Le Palais Espagnol
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Le Palais Espagnol
Le Patio du Palais Espagnol
A l'intérieur du majestueux Palais de l'Espagne, deux étages de galeries développent au-dessus du patio central l'élégance de leurs frises Renaissance, abritant, comme en un temple, le statue du divin Velasquez.
A l'intérieur du majestueux Palais de l'Espagne, deux étages de galeries développent au-dessus du patio central l'élégance de leurs frises Renaissance, abritant, comme en un temple, le statue du divin Velasquez.
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Re: Le Palais Espagnol
Le Palais de l'Espagne (Premier Etage)
Le majestueux Palais de l'Espagne ne contient que des tapisseries et quelques armures.
Mais quelles armures et quelles tapisseries!
Les plus belles pièces des Flandres, tissées d'or, prêtées par la Régente d'Espagne, et les armes de Charles Quint et du dernier roi Maure de Grenade, Boabdil.
Le majestueux Palais de l'Espagne ne contient que des tapisseries et quelques armures.
Mais quelles armures et quelles tapisseries!
Les plus belles pièces des Flandres, tissées d'or, prêtées par la Régente d'Espagne, et les armes de Charles Quint et du dernier roi Maure de Grenade, Boabdil.
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Re: Le Palais Espagnol
Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 juin 1900"
Le pavillon de l’Espagne, rue des Nations, que nous publions aujourd’hui pour continuer la série des Palais
étrangers, est dû à la collaboration de M. Urioste y Velada et de M. Marcel.
Son architecture, dans le style de la Renaissance espagnole, caractérise bien l’art de ce pays, encore trop peu connu au point de vue des monuments et de la statuaire.
Le pavillon de l’Espagne, rue des Nations, que nous publions aujourd’hui pour continuer la série des Palais
étrangers, est dû à la collaboration de M. Urioste y Velada et de M. Marcel.
Son architecture, dans le style de la Renaissance espagnole, caractérise bien l’art de ce pays, encore trop peu connu au point de vue des monuments et de la statuaire.
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Re: Le Palais Espagnol
Illustrations de "A travers l'Exposition de 1900"
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Re: Le Palais Espagnol
Texte et illustration de la revue "L'Exposition Illustrée" de 1900
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Re: Le Palais Espagnol
Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900
Le Pavillon de l’Espagne est situé rue des Nations, au bord du fleuve. Il est d’un extérieur élégant et fastueux, avec on ne sait quoi de fier, voire d’héroïque. Il rappelle, dans les détails comme dans l’ensemble, les constructions de la plus pure Renaissance espagnole.
A l’intérieur, de hautes et profondes salles continuent de donner une impression de grandeur. Le rez-de-chaussée est divisé en deux parties, dont l’une donne sur la Seine, et l’autre sur la rue des Nations. Entre les deux, au milieu d’un patio vaste, se dresse la statue de Velasquez. Un monumental escalier conduit au premier étage qui a la même disposition que le rez-de-chaussée. Et dans ce logis de grande allure, la foule circule à l’aise. A peine quelques vitrines étroites au milieu de chaque salon. Les richesses que l’Espagne a offertes à notre admiration ne sont guère encombrantes. Appliquées le long des murs, elles en forment la décoration. Ce sont des tapisseries d'une incomparable beauté. Au nombre de trente-sept, elles font partie de nombreuses suites que possède la Couronne, et c’est par la Reine régente qu’elles ont été prêtées.
Donc, à part de rares objets d’art sous vitrines, rien dans ce grandiose Pavillon espagnol, rien, que des tapisseries. Mais qu’elles sont belles, d’une beauté hautaine et presque farouche, et comme elles suffisent à peupler la solitude de ces pièces où tout est orgueil et majesté!
Examinons-les de près. Voici, au rez-de-chaussée, côté de la Seine, l'Histoire de Rome en deux tapisseries tissées d'or, de soie et de laine, acquises par Philippe II, à Anvers, en 1550. Voici, spécimens de l’art flamand, à la fin du XVe siècle, deux autres tapisseries représentant différents mystères de la vie de Notre-Dame, tels qu’ils sont décrits dans les Saintes Ecritures. L’Empereur Charles-Quint, qui les tenait de sa mère, Jeanne la Folle, ne consentit pas à s’en séparer, lors de son abdication, en 1 556, et s’en fit accompagner au célèbre monastère de Saint-Just, en Estramadure.
Plus loin, nous voyons le même Charles-Quint passer en revue son armée devant Barcelone, en 1 535, avant l’embarquement pour Tunis. Cette tapisserie fut exécutée sur l’ordre de l’empereur, par Guillaume de Pannemaker, d’après les cartons du peintre Jean Vermayen, qui avait suivi l’expédition.
Du côté de la rue des Nations, nous trouvons trois autres pièces de la série intitulée Histoire de Rome, puis la Naissance de saint Jean-Baptiste et la Messe de saint Grégoire le Grand. Cette dernière tapisserie, qui représente l’apparition de Notre-Seigneur au Pontife, au moment où celui-ci célèbre la messe, fut envoyée par la princesse Jeanne la Folle à sa mère Isabelle la Catholique.
