Le Petit Palais

Paris 1900 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Petit Palais

Message par worldfairs »

La grande galerie du Petit Palais
©Le Panorama
©Le Panorama


Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 30 octobre 1897"

Les travaux du Petit Palais

La maison Manoury et Grouselle, par traité amiable, a été chargée de la construction de ce lot; mais à la différence du Grand Palais, il n’y a pas eu de sélection pour les travaux de terrassement et de basses fondations, Ces entrepreneurs n’auront à partager avec personne la responsabilité de l’œuvre qu’ils exécuteront suivant les plans de M. Girault, architecte.

Pour M. Manoury, c’était un rêve d’attacher son nom a la construction du Petit Palais et c’était aussi le couronnement d’une carrière laborieuse, bien et dignement remplie. La destinée en a décidé autrement, car au lendemain même de la signature du contrat, il est mort subitement. Saluons le travailleur disparu, el souhaitons toute réussite à M. Grouselle qui présidera seul à l’édification du monument.

Sur ce chantier, les préparatifs d’attaque sont commencés. Les voies Decauville sont installées en tous sens et mises en communication avec une ligne principale qui se dirige par le tunnel sous le quai de la Conférence jusqu’aux berges de la Seine.

Les approvisionnements marchent grand train : pieux, cailloux, sable, ciment et pierres sont déjà en bataille.

Ici, on parait cependant changer de méthode pour asseoir les points d’appui sur le bon sol, et, si ce n’est déjà fait, le système de puits parait devoir être adopté. Les forages déjà faits accusent une profondeur de 7 à 8 mètres.

En somme, le Petit Palais commence seulement son évolution.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 27 novembre 1897"

Installation du chantier du Petit Palais.

— L’élégante clôture qui s’étend entre l’avenue des Champs-Élysées, le Cours-la-Reine et l’avenue d’Antin, renferme les chantier
de quatre entrepreneurs. Trois d’entre eux s’occupent de la construction du Grand Palais (Fig. I). Le quatrième, M. Paul Grousselle, privé à la dernière heure de son associé M. Manoury, préside seul à l’édification complète du Petit Palais, y compris les terrassements et les fondations.

Fig. 1 - Plan d'ensemble des chantiers des palais des Champs-Elysées
Fig. 1 - Plan d'ensemble des chantiers des palais des Champs-Elysées

Cette réunion, dans une même main, des travaux du dessous et du dessus, semble déjà avoir porté d’heureux fruits, en ce qui concerne la rapidité d’exécution.

C’est ainsi que, mis en possession de son chantier vers le milieu d’octobre, c’est-à-dire environ six mois après l'ouverture des premiers travaux en bordure de l’avenue d'Antin, l’entrepreneur du Petit Palais a, dans plusieurs parties, terminé les basses fondations en béton, et meme ébauché celles des caves et des sous-sols.

En dehors du temps exceptionnellement favorable de celle fin d’année, ce qui a contribué à cette rapidité de bon augure pour l’achèvement, en temps voulu, des nouveaux Palais, c’est, d’une part, la direction prévoyante donnée, pour l’ensemble et pour le détail, par M. Girault, architecte en chef des deux Palais et architecte spécial du Petit; ce sont, d’autre part, les puissants moyens d’action, le nombreux et varié matériel, ainsi que l’organisation intelligente pratique et bien entendue de l’entreprise.

Nous en donnerons une idée par l’étude de l’installation du chantier, organisé de main de maître par M. Grousselle, secondé par M. Etienne, son actif et intelligent collaborateur.

Délimitation des emplacements réservés a l’entreprise (Fig. 2). — L'entrepreneur occupe toute la partie Est du chantier général des Champs-Élysées jusqu’à l’axe de la future avenue Nicolas, qui est, comme on le sait, le prolongement de l’axe du pont Alexandre III et de l’Hôtel des Invalides. — Une clôture en grillage de fil de fer sépare le chantier Grousselle du chantier Nanquette et Marlaud. Cette sage mesure administrative évite tout empiétement d’un chantier sur l’autre et par conséquent toute discussion et tout retard.

