Les jardins
Posté : 16 janv. 2021 08:25 am
Texte et illustration de la revue "L'Exposition Illustrée" de 1900
Lorsqu’on a franchi la Porte Monumentale, on trouve, dans son axe, l'entrée d’une superbe avenue, bordée d’arbres et de jardins, qui se prolonge jusqu’au pont des Invalides. On a la sensation d’un parc vaste, ombreux, agréable, s'étendant à droite jusqu’à l’avenue dés Champs-Elysées, à gauche jusqu'aux berges de la Seine.
Les grandes allées de marronniers alternent avec des pelouses et des corbeilles de fleurs.
Mais, prenez-y bien garde. Il ne s’agit pas seulement ici de jardins officiels.
L’Administration a eu la très heureuse idée de convier les innombrables exposants horticulteurs, jardiniers-fleuristes et pépiniéristes qui se plaignaient de exiguité des palais construits par eux — à parer les massifs et les corbeilles des Champs-Elysées des produits qu'ils destinent à l’Exposition. Il en résulte que ces jardins constituent en réalité un prolongement en plein air des sections de l'horticulture et de l’arboriculture.
Malgré cette collaboration, l’Administration a dû faire d’importants emprunts aux réserves dont dispose la Ville de Paris au Parc des Princes, à Longchamp, et a Auteuil. Les serres de la Ville ont également été mises a contribution.
Encore ce contingent a-t-il été insuffisant et a-t-il fallu faire des achats considérables aux pépiniéristes des environs de Paris et de la Côte d'Azur. Aussi plus de cinq cents espèces différentes d’arbres et d’arbustes, plus de cent espèces et variétés de plantes grimpantes ornent-elles les jardins del Exposition.
Quant aux plantes ornementales à fleurs, elles seront renouvelées deux fois. Outre la garniture du printemps qui comprend cinquante espèces, il y aura la garniture d’été qui en comprend cent vingt. En tout, cinquante à cent mille plantes seront employées à la décoration des parterres.
Les jardins des Champs-Elysées sont de pures merveilles. Les jardiniers français se sont piqués d'honneur, et ont étudié avec opiniâtreté et avec soin les terrains, les éclairages, les températures, afin d’opérer des choix judicieux. Artistes humbles et passionnés, ils ont voulu faire revivre les traditions du grand siècle. Un Le Nôtre ou un La Quintinie ne renieraient point les tracés de leurs parterres.
Doucement vallonnés, coupés d’allées soigneusement sablées et de petits sentiers, où des arbres majestueux, des bambous verts, des seringas, des lilas blancs, d'autres élégants et légers arbustes exotiques aux feuillages fins et frais, des trembles argentés, des hètres de Californie, des paulownias, versent leur ombre douce, ils constituent un lieu de repos délicieux.
Çà et là, on télé ménagés des bassins d’où s’élancent en gerbes jaillissantes de minces jets d’eau aux multiples combinaisons. Il y a surtout un petit coin, du côté de l'avenue d'Antin, qui rappelle par son heureuse décoration, ses proportions harmonieuses, les plus jolis bosquets du parc de Versailles. Quelques beaux arbres de l’ancien « Jardin de Paris » étaient mémo on si bon étal qu’il a fallu les ébrancher pour que la façade latérale du Grand Palais ne disparût pas entièrement derrière un épais rideau de feuillage.
Au sein de la verdure, sur la droite, s élèvent les dômes des deux superbes Palais des Beaux-Arts.
Lors du concours ouvert pour les projets du plan général de l’Exposition de 1900, plusieurs concurrents émirent l’idée — idée qui fut immédiatement adoptée — de supprimer le Palais de l'Industrie pour donner place à une avenue prolongeant le pont Alexandre III sur la rive droite et débouchant sur les Champs-Elysées. En façade sur la nouvelle avenue se dresseraient deux palais de dimensions proportionnées aux emplacements dont on disposerait à droite et à gauche. C’est en exécution de ce projet qu'ont été élevés les deux édifices désignés respectivement, d’après leurs proportions, sous les noms de Grand Palais et de Petit Palais.
Comme ils sont destinés à survivre à l’Exposition et à remplacer l’ancien Palais de 1 Industrie pour tous les usages auxquels celui-ci était affecté, leur architecture a été tout particulièrement soignée, de mémo que leur construction, qui peut défier les assauts du temps.
