Les bâtiments de l’Administration

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 30 octobre 1897"

Ces bâtiments situés, 2, avenue Rapp, s’étendent sur une surface d’environ six mille mètres carrés. On a aménagé les constructions des anciennes écuries de l'empereur et on les a complétées par un bâtiment neuf, en bordure sur l’avenue Rapp, mais tout en charpente de bois. Il y a sous-sol, rez-de-chaussée et un étage.

Cette construction légère, couverte en tuiles, en est a la période des gros plâtres terminés.

On a fait sur ce chantier l’application d’un système de puits de terre comprimée, qui a permis de donner une assiette suffisamment solide aux fondations tout en faisant de sérieuses économies. Autrement, l’architecte se trouvant en présence d’un très mauvais sol, tout de remblai, eût été entraîné par les procédés courants à des dépenses exagérées.


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Re: Les bâtiments de l’Administration

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Texte et illustrations de "La construction moderne - 7 mai 1898"

Travaux des Bâtiments de l'Administration Centrale


Les bâtiments d’administration des services de l'Exposition, construits sur le terrain dépendant de l’hotel des écuries de l’Alma, à l’angle du quai d’Orsay et de l’avenue Rapp, doivent contenir tous les services de l’administration centrale de l’Exposition :
Le Commissariat général ;
La direction de l’exploitation ;
Celle des finances ;
Celle de l’architecture;
Celle de la voirie ;
Et les services divers.

Ces bâtiments sont divisés en deux parties ;
La partie neuve, d’une surface de............ 2,150m2
Les constructions des anciennes écuries, affectées à cette nouvelle destination et nouvellement aménagées à cet effet, d’une surface de............. 1,850m2
Soit au total une superficie de.............. 4,000m2

Mode de Construction. — Le mode de construction devait être essentiellement économique et provisoire. Ces bâtiments, devant disparaître à la fin de l’Exposition, devaient cependant avoir un aspect extérieur en rapport avec leur emplacement et le voisinage des constructions de l’Exposition.

Ils devaient avoir un aménagement intérieur aussi complet que peut nécessiter un groupement de services divers, très importants.

Le mode deconstruction adoptée a été le bois. En dehors des grands abris dans lesquels les points d’appuis sont également espacés et chargés, où les longues portées et les grandes hauteurs sont nécessaires, il est rare qu’on puisse, avec l’emploi du fer, satisfaire à l’économie d’un programme donné.

Le bois, l’antique bois, trouve encore, avec tous ses défauts, de nombreuses applications. Sa mise en œuvre est plus simple et plus rapide. Il offre à la compression une grande résistance pour des poteaux peu élevés. Employé dans les planchers, il reçoit directement le parquet, et par le rapprochement des solives, ne nécessite pas le hourdis en maçonnerie.

D’autre part, il est essentiellement combustible, et ce défaut grave a nécessité, dans l’espèce, d’importantes précautions.

Il convient de signaler, parmi les divers procédés employés, celui des substructions proposé par M. Dulac et adopté par l’architecte.



Le bon sol se trouvait à environ 8 mètres au-dessous de la voie publique. L’établissement de puits en béton, nécessaires à la stabilité de la construction projetée, aurait grevé le budget de l’opération dans des conditions inacceptables.

L’emploi de pieux battus et reliés, suivant l’usage, n’était pas moins coûteux.

Le procédé employé, dont a déjà parlé la Construction Moderne, consiste dans la compression du sol par des moyens mécaniques, permettant d’établir au point voulu une résistance demandée et calculée suivant la charge à supporter.

Décoration de la Façade
Décoration de la Façade


Cette compression s’est faite par le bourrage du sol, avec du mâchefer et des cailloux, à l’aide d’un mouton perforateur, et par le battage du sol à l’aide d’un mouton plat. La surface du mouton et la hauteur de la chute permettent d’établir l'effort du point battu à refoulement.

Signalons encore le procédé de revêtement, qui a été adopté pour les murs extérieurs et intérieurs.

Les murs extérieurs en pan de bois, au lieu d’être hourdés en plâtras et plâtre de 0,15 à 0,18 d’épaisseur, ont été revêtus intérieurement et extérieurement de panneaux en plâtre et roseaux dits « Fibrocortchoina » de trois centimètres d’épaisseur. Ces panneaux, qui se scient et se débitent comme du bois, se clouent avec des pointes galvanisées, se manœuvrent et se juxtaposent facilement.