Fig. 2 - Plan du chantier du petit palais
Fig. 2 - Plan du chantier du petit palais

L'administration a de plus attribué à l’entreprise du Petit Palais, en bordure de la Seine, près du pont des Invalides, la jouissance de 77m,50 de longueur d’estacade, dont 40m,50 en commun avec les autres entreprises et spécialement destinés à l’enlèvement des terres de déblais.

Organisation générale des transports. — Pour relier ces deux emplacements très éloignés l’un de l’autre, M. Grousselle a installé un chemin de fera voie de O",60, sur laquelle circulent des wagonnets d’une contenance de 1m,250.

Ces wagonnets sont tous munis d’un frein puissant à levier et à coin, de l’invention de M. Grousselle. Cette précaution, destinée à éviter des accidents très fréquents sur les chantiers étendus, est surtout à sa place ici, où les trains à traction humaine ou animale circulent sur des pentes très rapides, notamment celle qui se trouve en courbe à la sortie du tunnel du Cours-la-Reine, et celles qui desservent le fond des fouilles en rigole (5 mètres de profondeur).

Outre l’accès fluvial, le chantier est encore desservi par deux portes charretières, placées, l’une H face à la place de la Concorde, l’autre face à la Seine en bordure du Cours-la-Reine. Ces portes ne s’ouvrent qu’exceptionnellement, au moment de l’entrée et de la sortie des fardiers chargés de pierres de taille, seuls matériaux que l’administration autorise à prendre la voie de terre. Tous les autres services d’enlèvement des terres ou d’apport de matériaux se font par le passage souterrain, conformément aux ordres formels du commissariat général.

Jusqu’à présent, malgré la juxtaposition et la superposition partielle de quatre entreprises, les transports se sont faits très régulièrement. Il faut en attribuer le mérite au règlement très net de l’administration, à son observation rigoureuse par les entrepreneurs et aussi à l'échelonnement de l'ouverture des quatre chantiers : Pradeau, Chapelle, Nanquette-Marlaud et Grousselle.

travauxpetitpalais_03.jpg

Terrassements ; fouilles et enlèvement des terres. — Comme l’indiquent les plans ci-joints, la forme générale du Petit Palais est un trapèze. M. Girault a très simplement tiré parti de remplacement accordé par l’administration en disposant la façade de son édifice sur tout le pourtour et en ménageant au centre un jardin en hémicycle.

Dès l'ouverture de son chantier, l’entrepreneur s’est hâté d’installer tout autour du bâtiment une voie de ceinture qui sera utilisée pendant toute la durée des travaux.

Outre cette voie de ceinture définitive, on a posé, suivant les besoins, des voies provisoires. C’est ainsi qu’a été établi l’embranchement destiné à desservir la fouille de la cave des calorifères, ainsi que celui qui va chercher les terres au fond de la partie de rigole, profonde de 5 mètres au-dessous du sol actuel.

L’entrepreneur n’a procédé à l’élévation des terres par jets de pelle successifs que dans des cas très rares, cela par suite de sa manière, aussi économique que pratique, de procéder à la fouille de cette rigole profonde, au fond de laquelle des pieux doivent être fichés (Fig. 3, 4 et 5).

Pour éviter les étalements et l’embarras qu’ils créent au moment du battage des pieux, M. Grousselle fait creuser la fouille suivant un talus plus ou moins prononcé, suivant les circonstances et la nature des terres. Dans notre espèce il a raccordé la largeur de trois mètres, au niveau supérieur prévu pour le béton, avec, au fond de la fouille, la largeur de 1 mètre, suffisante pour le service.

De cette manière, la fouille se tient seule pendant tout le battage des pieux qui sont placés en quinconce, alternativement dans l’axe et sur les côtés. Avant de placer ces derniers, il est nécessaire d’affamer partiellement la fouille comme l’indiquent les croquis des figures 3 et 4. Ce n’est qu’au dernier moment, une fois que tous les pieux sont battus et récépés à hauteur, que la fouille est élargie totalement à 3 mètres pour permettre l’exécution du bétonnage (Fig. 5).

