Les maîtres verriers musée Orsay jusqu'au 4 juin

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Les maîtres verriers musée Orsay jusqu'au 4 juin

Message par worldfairs » 05 mai 2006 01:02 pm

Après Schneider et De Wendel, c'est-à-dire l'acier et les maîtres de forges, le Musée d'Orsay présente une exposition consacrée à Saint-Gobain, c'est-à-dire au verre et aux héritiers du colbertisme. Car c'est à la demande du ministre de Louis XIV que fut créée en 1665 la Manufacture royale de glaces et de miroirs qui devait briser, en France, le quasi-monopole des Vénitiens dans ce domaine. Très vite elle s'installe à Saint-Gobain, en Picardie. C'est elle qui fournira les glaces de la Galerie du même nom à Versailles. Trois siècles et demi plus tard, l'entreprise s'est diversifiée, mais le verre reste une de ses activités principales.


Entre-temps, la révolution industrielle est passée par là et, avec elle, une mutation des techniques, dont certaines sont nées à Saint-Gobain. Vers le milieu du XIXe siècle, le couple fer-verre va donner une dimension nouvelle à l'architecture, surtout pour l'industrie et les expositions universelles. La verrière de l'ancienne gare d'Orsay - devenue musée en 1986 - est sortie des ateliers de Saint-Gobain.

C'est sous cette voûte que l'exposition montre, à travers des dessins, des photographies et des maquettes, ces édifices (réalisés ou non) où se combinent le verre et le métal. Le plus réussi est sans doute la galerie des Machines, élevée en face de l'Ecole militaire pour l'exposition de 1889 : une énorme toiture vitrée supportée par deux fermes métalliques de 110 mètres de portée. C'est bien sûr Saint-Gobain qui fournit les feuilles de verre de 5 millimètres d'épaisseur.

UN MOBILIER DE VERRE

Plus tard, Saint-Gobain allait contribuer à l'invention d'un pavé de verre particulièrement résistant qui permettait une véritable architecture lumineuse. La "maison de verre" de la rue Saint-Guillaume, à Paris, édifiée par l'architecte Pierre Chareau (entre 1928 et 1932), en est un témoignage encore intact.

L'exposition se clôt sur le pavillon de Saint-Gobain à l'Exposition internationale de 1937, imaginé par l'architecte René Coulon. Un petit film fait admirer cette architecture arachnéenne, articulée par une légère structure de béton, où le verre occupe toute la place. Elle était peuplée d'un mobilier de verre dont on peut voir quelques spécimens à Orsay.

Globalement réussie, l'exposition a le défaut de privilégier l'archive au détriment de l'objet et de ne pas insister sur la dimension sociale de l'entreprise. Il est vrai que l'espace dont disposent les commissaires, Caroline Mathieu, Maurice Hamon et Didier Bondue, est exigu. Cette manifestation risque d'être la dernière du genre, Orsay devant se consacrer désormais aux seuls beaux-arts. Tournant ainsi le dos à sa vocation originelle, qui devait associer arts, techniques et industrie. Un trio représentatif de ce que fut le XIXe siècle, auquel le musée est voué.

Texte de Emmanuel de Roux du 13/4/2006
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