par worldfairs » 15 nov. 2023 07:48 pm
MAROQUINERIE.
Sous le nom de maroquinerie, la Classe 9 exposait tous les objets qui, en dehors des meubles & des sièges, relèvent du travail du cuir, depuis les boîtes, les coffrets, les étuis, les portefeuilles, jusqu’aux sacs, mallettes & malles, jusqu’aux articles de sellerie & de bourrellerie.
Pratiqués par les Égyptiens, les Assyriens & les Perses, les arts du cuir se développèrent, pendant la Renaissance, à Cordoue & à Venise où les artisans travaillaient des peaux de qualité rare, des maroquins aux couleurs vives, les incrustant d’or & d’argent, les décorant de mosaïques sobres ou luxuriantes.
L’industrie des peaux & des cuirs appliqués à la gainerie & à la maroquinerie trouve de grandes difficultés dans la diversité même des matières qu’il faut travailler selon leur destination, leur aptitude à recevoir les couleurs ou les rehauts. Cuirs de mouton, de chevreau, de veau, d’agneau, de daim, de chamois, cuirs de Russie, peaux de buffle, de gazelle ou d’antilope, cette seule énumération donne idée de la variété des procédés en usage.
Il conviendrait, pour chaque objet de luxe ou de fantaisie, d’expliquer, selon de subtiles techniques, le comment & le pourquoi du grain souple & du grain brillant, de la finesse des coloris, de la délicatesse alliée à la solidité, de la perfection poussée jusqu’à l’extrême minutie. Des spécialistes préciseraient quel doit être l’emploi exact de la peau de porc, de cheval ou de mouton dépouillée par des méthodes appropriées & traitée par des machines spéciales.
Pour les buvards, les portefeuilles, voici les cuirs légèrement tannés ou chagrins, les cuirs de Russie, fabriqués dans le pays d’origine avec des peaux de renne, de youfte rouge & d’agneau ou artificiellement produits avec des croupions de veaux, traités à l’huile de bouleau. Voilà toute la gamme des phoques, des crocodiles, des requins de Chine & aussi, en progression constante depuis le début du siècle, celle des serpents & des lézards, d’un travail si difficile, qui vont contribuer à la grâce de la parure féminine, au luxe de l’ameublement, de la toilette & du voyage.
Les maroquins rouges (filàli) & jaunes (zryouâni), principale industrie du Maroc, servent aux sacs & sacoches, ornés au fer chaud, garnis d’appliques colorées, tandis que le galuchat, fourni par les chiens de mer, les roussettes & autres espèces, demeure toujours en vogue, malgré son haut prix de revient, pour les gaines & les pochettes, & se marie au chatoiement des métaux & des étoffes. C’est là que l’initiative & le choix des éléments peuvent s’unir à la qualité des cuirs employés pour produire une heureuse harmonie.
Le champ de la maroquinerie s’est, depuis un quart de siècle, étendu à la gainerie en vue de la fabrication des boîtes de toute espèce, destinées à renfermer les gants, les voilettes, les dentelles, la lingerie, les cols, lés mouchoirs, les cravates. De plus en plus, il y faut joindre les naines pour la parfumerie. La fabrication des enveloppes destinées aux flacons d’essence occupe un nombre considérable d’ouvriers. La séduction de l’écrin ajoute à la valeur du parfum. Pour les boîtes à fards, à poudre, à savons, articles de consommation courante, même souci de mise en valeur.
La coquetterie, le sens du confort expliquent l’essor actuel du commerce de la gainerie; de nombreux objets, associés à notre vie quotidienne, s’offrent à la fantaisie créatrice des artistes; l’accroissement de la production a modifié les conditions du travail; le souci d’améliorer la qualité en diminuant le prix de revient a conduit à utiliser un outillage spécial. La division du travail est devenue nécessaire; il faut aussi bien traiter les garnitures luxueuses en peau de serpent python que le papier de fantaisie, pégamoïd imitant le crocodile ou le lézard & employé pour les objets de qualité inférieure; pour l’intérieur de la gainerie, on se sert de soie, de satin, de velours, de peau, de drap.
L’art du sac présente aussi une infinie diversité : sacs de dame où les couleurs s’harmonisent à la gamme des soies, pochettes en or et en argent assorties aux robes perlées, fermoirs précieusement ouvrés. A notre époque utilitaire, la coquetterie féminine, imposant les robes sans poches, a ressuscité l’escarcelle & l’aumônière d’autrefois.
