Les habitations bon marché

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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worldfairs
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 15 décembre 1900"



L’Exposition des types d’habitations à bon marché, ouverte à l’annexe du bois de Vincennes, a été fréquentée, le dimanche surtout, par un public un peu spécial, mais que Ton était heureux d’y rencontrer ; car si cette partie de la grande Exposition de 1900 avait surtout pour but d’être une leçon de choses en même temps que d’encourager fortement à l’Economie et, par l'Economie, à la constitution d’un foyer familial, ce public, en majeure partie, composé de familles ouvrières des XIIe et XXe arrondissements, était bien celui auquel il convenait de présenter une belle leçon et aussi de faire concevoir une telle espérance.

Ceux de nos lecteurs qui savent avec quelle attention nous suivons, depuis vingt années surtout, le développement des institutions, quelle qu’en soit la nature, qui ont pour programme la création d’un foyer par famille, ne seront pas étonnés que nous ayions visité cet enclos, au reste charmant, des petites habitations à bon marché du bois de Vincennes, plus qu’il n’eût été nécessaire pour les notes que nous devions y prendre à leur intention, et que nous ayions tenu plus d’une fois à recueillir les impressions de ses visiteurs, surtout de ceux appartenant au monde ouvrier et venus en famille, le père portant un enfant sur les bras, la mère donnant la main à un autre tout jeune et quelquefois de plus grands enfants les accompagnant.

habitationsbonmarche-18.jpg

Or, une apparence extérieure agréable et pittoresque, une distribution intérieure bien entendue, quelques objets mobiliers dénotant un certain confortable, surtout la facilité d’obtenir l’eau froide et l’eau chaude à volonté, et même la douche ou le bain sans trop grands frais de premier établissement et sans grande dépense journalière, attiraient de prime abord l’attention ; mais l’ouvrier du faubourg Saint-Antoine et des centres usiniers et industriels du nord-est de Paris a le sens pratique, ou tout au moins critique, assez développé, et sa ménagère n’est pas moins bien douée que lui sous ce rapport; aussi, après avoir admiré et non sans un certain étonnement les types, même les plus simples, tous deux, homme et femme, se sont-ils demandé, en véritables associés dans la lutte pour l’existence, ce qu’il y avait de vrai dans l'offre si séduisante qui semblait leur être faite d’une petite demeure familiale ; et parfois tous deux, le mari plus encore que la femme, étant plus jaloux qu’elle d’indépendance, mais tous deux animés d’un même sentiment de dignité, ont-ils fait bien vite deux parts dans l’Exposition des types d’habitations à bon marché du bois de Vincennes : l’une, renfermant les types allemand, anglais et suisse, résultats de la libéralité ou tout au moins d’une certaine bienveillance du patron, de l’employeur ; l’autre, renfermant les types belges et français dus plutôt à l’économie de l’ouvrier, de l’employé, aidés seulement dans leur conquête du foyer familial par des institutions de crédit.

Ceci dit, le cottage anglais de Port Sunlight que nous allons décrire et qui, de toutes les habitations à bon marché de l’annexe de Vincennes, a paru la plus séduisante et a excité une réelle admiration de la part de tous, ce cottage a été classé par l’ouvrier parisien dans la catégorie des habitations dues en grande partie à des libéralités patronales — au reste la notice descriptive qui en était distribuée ne laisse aucun doute à ce sujet; — et alors l’ouvrier a examiné ce cottage au point de vue du charme qui s’en exhalait, de certaines habitudes de construction et d’aménagement en même temps que d’une note d’art auxquelles il était peu habitué jusqu’à présent, mais n’a pas songé un seul instant à sa réalisation possible à son profit dans un coin de la banlieue parisienne.

Le cottage, construit et exposé à l’annexe du bois de Vincennes, est un fac-similé des maisons ouvrières érigées au village moderne créé à proximité des Savonneries et Usines de Port Sunlight [Cheshire), par MM. Lever Brothers (Voir fig. 1, une vue d’ensemble de ces cottages) ; et si la place ne nous était limitée, nous prendrions plaisir à reproduire, avec 1 autorisation du Comité directeur, des vues diverses montrant, avec toute l’importance de cette véritable ville industrielle de création récente, des établissements tels que Magasins d’approvisionnement, Écoles, Salles de conférences (Salle Gladstone), Club des hommes, Institut des jeunes filles, etc., qui font de ce petit coin du Cheshire une sorte d'Eden pour la population ouvrière.

Chaque cottage, occupant une surface de 70 mètres carrés, est loué pour une seule famille entre 3 et 4 shellings (3 fr. 73 et 3 francs) par semaine, et de 4 1/2 shellings à 6 shellings (3 fr. 65 à 7 fr. 50) par semaine, pour quelques-uns plus grands; soit de 200 francs h 400 francs par an. Il peut encore être ajouté un jardin potager d’environ 300 mètres carrés au prix de 5 shellings (6 fr. 25) par an, l’eau comprise.

