneaux de pierre, afin de contenir ces mêmes vitraux.

L’espace réservé entre les deux escaliers, occupé par la galerie du rez-de-chaussée et celle du premier étage (dont nous avons parlé précédemment), a sa face extérieure en reculement de l’alignement des escaliers; la composition architecturale consiste dans l’ajustement de neuf arcatures, dont les piliers, partant du sol, englobent les deux étages.- rez-de-chaussée et premier; ces arcatures sont plein-cintre avec un extrados en tiers-point. La corniche qui couronne les arcades est moins élevée que celle qui surmonte les escaliers, de sorte que ces cages, en saillie et plus hautes que le bâtiment qui les joint, sont surmontées d’un comble en pyramide, flanquant les extrémités du bâtiment sur la place du Trocadéro. Les neuf arcatures précédemment décrites sont coupées à la hauteur du plancher du premier étage par des plates-bandes formant des baies au rez-de-chaussée, garnies de belles menuiseries à verres à petits plombs, tandis que la partie supérieure de ces arcades constitue des fenêtres plein-cintre divisées par des meneaux de pierre.

La décoration extérieure de celle partie du palais est, comme ailleurs, scrupuleusement puisée dans les moyens d’exécution. Les murs proprement dits, comme on le verra plus loin, sont simplement bâtis en moellons piqués sur la face, c’est-à-dire taillés comme des assises de pierre; tous ces moellons sont réguliers de hauteur et forment des lignes continues dans tout l’ensemble du palais; chaque hauteur de moellon est de 0m,166, et, de deux en deux rangs, on a intercalé des bandes de marbre de Sampans (Jura) non poli; ce marbre, d’une couleur violacée rose, présente un ion qui s’harmonise très-heureusement avec celui de la pierre; c’est ce parti de construction décorative qui a été généralement employé dans tout l’ensemble. Les corniches, bandeaux, chapiteaux, soubassements et socles, là et partout ailleurs, sont en pierre dure ou tendre suivant l’emplacement; les frises et tympans sont décorés de mosaïques vénitiennes incrustées dans la pierre.

Le mur pignon qui reçoit l’adossement de la conque de l’orchestre de la salle, et dont nous avons déjà parlé, est divisé en neuf travées verticales correspondant aux divisions inférieures; chacune d’elles se termine par un arc plein-cintre bas-relief couronné par une corniche horizontale, surmontée d’une balustrade, seulement ces arcades s’allongent progressivement d’une quantité égale et symétriquement à partir des extrémités du pignon pour venir se joindre à la travée du centre, qui est la plus élevée. Cette disposition, imitée de quelques pignons flamands, est originale et s’ajuste mieux avec le style de l’édifice que ne l’aurait pu faire un fronton aux corniches rampantes. Toutefois on estime que le pignon de la place du Trocadéro ne sera complet et ne produira son véritable effet que lorsqu’on l’aura couronné de statues sur les petits piédestaux qui séparent les travées (ainsi que le montre notre figure 20), et lorsque quelque ornementation décorative viendra colorer et accentuer le fond des arcatures des mêmes travées.

Il va sans dire que l’exécution matérielle de ce pignon est conforme à celle de toutes les autres parties du palais.

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VI - LES DEUX TOURS.

Les deux tours, dont nous avons déjà entretenu le lecteur et qui flanquent à droite et à gauche le pignon de la place du Trocadéro, sont placées dans la profondeur de la partie de la salle destinée à l’orchestre, cl que nous avons successivement désignée sous le nom de scène ou conque; leur masse vient opposer une culée de résistance au grand arc de maçonnerie qui ferme celle conque, et dont la largeur, comme on le sait déjà, n'est pas moindre de 30 mètres. Les quatre piliers qui portent chacune des tours n’ont pas moins de 12m,25 superficiels chacun.

Ils s'élèvent verticalement, reliés à deux niveaux, jusqu'à la hauteur de la corniche de la grande salle, c’est-à-dire à 32 mètres au-dessus du sol général du palais; une baie, sur chaque face dégagée des tours, éclaire celle première partie de leur hauteur; à partir de ce niveau, la masse carrée se rétrécit pour n’avoir plus que 9 mètres de largeur sur chaque face, et monte ainsi jusqu’à la hauteur de 30 mètres au-dessus du niveau précédemment cité; c’est à partir de ce point que s’élève \e belvédère proprement dit, composé d’un soubassement, d’une arcature et d’un dôme. Nous allons reprendre successivement chacun des points de celle construction.

La partie inférieure des tours s’accuse au dehors au-dessus des combles et terrasses qui l'entourent; les murs sont exécutés en petits matériaux et bandes de marbre, comme les murs précédemment décrits; la fenêtre qui, sur chaque face, éclaire ce soubassement des tours est plein-cintre et garnie de claustra de pierre; les murs, ayant dans cette partie de la construction une épaisseur de 3m,50, la fenêtre qui les perce est ajustée en archivolte et dosserets retraités; col ajustement donne à cette partie de la construction un certain caractère de force et de solidité; ce soubassement de tour s’arrête à la hauteur de la rotonde de la salle, et la corniche qui couronne celle rotonde se poursuit à celte hauteur, ainsi que la balustrade à jour qui la surmonte, ce qui permet de faire le tour complet de la salle des fêtes et de ses annexes, à 32 mètres au-dessus du sol.

Fig. 21 - L'une des tours, partie au-dessus des combles
Fig. 21 - L'une des tours, partie au-dessus des combles

Le corps principal des tours, en retrait sur son soubassement, est un prisme droit ù base carrée, d’une extrême simplicité de lignes, il n’est percé que de trois baies, dans sa partie supérieure, éclairant une chambre de repos, alors que toute la partie inférieure n’est ajourée que de barbacanes étroites, réservées pour l’éclairage rigoureusement utile de l’escalier intérieur. Les angles de cette partie des tours sont construits et décorés à l’aide des bandes de moellons piqués et de marbre ; le milieu, au contraire, se compose de grandes lignes verticales avec parties creusées, accentuant vigoureusement ces lignes, tandis que le sommet du prisme est coiffé d’une robuste corniche à consoles rappelant quelque peu les anciens mâchicoulis ; au-dessus règne une balustrade aux angles surmontés de pinacles.

La difficulté de terminer ces tours était grande; il ne fallait, en effet, ni les coiffer comme les anciennes tours de défense, ni les achever comme un clocher d’église, en réservant un logis bien accusé pour des cloches; il ne convenait pas enfin d’en faire des beffrois d’hôtels de ville ou de maisons communes. On s’en est tiré par une grande sincérité d’expression ; ces tours ne peuvent être, en effet, que des belvédères destinés à recevoir le public avide de contempler, de ces deux sommets les plus élevés de la capitale, l’ensemble et la perspective de la grande cité. Dès lors, il fallait abandonner les ouvertures étroites des beffrois, les abat-sons des clochers, les formes trop sévères des tours du moyen Age et accepter franchement l’ajustement d’un espace ouvert avec balcons, permettant au public de jouir du spectacle merveilleux qui s’offre à lui du sommet de ces points élevés; on imagina donc, tout en maintenant la forme carrée pour ces belvédères, de les élever sur un soubassement, les dégageant complètement de la balustrade et des saillies de la corniche situées au-dessous, et de les percer de quatre grandes arcades, une sur chaque face, de façon à laisser passer le soleil et la lumière à travers ces sortes de ciborium élevés.