On passe des sacs, des pochettes, des trousses où glissent le mouchoir, le flacon, le bâton de rouge, voire même la cigarette, à toutes les tables à ouvrages, aux guéridons de fumeur, aux écritoires, porte-livres, tampons-buvards, cachets, bloc-notes, boîtes à timbres, pochettes-pression, agendas, livres d’adresses ou encore aux encriers, serviettes, plumiers, couvre-livres; le maroquin s’y combine avec les métaux ciselés, les broderies, les mosaïques.
Il convient de s’arrêter devant les nécessaires de toilette, devant les articles de voyage qui doivent répondre aux principes d’esthétique utilitaire imposés par la vie moderne, ambulante & sportive. Les sacs de voyage comprennent quatre genres : le «city», de forme réduite, servant aux besoins journaliers, aux absences de courte durée; le «squar-mouth» plus spacieux, pouvant contenir le linge & les objets de toilette; le ((jumelle)) d’une contenance supérieure permettant d’emporter des vêtements de rechange; la «mallette» qui a fait naître une industrie spéciale. Ajoutez toutes les espèces de nécessaires de toilette dont les nombreux accessoires permettent de retrouver les commodités du home à l’hôtel ou sur le paquebot. La maroquinerie en veau, en crocodile, en phoque, en porc, en chamois, en daim, en lézard, triomphe dans tous les articles de la trousse, du «lunch-caze», délicieuse «invitation au voyage» qui nous rappelle la grâce des écrins les plus délicats de la mode féminine.
Les malles modernes comportent quatre types essentiels : la malle française, la malle allemande, la malle anglaise ou panier d’osier recouvert de toile, la malle américaine qui, malgré sa diffusion, due à l’énorme production d’usines standardisées, s’inspire des types français.
Ces quatre genres comprennent des subdivisions adaptées à tous les besoins du confort; les progrès sont si rapides que la malle plate à vêtements paraît un anachronisme & que la vogue aujourd’hui appartient à la malle-armoire; les vêtements y sont, d’un côté, pendus à des portemanteaux, tandis que l’autre côté comprend une suite de tiroirs. Elle forme commode & penderie, tandis que la malle à chaussures offre ses boîtes destinées aux bottines élégantes, ses amples tiroirs pour les bottes, ses casiers où se rangent les bas. La malle-bureau est pourvue d’un classeur, d’une bibliothèque, d’une machine à écrire & d’une table pliante. Toutes les malles ou cantines sont spécialement combinées pour l’automobile, le bateau, l’avion.
Paris est le grand marché de ces articles où triomphe, au prix d’une grande dépense d’énergie, d’efforts incessants, l’invention appropriée aux goûts & aux besoins nouveaux. Il faut compter non seulement sur les travaux des ingénieurs ou les recherches des chimistes, mais encore sur l’expérience d’une armée d’artisans modestes, fidèles aux traditions, gardant le souci du détail, de la parfaite exécution & sachant aussi se prêter aux exigences de la mode, «cette chose folle, dit La Bruyère, & qui montre bien notre petitesse quand on l’étend à ce qui concerne le goût». Mais comment ne pas sacrifier à la mode parisienne qui fait le tour du monde entier?
Les exportations françaises atteignaient en 1924, pour la maroquinerie, 3,300 quintaux d’une valeur supérieure à 24,400,000 francs & pour les malles un chiffre supérieur à 5,000 quintaux représentant plus de 8 millions de francs.
Si la France tient la première place pour le travail manuel de l’artisan, l’industrie du cuir est importante & prospère en Allemagne, grâce aux progrès de l’outillage & aux découvertes des chimistes. Les Allemands ont largement développé l’emploi des machines à feutrer, à étendre, à épiler, a gratter &, d’une manière générale, l’outillage nécessaire pour la préparation en grande série des cuirs vernis & rayés, parcheminés, écaillés, doublés de métal, décorés ou revêtus de teintes neutres; c’est ainsi que les manufactures déjà anciennes d’Offenbach ont leurs rivales à Berlin & à Leipzig.
Avec la France, l’Allemagne &z l’Autriche, ce sont la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie, les États-Unis, l’Espagne & la Suisse qui paraissent jouer actuellement le plus grand rôle dans la maroquinerie.