Lorsqu’on a franchi la Porte Monumentale, on trouve, dans son axe, l'entrée d’une superbe avenue, bordée d’arbres et de jardins, qui se prolonge jusqu’au pont des Invalides. On a la sensation d’un parc vaste, ombreux, agréable, s'étendant à droite jusqu’à l’avenue dés Champs-Elysées, à gauche jusqu'aux berges de la Seine.
Les grandes allées de marronniers alternent avec des pelouses et des corbeilles de fleurs.
Mais, prenez-y bien garde. Il ne s’agit pas seulement ici de jardins officiels.
L’Administration a eu la très heureuse idée de convier les innombrables exposants horticulteurs, jardiniers-fleuristes et pépiniéristes qui se plaignaient de exiguité des palais construits par eux — à parer les massifs et les corbeilles des Champs-Elysées des produits qu'ils destinent à l’Exposition. Il en résulte que ces jardins constituent en réalité un prolongement en plein air des sections de l'horticulture et de l’arboriculture.
Malgré cette collaboration, l’Administration a dû faire d’importants emprunts aux réserves dont dispose la Ville de Paris au Parc des Princes, à Longchamp, et a Auteuil. Les serres de la Ville ont également été mises a contribution.
Encore ce contingent a-t-il été insuffisant et a-t-il fallu faire des achats considérables aux pépiniéristes des environs de Paris et de la Côte d'Azur. Aussi plus de cinq cents espèces différentes d’arbres et d’arbustes, plus de cent espèces et variétés de plantes grimpantes ornent-elles les jardins del Exposition.
Quant aux plantes ornementales à fleurs, elles seront renouvelées deux fois. Outre la garniture du printemps qui comprend cinquante espèces, il y aura la garniture d’été qui en comprend cent vingt. En tout, cinquante à cent mille plantes seront employées à la décoration des parterres.
Les jardins des Champs-Elysées sont de pures merveilles. Les jardiniers français se sont piqués d'honneur, et ont étudié avec opiniâtreté et avec soin les terrains, les éclairages, les températures, afin d’opérer des choix judicieux. Artistes humbles et passionnés, ils ont voulu faire revivre les traditions du grand siècle. Un Le Nôtre ou un La Quintinie ne renieraient point les tracés de leurs parterres.
Doucement vallonnés, coupés d’allées soigneusement sablées et de petits sentiers, où des arbres majestueux, des bambous verts, des seringas, des lilas blancs, d'autres élégants et légers arbustes exotiques aux feuillages fins et frais, des trembles argentés, des hètres de Californie, des paulownias, versent leur ombre douce, ils constituent un lieu de repos délicieux.
Çà et là, on télé ménagés des bassins d’où s’élancent en gerbes jaillissantes de minces jets d’eau aux multiples combinaisons. Il y a surtout un petit coin, du côté de l'avenue d'Antin, qui rappelle par son heureuse décoration, ses proportions harmonieuses, les plus jolis bosquets du parc de Versailles. Quelques beaux arbres de l’ancien « Jardin de Paris » étaient mémo on si bon étal qu’il a fallu les ébrancher pour que la façade latérale du Grand Palais ne disparût pas entièrement derrière un épais rideau de feuillage.
Au sein de la verdure, sur la droite, s élèvent les dômes des deux superbes Palais des Beaux-Arts.
Lors du concours ouvert pour les projets du plan général de l’Exposition de 1900, plusieurs concurrents émirent l’idée — idée qui fut immédiatement adoptée — de supprimer le Palais de l'Industrie pour donner place à une avenue prolongeant le pont Alexandre III sur la rive droite et débouchant sur les Champs-Elysées. En façade sur la nouvelle avenue se dresseraient deux palais de dimensions proportionnées aux emplacements dont on disposerait à droite et à gauche. C’est en exécution de ce projet qu'ont été élevés les deux édifices désignés respectivement, d’après leurs proportions, sous les noms de Grand Palais et de Petit Palais.
Comme ils sont destinés à survivre à l’Exposition et à remplacer l’ancien Palais de 1 Industrie pour tous les usages auxquels celui-ci était affecté, leur architecture a été tout particulièrement soignée, de mémo que leur construction, qui peut défier les assauts du temps.