Aussi lisons-nous dans la Notice que ces loyers ne sont nullement basés sur l’intérêt du capital employé, mais servent seulement à rembourser les contributions, taxes et impôts, ainsi que les frais d’entretien, des réparations, etc.

(A. suivre.)


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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 22 décembre 1900"

Les fig. 2 et 3 (Plan du Rez-de-Chaussée et Plan du premier étaye) montrent bien la distribution — un peu différente de celle des petites maisons familiales françaises — des cottages anglais de MM. Lever brothers à Port Sunlight.

Une cour, enclose de murs bas, à laquelle les fournisseurs accèdent directement de l’avenue, est réservée à droite de l'habitation du côté de la Laverie et renferme deux appentis dont l’un abrite le water-closet et l’autre le dépôt à charbon.

habitationsbonmarche-19.jpg

La Laverie, la Salle de bain, l’Office forment ensemble d’importantes dépendances de la Cuisine, laquelle, à la fois cuisine et Salle à manger, mesure 16 mètres carrés. La véritable porte d’entrée, celle des serviteurs, donne accès à une pièce d’entrée, (antichambre) communiquant directement avec le parloir (petit salon), la montée d’escalier et la Cuisine.
Au premier étage, trois chambres à feu (chambres à coucher, dont deux avec des bow-window, sont de dimension convenable et d’un accès facile en même temps qu’indépendantes Tune de l’autre.

Le style d'architecture ( Voir les façades, fig. 4 et 5) est celui dit de « la Renaissance anglaise », style national, pourrait-on dire, chez nos voisins d’Outre-Manche et qui convient bien à ces petites habitations auxquelles certaines irrégularités dans les masses, les saillies des bow-window, le rendement des coffres de cheminée, le mélange de briques rouges et de pièces de charpente des pignons ainsi que le remplissage de ces pignons en stuc, enfin la végétation entretenue avec grand soin sur certaines parties des façades, donnent un aspect des plus pittoresques.

habitationsbonmarche-20.jpg

Ajoutons que le cottage anglais de l’Annexe de Vincennes, construit par des ouvriers anglais avec des matériaux anglais d’origine et de mode d’emploi, garni, de plus, de meubles anglais, est l’exacte représentation non seulement des petites habitations ouvrières de Port Sunlight ; mais encore de toutes les nombreuses petites habitations que l’on voit aux abords de toutes les grandes villes anglaises.

Le jury de la classe 106 (Habitations ouvrières) a donné à MM. Lever brothers de Port Sunlight un Grand prix pour ce modèle de cottage et aussi, pensons-nous, pour les institutions philanthropiques indiquées sur le plan en relief des usines et du village de Port Sunlight exposé dans la section anglaise de l’Economie Sociale, et cela a paru à tous justice ; car pendant toute la durée de l’Exposition de l’Annexe de Vincennes, ce cottage, qui y était édifié, a charmé tous les visiteurs par la coquetterie extérieure de la structure, la distribution intérieure des plus confortables et son mobilier fixe et mobile, toutes notes donnant la sensation d’une agréable villa suburbaine habitée par une famille aisée.
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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 19 janvier 1901"

La Société anonyme coopérative de construction de maisons il bon marché, Le Foyer Villeneuvois, à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise), fondée seulement en 1897 et ne comptant encore qu’un petit nombre de maisons familiales, maisons isolées et maisons jumelles, à rez-de-chaussée ou à un seul étage au-dessus du rez-de-chaussée, a obtenu une médaille d’or du jury de la classe 106, évidemment pour l’excellence des types, tous différents, qu’elle a déjà fait édifier et dont le Bulletin de la Société française des Habitations à bon marché donne une description avec Notice technique et planche, dues à M. Paul Simon, architecte de la Société.

habitationsbonmarche-21.jpg

Nous ne doutons pas que les lecteurs de la Construction Moderne ne prennent intérêt à examiner le tableau ci-contre donnant, avec le prix global de revient des différents types de maisons de la Société, les éléments de ce prix de revient, les prix partiels par nature de travaux et aussi les surfaces de terrain, de construction et de logement de chacun de ces types. Un tel document prouve, mieux que tout autre, la variété des efforts tentés par la Société, variété indispensable pour éviter la monotonie qui résulte toujours d’un type unique souvent adopté par mesure d’économie dans les ensembles d’habitations dus aux chefs d'industrie.