Au premier étage, dans le salon donnant sur la Seine, sont exposés divers sujets tirés des Ecritures et se rapportant à la vie de la Vierge ; un épisode de l’histoire de David et de Bethsabée, acquis par les rois catholiques probablement à la foire de Médina dcl Campo, où affluaient les tapissiers flamands ; une Descente de la Croix, inspirée d’une toile de Roger Van der Weyden; un Saint Jérôme faisant pénitence et une suite de huit pièces relatives à la Passion de Jésus-Christ. Ces huit magnifiques tapisseries, les plus richement tissées d'or de toute la Couronne, sont l'œuvre du fameux tisseur flamand, Pierre de Pannemaker. Elles furent achetées, en i5ao, par Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, qui les légua à son neveu Charles-Quint. On croit que les cartons en sont dus à Quentin Metsys. Enfin, dans la même salle, voici le Dais de l'Empereur Charles-Quint. Il se compose de deux tapisseries dont l’une nous fait voir Dieu le Père et le Saint-Esprit parmi les Séraphins, tandis que l’autre représente la Rédemption du péché originel. Au. premier plan de celle-ci, le Christ en Croix est adoré par deux anges; à droite la sainte Vierge et saint Jean ; à gauche deux femmes, symbolisant, l’une la Justice Divine, et l’autre la Miséricorde; dans les lointains, on aperçoit Adam et Eve au milieu du Paradis terrestre.
Sous ce dais, en un bas-relief de marbre blanc, encadré de bronze à cire perdue, sont exposés les portraits du roi Alphonse XIII, de sa mère la reine régente et des princesses Mercédès et Marie-Thérèse.
Dans le salon donnant sur la rue des Nations, nous admirons deux pièces d'une série provenant de Charles-Quint. C’est l'Histoire des Vices et des Vertus. Puis s’offrent à nous l'Adoration des Rois Mages, le Couronnement de la Vierge, et enfin une tapisserie de soie et laine, tissée à Arras au début du XVe siècle, qui représente, se donnant la main et adossés à un dais dont les tentures sont relevées par des anges, la fille de Galéas Visconti, Valentine de Milan, et son mari le duc d’Orléans, frère du roi Charles VI de France.
Un charme délicieux émane des teintes fanées et comme assourdies de ces tapisseries sans pareilles. Pales et anémiées, elles vérifient merveilleusement le mot exquis des Concourt: « La. tapisserie est le rêve de la peinture. »
Ça et là, dans le Pavillon espagnol, le visiteur peut contempler des objets d’art et des armures. La plupart d’entre eux ont été prêtés par l’Armeria Reale de Madrid. C’est pour₍ l’empereur Charles-Quint qu’ont été exécutées , par les frères Negroli, célèbres armuriers de Milan, presque toutes ces rondaches, enfer, repoussé et damasquiné d’or. Voici des bourguignotes et lin casque ayant également appartenu à Charles-Quint. Cette salade protégea le roi Philippe-le-Beau, et voici enfin une collection d’armes et d’escarcelles ayant appartenu à Boabdil el Chico. Admirez ces épées hispano-mauresques, à la garde filigranée d’or, où le 1er plaqué d’ivoire s’agrémente de riches arabesques. Et considérez avec respect cette précieuse relique : la tunique de Boabdil. Peut-être était-il revêtu de ce velours cramoisi, le dernier roi maure de Grenade, le jour où s’exilant vers l'Afrique, il entendit sur le mont Padul, en face de la capitale perdue, sa mère Aïxa lui faire ce reproche : « Pleure maintenant comme une femme le royaume que tu n’as su défendre comme un homme! »
Le Pavillon de l’Espagne est situé rue des Nations, au bord du fleuve. Il est d’un extérieur élégant et fastueux, avec on ne sait quoi de fier, voire d’héroïque. Il rappelle, dans les détails comme dans l’ensemble, les constructions de la plus pure Renaissance espagnole.
A l’intérieur, de hautes et profondes salles continuent de donner une impression de grandeur. Le rez-de-chaussée est divisé en deux parties, dont l’une donne sur la Seine, et l’autre sur la rue des Nations. Entre les deux, au milieu d’un patio vaste, se dresse la statue de Velasquez. Un monumental escalier conduit au premier étage qui a la même disposition que le rez-de-chaussée. Et dans ce logis de grande allure, la foule circule à l’aise. A peine quelques vitrines étroites au milieu de chaque salon. Les richesses que l’Espagne a offertes à notre admiration ne sont guère encombrantes. Appliquées le long des murs, elles en forment la décoration. Ce sont des tapisseries d'une incomparable beauté. Au nombre de trente-sept, elles font partie de nombreuses suites que possède la Couronne, et c’est par la Reine régente qu’elles ont été prêtées.
Donc, à part de rares objets d’art sous vitrines, rien dans ce grandiose Pavillon espagnol, rien, que des tapisseries. Mais qu’elles sont belles, d’une beauté hautaine et presque farouche, et comme elles suffisent à peupler la solitude de ces pièces où tout est orgueil et majesté!
