Palais des Enfants

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worldfairs
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Palais des Enfants

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M. E. ULMANN, architecte.

La construction de ce pavillon a passé par des phases innombrables; son emplacement devait être primitivement près du Trocadéro; il eût eu alors un développement beaucoup plus considérable, et l’idée première, qui avait présidé à sa conception, eût pu être réalisée. Il s’agissait d’établir dans une vaste enceinte tout ce qui pouvait attirer l’enfant, tout ce qui se rapportait à l’enfance.

Palais des Enfants - Vue perspective - Plan
Palais des Enfants - Vue perspective - Plan

Un jardin où auraient existe des jeux de chevaux de bois, de ballon, des jeux nautiques sur petits bassins, des guignols, puis des marchands de jouets, de gaufres, de friandises, des voitures de chèvres, etc., etc., aurait précédé et entouré le palais proprement dit, où eût été installée une grande salle pour bals d’enfants, pantomimes, petites pièces, etc., et autour de cette grande salle, des halls avec tous les objets concernant l'enfance, depuis les jeux jusqu’aux vêtements, au matériel de l’éducation, de l’hygiène, etc.

Après avoir passé, en projet, du Trocadéro à l’Esplanade des Invalides, de là au bord de la Seine, il fut enfin définitivement place à l’extrémité de l’aile du pavillon des Arts libéraux, en bordure sur l’avenue de Suffren, et dans le voisinage dès pavillons du Venézuela et du Mexique.

Le palais des Enfants était une construction tout en bois. Le sol étant un sol de remblai, et même de remblai tout récent, puisque le niveau en avait été rehaussé par les décharges d’une partie de l’Exposition, il a fallu fonder tout le bâtiment sur des pilotis enfoncés, par endroits, jusqu’à 6 mètres de profondeur. Tous les pilotis ont été reliés par des pièces formant moises et constituant un véritable grillage. Cette précaution était indispensable, la grande salle de spectacle devant contenir des galeries avec des places pour trois cents personnes. Le rez-de-chaussée de cette salle pouvait en contenir environ six cents.

Le bâtiment se composait : d’un promenoir, d’une grande salle de spectacle avec galeries au premier étage, d’une vaste scène avec foyers communs, d’un côté pour les hommes, de l’autre pour les femmes, de loges distinctes pour acteurs et actrices, et des dépendances; puis, en sous-sol, dans le fond, des cuisines et des caves pour le limonadier et les fournisseurs de consommations prises dans la salle de spectacle.

De chaque côté de la grande salle, deux grands halls où se trouvaient des boutiques de toutes sortes, des jeux de petits chevaux, etc.

Palais des Enfants - Façade principale
Palais des Enfants - Façade principale

Enfin, aux extrémités de ces halls, dans celui de droite, un petit théâtre de marionnettes; dans celui de gauche, une sorte de théâtre forain pour la « Belle Fatma ».

Quatre tourelles devaient flanquer le théâtre ; les ressources affectées à la construction n’ont permis d’en élever que trois seulement; celle de l’angle du côté de l'avenue de Suffren a pu être supprimée, parce qu’elle échappait un peu aux regards des visiteurs de l’Exposition. Ces tours, qui mesuraient 30 mètres de hauteur et qui étaient construites en sapines, n’étaient pas sans offrir quelques dangers, car, bardées de bois, elles offraient une grande prise au vent; l’architecte a dû les relier aux pilotis par des armatures en fer très solides, et entourer les pieds de ces sapines, de massifs en maçonnerie; de plus, comme la tête en encorbellement pouvait entraîner les pieds sous la violence d’un ouragan, il a fallu barder les parties basses de ces tours, dans les endroits cachés aux regards, de madriers chevauchés, formant un poids suffisant non trop loin de la base et chaînant les poteaux ensemble.

La décoration architecturale, très simple faute de ressources suffisantes, consistait en ornements ayant trait aux jeux d’enfants. C’est ainsi que sur les tourelles, l’épi traditionnel était remplacé par un moulin à vent; des chevaux de bois en encorbellement limitaient les balcons des loggias en haut desdites tourelles. Puis, dans le bas de l’édifice, un arlequin appelant les passants, formait motif milieu à l’entrée du théâtre. Des polichinelles à cheval sur les frontons, formaient antéfixes. Des soldats de bois, dans leur guérite, montaient la garde dans les trumeaux.

A l’intérieur, au-dessus des arcades de la grande salle, des peintures rappelaient dans des médaillons le Petit-Poucet, Peau d’âne, la Mère Michel, etc. Au-dessus de la scène, un grand motif peint représentait une danseuse à laquelle Pierrot et Cassandre jouaient une sérénade, etc.

Le théâtre, après avoir donné asile à des troupes ambulantes de café-concert, d’acrobates, etc., a jeté, à la fin de juillet, son dévolu sur les gitanas de Grenade qui, comptant dans leurs rangs la Soledad et la Maccarona, sont devenues des célébrités dans leur genre.

Palais des Enfants - Coupe transversale
Palais des Enfants - Coupe transversale

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