Les figures 1 à 3 donnent les plans du sous-sol et du rez-de-chaussée ainsi que l'élévation d’une maison jumelle réunissant les types F et F bis, et les figures 4 à 7 donnent les plans de sous-sol, du rez-de-chaussée et du grenier ainsi que l’élévation de la maison isolée du type C, maisons qui ne comptent qu’un rez-de-chaussée, avec un grenier, il est vrai, dans le type C, et qui paraissent presque semblables, mais qui diffèrent
sensiblement par les dimensions et l’agencement des pièces ainsi que par le prix de revient.

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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 9 février 1901"

A côté de ces types F et F bis de maisons jumelles et du type C de maison simple, toutes habitations ayant seulement un rez-de-chaussée entre le sous-sol et le grenier, la Société le Foyer Villeneuvois a fait édifier, comme on peut s’en rendre compte par le tableau des prix de revient reproduit paye 189, d’autres types de maisons jumelles, parmi lesquels les types E et G offrent une réelle symétrie, et d’autres types de maisons simples A, B et D, bien différentes comme distribution et comme prix de revient ; mais tous ces types comportant un véritable premier étage entre le rez-de-chaussée et le grenier.

Les figures 8 à 11 donnent les plans de sous-sol, de rez-de-chaussée et de premier étaye, ainsi que l’élévation des maisons jumelles du type E], et les figures 13 à 15 et lit à 19 donnent les plans du sous-sol, du rez-de-chaussée et du premier étaye, ainsi que les élévations, des maisons simples des types A et B, ces deux derniers types, eux aussi, bien différents comme distribution intérieure.

Toutes ces figures et celles déjà reproduites paye 188, nous dispenseront de détails relativement à cette distribution dont la variété, ainsi que la différence dans les prix de location et d’acquisition des maisons, permettent aux intéressés de choisir le type qui peut le mieux convenir à leurs besoins et aussi à leurs ressources; mais M. Paul Simon, architecte de tous ces types du Foyer Villeneuvois, en accompagne la reproduction, dans la Notice technique qu’il leur consacre, de considérations qui, pour avoir été plus d’une fois déjà transcrites au cours de ces études sur les Habitations à bon marché, n’en méritent pas moins d’être répétées, sous la forme nette et précise qu’il leur a su donner.

« L’idée primordiale étant surtout d’édifier des habitations où chaque famille puisse être logée dans des conditions parfaites d’hygiène, toutes ces maisons, bien que dénommées « maisons à bon marché », ont été construites pour être
solides, résistantes et durables ; elles tirent surtout leur nom de la combinaison financière d’esprit coopératif, qui permet à chacun des sociétaires, locataires, d’en devenir propriétaires moyennant le simple paiement d’un loyer annuel, légèrement augmenté, pour permettre l’amortissement au bout d’un certain laps de temps.

« L’économie, enfin, n’a été réalisée que dans la simplicité, n’excluant pas cependant un certain confortable, tel que peuvent le désirer ceux pour lesquels ces habitations ont été édifiées.

« Tous les matériaux employés sont de premier choix et leur mise en œuvre a été particulièrement soignée, de façon à donner à l’ensemble la note pittoresque, commandée en quelque sorte par le cadre de verdure du milieu environnant. »

habitationsbonmarche-22.jpg

Ce sont certes là : Economie réalisée dans la simplicité, et Matériaux de premier choix mis en œuvre avec grand soin, des conditions primordiales sur lesquelles on ne saurait trop insister, surtout lorsqu’il s’agit de l’édification de petites maisons familiales destinées à devenir la propriété des locataires. En effet, ces locataires qui, pendant au moins quinze années, alors qu’ils étaient dans toute la force de l’âge et dans la période de leur vie où leur travail était le mieux rémunéré, ne sauraient être exposés à se trouver un jour avoir mis peut-être toutes leurs économies dans l’acquisition d’un immeuble qui, par le manque de simplicité, par le médiocre choix des matériaux entrant dans sa contraction et par le peu de soin de la mise en œuvre de ces matériaux, deviendrait l’objet de réparations coûteuses d’entretien et ce, au moment où son propriétaire, prenant de l’âge et peut-être moins bien rémunéré pour son travail, croirait n’avoir plus qu’à jouir en toute quiétude de cet immeuble, fruit des économies patiemment consacrées à son acquisition.

Si l’on peut admettre, et encore, que la maison collective à étages, donnant à chaque terme un revenu suffisant, puisse, à la rigueur, supporter une certaine éventualité de charges d’entretien et de réparations, on conçoit, par la différence même de situation des propriétaires, que ces charges doivent être réduites à un strict minimum lorsqu’il s’agit de la petite maison familiale.

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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 février 1901"

Les maisons du Foyer Villeneuvois se trouvent toutes dans les mêmes bonnes conditions de construction que nous
avons résumées ci-dessus, avec toutefois ces réserves, que, seule, l’absence de canalisation souterraine et d’adduction d’eau, dans cette partie de la commune de Villeneuve-Saint-Georges, a forcé le constructeur au forage de puits pour l’eau de consommation, à la création de puisards pour l’absorption des eaux usées et à l'installation de fosses pour les water-closets.

