Les habitations bon marché

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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worldfairs
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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 27 avril 1901"

Nous terminerons cette étude des habitations à bon marché élevées en Suède pendant la dernière moitié du dix-neuvième siècle, par quelques notes sur ce qui s’est passé à Stockholm même.

A la suite de l’immigration des populations rurales dans la ville, la pénurie de logements ouvriers devint telle que, même il y a quelques années, un quart des ouvriers de Stockolm étaient obligés de partager le logement d’autres ouvriers logeurs ou d’autres familles, et que, malgré ces conditions défectueuses, le loyer était souvent exorbitant.

Aussi, de 1870 à 1880, se formèrent, parmi les ouvriers eux-mêmes, des Bostads formingar (Association pour la construction de maisons), lesquelles, vers 1885, possédaient 64 immeubles, évalués à près de 10.000.000 de couronnes (environ 14.000.000 fr.); mais, en 1896, quoique le nombre des immeubles se fut élevé à 67, comprenant 4.810 chambres à feu, l’évaluation officielle de ces immeubles avait baissé d’un demi-million de couronnes (environ 700.000 fr.), et le capital social n’était couvert que pour 30% par les sociétaires, tous propriétaires de leur logement, il est vrai, mais solidairement responsables, d’après la loi alors en vigueur, de toute l’entreprise. Dans de telles données, le résultat ne fut pas satisfaisant; beaucoup d’ouvriers éprouvèrent de grandes pertes, et les Sociétés de-construction formées entre ouvriers cessèrent de construire.

Pendant ce temps, comme à Gothembourg, la Direction des Chemins de fer de l’Etat fournissait des logements à ses employés, et, de plus, la ville de Stockholm logeait à ses frais les trente-neuf familles des ouvriers attachés au service des Eaux de la ville. L’an dernier, le Conseil municipal décrétait la construction, au prix de 575.000 couronnes (environ 800.000 fr.), de huit maisons d’habitation devant contenir 273 chambres à feu destinées aux ouvriers de certains services municipaux, se réservant, si cet essai donnait des résultats satisfaisants, d’appliquer la môme mesure à tous les ouvriers des services municipaux.

Quelques établissements industriels firent aussi construire des habitations ouvrières, soit maisons de pierre d’une certaine importance, soit petites maisons de bois ; mais il faut surtout citer l’action exercée par des Sociétés philanthropiques tirant de leur argent un revenu minimum de 4 %, tout en joignant aux maisons quelques établissements annexes.

Ainsi la Société par actions pour la construction de demeures ouvrières à Stockolm (Aktiebolaget Stockolms arbetarehem), fondée en 1892 sur l’initiative de Mlle Agnès Lagerstedt, société qui a fait élever quatre maisons de moyenne grandeur comprenant ensemble 140 logements, les uns d’une seule pièce avec poêle servant à la fois pour le chauffage et la cuisine des aliments ; les autres comprenant chambre et cuisine; mais tous ayant la jouissance de la buanderie et de la salle de bains.

Une autre Société, la Société Holmia, a fait élever, sur deux rangées, 28 maisons de pierre comprenant, à rez-de-chaussée, 2 chambres et cuisine, et au premier étage, une chambre et cuisine.

Mais, de ces diverses Sociétés, la plus importante est la Byggnadsaktiebolaget Manhem (la Société par actions Man-hem), laquelle a fait construire, depuis 1894, sur la paroisse Sainte-Marie, dans la partie méridionale de la ville, 24 maisons à 5 étages, comprenant 886 chambres à feu, réparties en logements de diverse importance, avec vaste cuisine pourvue d’eau. Ces maisons forment, en leur ensemble, une véritable cité ouvrière de près de 3.000 habitants, ayant église, salle de conférences et établissement de bouillon spécial aux célibataires. La Société Manhem, distinguée par le Jury de la Classe 106, a obtenu une médaille d’argent, et, malgré que ses logements soient bien moins cher que ceux moins agréables du même quartier, a distribué à ses actionnaires un revenu de 5 à 6%.

Aussi terminerons-nous sur cet exemple des plus encourageants ces notes sur les habitations à bon marché à Stockholm et en Suède.


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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 mai 1901"

L'Association fraternelle des Ouvriers et Employés des Chemins de fer français a obtenu une médaille d'or dans la classe 107 et c’était justice; cette Association, qui rayonne sur toute la France et ses colonies, compte actuellement plus de cent mille adhérents et, possédant un capital de plus de vingt-cinq millions de francs, a, depuis deux ans, décidé d’en affecter une part importante à l’édification de maisons à bon marché.