Ces belvédères sont construits en pierre ainsi que les quatre balcons qui entourent chacun d’eux. Les colonnes isolées qui portent la retombée des arcatures sont en marbre Sampans. Les combles en fer, qui surmontent ces belvédères et qui sont revêtus de lames de cuivre dorées en partie, constituent des dômes carrés, dont l’étincelant éclat attire le regard. De grandes oriflammes aux couleurs nationales sont fixées au sommet des dômes et les quatre angles de chacun des belvédères sont occupés par un écusson doré aux armes de la République française.

L’intérieur des tours, dans la hauteur correspondant au rez-de-chaussée et au premier otage, participe de la décoration modeste des bâtiments qui l’entourent et dans lesquels leur pied est engagé. Au rez-de-chaussée, une voûte surbaissée à nervures relie les quatre fortes piles qui portent la partie supérieure; une niche, ou cul-de-four, du côté de la partie fermée occupe une des faces,- les trois autres faces sont de larges baies s'ouvrant sur les vestibules des pavillons de conférences, sur le palier des grands escaliers et sur la galerie circulaire pour tournant la salle des fêles. Au centre du pied de chaque tour et dans un espace circulaire de 3m,50 réservé au milieu de la voûte, est ajusté un ascenseur élevant le public à la base des belvédères (fig. 22).

Fig. 22 - Ascenseur de la tour, côté de Paris
Fig. 22 - Ascenseur de la tour, côté de Paris

Le premier étage des tours est de plain-pied avec le sol du premier étage des grands escaliers et des salles avoisinantes. Sur les quatre piliers montant de fond s’élève une voûte sphérique percée en pendentif sur ses quatre faces; au centre, traverse l’ascenseur. Deux des arcs de celle voûte donnent, l’un sur le palier du premier étage des grands escaliers, l’autre sur la galerie du premier étage, pour tournant la salle des fêles ; le troisième arc donne accès à la salle des conférences elle quatrième contient, pour chaque tour, un escalier à double révolution montant à un petit salon de plain-pied avec le sol des loges d’avant-scène de la grande salle réservées au président de la République et au ministre de l’agriculture et du commerce.

Depuis le sommet de la voûte de cet étage jusqu’au sommet des tours, l’intérieur de l’espace qu’elles forment n’offre rien de particulièrement intéressant; l’espace vide intérieur est un prisme droit à base carrée de 7'",50 de côté; la lumière y pénètre par de petites barbacanes, réservées sur chaque face des tours, et le centre de l’espace est occupé parles colonnes de l'ascenseur et l’escalier hélicoïdal qui l’enveloppe. Toutefois, avant d’arriver au niveau de la grande corniche des tours, on traverse une chambre>de repos, dont le sol est déterminé par un plancher en fer à 9 mètres au-dessous de cette corniche. Ces chambres de repos sont accusées à l’extérieur par les trois petites baies qui décorent la partie haute des tours sur chaque face.

Arrivé au niveau de la partie haute de la grande corniche, l’ascenseur de chaque tour s’arrête, ainsi que son escalier hélicoïdal. L’un et l’autre débouchent dans une salle carrée correspondant au soubassement des belvédères ; une porte sur chaque face de cette salle permet de sortir à l’extérieur sur le vaste balcon qui l’enceint et de jouir des horizons admirables du Trocadéro. Si l’on rentre dans la salle d’arrivée et qu’on reprenne le petit escalier placé dans l’angle de la pièce, on s’élèvera plus haut encore, c’est-à-dire de 3m,50 au dessus du point d’ascension, et on sera au niveau du belvédère proprement dit, c’est-à-dire à 66 mètres au-dessus du sol général du palais, à 90 mètres au-dessus du quai de Billy et à 92 mètres au-dessus du sol du parvis de Notre-Dame, c’est-à-dire à 26 mètres au-dessus de la plate-forme des tours de la cathédrale de Paris.

Fig. 23 - Mascaron de la cascade. (Modèle de M. Legrain)
Fig. 23 - Mascaron de la cascade. (Modèle de M. Legrain)
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VII - LES PAVILLONS DE CONFÉRENCES.

Les bâtiments, dits pavillons de conférences, sont placés entre la salle des fêles, les tours et les galeries curvilignes d’exposition formant les ailes du palais; nous avons dit dans la description d’ensemble que la hauteur de ces pavillons était intermédiaire entre la hauteur de la salle des fêtes et celle des galeries; ces bâtiments contiennent en effet deux étages : le rez-de-chaussée, occupé par un vestibule, et le premier étage, occupé par une vaste salle, dite de conférences; nous allons les décrire successivement.

Les deux pavillons dont il s’agit sont identiques de forme, de dimension et d'affectation. Leur mesure entre les murs est de 24m,50 de longueur sur 16m,50 de largeur. Les vestibules (fig. 24) qu’ils contiennent au rez-de-chaussée forment les entrées proprement dites du palais et des jardins du côté de la place du Trocadéro.

Fig. 24 - Vue de l'un des vestibules
Fig. 24 - Vue de l'un des vestibules

Ces vestibules servent également de sortie au public, qui, venant du Champ de Mars par le pont d’Iéna, veut rentrer dans Paris par le plateau de Passy; ils sont, en un mot, le lien de l’extérieur du palais avec l’intérieur.

La salle des fêles occupant le centre de la composition, un vestibule unique était impossible : il fallait donc en placer deux, et les placer à environ 80 mètres de distance l’un de l’autre, c’est-à-dire en réservant entre eux la place de la salle et de ses dépendances.

Ces vestibules, devant être surmontés d’une salle de conférences, leurs plafonds ne pouvaient être très-élevés au-dessus du sol sans créer, pour l’accès de ces salles, une difficulté trop sensible; la hauteur de 6 mètres de sol à sol a etc adoptée. Afin de rendre moins écrasée la hauteur sous plafond et afin de supporter le plancher en fer de la salle, on a groupe deux à deux huit colonnes ornées de chapiteaux (fig. 25) et de bases. Ces colonnes sont en marbre du Jura d’un seul morceau et polies, leur diamètre est de 0m,75, les bases et chapiteaux sont en pierres de Bavière. Le plafond, que les murs et colonnes supportent, est en fer apparent, les poutres principales allant des colonnes aux murs sont en fer plat et cornières et n’ont pas moins de 0ⁿ,,68 de haut; les fers secondaires qui posent sur les poutres et qui sont ajustés pour former caissons, sont des fers dits à double T de 0m,26 de hauteur. Dans les caissons formés par le croisement des fers, on a disposé des panneaux de construction légère, décores de moulures et d’ornements; on comprend, en effet, qu’un plancher, quelque résistant qu’il soit, peut et doit nôtre solide qu’en certains points; le surplus est un remplissage qu’on peut traiter avec plus ou moins de simplicité ou de luxe, suivant l’effet qu’on veut produire. L’ornementation de ces vestibules, les chapiteaux à volutes, qui portent les tailloirs sur lesquels les fers sont posés, ont été généralement loués; le public a compris qu’il était bon que, au seuil même du palais de l’industrie moderne, on lui montrât que la métallurgie joue un rôle considérable dans l’art de bâtir contemporain, et que nos grandes voies de communication, nos chemins de fer et nos canaux, nous permettent de faire contribuer les richesses lithoïdes du sol au service de l’architecture, quels que fussent les dimensions et le poids des blocs monolithes â transporter.