Mais tout le reste est bien près de la perfection. Ainsi : sous-sols élevés et bien aérés, caves orientées au nord; murs en meulière neuve de 0m,36 en élévation et de 0m,38 en sous-sols, hourdés en mortier de chaux hydraulique de Belles ; chaînes et jambages en briques de Bourgogne ; plancher du sous-sol formé de solives en acier hourdées en plâtras avec enduit en plâtre lissé ; plancher haut du rez-de-chaussée et faux-plancher en sapin ; cloisons de distribution en carreaux de plâtre hourdés sur les deux faces ; cuisines carrelées ; salles à manger et autres pièces à rez-de-chaussée parquetées en chêne sur bitume; plancher de l'étage en pitch pin; portes extérieures et escalier en chêne ; cheminées et foyers en marbre noir ; fourneau-cuisinière en tôle et fonte avec four et chaudière dans chaque cuisine ; couverture en tuiles d’Essonne avec ruelles en ciment de Portland ; peinture des cuisines à l’huile et papier dans les autres pièces, avec frise formant faux-lambris dans les salles à manger, etc...

L’inauguration du premier groupe de maisons du Foyer Villeneuvois a eu lieu avec grande solennité le dimanche 11 décembre 1898, un an après qu’une conférence de M. Jules Siegfried, président du Conseil supérieur des Habitations à bon marché, avait jeté, dans la population villeneuvoise, le désir, pour beaucoup des assistants à cette conférence, de se créer un intérieur familial ; et aujourd’hui, un peu plus de trois ans après cette conférence de M. Jules Siegfried et deux ans après l’inauguration du premier groupe de maisons, l’œuvre si bien commencée se poursuit régulièrement et, par son succès, est un puissant encouragement pour la création des Sociétés anonymes coopératives de construction de maisons à bon marché, sociétés sur l’organisation et le fonctionnement desquelles nous reviendrons.
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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 23 février 1901"

En dehors des plans et des modèles en relief d’Habitations à bon marché exposés au Palais des Congrès [Groupe XVI, Classe 106, Habitations ouvrières) ou dans les pavillons des Nations étrangères, et en dehors aussi des Petites maisons familiales édifiées à l’Annexe du Parc de Vincennes, plusieurs gouvernements, de grandes administrations publiques ou privées, des municipalités et même de simples particuliers, groupés en vue d’assurer la participation de services publics, de villes ou de telle branche d’activité intellectuelle ou industrielle à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, ont, en France et à l'Etranger, fait éditer des recueils spéciaux, la plupart illustrés, souvent publiés dans une ou deux langues étrangères outre l’édition en langue nationale, et contenant, dans un chapitre consacré aux œuvres sociales, de précieuses contributions à l’étude des Habitations à bon marché, blocs ou maisons collectives et Petites maisons familiales.

Parmi ces recueils, nous en citerons deux relatifs à la Suède et dont le premier, d’un caractère général, intitulé la Suède, son peuple, son histoire, exposé historique et statistique, publié par ordre du gouvernement et rédigé avec l’aide de nombreux collaborateurs, par M. Gustave Sundrarg, actuaire au bureau central de statistique, renferme tome II (pp. 503-528), dans le chapitre spécial à la législation ouvrière et sociale, un intéressant résumé, dû àM. G. H. Vox Koch, agronome, des efforts faits en Suède pour résoudre la question des Habitations ouvrières.

Le second de ces recueils est spécial à Gothembourg, la seconde ville de royaume; il est intitulé Institutions sociales et philanthropiques de Gothembourg (1900, in-8 ; n. gr. Imp. W. Zachrisson) et a été publié par un Comité spécial, avec l’aide du Conseil municipal, sous la présidence de M. le député Henrik Hendland. Le premier chapitre de cet ouvrage (pp. 1 à 31) est consacré aux Habitations ouvrières et se termine par ces mots : « On peut constater qu’il n’y a pas beaucoup de villes où se trouve une classe ouvrière aussi bien logée qu’à Gothembourg », opinion partagée par le Jury international de la Classe 106, qui a accordé une médaille d’or à la ville de Gothembourg pour le zèle déployé dans cette ville en faveur de l’amélioration du logement ouvrier.

A côté de ces deux ouvrages dont nous sommes redevables à notre éminent confrère suédois, M. le professeur J. G. Clason, de Stockholm, membre du jury de la classe 10 [Architecture) à T Exposition de 1900, il en est un autre dont nous lui sommes également redevables, c’est la belle monographie, malheureusement en langue suédoise, publiée sous ce titre Stockholm (1897, 3 part, en cinq vol. in-8, n. pl. et gr. J. Beckmans) par le Conseil municipal de cette ville à l’occasion de l’Exposition artistique et industrielle qui y fut tenue en 1897. Cette monographie renferme, chapitre XXXIV (III, 1, pp. 60 à 82), sous le titre Arbetareforhollanden (La condition des ouvriers), par M. Gustaf af Geijerstam, des plans et vues de types d’habitations ouvrières.