On a pu ainsi éviter l’humidité qu’aurait nécessairement produit un hourdis de 0m,16, éviter les lézardes qui se seraient très certainement produites au contact de ce hourdis avec les lattis de bois. On a obtenu également l’isolement de la construction et l’assainissement immédiat des locaux, par la création d’un matelas d’air intermédiaire.

C’est en somme le procédé préconisé aujourd’hui dans la construction hygiénique des hôpitaux et des asiles.

Les plafonds et les cloisons intérieures ont été faits avec le même procédé; le résultat, jusqu’ici, parait satisfaisant.

Le bâtiment est éclairé à l’électricité et chauffé complètement par la vapeur à basse pression.

En vue de parer aux inconvénients provenant de la combustibilité du bois, les bois de charpente ont été revêtus de panneaux de plâtre. Tous ceux intérieurs du comble, ceux extérieurs visibles, consoles et auvents, ont été enduits, à deux couches d’ignifuge.

Plan du rez-de-chaussée
Plan du rez-de-chaussée

Un service d’incendie, alimenté en eau de source sous pression, a été installé d’accord avec le service des pompiers chargés des rondes. De plus, le bâtiment est muni en permanence des grenades spéciales pour combattre les incendies.

Les dépenses de construction se sont élevées en nombre rond, à 400.000 francs. L’installation du chauffage exécuté par la maison Leroy, et celle de l’électricité exécutée par la Compagnie de Travaux d’Eclairage et de Force sont comprises dans la dépense générale, pour une somme de 60.000 francs.

Le prix de construction des bâtiments neufs est revenu à 170 francs le mètre superficiel, y compris l’installation du chauffage et de l’éclairage.

Les travaux, commencés le 1er avril 1897, ont été terminés à la fin de décembre de la meme année.

Nous figurons sur notre planche la décoration extérieure qui a été confiée à M. Ch. Risler, décorateur, et dont l’exécution est à peine commencée. Cette décoration est destinée à être combinée avec une illumination électrique. Sur notre gravure, les points noirs figurent les ampoules électriques.

Nous donnons ci-contre le plan du rez-de-chaussée. Le premier étage, qui n’existe que sur les parties en bordure des voies publiques, comprend les bureaux du commissaire général, des directeurs et administrateurs, du secrétariat général et de l’ingénieur en chef.

M. Deglane, architecte des bâtiments civils, dont dépend l'hôtel des Ecuries de l’Alma, a été chargé de dresser et d’exécuter ce projet. Ce bâtiment lui fait le plus grand honneur, en raison du résultat parfait, obtenu si rapidement et sans aucun déplacement du faible crédit prévu.

C'est M. Dulong, architecte de la ville, son inspecteur, qui a été chargé de seconder, dans sa mission, l’éminent architecte du grand palais des Champs-Elysées.
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 3 septembre 1898"

CHARPENTE DES BATIMENTS D’ADMINISTRATION CENTRALE DE L’EXPOSITION DE 1900

La Construction Moderne a publié précédemment les plan, détails et renseignements relatifs aux bâtiments destinés à loger les services administratifs de l’Exposition de 1900. Les bâtiments sont l’œuvre de M. Deglane, l’éminent architecte des bâtiments civils, qui pour ce travail, a eu pour inspecteur et collaborateur M. Dulong, architecte de la Ville de Paris.

Nous avons déjà exposé par quels moyens ingénieux et économiques M. Deglane avait pu atteindre le but qu’il se proposait, sans dépasser, si peu que ce soit, le faible crédit mis à sa disposition pour ce travail.

Le mode deconstruction adopte a été le bois, dont l’emploi est encore aujourd’hui tout indiqué pour les espaces de moyenne grandeur, et pour une construction économique et provisoire, comme celle dont nous parlons. Dans le cas présent le bois a encore eu l’avantage de recevoir directement le parquet, et d’éviter le hourdis en maçonnerie par le rapprochement des solives.

En vue de parer aux inconvénients provenant de la combustibilité du bois, les charpentes ont été revêtues de panneaux de plâtre. Les bois intérieurs des combles, ainsi que ceux extérieurs visibles, les consoles et auvents, ont été enduits, à deux couches d’ignifuge.