Fig. 25 - Un des chapiteaux du vestibule
Fig. 25 - Un des chapiteaux du vestibule
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Les trois baies donnant sur la place du Trocadéro et les trois baies ouvertes sur le parc peuvent être fermées la nuit. Des portes de bois eussent assombri leur intérieur, et de l’extérieur on y eût perdu un effet pittoresque des plus agréables; de la place du Trocadéro, l’œil pénètre en effet par des baies ouvertes jusque sur la plaine de Grenelle et, pendant l'exposition, l’animation et la vie de celle partie de Paris percent pour ainsi dire les murs du palais et donnent envie d’entrer. On n’avait garde de troubler cet effet, aussi fut il décidé que ces vestibules seraient fermés par des grilles, laissant l’air, la lumière et le regard circuler librement. Les grilles dont il s’agit sortent des ateliers de M. Moreau, serrurier; elles sont composées de barreaux à enroulements, laissant au centre un espace libre pour l’ajustement d’une palme en fer forgé et doré. On trouve dans celte ornementation le T, chiffre du Trocadéro, elles armoiries de la ville de Paris, future propriétaire du palais.

Les vestibules ne donnent pas seulement accès dans le jardin : ils donnent entrée, d’un côté, dans la galerie circulaire pour tournant la salle des fêtes, au-dessous des tours, et par conséquent dans les ascenseurs et dans la galerie longeant la place du Trocadéro qui les réunit ensemble; du côté opposé, ils donnent accès soit aux galeries d'exposition, soit au petit portique à jour qui enveloppe les galeries du côté du jardin.

Les baies d’entrée des galeries d’exposition n’ont pas moins de 6 mètres de largeur; elles sont fermées par une menuiserie divisée en six travées. Cette menuiserie en chêne apparent et ciré sort des ateliers de M. Moisy. La partie supérieure est fixe et se compose d'une traverse horizontale vigoureuse, surmontée d’une série d’arcatures à jour fermées par des verres à petits plombs exécutés par M. Denis; la partie inférieure est en partie mobile, les panneaux d’extrémité sont fixes, mais les quatre panneaux du centre sont mobiles et ajustés de façon que la baie puisse s’ouvrir à deux ou â quatre vantaux, suivant l’importance de la foule; les panneaux inférieurs sont également revêtus de verres à petits plombs; de celte façon, le regard des spectateurs pénètre du vestibule dans les galeries et permet d'entrevoir les richesses d’art qui y sont accumulées.

Les salles, directement placées au-dessus de chaque vestibule, ont reçu le nom de Salles de conférences; elles sont idcnliques.de forme et de proportions, et mesurent 16m,50 de largeur sur 12 mètres de hauteur. On y accède par les grands escaliers dont nous avons précédemment parlé, et on y entre par trois baies, placées sur l’un des côtés les plus longs-, celle du centre débouche dans l’axe de la tour correspondante, et les deux baies latérales dans les vestibules ou avant-galeries placés latéralement à celte tour. Chaque salle de conférences est éclairée par trois baies plein-cintre au-dessus des baies d’entrée des vestibules, sur la place du Trocadéro, et par trois autres baies de même forme placées au-dessus des baies des vestibules sur le jardin.

Dans le projet primitif, un plancher en fer devait séparer la salle proprement dite du comble, et la partie centrale de ce plancher devait seulement être ouverte pour laisser pénétrer la lumière delà lanterne réservée au centre du comble. Pour des raisons d'économie, ce plancher résistant n’a pas été fait, mais il a été remplacé par une légère charpente en bois simulant à peu de chose près les dispositions qu’on devait prendre. L’ajournement de toute décoration dans les salles de conférences a été surtout motivé par l’indétermination où l’on était, au début de Imposition, de l’usage auquel ces salles pourraient être affectées. Depuis qu’on en a connu l’importance et comme dimension et comme mode d’éclairage, toutes les sociétés, les congrès, les associations d’artistes les ont réclamées. L’administration a été obligée de les concéder avec affectations successives, ce qui explique l’absence de décoration bien caractérisée; elles servent à la fois en ce moment de salles de concerts de musique de chambre, de salles de conférences et de congrès, enfin de galeries de tableaux pour le musée de portraits historiques. Pour cette dernière affectation, a dû tendre les murs d’une toile aux tons unis, boucher les baies verticales, ne conserver qu’une lumière du plafond, et enfin ajuster des tringles de suspension de tableaux et une cimaise. D’autre part, on voit dans ces salles une estrade destinée à recevoir soit un orchestre, soit une table à lapis vert pour le bureau et les orateurs de congrès ou de conférences. Le succès de imposition universelle de 1878 aura été si complet que les locaux qu’on supposait trop vastes auront toujours été trop restreints, et qu’il aura fallu utilisera deux fins des salles qu’on supposait devoir être fréquentées que par un public tout spécial.

Les pavillons dits de conférences apparaissent au sud et au nord sur une face seulement, placés qu’ils sont entre la salle des fêles, d'une part, et les galeries d’exposition, de l’autre; néanmoins leur aspect joue un rôle considérable dans l’ensemble de la composition. Nous avons déjà dit que leur hauteur élevée était un lien entre les vastes proportions de la salle des fêtes et les hauteurs restreintes des galeries d’exposition; il nous reste à indiquer le parti général de leur conception.

Leur aspect extérieur au dehors et au dedans du palais est identique; il se compose de trois arcatures, montant du fond du sol à la corniche supérieure, limitées à droite et à gauche par un contre-fort pilastre puissant, montant de fond également et supportant l’angle de la corniche. Ces arcatures sont coupées dans leur intérieur par un bandeau à la hauteur du plancher des salles de conférences; de celte façon, les trois baies qui donnent entrée aux vestibules du rez-de-chaussée sont nettement accusées par des plates-bandes s’ajustant avec les formes intérieures de ces vestibules, tandis que les trois fenêtres plein-cintre qui éclairent la salle du premier étage sont enveloppées par les arcatures mêmes, qui surmontent' les quatre piliers formant les grandes lignes verticales de ces pavillons. Le tout est couronné d’un entablement à modillons avec une vaste frise faisant le tour des murs. Celte frise, dont la hauteur n’est pas moindre de 2 mètres, est décorée d’une ornementation rectiligne et curviligne de mosaïques dites vénitiennes, exécutées par les mosaïstes de M. Facchina ; les tons rouges, bleus, verts, jaunes et or y sont harmonieusement répartis. La corniche qui surmonte cette frise est couronnée par une balustrade en pierre à panneaux de grès céramique à jour. Le comble, placé derrière celle balustrade et qui couvre ce bâtiment rectangulaire, est en fer déforme curviligne; au centre, une lanterne a été réservée pour aider à l’éclairage; la couverture est en ardoises avec arêtiers et frises en plomb ornés.