Les lecteurs de la Construction Moderne voudront bien nous pardonner ces indications bibliographiques que nous paraissons quelquefois prodiguer, mais qui nous sont souvent demandées et qui peuvent permettre à ceux d’entre eux que la question intéresse, de se procurer, aux sources mêmes où nous puisons, d’utiles compléments de documents que nous sommes obligés d’analyser quelquefois trop sommairement.


A Stockholm, à Gothembourg et dans quelques autres parties de la Suède, l’insuffisance des logements salubres mis à la portée des familles ouvrières se lit sentir vers la dernière moitié du dix-neuvième siècle, comme au reste dans tous les centres qui voient augmenter considérablement le chiffre de leur population par suite du grand développement pris par les établissements industriels ; mais c’est surtout à Gothembourg, où ce développement eut un essor des plus rapides, qu’un mouvement philanthropique se dessina en faveur de l’édification de maisons pour les ouvriers, et c’est le Conseil municipal de cette ville qui, dès 1847, fit étudier la question en dehors de toute immixtion de l’Assistance publique, et ne craignit pas de garantir à une Commission de cinq membres, pris dans son sein, non seulement le terrain nécessaire, mais encore le capital suffisant pour élever, à cette époque, dix petites maisons de bois d’un étage, comprenant quarante-sept logements de deux ou d’une chambre avec cuisine et buanderie, ou même d’une seule chambre avec fourneau économique, l’ensemble des constructions s’élevant à 50.650 couronnes (un peu plus de 70,400 fr.) et le prix des loyers mensuels variant de 4 à 10 couronnes (5 fr. 55 à 13 fr. 90).

Mais le Conseil municipal de Gothembourg, qui fit encore élever, en 1849, deux maisons de bois de deux étages chacune, contenant ensemble quarante logements, eut bientôt à compter avec de fréquentes et coûteuses réparations, nécessitées par la nature même de ces bâtisses, et décida, en 1878, que ces maisons, dues à sa seule initiative, feraient désormais partie de la Donation Robert Dickson, legs de 530.000 couronnes (458.700 fr.) fait en 1856 et 1857 ; en vertu d’actes officiels et avec approbation du Roi, en faveur de la construction d’habitations ouvrières, surtout pour les personnes de la classe la moins aisée.

Pour faciliter les effets de cette Donation Robert Dickson, des terrains furent cédés par la Ville à des conditions très avantageuses et, vers la fin de 1890, l’institution possédait déjà 44 maisons de pierre, comprenant ensemble 339 logements, habités par 1.500 personnes environ, moyennant un loyer annuel de 180 à 240 couronnes (250 fr. 20 à 330 fr. 60) pour deux chambres et une cuisine ; de 120 à 168 couronnes (166 fr. 80 à 233 fr. 50) pour une chambre et une cuisine ; et de 54 à 102 couronnes (75 fr. 05 à 141 fr. 80) pour une seule chambre à feu. Chaque maison est pourvue d’une conduite d’eau, d’une buanderie et d’un four, et les cours sont vastes et plantées.

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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 mars 1901"

Comme on a pu le voir plus haut, la Suède, et particulièrement la ville de Gothembourg, offrait dès le milieu du xixe siècle, deux intéressantes combinaisons économiques, ayant toutes deux un caractère officiel ou tout au moins municipal, en vue de l’édification de maisons pour les ouvriers : la première, la construction, à l’aide de fonds votés par le Conseil municipal et par les soins d’une Commission prise dans ce Conseil, de plusieurs maisons collectives à étage; la seconde, la Donation Robert Dickson, donation approuvée par le Roi, devenue par la suite cessionnaire des maisons bâties primitivement par le Conseil municipal, et employant des fonds propres à la construction d’habitations destinées aux ouvriers les moins aisés.

Mais il est une troisième combinaison par laquelle le Conseil municipal de Gothembourg semble avoir été encore à la tête des mesures économiques qui devaient permettre de résoudre la question de l’habitation à bon marché dans cette ville.

