Catalogue des objets exposés - Section française

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worldfairs
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Catalogue des objets exposés - Section française

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Catalogue des objets exposés - Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1935 - Section française
Editeur : Ministère de l'Education Nationale - Direction Générale de l'Enseignement Technique - Conservation National des Arts et Métiers.
Imprimeur : Imprimerie Nationale
Pages : 100
Année de sortie : 1935
Langue : Français

Catalogue des objets exposés - Section française
Catalogue des objets exposés - Section française

Préface de Louis NICOLLE - Directeur du Conservatoire national des Arts & Métiers

LE CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS À L’EXPOSITION DE BRUXELLES.

Fidèle à sa mission qui est d'unir étroitement la Science â l’industrie, le Conservatoire National des Arts et Métiers tient dans l’activité scientifique et industrielle de la France un rôle qui ne peut être passé sous silence quand il s'agit d'une manifestation internationale aussi importante que l'Exposition de Bruxelles.

Avant de définir dans quelles conditions a été prévue la participation du Conservatoire à cette Exposition, peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que ce grand établissement scientifique, créé en 1794 par la Convention nationale sur le rapport de l’abbé Grégoire, comprend essentiellement aujourd’hui :
1° Un musée industriel;
2° Un établissement de haut enseignement scientifique & technique;
3° Un laboratoire d’essais physiques, chimiques, mécaniques et de machines, créé en 1901, véritable usine où sont effectués officiellement les essais et les analyses demandés par les industriels.

I — LE MUSÉE.

Le Musée du Conservatoire, installé en 1799 dans les bâtiments de l’ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, n’était alors qu’une modeste collection de 495 objets provenant pour la plupart du grand mécanicien Vaucanson qui les avait légués à Louis XVI Aujourd’hui le Musée contient plus de 16.000 pièces et, malgré ses 50 salles, est trop à l’étroit pour contenir toutes ces richesses — reliques émouvantes de la science et de la technique depuis trois cents ans. Le Musée du Conservatoire est, en effet, d’une surprenante abondance. On s’étonne même que les vicissitudes des siècles, les bouleversements sociaux aient permis une telle concentration. Dans ce "dépôt de machines, modèles, outils", selon l’humble formule de l’abbé Grégoire, sont rassemblés tous les ancêtres des puissants outillages actuels, tous les prototypes d'une technique encore balbutiante, tous les modèles modestes, maladroitement façonnés, «dont la gloire est précisément «d’être ceux avant quoi il n’y avait rien».




II. — L’ENSEIGNEMENT.




La mission d’enseignement du Conservatoire était nettement définie par l’article 2 du décret du 19 vendémiaire an III qui en précise l’esprit : « On y expliquera la construction & l’emploi des « outils & des machines utiles aux Arts & Métiers».
C’est le principe même de l’enseignement professionnel : il a été pratiquement réalisé par l’ordonnance royale du 25 novembre 1819 qui a institué au Conservatoire, conformément aux propositions du duc de la Rochefoucauld-Liancourt, l’enseignement public et gratuit des sciences appliquées aux arts et à l’industrie.
Constitué avec toutes les ressources de la science, initié à tous les développements de l’industrie, cet enseignement contribue aux progrès de l’avenir en familiarisant les esprits les moins exercés avec les notions scientifiques les plus délicates.
« Et les plus fécondes, peut-on dire avec Paul Valéry. C’est qu’en effet aujourd’hui presque tous les songes qu’avait faits l’humanité et qui figurent dans nos fables de divers ordres : le vol, la plongée, l’apparition des choses absentes, la parole fixée, transportée, détachée de son époque dx de sa source—et maintes étrangetés qui n’avaient même pas été rêvées— sont à présent sortis de l’impossible et de l’esprit. »

L'enseignement du Conservatoire a souvent évolué par le fait même des progrès de la science et de ses applications,- mais il n’a jamais cessé de rester fidèle à son but qui est d’unir étroitement la science l’industrie, de s’adapter aux besoins nouveaux de la vie nationale d'être accessible à tous sans distinction d’âge, de diplômes, ni même de nationalité.
Ce nombre sans cesse croissant des auditeurs qui suivent assidûment les cours du soir (plus de 6.000) a rendu indispensable la construction de nouveaux amphithéâtres réclamés depuis de longues années et qui n’ont pu être réalisés que tout récemment.