On remarquera que l’ornementation constructive de ce pavillon est de même nature que celle des bâtiments que nous avons déjà décrits; les lignes principales, corniches, architraves, chapiteaux, plates-bandes et socles sont en pierre, mais les murs proprement dits sont en moellons ou petites pierres taillées, ajustées entre elles â l’aide d’un appareil régulier; ces assises, dont la hauteur est de 0m,166, sont séparées, de deux en deux, par des bandes de marbre de Sampans de même hauteur. Ce mode d’exécution constitue une ornementation soignée et originale que les voyageurs qui ont vu Florence, Sienne, Constantinople et le Caire reconnaîtront et que l’artiste appréciera, car il ôte aux murailles cette froideur de la teinte unie si utile à éviter partout, surtout à Paris, où trop souvent un ciel sombre et gris fait souhaiter des contrastes colorés.

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VIII - LES GALERIES DES AILES.

Comme nous l’avons déjà dit, les ailes du palais du Trocadéro sont occupées par des galeries éclairées par le haut et destinées à des expositions d’objets d’art; ces galeries ont, depuis leur porte d’entrée sous les vestibules jusqu’au mur de face des pavillons de tête, une longueur de 200 mètres; leur forme est curviligne, et, si l’on étudie avec soin un plan du palais, on remarquera que celle courbe n’est ni un arc de cercle unique ni une ellipse; c’est un composé d’autant d’arcs de cercles cl de rayons variés que ces galeries offrent de divisions principales.

Ces galeries en aile sont coupées à l’extérieur, du côté du jardin, en trois travées égales, déterminées par des pavillons dits intermédiaires, joints entre eux par un portique; l’extrémité des galeries est terminée par un pavillon important, surmonté d’un dôme et désigné sous le nom de pavillon de tôle.

Pénétrons dans les galeries et éludions-les spécialement.

Nous avons dit que les galeries des ailes ont 200 mètres de longueur; prise dans l’axe, leur largeur entre les murs est de 12m,80 ; ces murs sont courbes cl tracés comme nous l’avons dit plus haut; leur hauteur est de 10 mètres depuis le sol de la galerie jusqu’à l’angle formé par le rampant du comble.

La division en trois travées, accusée par deux pavillons intermédiaires à l’extérieur, s’est traduite à l’intérieur par de doubles murs de refend percés de grands arcs correspondant à ces pavillons. L’espace entre ces deux murs est voûté en briques sur une forme métallique ; du côté du pavillon, il existe une porte mettant en communication l’intérieur des galeries avec le portique extérieur; en face de la porte, et toujours entre les deux murs, se trouve une baie, donnant sur l’extérieur du palais, déforme plein-cintre et divisée par des meneaux en pierre recevant des verrières décoratives.

Les trois travées de galerie sont divisées chacune en treize parties égales déterminant la place de douze fermes en tôle et cornières destinées à porter le comble; ces fermes possèdent deux rampants formant un angle de 27 degrés à l’horizon; au centre, existe une lanterne ou partie ouverte et vitrée de 6m,30 de largeur . La ferme proprement dite se compose de deux arcs venant se joindre au centre; l’espace entre les rampants et l’arc est rempli par des tôles découpées formant des rinceaux et des rosaces ; les deux retombées portent sur des corbeaux en pierre scellés dans les murs; aucun entrait on tirant de fer ne relie entre eux les points extrêmes de ces fermes, et néanmoins on a pu s’assurer que leurs éléments ne constituent pas un arc poussant au vide les murs sur lesquels elles s’appuient. Le calcul auquel ces fermes ont été soumises a fait prévoir à l’avance les heureux résultats qu’elles ont donnés, et l’on doit se féliciter d’une application métallique décorative qui n’est ni grêle, ni lourde, ni traversée de ces barres de fer dont les réseaux, enchevêtrés par la perspective, rappellent plus les cordages d’un navire ou les tendeurs d’un vélum que les ajustements d’un comble monumental.

Les galeries dont nous nous occupons sont donc couvertes par une charpente qui ne dissimule ni la matière employée ni son ajustement; tout y est franc cl sincère, cl la forme simple et rationnelle qui en résulte constitue un effet monumental, qu’on est heureux de trouver dans l’application du fer aux édifices.

Les treize travées, déterminées par la division des fermes sur le mur extérieur, ont donné naissance à une répartition de baies verticales dans le mur des galeries du côté de l’intérieur; on a pensé, en effet, qu’une muraille de plus de ZiOO mètres de longueur, sans fenêtres, constituerait pour l’avenue du Trocadéro et la rue Franklin un aspect de prison fort regrettable; aussi, les murs ont-ils été percés de baies de 2m,75 de hauteur sur l"’,90 de largeur, divisées par un meneau ou mieux un point d’appui, géminant cette baie. Mais, les besoins intérieurs actuels exigeant des murailles verticales continues, on a condamné les fenêtres à l’aide de cloisons de bois, susceptibles d’être enlevées ultérieurement.

Si nous rentrons dans les galeries, nous remarquerons que leur ornementation décorative est des plus simples; les fermes qui portent le comble sont peintes en gris rehaussé de quelques filets dorés ; les murs sont simplement tendus d’une toile peinte en brun rouge et destinée à servir de fond aux tapisseries et objets d’art qu'on y a entassés. Les murs pignons, les murs de refend et les voûtes des pavillons intermédiaires sont simplement décorés de tons avec filages d’appareil. Toutefois, on peut regretter que les nécessités d’une exposition d’art rétrospectif aient forcé à créer des cloisons et des divisions dans ces galeries. On croirait que chaque propriétaire d’objets d’art a voulu avoir sa galerie personnelle et s’exposer un peu lui-même en même temps qu’il exposait ses richesses; l’effet produit est malheureux au point de vue de l’ensemble.

Les murs extérieurs de ces galeries, comme nous l’avons dit, sont percés de baies géminées; ils sont construits en moellons d’appareil avec bandes de marbre dans les dimensions précédemment données -, la partie qui correspond à la hauteur des fermes est occupée par des panneaux entourés de bandes de couleur en mosaïque; au centre de ces panneaux on a gravé les noms des artistes français qui, depuis le IXe siècle jusqu’à la fin du xvmc, ont jeté de l’éclat sur le travail national. Ces panneaux sont au nombre de 78, en comprenant l’aile du côté de Paris et celle du côté de Passy. Voici les noms chronologiquement placés, en commençant par la travée la plus voisine du pavillon de tête en face du bâtiment des phares, pour finir à la travée la plus voisine de l’établissement hydrothérapique de Passy:

Zénodore. Villard de Honnecourt. Jean Cousin.
Abbo. Jean de Chelles. Les Du Cerceau.
Éligius. Robert de Coucy. Jean Goujon.
Robert de Luzarches. Raymond du Temple. Pierre Lescot.
Pierre de Montreuil. Jean Fouquet. Les Henri Estienne.
Pierre de Montereau. Jean Texier. Philibert de L’Orme.
Hugues Libergier. Éc. De Laune. Les Limosins.