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habitationsbonmarche-23.jpg (89.85 Kio) Vu 763 fois

En 1864, le Conseil créa une Commission dite du Paupérisme, ayant surtout pour but de remédier au manque de logements pour la classe ouvrière. Dans ce but, le Conseil se fit céder par la Ville, à un prix très modéré, les terrains nécessaires aux constructions qu’il voulait entreprendre et la Ville se chargea de plus des dépenses de premier établissement de la voie publique, ce que l’on appelle dans les villes françaises, les frais de viabilité.
De plus la Caisse d’Épargne de Gothembourg, la première institution de ce genre en Suède, devançant de plus de vingt années les Caisses d’Épargne de Marseille, de Lyon et de Troyes, vota un fonds pour la construction de maisons d’ouvriers et acheta quatre terrains distincts sur lesquels elle fit elle-même construire quatre maisons de brique se composant d’un rez-de-chaussée et d’un grenier.

Chaque maison fut divisée en deux parties comprenant chacune un logement de deux chambres avec une cuisine et, au grenier, une chambre avec fourneau économique ou une chambre avec cuisine.

Le contrat de location stipule, entre autres clauses, que le locataire, lors de son entrée en jouissance de la maison, devra payer une somme de 300 couronnes (420 fr.) et un loyer mensuel de 23 couronnes (32 fr. 20), dont 14 couronnes (19 fr. 60) pour le loyer du rez-de-chaussée et le reste, 9 couronnes (12 fr. 60), pour le loyer du grenier. En outre, le locataire doit aussi payer les frais d’entretien du logement qu’il occupe et de celui qu’il sous-loue, ainsi que ceux du terrain entourant sa maison, terrain lui servant de jardin et sur lequel il lui est défendu d'élever des constructions. 11 ne peut non plus faire aucun changement dans son habitation ni sous-louer sans l’autorisation de la direction de la Caisse d’épargne et il lui est interdit de loger des gens sans aveu ou d’installer un débit de boissons dans sa maison.

En revanche, tout locataire cpi remplit exactement les clauses du contrat devient propriétaire de son immeuble au bout de dix-huit années.

Après avoir ainsi fait construire dix-huit maisons, dont quatre de bois et quatorze de briques semblablement distribuées, la Caisse d’épargne utilisa les fonds provenant de la location de ces maisons, devenues la propriété de leurs locataires, à la construction d’une maison de retraite pour la vieillesse et continua cependant d’encourager la construction de maisons ouvrières en prenant des titres de la Société par actions des Maisons ouvrières qui fit construire ces premières maisons dès 1873.

La Société par actions des Maisons ouvrières de Gothembourg avait été fondée en 1867 par trois notables de cette ville en vue « de construire des bâtisses propres â faciliter aux ouvriers honnêtes le moyen de se procurer, en même temps que des logements sains, une position indépendante », et, forte de l’approbation royale que reçurent ses statuts en 1873, statuts limitant l’intérêt des actions à 5%, cette Société acheta, au faubourg d’Annedal un vaste terrain sur lequel, de 1873 à 1889, elle fit construire 89 maisons, dont 6 simples et isolées, 40 doubles et G un peu différentes de l’un et l’autre types, plus une rangée simple de 37 maisons donnant sur la rue. Pour cette nouvelle œuvre également, la Ville de Gothembourg prit à sa charge les frais de viabilité.

Le prix de chacune de ces maisons varie entre 8,500 couronnes (11,900 fr.) et 20,000 couronnes (28,000 fr.).

Notre figure 1 donne le plan de l’étage d’une de ces maisons doubles comprenant chacune, à cet étage, un logement de 2 chambres (1,1) et une cuisine (2) et un logement de 1 chambre (1) et une cuisine (2), avec des armoires (3, 4 et 5).

Outre une bande de terrain de deux mètres, plantée en jardin au-devant des maisons en bordure de la rue, la plupart des maisons ont la jouissance d’un petit jardin à l’intérieur de l’enclos.

Les termes de contrat, liant le locataire (un principal locataire, de fait,) de chaque maison avec la Société par actions, sont analogues à ceux que nous avons relatés plus haut pour les maisons delà Caisse d’Épargne de Gothembourg et le locataire, qui satisfait exactement aux termes de ce contrat, devient propriétaire de son immeuble au bout de vingt années.

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Re: Les habitations bon marché

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 23 mars 1901"

Dans le même but que la Société par actions, fut établie, à Annedal également, en 1870-71, au moment de la plus forte pénurie des petits logements, une Société dite de logement à Gothembourg, société à laquelle le Conseil municipal de cette ville fit céder à très bon compte un vaste emplacement de terrain, sur lequel cette Société lit construire 16 maisons de bois (4 grandes et 12 petites) contenant ensemble 112 logements d’une seule chambre.

Au bout de quelques années, la disette de logements ayant cessé, grâce à de nombreuses entreprises semblables dont la ville de Gothembourg fut alors le théâtre et dont nous ne rappellerons que les principales, la Société de logement vendit ses maisons de bois à ses locataires qui se hâtèrent d’y faire construire, le terrain ayant plus que décuplé de valeur, des maisons dites « maisons de préfet », maisons rappelant les anciennes maisons, encore en si grand nombre dans les villes de provinces françaises dont, seul, le rez-de-chaussée est construit en pierre et dont les autres étages sont surélevés en bois.