III. — LA RÉORGANISATION DU CONSERVATOIRE.


C’est depuis 1932 seulement qu’un effort efficace a pu être entrepris réalisé. Grâce a l’intervention de M. le Président Painlevé, appuyé tant a la Chambre qu’au Sénat par M. Mario Roustan, alors Minière de l’Instruction publique, non seulement des améliorations réclamées depuis trente ans ont été effectuées (notamment en ce qui concerne les amphithéâtres, le musée, les laboratoires des professeurs, etc...), mais des créations nouvelles ont pu être réalisées, comme le Dépôt des Étalons nationaux prescrit au Conservatoire par la loi du 2 avril 1919 & qui, depuis quatorze ans, n'avait pu être installé faute de crédits.
Une œuvre considérable, commencée dans les premiers mois de 1932, constamment suivie par la bienveillante sollicitude du Président Painlevé, de M. Cuminal, vice-président du Sénat, rapporteur du Budget de l’Enseignement technique, Président du Conseil de Perfectionnement, a pu être menée à bien. C’est ainsi qu’en moins de dix-huit mois a pu définitivement aboutir la construction de trois nouveaux amphithéâtres, devenus indispensables devant l’afflux crossant des auditeurs, amphithéâtres qu’il a fallu creuser dans le sous-sol de la cour d’honneur à qui sont l’une des réalisations les plus heureuses de la technique moderne du bâtiment.
Sans entrer dans le détail de tous les travaux qui, depuis trois ans, ont pour ainsi dire transformé le Conservatoire, nous nous bornerons à signaler rapidement ici ce qui intéresse plus particulièrement notre participation, forcément très limitée, à l’Exposition de Bruxelles.


IV. — LA PARTICIPATION DU CONSERVATOIRE À L’EXPOSITION DE BRUXELLES.


Et d’abord le MUSÉE qui est à l’origine même du Conservatoire.
L’évolution si considérable de la science et de la technique, dans ces cinquante dernières années, avait rendu indispensable une présentation nouvelle par suite le reclassement des collections du Musée.

On a ainsi du procéder à un travail de révision, délicat et méthodique qui s’imposait impérieusement et exigeait essentiellement :
1° La discrimination des appareils les moins intéressants Cx qu’il y avait lieu de mettre dans les réserves;
2° La rédaction et l’impression de nouvelles étiquettes, parfaitement lisibles et défini fiant, d’une manière succinCte Cx suffisamment descriptive, chacun des appareils représentés <£x son importance dans l’histoire des inventions,-
3° La rédaction d’un catalogue établi selon des principes scientifiques pouvant servir d’introduction à l’histoire des progrès de la science Cx de la technique, des découvertes et des inventions dont le Conservatoire possède tant de monuments remarquables.
Le CINÉMA, d'autre part, n'offre-t-il pas de nos jours un merveilleux exemple d'enseignement par les yeux que n'auraient pas manqué d’approuver les fondateurs du Conservatoire dont la pensée maitresse était de « faire voir plutôt que de parler».
C’est pour cette raison qu’il a paru nécessaire de constituer une sorte de «Musée de machines en mouvement» dans un établissement scientifique dont le principal rôle est l'étude des mouvements.
A la suite des travaux d’une Commission technique, présidée par le savant inventeur du cinématographe, M. Louis Lumière, membre de l’institut, un Centre de production de films scientifiques a été institué en 1934 au Conservatoire.
Notre participation à l’Exposition de Bruxelles, étudiée par le Conseil d’administration des 1934 a été réglée définitivement sur l’intervention personnelle de M. A. de Monzie qui en a défini le programme, et l'a fait adopter, d’accord avec M. le Directeur général de l’Enseignement technique, dans la séance du 31 janvier 1935.
C’est ainsi qu’a été décidée une double présentation, savoir :
1° Un certain nombre d'objets historiques empruntés au Musée et choisis en raison de leur valeur scientifique et artistique parmi lesquels nous citerons : quelques chefs-d’œuvre de l’horlogerie française au XVIIIe siècle, la machine arithmétique de Pascal, la marmite de Papin, la joueuse de Tympanon, automate ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette, etc....
2° Trois films scientifiques réalisés par le Centre de production de films :
Le Conservatoire des Arts & Métiers qui retrace en un saisi faut raccourci l’historique du Conservatoire, son enseignement, son activité afin elle,-
Le Gyroscope qui montre les propriétés de cet appareil en le disséquant en de curieux dessins animés;
La Force centrifuge qui étudie, au moyen de quelques exemples tirés de la vie moderne, les effets de la mécanique des corps en rotation.

La participation du Conservatoire, malheureusement trop limitée dans son cadre dans ses moyens, ne peut donner qu'une faible idée de l'activité de notre vieille Maison : puisse-t-elle, néanmoins, témoigner de la continuité de son effort scientifique tant par les souvenirs du passé que par la diffusion des méthodes des techniques modernes, qu'elle s’est attachée à présenter à Bruxelles.

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