Les Clouet. Midi. Anguier. F. Desportes.
B. Palissy. Ch. Le Brun. Antoine.
Germain Pilon. Les Mansard. Hyac. Rigaud.
Pierre Raymond. Israël Silvestre. Les Coustou.
Pierre Bontemps. Les Lcpautro. N. Largillière.
J. Ballant. P. Puget. Lemoyne.
Les Briot. P. Mignard. E. Bouchardon.
El. Duperac. A. Le Notre. Fr. Boucher.
J. et S. de Brosse. G. Audran. C.-J. Notoire.
Simon Vouet. Jean Bérâin. J.-B. S. Chardin.
J. Callot. J. Jouvenet. C.-C. Allégeain.
Remercier. Girardon. J.-B. Greuze.
N. Poussin. Parrocel. J.-M. Vien.
Les Maro t. N. Coypel. Les Vernet.
Eust. Lesueur. J.-B. Oudry. Aug. Pajou.
Gab. Pérelle. Coysevox. Michel Clodion.
Claude Lorrain. Ant. Watteau. Jos. Vernet.
Les Metezeau. Les Drevet. J.-B. Pigalle.
L. Levau. Les Gabriel. J.-A. Houdon.

Les pavillons intermédiaires s’accusent à l’extérieur par une travée en saillie avec une grande baie centrale garnie de verrières. Il va sans dire que les corniches, bandeaux, crêtes ornées, linteaux et appuis sont exécutés en pierre de taille; les quelques ornementations coloriées qu’on trouve dans les tympans des arcs sont en mosaïque vénitienne. Le comble de ces galeries est couvert en ardoises et plomb ; la partie centrale, qui laisse pénétrer la lumière dans les galeries, est vitrée.

Voici la nomenclature des verrières qui garnissent la grande baie centrale et les noms des artistes qui les ont exécutées :
Grandes galeries d’exposition. — Côté de Paris.
Baie la plus rapprochée du pavillon de lé le.
Sujet du vitrail : l’ameublement, (M. Ottin, peintre-verrier à. Paris.)
Partie supérieure. — Deux verrières.
A gauche : l’habitation du pauvre.
A droite : l’habitation du riche.

Partie centrale. — Trois verrières.
Au centre : le huchier (menuisier ébéniste).
A gaucho : le tapissier à son métier.
A droite : le sculpteur dans son atelier.

Partie inférieure. — Trois verrières.
Les trois verrières sont occupées par un sujet unique : l’allégorie de la Menuiserie et de la Tapisserie sous les figures couchées d’un homme et d’une femme.
Baie la plus rapprochée du centre.
Sujet du vitrail : l’histoire de l’orfèvrerie.
(MM. Roche et Hirsch, peintres-verriers à Paris.)
Partie supérieure. — Deux verrières.
Un sujet unique pour les deux verrières : saint Éloi remet à Dagobert le siège royal, qui lui avait été commandé.

Partie inférieure. — Trois verrières.
Au centre : Benvenuto Cellini ciselant son aiguière.
A gauche : un atelier d'orfèvrerie repoussée et le travail au burin. A droite : un atelier d’émaux cloisonnés.

Grandes galeries d’exposition. — Côté de Passy.
Baie la plus rapprochée du pavillon de télé.
Sujet du vitrail : la céramique.
(M. Steinheil, peintre-verrier à Paris.)
Partie supérieure et partie centrale. — Cinq verrières.
Une fabrique do céramique.
Au centre : des ouvriers s’occupent à préparer les objets de faïence ; un artiste peint un vase.
A gauche : un céramiste montre les produits de sa fabrication à des riches amateurs.
A droite : des ouvriers surveillés par un peintre céramiste s’occupent do la cuisson des faïences.

Partie inférieure. — Trois verrières.
Au centre : la céramique en Grèce.
A gauche : la poterie des premiers âges.
A droite : la céramique au Japon.

Baie la plus rapprochée du centre.
Sujet du vitrail : l’histoire de l’armurerie.
(M. Lafaye, peintre-verrier à Paris.)

Partie supérieure. — Deux verrières.
Des trophées d’armes de toutes les époques.

Partie centrale. — Trois verrières.
Au centre : le siège d’une place forte au moyen âge. Les combattants se servent des armes des XIVe et XVe siècles.
A gauche : une mêlée à l’arme blanche dans un pays montagneux et sauvage.
A droite : un combat au xvic siècle. L’artillerie fait son apparition sur les champs de bataille.

Partie inférieure. — Trois verrières.
Trois panneaux en relief représentent des groupes d’armes à diverses époques.

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IX - LES PAVILLONS DE TÊTE.

Les pavillons de tête sont des bâtiments importants terminant l’extrémité de chacune des ailes du palais. Ils forment à l’extérieur, du côté du Champ de Mars, le premier plan de la composition ; ils accusent le commencement et la fin du musée que les galeries contiennent. Leur importance est considérable dans l’ensemble : ils doivent être assez massifs pour bien arrêter l’œil aux extrémités, et, cependant, ne pas lutter avec la masse centrale qui constitue la raison d’être de tout l’ensemble. Chacun de ces pavillons, si on le considère pour ainsi dire à vol d’oiseau, se compose de quatre points d’appuis solides de quatre mètres superficiels, disposés en carré, laissant entre eux 9 mètres d’intervalle. Ces quatre points d’appui sont reliés par des arcs plein-cintre, et la surface carrée intérieure est couverte par une voûte sphérique s’accusant à l’extérieur par un dôme carré enveloppant tout l’ensemble. A droite et à gauche et dans le plan de façade, sont ajoutées à la salle deux annexes latérales en terrasse, s’élevant un peu moins haut que le pavillon principal. C’est celte salle centrale et ses annexes qui constituent dans leur ensemble le Pavillon de tête.

Si l’on considère la situation topographique du, sol du Trocadéro, on verra que les projets, exécutés en partie en 1867, ont transformé la butte de Chaillot en un vaste plan incliné, parlant du sommet de Passy jusqu’au quai de la Seine. Les ailes du palais s’avançant du point le plus haut vers le fleuve, devaient avoir naturellement un soubassement augmentant de hauteur, au fur et à mesure que ces ailes s’éloignaient du point culminant ou s’approchaient de la Seine, étant donné que le sol des galeries contenues dans ces ailes était maintenu de niveau. C’est ce qui fait que le sol des salles voûtées des pavillons de tête est à 8m,50 au- dessus du sol du jardin qui les entoure, bien qu’elles soient de p la in-pied avec les vestibules des pavillons de conférences dont le sol n’est relevé que d’un mètre au-dessus de la place du Trocadéro. On a pensé qu’il convenait d’utiliser celle différence de niveau en créant, au-dessous des salles des pavillons de tête, un vestibule, dont le sol serait à peu de chose près de niveau avec le jardin. Bien que les galeries n’aient pas de soubassement ou fondation accessible au public, la partie des ailes, qu’on appelle les pavillons de tête, possède donc un rez-de-chaussée qui, non-seulement est ouvert à la foule, mais permet de communiquer à couvert du sol des jardins dans les galeries, à l’aide d’un grand escalier percé dans le centre de la travée voisine du pavillon de tête. Cet escalier est précédé d’un vestibule qui a les dimensions de ce pavillon.