Laissant de côté, quant à présent, quelques autres Sociétés ayant eu toutes ce même but, d’assurer des logements en quantité suffisante à la classe ouvrière — à l’époque où cette classe augmentait toujours en nombre dans la ville de Gothembourg — il faut faire une mention spéciale des Maisons ouvrières de la Direction des Chemins de fer de l'État suédois.

Cette direction fit construire, en 1889-1890, sur des terrains contigus, une série ininterrompue de maisons de quatre étages, parfaitement salubres et même confortables, séparées en différents corps de bâtiments par des murs construits en matériaux réfractaires. Ces maisons renferment en tout 86 logements dont 8 à trois chambres avec une cuisine et 78 à une seule chambre avec cuisine ; de ces derniers, 24 seulement ont une entrée ; pour les autres, on entre directement dans la cuisine, assez spacieuse pour servir de salle-â-manger et où se tient la famille. Tous les logements, sans exception, ont des armoires et jouissent d’une cave et d’un grenier. Dans la cour, sont installées des buanderies et des boulangeries ; de plus les loyers sont très modérés et n’équivalent guère qu’à la moitié de l’indemnité de logement accordée par l’Etat à ses employés ; il y a donc là un véritable sursalaire, une sorte de gratification constante qui représente une augmentation de traitement pour les employés ainsi logés par la Direction des Chemins de fer de l’Etat suédois.

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Notre figure 2 donne le plan d’un étage de nouvelles maisons semblablement disposées que vient de faire construire cette Direction, maisons contenant ensemble, desservis par b escaliers (7,7), 2 logements de 2 chambres (1,1) avec cuisine (2); 74 logements d’une chambre (1) avec cuisine (2), et 2 logements d'une seule chambre, tous munis d’armoires (3, 4 et 5), soit 78 nouveaux logements qui, joints aux 86 logements primitivement aménagés, assurent l’habitation salubre à 164 employés dont un grand nombre mariés.

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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 6 avril 1901"

Ainsi que nous l’avons montré plus haut, grâce à la Direction des Chemins de fer suédois, là encore, mais par les soins du Gouvernement, un effort suffisant a été fait et, avec les institutions qui nous restent à examiner, cet effort montre combien la ville de Gothembourg fut, pendant la dernière moitié du dix-neuvième siècle, un champ fécond d’expériences des plus variées et aussi des plus réussies pour la solution du problème de l’habitation salubre et à bon marché.

Ces institutions sont, pour la plupart, dues à l’initiative privée.

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Ainsi, la Grande Brasserie J.-A. Pripp et Cie, après avoir créé de nombreuses œuvres d’économie sociale en faveur de son personnel, vient de faire construire un grand ensemble de bâtiments destinés spécialement à l’habitation de ce personnel.

Sur un terrain de 2,160 mètres carrés, dont les deux tiers (1,621 mètres carrés) pour les constructions et le reste pour les cours, ont été élevés les bâtiments dont notre fig. 3 donne un plan d'étage.

La façade principale a 102m,60 de longueur et le bâtiment a 13m,00 de profondeur; il comprend au rez-de-chaussée, cinq étages, caves et un grenier, mais les ailes en retour ont seulement un rez-de-chaussée et quatre étages.
Tout cet ensemble renferme :
1° Un restaurant de 103 mètres carrés, avec cuisines, dépendances, offices;
2° Sept boutiques avec arrière-boutiques;
3° Dix logements de quatre chambres avec cuisine et antichambre ;
4° Cinq logements de trois chambres avec cuisine et antichambre ;
6° Vingt-trois logements de deux chambres avec cuisine et antichambre ;
6° Cinquante logements d’une chambre avec cuisine et antichambre ;
7° Trois buanderies, des greniers, des caves, etc.

Les grands logements sont loués par les maîtres brasseurs et les employés supérieurs ; les autres par les ouvriers et l’ensemble peut recevoir près de cent familles. Quant au restaurant, il est exclusivement réservé au personnel de l’établissement.

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Nous terminerons cette revue sommaire des maisons ouvrières élevées à Gothembourg en citant les Maisons ouvrières des Fabriques de tissage de Gamlesladen (Voir fig. 4 et 5 les plans du rez-de-chaussée et d'un étage d’une des dernières maisons construites par cette Société).

Au rez-de-chaussée, fig. 4, les nos 6, 7, 8, indiquent le four, la boulangerie et la chambre à farine ; les n* 9,10 et 11 des boutiques ; le n° 12, la buanderie et le n° 13, les magasins, de combustibles.