MAROQUINERIE.
Sous le nom de maroquinerie, la Classe 9 exposait tous les objets qui, en dehors des meubles & des sièges, relèvent du travail du cuir, depuis les boîtes, les coffrets, les étuis, les portefeuilles, jusqu’aux sacs, mallettes & malles, jusqu’aux articles de sellerie & de bourrellerie.
Pratiqués par les Égyptiens, les Assyriens & les Perses, les arts du cuir se développèrent, pendant la Renaissance, à Cordoue & à Venise où les artisans travaillaient des peaux de qualité rare, des maroquins aux couleurs vives, les incrustant d’or & d’argent, les décorant de mosaïques sobres ou luxuriantes.
L’industrie des peaux & des cuirs appliqués à la gainerie & à la maroquinerie trouve de grandes difficultés dans la diversité même des matières qu’il faut travailler selon leur destination, leur aptitude à recevoir les couleurs ou les rehauts. Cuirs de mouton, de chevreau, de veau, d’agneau, de daim, de chamois, cuirs de Russie, peaux de buffle, de gazelle ou d’antilope, cette seule énumération donne idée de la variété des procédés en usage.
Il conviendrait, pour chaque objet de luxe ou de fantaisie, d’expliquer, selon de subtiles techniques, le comment & le pourquoi du grain souple & du grain brillant, de la finesse des coloris, de la délicatesse alliée à la solidité, de la perfection poussée jusqu’à l’extrême minutie. Des spécialistes préciseraient quel doit être l’emploi exact de la peau de porc, de cheval ou de mouton dépouillée par des méthodes appropriées & traitée par des machines spéciales.
Pour les buvards, les portefeuilles, voici les cuirs légèrement tannés ou chagrins, les cuirs de Russie, fabriqués dans le pays d’origine avec des peaux de renne, de youfte rouge & d’agneau ou artificiellement produits avec des croupions de veaux, traités à l’huile de bouleau. Voilà toute la gamme des phoques, des crocodiles, des requins de Chine & aussi, en progression constante depuis le début du siècle, celle des serpents & des lézards, d’un travail si difficile, qui vont contribuer à la grâce de la parure féminine, au luxe de l’ameublement, de la toilette & du voyage.
Les maroquins rouges (filàli) & jaunes (zryouâni), principale industrie du Maroc, servent aux sacs & sacoches, ornés au fer chaud, garnis d’appliques colorées, tandis que le galuchat, fourni par les chiens de mer, les roussettes & autres espèces, demeure toujours en vogue, malgré son haut prix de revient, pour les gaines & les pochettes, & se marie au chatoiement des métaux & des étoffes. C’est là que l’initiative & le choix des éléments peuvent s’unir à la qualité des cuirs employés pour produire une heureuse harmonie.
Le champ de la maroquinerie s’est, depuis un quart de siècle, étendu à la gainerie en vue de la fabrication des boîtes de toute espèce, destinées à renfermer les gants, les voilettes, les dentelles, la lingerie, les cols, lés mouchoirs, les cravates. De plus en plus, il y faut joindre les naines pour la parfumerie. La fabrication des enveloppes destinées aux flacons d’essence occupe un nombre considérable d’ouvriers. La séduction de l’écrin ajoute à la valeur du parfum. Pour les boîtes à fards, à poudre, à savons, articles de consommation courante, même souci de mise en valeur.
La coquetterie, le sens du confort expliquent l’essor actuel du commerce de la gainerie; de nombreux objets, associés à notre vie quotidienne, s’offrent à la fantaisie créatrice des artistes; l’accroissement de la production a modifié les conditions du travail; le souci d’améliorer la qualité en diminuant le prix de revient a conduit à utiliser un outillage spécial. La division du travail est devenue nécessaire; il faut aussi bien traiter les garnitures luxueuses en peau de serpent python que le papier de fantaisie, pégamoïd imitant le crocodile ou le lézard & employé pour les objets de qualité inférieure; pour l’intérieur de la gainerie, on se sert de soie, de satin, de velours, de peau, de drap.
L’art du sac présente aussi une infinie diversité : sacs de dame où les couleurs s’harmonisent à la gamme des soies, pochettes en or et en argent assorties aux robes perlées, fermoirs précieusement ouvrés. A notre époque utilitaire, la coquetterie féminine, imposant les robes sans poches, a ressuscité l’escarcelle & l’aumônière d’autrefois.
