Palais de la Femme

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Palais de la Femme

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 22 décembre 1900"

Au pied de la tour Eiffel, près du pont d’Iéna, s’élevait le palais de la Femme, destiné à célébrer l’histoire de la femme à toutes les époques et dans toutes les conditions, non seulement dans ses travaux ou métiers, mais encore dans l’accomplissement de ses devoirs de mère, d’éducatrice.

Le programme était vaste, on le voit. Il ne nous appartient pas de dire s’il a été exactement rempli. Nous voulons simplement rappeler combien était gracieux et décoratif ce pavillon situé à l’entrée du Champ de Mars. Son ordonnance classique bien étudiée, faisait honneur à son architecte, M. Pontremoli.

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Re: Palais de la Femme

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "L'Exposition en Famille"


Pour la première fois à une Exposition française, — car Chicago et Moscou prirent les devants — les femmes auront un palais à elles, lieu de conversation, de renseignements, et surtout de repos, où elles trouveront tout ce qui peut leur être utile et leur plaire, dans des conditions dignes d’elles.

Le palais de la Femme
Le palais de la Femme

Œuvre de M. Pontremolli, architecte grand prix de Rome, le Palais de la Femme, élève son architecture bien française et bien moderne au pied même de la Tour Eiffel, comme l’indique notre plan. Avec sa décoration de treillages, de fleurs, de vasques, de fontaines, le Palais a l’élégance et la finesse d’aspect que comportent sa destination et son titre charmant.

L'emplacement
L'emplacement
femme02.jpg (180.11 Kio) Vu 234 fois

Ceci c’est le cadre, mais il fallait le remplir et personne n’était plus indiqué pour le faire que Mme Pégard qui déjà à Chicago et à Moscou avait fait triompher l’art féminin. A Paris elle a parfait son œuvre, elle s’est surpassée elle-même, aidée en cela par un comité composé des notabilités du lout-Paris commercial, financier et mondain.

Qu’on en juge.

Pénétrons d’abord au sous-sol, mis de plain pied avec l'extérieur grâce à une déclivité de terrain habilement ménagée sur les derrières du bâtiment.

Là, s’ouvre une exposition de tout ce qui a trait à la toilette, à l'hygiène, à la coquetterie de la femme. En une série de tableaux, genre Grévin, nous assistons à la journée d’une élégante, depuis l'heure du thé matinal jusque» et y compris l'heure de la parure pour le théâtre ou pour le le bal, en passant par l'heure de la promenade au Bois, en une victoria, chef-d'œuvre de carrosserie moderne, impeccablement attelée.

Coupe transversale
Coupe transversale

Tous ces tableaux sont admirablement reconstitués, et réunissent avec le goût le plus sûr et le plus éclectique tout ce que l’art ancien et moderne a su trouver à l’usage de la femme. Lingerie, dentelles et bijoux; fourrures, robes, chapeaux et même chaussures sortent de chez les premiers faiseurs de la rue de la Paix ou delà rue Royale; c'est la quintessence de cinquante expositions réunies en une seule.

Si lassées soient elles par leur promenade à l’Exposition, bien des visiteuses s’attarderont longuement en ce sous-sol du Palais avant de gagner le rez-de-chaussée où des sièges confortables les incitent au repos en un grand hall central rempli de plantes et de fraîcheur, garni de statues et de tableaux dûs à des ciseaux et à des pinceaux tenus par des mains féminines.

A gauche de ce hall un restaurant à la mode, à droite une pâtisserie. Je ne sais si le pâtissier brigue une médaille d’or; si telle est son intention je ne doute pas qu’il voie exaucer-son désir, rien qu’à contempler les mines satisfaites de ses clientes... et de ses clients; clients d’aspect sérieux, en nombre imposant et parmi lesquels il se rencontrera bien quelque membre du jury capable d’avoir un jour la reconnaissance de l’estomac.

Il y a non loin de là une salle de lecture ornée d’une admirable bibliothèque bondée d’œuvres internationales de femmes-auteurs, et amplement pourvue de journaux et de tout <i ce qu'il faut pour écrire » mais je dois avouer que le pâtissier lui fait du tort.

Prenons maintenant un des ascenseurs et montons au premier étage où se trouve le théâtre, car il serait difficile, d’imaginer un monument élevé à l’art de la femme, consacré aux arts de la femme et où le théâtre n’aurait pas sa place: la femme occupe dans le théâtre contemporain une place prépondérante, qui grandit encore chaque jour, elle apporte sur la scène, son élégance, sa beauté, son talent; grâce a son concours, les questions les plus graves et les plus arides nous sont présentées de façon souriante.