A l’étage, fig. 5, les nos 1 indiquent les chambres, les nos 2, les cuisines, les nos 3, les entrées et les nos 4 et 5, les armoires, toujours réclamées par les locataires.

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Comme on le voit, ces logements sont des plus simples ; mais les efforts de toutes les classes de la Société de Gothembourg ont été si actifs, tant de la part du Conseil municipal, de la Caisse d’Epargne, des Chemins de fer de l’Etat, des Grands Industriels et des Sociétés dues à l’initiative privée, que le problème de l’habitation salubre à bon marché a été résolu avec succès et sans crise économique à Gothembourg avant de l’être dans toute autre ville de l’Europe.

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Re: Les habitations bon marché

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 20 avril 1901"

Si nous nous sommes arrêté avec quelque complaisance sur les efforts tentés à Gothembourg, depuis plus d’un demi-siècle, pour résoudre sans crise économique le problème de 1 Habitation salubre à bon marché, c’est que les documents que nous ont fournis sur cette question les Institutions Sociales et philanthropiques de Gothembourg sont des plus probants et méritaient bien par leur ensemble, par leur diversité et par le succès dont ils témoignent, la médaille d’or accordée à la ville de Gothembourg par le Jury international de la classe 106.

Mais, pour n’avoir pas été récompensées par le Jury, au moins pour leurs logements ouvriers, un certain nombre de grandes exploitations industrielles ou agricoles, en dehors de la ville de Gothembourg et aussi de la ville de Stockholm, sur laquelle nous reviendrons, n’en renferment pas moins de nombreux types de constructions à usage de logements concédés à faible loyer par les patrons à leurs employés de tous ordres, ce qui est au reste à peu près forcé; car les patrons de ces Exploitations, la plupart éloignées des villes, possèdent d’ordinaire tous les terrains avoisinant leur exploitation et, comme certaines Compagnies industrielles et minières françaises, accordent assez généralement, pour une faible redevance et à l’état de sursalaire, des logements convenables à leurs employés, lesquels se trouvent ainsi tenus dans une plus étroite dépendance.

Le chapitre spécial à la législation ouvrière et sociale de l’ouvrage intitulé La Suède, son peuple, son histoire indique, comme types d’habitations ouvrières dans les fabriques de province, les nouvelles maisons construites en grand nombre par la Société des Mines de Grangesberg (Dalécarlie). Chacune de ces maisons contient quatre logements d’une chambre avec cuisine, antichambre et entrée indépendante. Ces maisons, presque entièrement construites de fortes planches peintes en rouge, sont réservées aux familles des ouvriers connus parleur honorabilité, pour le prix de 3 couronnes, soit 4 fr. 20 de loyer mensuel et environ 50 francs par an. Quant aux ouvriers célibataires, au nombre de 625, ils sont logés dans des baraques, également de planches, contenant deux chambrées dont chacune peut recevoir 48 hommes.

La fabrique de Hurgvarna, près Jonkoping, a fait construire des habitations qu’elle loue à ses ouvriers, en même temps qu’elle donne à certains d’entre eux des terrains avec faculté d’emprunter la somme nécessaire à la construction de leurs modestes petites maisons familiales. Jusqu’en 1898, 113 maisons, comprenant 412 logements, avaient été construites par la fabrique et étaient louées annuellement à raison de 96 couronnes (134 fr.) pour les logements de deux chambres et 144 couronnes (201 fr.) pour ceux de trois chambres.

Mais un effort plus grand encore a été accompli par la Société métallurgique de Sandriken qui a fait élever 130 habitations ouvrières d’une valeur de 1,100,000 couronnes (plus de 1,500,000 fr.) et pouvant recevoir 3,674 personnes ne payant aucun loyer. Des petits jardins sont attenants aux maisons et l’eau est distribuée à l’aide de bornes fontaines établies dans les rues. Enfin la Société a fait édifier église, hôpital, quatre maisons d’école et un établissement de bains.

En outre l’attention des pouvoirs publics est en ce moment attirée sur la nécessité de créer, à l’aide d’emprunts à faible intérêt et à long amortissement, des biens ménagers ou petites propriétés dans les campagnes pour les ouvriers agricoles et aussi aux abords des villes pour les ouvriers occupés journellement dans ces dernières. En certains endroits même, les ouvriers ont formé des associations pour la création de ces biens ménagers. La plus importante de ces associations est la Egnahems foreningen (Association des biens ménagers), fondée en Ostrogothie dès 1889. L’association comprenait, en 1889, 2,382 membres possédant 13,110 parties de 10 couronnes, soit 131,100 couronnes (près de 185,000 fr.) Des constructions ont été élevées, partie dans les villes ou à leurs portes, partie dans la campagne, pour une somme de 280,000 couronnes (392,000 fr.) et payées comme suit, 1/10 lors de la prise de possession et le restant par un amortissement de 2 à 3%.

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