Les nouveaux Palais du Champ-de-Mars

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worldfairs
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Les nouveaux Palais du Champ-de-Mars

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 6 aout 1898"

FONDATIONS DES NOUVEAUX PALAIS AU CHAMP DE MARS

nouveauxpalaisduchampdemars-01.jpg

A part la galerie des Machines, qui sera utilisée en 1900, toutes les constructions auxquelles MM. Bouvard et Formigé avaient attaché leurs noms, ont disparu aujourd'hui.

La Construction Modernes a parlé précédemment de la démolition du Dome central. La suppression des coupoles et des galeries des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux s'est effectuée par des moyens analogues à ceux décrits à propos de l’œuvre de M. Bouvard et du Palais de l'Industrie : démontage, couronne par couronne, des coupoles centrales; projection dans le vide des pannes circulaires et des fermes soutenant ces couronnes ; dégarnissement des toitures, enlèvement des pannes ; isolement des fermes principales qui ont été abattues d’un seul coup, le démontage ne se faisant qu’après la mise à terre pour la facilité de l'enlèvement et du transport.

Une fois les constructions rasées, on a commencé les fouilles et procédé en meme temps à un nouveau nivellement du Champ-de-Mars, nivellement rendu nécessaire par la suppression de la fontaine de Coutan et la nouvelle répartition des bâtiments de la prochaine Exposition. On a procédé en meme temps à la déplantation et à la replantation au chariot transbordeur des arbres qu’il a été nécessaire de déplacer, mais que les directeurs de l'Exposition, MM. Picard et Bouvard ont tenu essentiellement à conserver.

La surface actuellement dénudée du Champ-de-Mars recevra trois grands palais. En avant et parallèlement à la Galerie des Machines qui sera masquée à la vue, s’élèvera le palais de l'électricité (M. Hénard, architecte) avec son annexe, le château-d’eau dont l’exécution a été confiée à M. Paulin.

Perpendiculairement à la Seine, deux vastes palais doivent être édifiés ; à droite en tournant le dos au fleuve, le palais des Lettres, des Sciences et des Arts qui sera l’œuvre de M. Louis Sortais; à gauche, le palais des Mines, de la Métallurgie, des Fils, Tissus et Vêtements dont l’exécution a été confiée à M. Blavelle.

M. Guilmoto, entrepreneur-adjudicataire des fondations de ces deux derniers palais, vient d’établir avec la collaboration de son chef de chantier, M. Bouillon, deux ateliers différents pour la fabrication de la grande quantité de béton qui doit remplir les puits sur lesquels s’appuieront les nouvelles constructions.

Le plan et le profil ci-dessus montrent la disposition de l’atelier du palais Sortais. Le principe de cette installation consiste dans l’établissement d’une bétonnière en charpente surélevée de trois mètres au-dessus du sol ; son avantage principal provient du système de montage des matériaux.

Sur le plan incliné, qui raccorde la plate-forme de la bétonnière avec le sol naturel, sont installées deux voies étroites : l’une sert à la montée du caillou, l’autre à celle du mortier, qui est fabriqué dans un malaxeur, mû par un manège à cheval.

Le wagonnet montant est relié au wagonnet descendant par un cable en fils d acier qui esL guidé par une poulie horizontale placée sur la plateforme de la bétonnière. Le poids mort du wagonnet montant est donc équilibré par celui du wagonnet descendant.

L'installation présente, en outre, un autre avantage que nous avions déjà signalé dans le chantier du petit palais des Champs-Elysées. La traction esL animale; seulement le cable moteur est attaché au wagon vide descendant et présente une longueur suffisante pour que le cheval ne se déplace que sur le sol horizontal et ne soit pas obligé de monter son poids en môme temps que celui des matériaux composant le béton.

Le deuxième atelier pour la fabrication du béton est installé è l’emplacement du Palais confié à M. Blavette. Il diffère du précédent en ce que les wagons pleins de caillou ou de mortier fabriqué sont montés verticalement sur la plateforme surélevée de la bétonnière par un monte-charge mû mécaniquement, ainsi que le malaxeur à mortier. La force motrice est donnée par une locomobile; et transmise par un arbre de couche, des courroies et des poulies de dimensions voulues. Ici, la traction animale est supprimée, mais l’installation mécanique a donné lieu à quelques tâtonnements de mise en marche.

Dans ces deux bétonnières, le béton fabriqué sur la plateforme systématiquement surélevée, tombe par son propre poids dans les wagonnets qui circulant sur le chantier, l’amènent au lieu d’emploi.

Le béton est composé de 800 litres de caillou pour 500 litres de mortier, qui est formé lui-même de trois parties de sable de rivière pour une partie de chaux de Beffes ou équivalente.

Les malaxeurs à mortier sont alimentés d’eau par un tuyau circulaire percé de nombreux trous par lesquels 1 eau sous pression se répartit sur toute la surface des cylindres où s’effectue le mélange.


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