Ravissante, la salle de spectacles du Palais de la Femme, semble un bijou dans un écrin, bijou dont chaque facette est un petit chef-d’œuvre d'ornementation et de décoration. Quatre cents places, toutes aussi bonnes les unes que les autres, grâce à l’habileté de l'architecte ont été ménagées dans ce joli théâtre, dont la direction a été confiée à M. Paul Franck, ce qui veut dire qu’il est bien dirigé.

M. Paul Franck
M. Paul Franck

M. Paul Franck, en effet, fit ses preuves comme artiste et comme directeur. Avec son maître Catulle Mendès il fut le fondateur des « Samedis populaires de poésie ancienne et moderne » à l’Odéon ; il dirigea ensuite les «Jeudis populaires de musique ancienne et moderne » qui eurent un succès égal a celui des concerts Lamoureux. Tout dernièrement, il prenait la direction du Nouveau-Théâtre où il a monté des oeuvres absolument remarquables et purement artistiques : Rembrandt, Le Roi de Rome, Salome, etc., etc.... Il y a un mois, avant l’incendie du Théâtre-Français et le transfert de l'Odéon au boulevard Bonne-Nouvelle, M. Paul Franck dirigeait encore au Gymnase les « Samedis d’auteurs gais » qui obtinrent un si éclatant succès au Théâtre de Madame.

Au Palais de la Femme, ce jeune et actif directeur nous donne un spectacle des lus variés et des plus attrayants.

Mme Paul Franck
Mme Paul Franck

D'abord un théâtre d’ombres dont M. Frey a dessiné les maquettes, Madame Thénard écrit les poèmes et M. Mustlel composé la musique ; les vers sont chantés par Mademoiselle Cora Laparcerie, la belle actrice de l’Odéon. Ensuite : Les Chansonnières de Montmartre, un très amusant vaudeville dû à la verve de M. Max Mauroy, joué et chante par l'expressive Suzanne Aumont, Paule Dartigny, Irma Perrot, Marcillé, Newa-Cartoux, Mme Paul Franck, Giovanni, etc., etc.,..

Mlle Suzanne Aumont
Mlle Suzanne Aumont

Mais le « clou » du spectacle, clou qui attire au Palais de la Femme le Tout-Paris-Exposition, c’est : le Cercle de Marie-Antoinette, reconstitution très exacte d'un petit goûter de la Reine.

Rien n’y manque, le décor, les meubles, les objets d’art, le clavecin, tout enfin, est copie d’après des documents authentiques, fournis par le Musée Carnavalet. Entre autres choses, les perruques de Pontet et les costumes de Guilbert sont de pures merveilles de goût et de vérité.

Mlle Marcillé
Mlle Marcillé

Au cours de ce petit acte signé Thénard, on entend un trio d’instruments anciens qui fait les délices des mélomanes tenus sous le charme par Mlle Walbain une harpiste d’un talent hors ligne; Mlle Cladéas, premier prix du Conservatoire joue de la viole d’amour accompagnée au clavecin par Mlle Koenig la plus jolie claveciniste de l’époque.

Ce spectacle prend fin par des pavanes, des gavottes, des menuets, des chacones exécutés par d’exquises danseuses.
Plus lard — car M. Paul Franck entend changer très souvent de spectacle — viendront une Revue de l'Exposition que l'on a commandée à la très fine Berthe Mendès, puis des reproductions de Watteau et de Greuze traitées en tableaux vivants. Dans la somptuosité d’un cadre d’élégance, les plus jolies artistes de Paris se grouperont pour illustrer les plus belles pages de ces grands maîtres. On compte beaucoup sur ce spectacle d'Art et de Beauté d’autant plus qu’il sera monté avec la décence la plus absolue, en même temps qu'avec le plus grand luxe.

D’autres projets, seront mis à exécution, mais M. Paul Franck ne veut pas tout dire ; tout ce que nous savons, c’est qu’il nous tient en réserve de belles surprises.

En dehors des représentations courantes qui ont lieu chaque jour à trois, à quatre et à cinq heures dans l’après-midi : à neuf et à dix heures le soir, il sera fait une série de conférences par des orateurs-femmes qui traiteront des questions morales, sociales, littéraires, artistiques féminines.

Chaque dimanche et chaque jeudi une troupe enfantine donnera des matinées pour les enfants.
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