Le Rapport, fait au nom du jury de la classe 106, par M. Maurice Lebon, ancien maire de Rouen et député, l'un des promoteurs, dans cette ville, de la création de petites maisons familiales, analyse sommairement l’œuvre de construction entreprise par l'Association fraternelle ; mais le Bulletin de la Société française des Habitations à bon marché donne, dans le n° 4 de l’année 1900 [voyez pages 361 à 367), le dernier rapport de la Commission des constructions de cette Association, et ce document, d’une grande sobriété de rédaction et nourri de faits probants, mérite de retenir l'attention.

L'Association, qui avait traité antérieurement 21 affaires y compris prêts hypothécaires, en engageant une dépense de 136.414 fr. 60, a traité, dans le cours de l’exercice écoulé, 41 affaires y compris prêts hypothécaires, en engageant une dépense de 319.462 fr. 20 ; soit, en rois années, 62 affaires engageant un capital de 455.876 fr. 80. Les plus importantes de ces affaires sont celles relatives à la section de Mohon, près Mézières-Charleville, ensemble 20, pour un capital de 131.720 francs, et à la Section de Paris-Nord, ensemble, 12 pour un capital de 1 14.764 fr. 55.
Dans ce rapport, la Commission l'ait part des résultats dus à sa propre expérience. C’est ainsi qu’elle croit maintenant, tout en restant dans le cadre imposé aux maisons à bon marché,, ne pas devoir s’en tenir au minimum de 8.000 francs pour la valeur des immeubles à construire, et ayant remarqué qu’il entre peu dans les habitudes des architectes de dresser des projets aussi complets que semblaient le demander les dessins types donnés en exemple par la Commission, celle-ci tolère aujourd’hui un peu moins de précision dans les dessins, mais, par contre, reporte sur les pièces écrites tous les détails d’exécution établissant, de manière indiscutable, les obligations imposées aux entrepreneurs.

Peut-être n’est-il pas sans intérêt pour des architectes de connaître la composition du bordereau des pièces à produire à la Commission des constructions avant que cette dernière n’étudie une affaire ; ce bordereau doit comprendre :

A. — Indication succincte de l’emplacement prévu pour la construction par rapport aux gares et à l’ensemble des localités.
B. — Plan d’ensemble de la propriété avec indication de la nature du sol de fondation.
C. —Projet de détails de la construction, comprenant les plans des caves et des étages, coupes et élévations, avec un plan des planchers et l’indication des combles sur les coupes.
D. — Détail estimatif comportant les éléments de métrage.
E. — Devis descriptif précisant les détails de construction, la nature des matériaux employés, leur choix, les dosages, les lieux de provenance et tous renseignements nécessaires à l’exécution intégrale des travaux.

Quant aux dossiers officiels d’adjudication, ils ne doivent contenir que :

1° Cahier des charges imprimé des travaux de l’Association ;
2° Plans, coupes et élévations du projet;
3° Devis descriptif.

Et, comme les adjudications doivent être traitées à forfait, il est indispensable que les pièces 2 et 3 se complètent bien.

Il est à remarquer que certaines de ces constructions, récemment autorisées pendant l’exercice écoulé, ont atteint (prix du terrain et de la construction réunis) 9.000 francs, 10.000 francs, 11.000 francs, 12.000 francs et jusqu'à 14.645 fr. 75 ; il est vrai que ces constructions coûteuses ont été élevées dans la section de Paris-Nord ou à Villeneuve-Saint-Georges. Dans les sections d’Epernay et de Mohon, où ont été élevées 30 sur 62 des constructions rappelées dans le rapport, les chiffres sont sensiblement inférieurs.

Citons en terminant les dernières lignes de ce rapport qui montrent bien le but poursuivi par l’Association fraternelle des ouvriers et employés des Chemins de fer français :
« En réservant le même bienveillant accueil à la demande faite par le modeste ouvrier des chemins de fer et par le haut dignitaire de la corporation, elle nivelle les conditions d’existence, rapproche les distances, apporte une nouvelle attache au lien amical qui unit les membres de la grande famille qui forme l’Association et démontre, d'une façon éclatante, que le mobile qui guide son œuvre a nom « Fraternité ».
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