Les déblais provenant des fouilles sont chargés dans des wagonnets, soit directement au fond des rigoles, soit sur berge, après un ou deux jets de pelle en hauteur. Une fois cinq wagons remplis, le train forme est conduit, par traction chevaline, au bord de l’estacade du pont des Invalides, Par basculement des wagonnets, les terres sont jetées directement dans le bateau qui les mène à Choisy-le-Roi, où elles seront reprises et utilisées en remblais.

(A suivre.)
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 11 décembre 1897"

INSTALLATION DU CHANTIER DU PETIT PALAIS

Système de fondation employé. — Avant d’étudier le système de fondation employé par M. Girault pour la construction de son édifice, il est utile de rappeler que remplacement de la future avenue Nicolas, prolongement du pont Alexandre III, coïncide avec l’ancien débouché en Seine du ruisseau dit de Ménilmontant ou de la Grange-Batelière.

D’autre part les sondages ont indiqué que la couche de gravillons placée sous le lit du fleuve, se relève rapidement et se trouve directement sous la terre végétale, à remplacement de l’ancien Palais de l’Industrie.

Ces renseignements expliquent pourquoi une partie des fondations du nouveau Palais a pu être exécutée très facilement en s’établissant sur la couche de gravillons dont nous avons parlé ( Voir fig. 7), tandis que les parties voisines de la Seine et de l’avenue Nicolas ont nécessité des basses fondations plus compliquées, le bon sol se trouvant trop profond pour que l’on ait songé à y asseoir le béton (Voir fig. 8).

travauxpetitpalais_04.jpg

Il est évident que l’on aurait pu employer le système qui souvent, à Paris, est imposé quand on construit sur d’anciennes carrières. Ce système consiste à établir de distance en distance des puits de maçonnerie qui traversent toute la hauteur de la couche dangereuse et s’appuient directement sur la couche solide ; puis à établir les fondations sur ces piliers et voûtes qui les réunissent.

L’architecte du Petit Palais a écarté cette manière de faire qui est fort onéreuse. Il a préféré l’emploi de pieux, établis dans des conditions qui les rendent indestructibles et qui méritent d’être signalées.

Se basant sur ce que les bois soumis alternativement à l’humidité et à la sécheresse se conservent infiniment moins bien que ceux constamment immergés, M. Girault a fait creuser les rigoles jusqu’au niveau normal de la Seine, déterminé par la retenue de Suresnes, de telle sorte que toute la partie des pieux, non emprisonnée dans le béton, se trouvera toujours humidifiée par l’infiltration des eaux de la Seine.


Etablissement des basses fondations. — La figure 8 montre que les pieux sont enfoncés jusqu’au refus dans le terrain solide, et qu’ils auront, à leur partie supérieure, une longueur de 0m,60 noyée dans le béton.

Le béton sera composé de mortier de ciment de Portland jusqu’au niveau de la plus haute crue connue, celle de 1870, et de mortier de chaux hydraulique à la partie supérieure.

Avec une profondeur de rigole de 5 mètres environ (Voir fig. 8), le battage des pieux n’était pas sans offrir de grandes difficultés.

Ce travail, commencé vers le milieu de novembre, se poursuit néanmoins dans des conditions excellentes, grâce aux sages précautions prises pour l’exécution des terrassements (voir ci-dessus), et aussi à l’emploi d’une sonnette à Vapeur (système Decout-Lacour de La Rochelle), pourvue de tous les perfectionnements connus à ce jour.

Le plus utile, dans le cas présent, consiste dans la facilité tie prolonger, jusqu’au fond de la fouille, les glissières directrices du mouton, et dans l’utilisation de ces glissières comme guide des pieux eux-mêmes (Voir fig. 9).

travauxpetitpalais_05.jpg

Avant son enfoncement, outre les ferrures de la pointe et de la tète, chaque pieu est percé de part en part par un trou distant de 0m,50 de sa partie supérieure. Ce trou donne passage à un tire-fond qui maintient le pieu dans la direction verticale, attendu qu’il est également fixé à une masse métallique guidée et maintenue par les mêmes glissières que le mouton.