Le vestibule du pavillon de tête sud-est est le même que celui du pavillon nord-ouest; il est éclairé à ses deux extrémités par une large fenêtre a balcon de pierre porté sur consoles. Il est ouvert du côté du jardin par trois baies en arc séparées entre elles par de légers piliers, le tout ne formant en quelque sorte qu’une seule baie ; des portes en chêne ci ré à poignée de bronze les ferment; la partie haute de ces portes est à jour avec vitraux à petits plombs; le plafond des vestibules est en fer apparent, de larges poutres correspondent horizontalement aux lignes verticales des contre-forts qui traversent celle pièce. Les poutres en tôle et cornières, et les fers à T dont se compose ce plancher, sont ajustés en caissons réguliers; des ornements en staff ou plâtre moulé sont scellés dans le fond de ces caissons, ce qui constitue une décoration aussi rationnelle qu’économique. L’escalier qui conduit au sol des galeries est disposé en face des portes des vestibules; il a 4 mètres de largeur, le nombre des marches est de 40. Ces marches et les paliers de repos qui les séparent sont exécutés en pierre de Ornas de 0m,065 d’épaisseur, posées sur des fers en U de 0m,15 de hauteur, scellés dans les murs d’échiffre : les angles de l’escalier, vers le vestibule, sont arrondis ; on sent que la préoccupation de satisfaire aux exigences de la foule a dominé la composition.

La décoration de ces vestibules est fort simple, les fers sont accentués vigoureusement, et les panneaux de staff qui les séparent sont de tons clairs. Les murs de la salle sont de tons solides, jaune et vert rompu, les contreforts sont accentués par des imitations d’assises ; ces murailles sont d’ailleurs très-convenablement ornées par les œuvres d’art qu’on y a placées.

L’architecte doit surtout se préoccuper de l’usage des salles qu’il crée et leur décoration doit être subordonnée à la nature et à l’aspect décoratif des objets qu’on y doit disposer.

Si, des vestibules, nous remontons aux salles voûtées du premier étage, qui leur sont directement superposées, nous observerons que, là encore, la préoccupation du meuble garnissant a dominé le parti décoratif : le | soubassement de la salle est d’un ton brun rouge, de façon à bien recevoir les armoires de bois noir, les faïences, les marbres ouïes bronzes qu’on y a adossés; la partie supérieure de la salle est claire; elle se compose . d’un ton jaune brillant, couvert d’un appareil d’assises à blets rouges-, celle harmonie tranquille n’est rompue que par les larges arcs doubleaux, dont nous avons parlé, et qui sont décorés de cartouches avec palmes, portant les noms des maîtres de l’école française; le dôme en pendentif porte au centre le millésime 1878.

L’ornementation des deux salles n’est pas identiquement la même; les artistes, qui en ont été chargés, ont été laissés libres d’interpréter la décoration qui leur a été tracée; le pavillon nord-est a été peint par M. Rey et le pavillon sud-ouest, par M. Fréchou.

Voici le nom des maîtres de l’École française inscrits dans les cartouches des arcs doubleaux de la voûte.

Coté nord-est:
Robert de Luzarches.
Pierre de Montreuil.
Jean Goujon.
Jean Cousin.
Ph. Delorme.
P. Lescot.
N. Poussin.
E. Lesueur.
Ch. Lebrun.
P. Mignard.
P. Puget.
J.-H. Mansart.


Cote sud-ouest :

L. David.
Delacroix.
David d’Angers.
Percier.
H. Vernet.
H. Flandrin.
Géricault.
Duban.
Rude.
Gros.
Ingres.
Labrouste.

L’extérieur des pavillons de tête accentue très-nettement les formes intérieures. Les quatre contreforts, dont nous avons parlé, sont vigoureusement accusés la coupole intérieure s’affirme au dehors, pour ainsi dire, par la forme d’un de ses grands arcs, qui constitue une large verrière divisée par des meneaux; la retombée de cet arc est portée par des colonnes monolithes de marbre, avec chapiteaux et bases de pierre. Les murailles des annexes latérales sont pleines sur la face principale, un simple médaillon de 1m,75 de diamètre en occupe le centre; ces médaillons sont exécutés en mosaïque de Venise, ils représentent un cartouche entouré de lauriers sur fond d’or, mentionnant les grandes époques de l'histoire de l’art :

Art antique.
Art moyen âge.

Art oriental.
Art renaissance.

Les frises de ce pavillon sont également décorées de mosaïques d’un dessin analogue à celui des pavillons de conférences; les corniches, bandeaux, archivoltes, impostes et balustrades sont en pierre, le surplus des murs est exécuté en moellons piqués ou en petits matériaux avec bandes de marbre de Sampans. Le dôme carré qui surmonte ce pavillon, est couvert en ardoises avec plombs repoussés, ornés et dorés; le sommet du dôme reçoit un ajustement ornemental servant d’assouchement au paratonnerre-hampe de drapeau, qui le surmonte. Les quatre piles ou contre-forts, qui contre-buttent la calotte intérieure, sont couronnés au dehors par un assouchement en pierre évidé portant des drapeaux : cet ajustement est le même que celui des angles des pavillons dits de conférences.
Voici les sujets des verrières de ces deux pavillons elles noms des artistes :

Pavillon de tête. — Côté de Paris.

Baie centrale, faisant face ay Champ de Mars.
Sujet du vitrail : l’architecture.
(M. Nicod, peintre-verrier à Paris.)
Partie supérieure. — Trois verrières.
Au centre : la Peinture et la Sculpture s’appuient sur l’Architecture.
A gauche : Robert de Luzarches et Pierre de Montreuil.
A droite : Androuet du Cerceau et Jean Bullant.
Partie inférieure. — Quatre verrières.
A gauche : les moines de Cluny bâtissent une église.
A gauche : Hugues Libergier trace une épure.
A droite : fouilles du forum romain au XVIe siècle. — Philibert De L’Orme dessine des fragments antiques.
A droite : Philibert De L’Orme montre à Henri II et à Diane de Poitiers le portail d’Anet. Jean Goujon assiste à l’entrevue.

Baie latérale, côté nord-est.
Sujet du vitrail : la sculpture.
(M. Queynoux, peintre-verrier à Paris.)
Partie supérieure. — Deux verrières.
Les deux verrières sont occupées par un sujet unique : la Gloire attend les grands artistes, les mains chargées de couronne.
Partie inférieure. — Trois verrières.
A gauche : la France. — Jean Goujon reçoit la visite de Henri II et de Diane de Poitiers.
Au centre : l’Italie. — Léon X visite Michel-Ange.
A droite : l’Espagne. — Alonzo Borgett montre au roi d’Espagne le bas-relief de l’Assomption de la Vierge.