Examinons-les de près. Voici, au rez-de-chaussée, côté de la Seine, l'Histoire de Rome en deux tapisseries tissées d'or, de soie et de laine, acquises par Philippe II, à Anvers, en 1550. Voici, spécimens de l’art flamand, à la fin du XVe siècle, deux autres tapisseries représentant différents mystères de la vie de Notre-Dame, tels qu’ils sont décrits dans les Saintes Ecritures. L’Empereur Charles-Quint, qui les tenait de sa mère, Jeanne la Folle, ne consentit pas à s’en séparer, lors de son abdication, en 1 556, et s’en fit accompagner au célèbre monastère de Saint-Just, en Estramadure.
Plus loin, nous voyons le même Charles-Quint passer en revue son armée devant Barcelone, en 1 535, avant l’embarquement pour Tunis. Cette tapisserie fut exécutée sur l’ordre de l’empereur, par Guillaume de Pannemaker, d’après les cartons du peintre Jean Vermayen, qui avait suivi l’expédition.
Du côté de la rue des Nations, nous trouvons trois autres pièces de la série intitulée Histoire de Rome, puis la Naissance de saint Jean-Baptiste et la Messe de saint Grégoire le Grand. Cette dernière tapisserie, qui représente l’apparition de Notre-Seigneur au Pontife, au moment où celui-ci célèbre la messe, fut envoyée par la princesse Jeanne la Folle à sa mère Isabelle la Catholique.
Au premier étage, dans le salon donnant sur la Seine, sont exposés divers sujets tirés des Ecritures et se rapportant à la vie de la Vierge ; un épisode de l’histoire de David et de Bethsabée, acquis par les rois catholiques probablement à la foire de Médina dcl Campo, où affluaient les tapissiers flamands ; une Descente de la Croix, inspirée d’une toile de Roger Van der Weyden; un Saint Jérôme faisant pénitence et une suite de huit pièces relatives à la Passion de Jésus-Christ. Ces huit magnifiques tapisseries, les plus richement tissées d'or de toute la Couronne, sont l'œuvre du fameux tisseur flamand, Pierre de Pannemaker. Elles furent achetées, en i5ao, par Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, qui les légua à son neveu Charles-Quint. On croit que les cartons en sont dus à Quentin Metsys. Enfin, dans la même salle, voici le Dais de l'Empereur Charles-Quint. Il se compose de deux tapisseries dont l’une nous fait voir Dieu le Père et le Saint-Esprit parmi les Séraphins, tandis que l’autre représente la Rédemption du péché originel. Au. premier plan de celle-ci, le Christ en Croix est adoré par deux anges; à droite la sainte Vierge et saint Jean ; à gauche deux femmes, symbolisant, l’une la Justice Divine, et l’autre la Miséricorde; dans les lointains, on aperçoit Adam et Eve au milieu du Paradis terrestre.
Sous ce dais, en un bas-relief de marbre blanc, encadré de bronze à cire perdue, sont exposés les portraits du roi Alphonse XIII, de sa mère la reine régente et des princesses Mercédès et Marie-Thérèse.
Dans le salon donnant sur la rue des Nations, nous admirons deux pièces d'une série provenant de Charles-Quint. C’est l'Histoire des Vices et des Vertus. Puis s’offrent à nous l'Adoration des Rois Mages, le Couronnement de la Vierge, et enfin une tapisserie de soie et laine, tissée à Arras au début du XVe siècle, qui représente, se donnant la main et adossés à un dais dont les tentures sont relevées par des anges, la fille de Galéas Visconti, Valentine de Milan, et son mari le duc d’Orléans, frère du roi Charles VI de France.
Un charme délicieux émane des teintes fanées et comme assourdies de ces tapisseries sans pareilles. Pales et anémiées, elles vérifient merveilleusement le mot exquis des Concourt: « La. tapisserie est le rêve de la peinture. »
Ça et là, dans le Pavillon espagnol, le visiteur peut contempler des objets d’art et des armures. La plupart d’entre eux ont été prêtés par l’Armeria Reale de Madrid. C’est pour₍ l’empereur Charles-Quint qu’ont été exécutées , par les frères Negroli, célèbres armuriers de Milan, presque toutes ces rondaches, enfer, repoussé et damasquiné d’or. Voici des bourguignotes et lin casque ayant également appartenu à Charles-Quint. Cette salade protégea le roi Philippe-le-Beau, et voici enfin une collection d’armes et d’escarcelles ayant appartenu à Boabdil el Chico. Admirez ces épées hispano-mauresques, à la garde filigranée d’or, où le 1er plaqué d’ivoire s’agrémente de riches arabesques. Et considérez avec respect cette précieuse relique : la tunique de Boabdil. Peut-être était-il revêtu de ce velours cramoisi, le dernier roi maure de Grenade, le jour où s’exilant vers l'Afrique, il entendit sur le mont Padul, en face de la capitale perdue, sa mère Aïxa lui faire ce reproche : « Pleure maintenant comme une femme le royaume que tu n’as su défendre comme un homme! »

