L’Exposition de l’instruction Publique

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worldfairs
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L’Exposition de l’instruction Publique

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Article extrait du magazine "A l'Exposition" de 1900

Depuis François de Neufchâteau qui en fut l’inventeur sous le Directoire, les Expositions ont été progressivement en perdant de leur caractère spécial. Si elles restent toujours, en principe, des exhibitions commerciales et industrielles où la France, suivant la formule, convie les autres nations à se mesurer avec elle, d’autres idées se sont groupées à côté de l’idée primordiale. L’art' et la curiosité s’y sont fait une large place, et l’Etat profite de ces olympiades économiques pour organiser, lui aussi, des expositions, où il trouve, tout comme les étrangers, des enseignements; telle est notamment l’exposition de l’instruction publique, qui en 1889 était un peu chaotique et qui, cette année, a été organisée avec une remarquable méthode. L’enseignement primaire particulièrement est présenté avec une clarté qui rend aisée l’intéressante étude de son fonctionnement dans notre pays.

Voici d’abord l’école maternelle, l’école des tout petits qu’il faut instruire en amusant, avec ses ingénieux pliages, ses découpages, .ses tressages, ses cahiers de dessins où l’enfant, livré à lui-même, par la seule force de son imagination s’efforce de reproduire, de mémoire, les objets usuels et les scènes familières, cahiers intéressants au premier chef, pleins de trouvailles et de révélations qui font sourire les distraits, mais qui font rêver les mères et les maîtres.

Puis les écoles élémentaires, dont les résultats et le labeur quotidien — cahiers de devoirs mensuels ou de compositions, cahiers de roulement, cahiers de devoirs, dessins et cartes — parlent moins aux yeux, mais dénotent l’effort considérable et unanime; envois d’apparence un peu rébarbative, mais qui accompagnent, pour les écoles primaires supérieures, les fins travaux d’aiguille, les dentelles, les broderies, jusqu’aux types de raccommodage des jeunes filles et les travaux de bois et de fer des garçons.

Les écoles professionnelles, pépinières de maîtres ouvriers, complètent ce que ces premiers essais peuvent avoir d’imparfait par des envois d’une maîtrise souvent extraordinaire.

Enfin, les écoles normales d’instituteurs et d’institutrices nous montrent, par l’exposition des meilleurs devoirs, des meilleurs cours, comment se forment les membres de l’enseignement primaire.

Au point de vue purement pédagogique, une telle exposition serait suffisante. Ce n’est pas tout encore. A côté du travail des élèves et de celui des élèves-maîtres, il faut faire place au travail personnel des maîtres et des maîtresses.

On leur a demandé les plans de leurs écoles, des photographies — beaucoup de photographies— les règlements intérieurs de leurs classes, le recueil des chants qu’ils font chanter, la description des mouvements de gymnastique qu’ils font exécuter, des travaux et des mémoires relatifs à l’organisation des écoles, aux méthodes et aux procédés d’enseignement. Aux écoles normales on a demandé, en outre, des monographies de l’établissement.

A côté des œuvres scolaires sont les œuvres post-scolaires qu’on a très justement mises en fort bonne place dans l’ensemble de l’exposition de l’enseignement primaire. Quoique prescrites ou recommandées d’hier, elles sont déjà considérables, ces institutions destinées à rendre vivace et féconde l’influence de l’école.

Enfin, on a voulu que les instituteurs se fissent les collaborateurs des œuvres historiques de l’avenir, soit en écrivant des monographies des communes où ils enseignent, soit en habillant des poupées, de dimensions uniformes, des costumes de la région qu’ils habitent, poupées qui sont accompagnées d’une notice et des patrons qui ont servi à la confection de leur costume.

Enfin, une section rétrospective comprend tout ce qu’on a pu recueillir sur les anciennes méthodes et réunir de vieux manuels de devoirs et de travaux d’autrefois.

Partant de la première enfance, de l’école maternelle, pour aboutir aux œuvres complémentaires de l’école, le public a donc sous les yeux, dans les salles qui sont installées au pilier sud de la tour Eiffel, l’œuvre complète de l’éducation nationale.

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