Dans ces charpentes, exécutées et montées avec beaucoup de soin et de rapidité par M. J. Haour, il y a lieu de signaler l’heureux emploi de bois moisés avec assemblages spéciaux.

batimentsadministrationcentrale-03.jpg

Ces assemblages spéciaux consistent en l’emploi de plaques ou goussets en tôle percés de trous en nombre suffisant pour le passage des boulons qui réunissent les pièces moisées. Les figures 1 et 2 montrent le détail de ces plaques de tôle qui souvent même se font en tôle striée pour augmenter l’adhérence des pièces à réunir.

Les avantages de ce système sont nombreux :
Les pièces assemblées sont rendues absolument solidaires à leurs extrémités; on évite ainsi la déformation des assemblages qui restent maintenus dans leur position normale. Cette considération permet, dans les calculs de résistance, de regarder les pièces horizontales comme entièrement ou tout au moins comme en partie encastrées.

L’indéformabilité des angles aux articulations se trouve encore assurée par le frottement du bois contre le métal. Dans une construction économique, cet éclissage se trouve supérieur aux liens en bois qui exigent un travail parfait : il est nécessaire, en effet, que les tenons soient d’une épaisseur telle que la pénétration dans les mortaises soit légèrement forcée, et que les chevillages soient exécutés très consciencieusement. On sait combien ces détails d’exécution sont difficiles à obtenir pratiquement.

Loin de démaigrir les pièces dans leurs parties les plus importantes, les assemblages sans tenons ni mortaises permettent au contraire d’utiliser pour la résistance toute la section du bois, qui peut ainsi rentrer dans son intégralité dans le calcul des efforts. La construction se trouve aussi fort simplifiée puisqu’elle ne se compose que de bois aux dimensions du commerce et de plaques de tôle proportionnées aux besoins des assemblages.

Le système employé dans ces bâtiments d’administration a facilité, dans une large mesure, le montage qui a pu se faire
très rapidement, sans danger et sans grande dépense. Le goussetage s’est fait en deux opérations successives, la première partie de l’assemblage exécuté ayant assuré une rigidité parfaite aux premières pièces assemblées. On a évité de cette façon la grosse difficulté qui aurait résulté du montage de tout l’appareil en un seul bloc, et dont il est facile de se rendre compte par l’examen des coupes verticales au droit des fermes (fig. 3,4 et 5).

batimentsadministrationcentrale-04.jpg

La stabilité s’est trouvée assurée par la disposition même des goussets qui dépassent le niveau supérieur des moises portant le plancher du premier étage et qui, après coup, ont reçu les poteaux de la partie supérieure en les moisant au pied.
Cette disposition, surtout dans les fermes de 9 mètres qui sont éclissées h la hauteur de l’entrait, indique qu’on peut, même pour les poteaux, les considérer comme encastrés en tout ou en partie; cela a permis de réduire la section de la partie supérieure des poteaux, chose qui eût été impossible avec poteaux ayant plus de huit mètres de hauteur en une seule pièce.

La figure 4 montre le pan de bois de la ferme qui termine la nouvelle construction dans la rue de l’Université.

La figure 5 représente les détails d’une ferme de 15 mètres dans la partie du bâtiment en bordure de l'avenue Rapp, du côté du quai d’Orsay.

Il y a lieu, dans ces deux fermes de 9 et lo mètres de portée, de remarquer l’absence de contrefiches pour les contreventements. On a pu obtenir des pièces d’habitation, entièrement carrées, en employant utilement dans les charpentes les poteaux qui limitent les couloirs de dégageaient placés non symétriquement par rapport à l’axe de la construction (fig. 3 et 5).

batimentsadministrationcentrale-05.jpg

Le détail de la ferme de 15 mètres montre encore que les grands efforts de poussée sont retenus par les moises retroussées, dont les réactions au point d’assemblage avec l’arbalétrier, passent en grande partie dans les contrefiches de la ferme, et de là dans les poteaux placés à l’intérieur.

La couverture du bâtiment, qui est en tuiles mécaniques, présente une pente de 0m,40 par mètre.

La quantité de bois employée est, en nombre rond, de 700 mètres cubes.

La dépense pour l'entreprise Haour, comprenant également les escaliers et divers aménagements, a été d’environ 85,000 francs dont 60,000 francs pour la charpente.
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