On passe des sacs, des pochettes, des trousses où glissent le mouchoir, le flacon, le bâton de rouge, voire même la cigarette, à toutes les tables à ouvrages, aux guéridons de fumeur, aux écritoires, porte-livres, tampons-buvards, cachets, bloc-notes, boîtes à timbres, pochettes-pression, agendas, livres d’adresses ou encore aux encriers, serviettes, plumiers, couvre-livres; le maroquin s’y combine avec les métaux ciselés, les broderies, les mosaïques.
Il convient de s’arrêter devant les nécessaires de toilette, devant les articles de voyage qui doivent répondre aux principes d’esthétique utilitaire imposés par la vie moderne, ambulante & sportive. Les sacs de voyage comprennent quatre genres : le «city», de forme réduite, servant aux besoins journaliers, aux absences de courte durée; le «squar-mouth» plus spacieux, pouvant contenir le linge & les objets de toilette; le ((jumelle)) d’une contenance supérieure permettant d’emporter des vêtements de rechange; la «mallette» qui a fait naître une industrie spéciale. Ajoutez toutes les espèces de nécessaires de toilette dont les nombreux accessoires permettent de retrouver les commodités du home à l’hôtel ou sur le paquebot. La maroquinerie en veau, en crocodile, en phoque, en porc, en chamois, en daim, en lézard, triomphe dans tous les articles de la trousse, du «lunch-caze», délicieuse «invitation au voyage» qui nous rappelle la grâce des écrins les plus délicats de la mode féminine.
Les malles modernes comportent quatre types essentiels : la malle française, la malle allemande, la malle anglaise ou panier d’osier recouvert de toile, la malle américaine qui, malgré sa diffusion, due à l’énorme production d’usines standardisées, s’inspire des types français.
Ces quatre genres comprennent des subdivisions adaptées à tous les besoins du confort; les progrès sont si rapides que la malle plate à vêtements paraît un anachronisme & que la vogue aujourd’hui appartient à la malle-armoire; les vêtements y sont, d’un côté, pendus à des portemanteaux, tandis que l’autre côté comprend une suite de tiroirs. Elle forme commode & penderie, tandis que la malle à chaussures offre ses boîtes destinées aux bottines élégantes, ses amples tiroirs pour les bottes, ses casiers où se rangent les bas. La malle-bureau est pourvue d’un classeur, d’une bibliothèque, d’une machine à écrire & d’une table pliante. Toutes les malles ou cantines sont spécialement combinées pour l’automobile, le bateau, l’avion.
Paris est le grand marché de ces articles où triomphe, au prix d’une grande dépense d’énergie, d’efforts incessants, l’invention appropriée aux goûts & aux besoins nouveaux. Il faut compter non seulement sur les travaux des ingénieurs ou les recherches des chimistes, mais encore sur l’expérience d’une armée d’artisans modestes, fidèles aux traditions, gardant le souci du détail, de la parfaite exécution & sachant aussi se prêter aux exigences de la mode, «cette chose folle, dit La Bruyère, & qui montre bien notre petitesse quand on l’étend à ce qui concerne le goût». Mais comment ne pas sacrifier à la mode parisienne qui fait le tour du monde entier?
Les exportations françaises atteignaient en 1924, pour la maroquinerie, 3,300 quintaux d’une valeur supérieure à 24,400,000 francs & pour les malles un chiffre supérieur à 5,000 quintaux représentant plus de 8 millions de francs.
Si la France tient la première place pour le travail manuel de l’artisan, l’industrie du cuir est importante & prospère en Allemagne, grâce aux progrès de l’outillage & aux découvertes des chimistes. Les Allemands ont largement développé l’emploi des machines à feutrer, à étendre, à épiler, a gratter &, d’une manière générale, l’outillage nécessaire pour la préparation en grande série des cuirs vernis & rayés, parcheminés, écaillés, doublés de métal, décorés ou revêtus de teintes neutres; c’est ainsi que les manufactures déjà anciennes d’Offenbach ont leurs rivales à Berlin & à Leipzig.
Avec la France, l’Allemagne &z l’Autriche, ce sont la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie, les États-Unis, l’Espagne & la Suisse qui paraissent jouer actuellement le plus grand rôle dans la maroquinerie.