Baie latérale, côté sud-ouest.
Sujet du vitrail : la peinture.
(M. Hirsch, peintre-verrier à Paris.)
Partie supérieure. — Doux verrières.
A gauche : la peinture de genre. — Claude Lorrain peint un paysage.
A droite : la peinture en miniature. — Un moine peint un manuscrit.
Partie inférieure. — Trois verrières.
A gauche : la peinture d’histoire. — Léonard de Vinci montre à François Ier le tableau du jugement dernier de son élève Jean Cousin.
Au centre : la peinture murale. — Lesueur peint à la Grande-Chartreuse la vie de saint Bruno.
A droite : la peinture sur verre. — Pinaigrier dans son atelier exécute un vitrail.

Pavillon de tète. — Côté de Passy.
Baie centrale, face au Champ de Mars.
Sujet du vitrail : l’histoire de l’imprimerie.
(M. Ch. Levèque, peintre-verrier à Beauvais.)
Partie supérieure. — Trois verrières.
Au centre : un atelier d’imprimerie en taille-douce.
A gauche : Laurent Coster et Thomas Pierre, son gendre.
A droite : Pierre Caron et Aide Manuce.
Partie centrale. — Quatre verrières.
A gauche et au centre : un atelier d’imprimeurs au xvc siècle.
Au centre et à droite : Louis XI visite le premier atelier d’imprimerie établi à Paris.
Partie inférieure. — Quatre verrières.
A gauche : Simon Vostre. A droite : Philippe le Noir.
— Galliot du Pré. — Robert Estienne.
Baie latérale, côté nord-est.
Sujet du vitrail : l’histoire de la gravure.
(M. Ch. Levèque, peintre-verrier à Beauvais.)
Partie supérieure. — Deux verrières.
A gauche : Bernard Milnet faisant de la gravure sur bois.
A droite : un second personnage prépare les bois pour la
confection des planches (1445).
Partie inférieure. — Trois verrières.
Au centre : un atelier de préparation des plaques à graver.
A droite : Maso-Finiguerra découvre l’application de la gravure à l’imprimerie.
A gauche : Wenceslas d’Olmütz applique le procédé de l’eau-forte pour la gravure des plaques de métal.
Baie latérale, côté sud-ouest.
Sujet du vitrail : la reliure.
(M. Ch. Levêque, peintre-verrier à Beauvais.)

Partie supérieure. — Deux verrières.
A gauche : un atelier d’orfèvres appliquant sur les missels et livres d’heures des pierres précieuses et des garnitures d’or.
A droite : Catherine de Médicis reçoit les premiers exemplaires des plus belles reliures.
Partie inférieure.— Trois verrières.
Au centre : Charlemagne offre un riche évangéliaire à l’abbaye de Saint-Riquier.
A gauche : Cicéron reçoit les esclaves, habiles relieurs, qui lui sont envoyés par Atticus.
A droite : un intérieur d’atelier de reliure au XVIe siècle.

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Re: Palais du Trocadéro

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X - LES PORTIQUES DES AILES ET LES PAVILLONS INTERMÉDIAIRES.

Fig. 27 - Vue de la salle des fêtes, prise d'un des portiques des ailes
Fig. 27 - Vue de la salle des fêtes, prise d'un des portiques des ailes

Dans la description d’ensemble du palais que nous avons faite, nous avons dit que la partie concave des galeries en aile, celle du côté du jardin, était garnie d'un portique à jour; on comprend en effet que les galeries-musées eussent été incomplètement desservies si, latéralement à leur longueur, on n’avait pu établir des sorties cl des moyens de circulation pour le public; d’autre part, il était intéressant de pouvoir créer au sommet du coteau de Passy une vaste promenade, permettant le spectacle de l'admirable panorama de Paris, dans le développement des 400 mètres dont se compose la largeur du Champ de Mars et du Trocadéro.

Avant les constructions exécutées, le promeneur qui gravissait l’avenue de l’Empereur pouvait jouir de ce panorama depuis la rue de Magdebourg jusqu’à l’angle delà rue Franklin avec l'établissement hydrothérapique ; il le peut encore maintenant, avec autant de sécurité et de charme, sous un portique couvert, à l’abri des intempéries de la saison. Ce portique (Fig. 27) s’étend d’une façon continue, mais sinueuse, comme une roule en corniche sur le flanc d’une montagne, depuis le pavillon de tête sud-ouest jusqu’au pavillon de tête nord-est, en pourtournant la salle sous la galerie du rez-de-chaussée ; la promenade que l'on peut faire ainsi de plain-pied, à couvert et toujours abrité d’un côté, est de plus d’un demi-kilomètre (540 mètres). C’est là, croyons-nous, un des côtés exceptionnels de la composition du palais du Trocadéro, et nous estimons que, si, dans la pratique des lieux, au lieu d’enfermer les galeries de l’histoire de l’art (sous prétexte de sécurité pour les richesses qu’elles contiennent), on eût ouvert les portes qui donnent sous les portiques, la circulation y eût été active, animée; l'Exposition eût pris, du haut de ce point culminant, un aspect vivant et gai que ne sauraient lui donner des portiques transformés en impasses.

Fig. 28 - Chapiteau du portique des ailes.
Fig. 28 - Chapiteau du portique des ailes.
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Fig. 28 - Chapiteau du portique des ailes.

Les portiques dont nous entretenons le lecteur ont 5 mètres de largeur. Ils ne s’étendent pas uniformément des pavillons de conférences aux pavillons de tête, ils sont coupés, nous l’avons dit, en six parties par quatre pavillons dits intermédiaires ; la longueur de chaque partie est de 53 mètres; elle se compose de dix-neuf entre-colonnements et de dix-huit colonnes, plus deux pilastres d’extrémité; ces colonnes sont monolithes, d’ordre dorique composite, portées sur piédestaux en pierre avec balustrades également en pierre, mais avec balustres en grès cérame.

La corniche qui surmonte cet ordre est portée par une architrave empierre d'un seul morceau, reliant de larges sommiers doubles faisant saillie de chaque côté des chapiteaux (fig. 28). La corniche reçoit un chêneau en terre cuite, dans lequel viennent se déverser les eaux du comble du portique; ce comble est en fer à un seul versant; il s’appuie sur le mur de face des galeries et porte sur l’entablement de la colonnade; il est couvert de tuiles de couvre-joints, à grandes dimensions, faites spécialement sur modèles ; ces tuiles devaient être émaillées, mais la rapidité de l’exécution n’a pas permis de leur faire subir celte opération; on a dû les poser à
l’état de terre cuite passée au silexore. Le plafond des portiques a été exécuté en enduits sur ossature de fer, formant caissons moulurés.

Les divers essais qui ont été tentés ont démontré que le ton rouge, composé de vermillon et de laque, était le fond qui convenait le mieux à la décoration des murs du portique du Trocadéro. Cette couleur, en effet, est riche et brillante, elle fait ressortir vigoureusement les colonnes et points d’appui des premiers plans; de plus, elle ne perce pas les murs: c’est avec raison que les anciens, les Grecs et après eux les Romains et les Pompéiens, ont si souvent employé celte coloration rouge pour les surfaces de second plan, à Trocadéro, on l’a mise à contribution non-seulement sous les portiques des ailes, mais encore sous les galeries de la grande salle, unifiant ainsi dans une même tonalité décorative celte vaste promenade à couvert. Le plafond des portiques reçoit à son tour quelques tons clairs, mais colorés, et le ton rouge des murailles se termine sous le plafond par une frise ornée de cartouches et de grecques.