Ce dernier pèse 1.200k, sa hauteur de chute se règle à la main suivant le degré d’enfoncement du pieu et suivant la nature des terrains traversés.

Une fois battus au refus, c’est-à-dire enfoncés de 0m,70 à 1 mètre dans la couche de gravier et de gravillons, les pieux sont recèpés avec une scie à main, de manière à n’avoir que 0"',60 de hauteur au-dessus du fond de la rigole. Les parties coupées, devenues inutiles, sont retirées de la fouille à l’aide d’une chèvre de petite dimension et facilement transportable.

On dresse alors définitivement le profil de la fouille qui est prête à recevoir le béton.


Exécution du bétonnage. — Pour éviter tout transport inutile, la fabrication du béton se fait à l’entrée du chantier, c’est-à-dire du coté par où arrivent les matériaux nécessaires au mélange.

La chaux, le ciment, le sable, le caillou, sont chargés dans les caisses des wagonnets, sur le bateau même qui les a amenés. Les caisses sont soulevées par les anneaux dont elles sont munies, à l’aide d’une grue à vapeur qui les transborde de leur truc sur le bateau, puis du bateau sur leur truc.

Chaque train, formé de plusieurs wagonnets chargés, est amené par traction animale aux différents dépôts indiqués sur le plan d’ensemble (Voir fig. 2).

La chaux et le ciment, matériaux moins encombrants que les autres, et plus faciles à se procurer rapidement, ont été approvisionnés avant l’ouverture définitive du chantier et mis en dépôt dans des hangars à l’abri de la pluie et de l’humidité du sol.

(A suivre.)
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 décembre 1897"

LES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
INSTALLATION DU CHANTIER DU PETIT PALAIS

Pour arriver à un rendement considérable (200 mètres cubes de béton par jour), l’entrepreneur a installé une locomobile à vapeur pour la fabrication du mortier.

Cette locomobile transmet par courroie le mouvement à une série de malaxeurs. Ceux-ci sont établis sur une plateforme surélevée, de manière à ce que le mortier fabriqué puisse être chargé dans les wagonnets sans nouveau jet de pelle vertical.

Ajoutons que des prises d’eau sont installées dans tout le chantier et sont alimentées par l’eau de la Ville.

Une fois remplis de mortier, les wagonnets sont dirigés vers la bétonnière et arrêtés quelques mètres en avant de la rampe à franchir pour atteindre la plate-forme de fabrication (Voir fig. 10).

Cette plate-forme a été systématiquement surélevée, de manière à ce que le produit fabriqué puisse être chargé dans les wagonnets sans nouvelle manipulation.

Quand l'un des cylindres de la bétonnière est rempli, son contenu se déverse, par le seul effet de la pesanteur, dans le wagonnet qui se trouve au-dessous et qu'il remplit exactement, par suite de l’égalité de leurs capacités.

Les wagonnets pleins de béton sont traînés sur le lieu de leur emploi. Leur contenu est basculé soit directement dans la rigole, soit, dans le cas où la voie ferrée n’a pu être établie au bord même de la fouille, sur une plaque de tôle qui recouvre le sol jusqu’à la crête de la berge.

travauxpetitpalais_06.jpg

Les wagonnets amenant soit le mortier, soit le caillou, sur la plate-forme de la bétonnière en charpente (Fig. 10) sont mus, pendant leur cheminement sur la rampe d’accès, par un cable métallique à l’extrémité duquel sont attelés deux chevaux. Il faut remarquer que ces animaux ne traînent pas directement les wagons, ce qui les obligerait à monter et à descendre un nombre considérable de fois. Ils se déplacent sur un chemin horizontal, parallèle et contigu à la rampe d’accès au haut et sur le côté de laquelle se trouve des galets en nombre suffisants pour diriger le câble de traction.

Comme il est facile de le constater par les explications que nous venons de donner, tout a été combiné pour éviter toute fausse manœuvre et tout transport inutile, qu’il soit vertical ou horizontal.