Les cartouches en nombre égal à celui des entre-colonnements sont de 114; on a pensé qu’il convenait d’y insérer les noms des artistes de premier ordre de l’école française du xixc siècle, morts depuis 1800 jusqu’à nos jours, comme un hommage légitime à leurs talents ou à leur génie, en reconnaissance des services qu’ils ont rendus à l’art ou à l'industrie d’art moderne.
Voici la liste de ces noms rangés par date de décès, et dont l’inscription commence près du pavillon de tête nord-est, pour finir près du pavillon sud-ouest :

Chaudet.
Chinant Roland. Duvivier. Michalon.
Prudlion.
Girodet.
Géricault.
David.
Lemot.
Rondelet.
J.-B. Régnault.
Guérin.
Gros.
Ld Robert.
C. Vernet.
Sigalon.
Gérard.
Percier
Huyot.
Cortot.
Thomire.
Peyre.
J.-E. Dumont.
F.-J. Bosio.
Chariot.
Marilhat.
Richomme.
Granet.
Massard.
Mme de Mirbel.
Gérente.
Les Johannot.

Couder.
Papety.
Debret.
Odiot.
Drolling.
Huvé.
Pradier.
Fontaine.
Blouet.
Visconti.
Guérin.
Vinchon.
Rude.
C. Roqueplan.
Froment Meurice.
J.-J. Barre.
P. Delarode.
David d’Angers.
Ziégler.
Simart.
Lassus.
Desnoyers.
A. Scheffer.
Hersent.
Saint-Jean.
Raffet
Decamps.
J. Coignet.
A. do Pujol.
Caristie.
Garnaud.
Petitot.
Foyatier.

H. Vernet.
Toussaint-
E. Delacroix.
J. Debay.
Alaux.
Rémond.
H. Flandrin.
Nanteuil.
Heim.
Court.
Diaz.
Duret.
Les Deveria.
Gudin.
Troyon.
Gisors.
Belloc.
Thierry.
De Luynes.
L. Boulanger.
Les Seurre.
Ingres.
Hittorff.
Brascassat.
Paccard.
H. Lebas.
T. Rousseau.
Marochetti.
Picot.
Ciceri.
Dauzats.
Fiers.
N. A. Hesse.

J.-P. Dantan.
Schnetz.
Duban.
Monvoisin.
H. Régnault.
E. F. Bertin.

C. Du feu.
L. Vaudoyer.
E. Beulé.
H. Labrouste.
Barye.
V. Baltard.

Corot.
Perraud.
Martinet.
Pils.
Daubigny.

Le sol de ces galeries est exécuté en mosaïque de marbre fait dans les ateliers de M. Facchina.

Les pavillons intermédiaires, faisant en quelque sorte partie des portiques que nous décrivons, sont des porches coupant en trois parties l’aile droite et l’aile gauche du palais. Leur corniche est à la hauteur de la corniche des galeries, formant second plan. Leur présence est justifiée par la nécessité de rompre la monotonie d’une colonnade qui, sans eux, eût eu deux cents mètres de longueur, et par la nécessité d’accuser nettement les quatre perrons ou montées qui mettent le jardin en communication avec les galeries des ailes. La façade principale de ces pavillons se compose d’un grand arc plein-cintre, porté sur des pilastres se raccordant de forme et de hauteur avec l’ordonnance du portique. En plan, ces pavillons sont carrés ; ils possèdent à l’intérieur un arc plein-cintre sur chaque face, lequel est relié par une coupole sphérique à pendentifs raccordés dans des pans coupés. Une riche corniche à l’extérieur, décorée de modifions et surmontée d’acrotères, silhouette les trois faces visibles de ces annexes; la quatrième face est adossée aux galeries et conséquemment n’existe pas au point de vue décoratif. Le pavillon tout entier est couvert par un dôme carré, construit en briques et couvert en ardoises et plomb ornementé et doré. Un paratonnerre porte-drapeau est ajusté au centre sur un assouchement également en plomb. Les portiques, que nous avons décrits précédemment, viennent butter sur les façades latérales des pavillons intermédiaires.

En avant de leur alignement et en saillie sur le mur de soutènement des ailes, du côté d.u jardin, on a établi, en face de chaque pavillon, un perron qui permet de monter du sol du jardin au sol du portique. Gomme le mur de soutènement, augmente de hauteur à mesure qu’on se rapproche des pavillons de tête, les perrons dont nous parlons sont d’inégale hauteur deux à deux, c’est-à-dire que les perrons des deux pavillons intermédiaires les plus éloignés de la salle centrale ont plus de marches que les perrons des deux pavillons qui s’en rapprochent le plus. Ces escaliers extérieurs sont en pierre dure pour la plus grande masse de leur construction et en moellons piqués de roche pour le surplus; ils sont à deux révolutions symétriques par rapport à l’axe : un palier de repos central, dont le sol est de 0m,75 en contre-bas du sol des portiques, les réunit. Cette différence est rachetée par cinq marches placées dans la largeur du grand arc du pavillon. Ce palier de repos offre une particularité : la balustrade y est en encorbellement et forme balcon ; c’est là un motif original et d’un bon effet.

La décoration extérieure des pavillons intermédiaires participe de celle de toutes les autres parties du palais : acrotères, corniches, chapiteaux et soubassements en pierre sculptée et, ornée, murs en petit appareil avec bandes de marbre de Sampans, tympans et frises ornés de mosaïques vénitiennes.

L’intérieur est également construit en pierre ; la voûte en coupole est en briques de Bourgogne apparentes de 0m,11 d’épaisseur, jointoyées à l’anglaise. Des bandes horizontales de mosaïque de V"',20 de largeur ont été introduites sur la surface visible de celle coupole ; ces bandes représentent une grecque bleue ou verte sur fond d’or ; cette alliance de briques et de mosaïque habilement associées est très-appréciée.

Le sol du pavillon, qui n’est autre que la continuation du sol des portiques, est également en mosaïque de marbre. La composition de cet intérieur de porche laisse apparaître trois tympans de forme demi-circulaire, sur les faces entourant la face principale: ces tympans sont actuellement sans décoration. Il entrait dans le projet d’occuper ces surfaces par des mosaïques ornementales; malheureusement, le temps et l’argent ont manqué.

Le mur opposé à l’arc de face est percé d’une porte de 2 mètres sur 4 mètres donnant accès aux galeries fermées; celte porte est en chêne apparent et ciré, garnie de vitraux à petits plombs dans sa partie supérieure et munie de ferrures et de poignées de bronze
nickelé, exécutées sur modèle. Ces portes, comme toute la menuiserie des ailes, sortent des ateliers de M. Moisy; les ferrures et objets de quincaillerie ont été exécutés, ainsi que dans tout le palais, par MM. Bricard frères, les vitreries à petits plombs par M. Denis.

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