La bonne utilisation des moyens dont on dispose, tout en étant profitable à l’entrepreneur, permet d’obtenir un meilleur rendement et une vitesse plus grande, chose extrêmement importante dans le cas qui nous occupe.

Pour en donner un exemple, calculons l’économie réalisée par la montée des matériaux, dans les conditions indiquées précédemment.

La durée d’un voyage complet, aller et retour, est en nombre rond de 5 minutes, soit de 300 secondes (5 x 60" = 300").

Un cheval de trait pèse environ 1.200k. Si les deux chevaux tiraient directement les wagons sur la rampe d’accès de la
bétonnière, le travail total à effectuer, en plus de celui des wagons, serait pour la hauteur de 3 mètres de la plate-
forme, de (2.400k * 3m,00)/300" soit de 24 kilogrammètres, ou en nombre rond de 1/3 de cheval-vapeur (75 kilogrammètres par seconde).

Dispositions générales du chantier. — Comme le montre le plan général de la Figure 2, l’entreprise a installé de suite ses différents services. Notamment dans les endroits non passagers, elle procède, dès aujourd'hui, a la taille des nombreuses pierres qu’elle a à fournir.

Les approvisionnements nécessaires ne sont pas encore bien avancés. Les pierres de taille ne viennent que progressivement par voie de terre, ce qui ne gêne nullement les autres services.

Les provenances des pierres déjà approvisionnées, Souppes, Euville, et Contarnoux dans l’Yonne.

L’Administration de l’Exposition s’est réservé certains emplacements pour la taille des pierres provenant du Palais de l’Industrie, et qui sont restées sa propriété. Elles seront utilisées dans les fondations et dans les soubassement intérieurs.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 28 mai 1898"

EMPLOI DU CIMENT ARMÉ POUR LES FONDATIONS ET DES PLANCHERS DU PETIT PALAIS DES BEAUX-ARTS

M. Girault, architecte en chef des Palais des Champs-Elysées, a fait un emploi très important du ciment armé dans la construction du Petit Palais dont il a été spécialement chargé.

A. — Fondations.
petitpalaisplanchers-01.jpg

Le ciment armé a été employé dans trois parties différentes par M. Grouselle, entrepreneur général :
1° angle des façades sur l’avenue Nicolas et le Cours-La-Reine, à la suite d’un éboulement assez important qui s’était produit pendant l’exécution des terrassements, le système normal des fondations, dont nous avons parlé précédemment a été interrompu, en vue de résoudre rapidement et économiquement cette difficulté imprévue (V. fig. I). Les fondations sur pilotis ont été remplacées par une voûte en béton de mortier hydraulique armée de rails en fer, de 38 kilog. le mètre courant, espacés de 0m,80 d’axe en axe. Cette partie de la façade se trouve donc suspendue et portée par cette voûte, dont la charge est reportée sur les fondations voisines.

petitpalaisplanchers-02.jpg

2° Le perron principal sur l’avenue Nicolas reposera sur une plateforme en ciment armé de fers ronds de 0D,03 de diamètre espacés entre eux de 50 centimètres.

3° La seule partie de cave du Relit Palais destinée à loger les calorifères, est enfoncée dans le terrain perméable qui forme l’ancien lit de la Seine (fig. 2). Pour éviter l’envahissement, par les eaux de crues, de cette chambre souterraine dont le sol est à l’altitude de 27m,80 (0m, 60 seulement au-dessus du niveau normal de la Seine), le radier, en forme de voûte renversée, a été fondé sur une plateforme en béton de ciment de 0m,40 d’épaisseur, armé au milieu de sa hauteur par un quadrillage en fers ronds de 0m,03 de diamètre. Le radier, ainsi que les murs de soutènement composés de meulières en mortier de ciment, sont protégés, à l'extérieur et à l'intérieur par un enduit en ciment de 0m,04 d’épaisseur. Grâce à ces précautions, la cave des calorifères est à l’abri de toute infiltration.

petitpalaisplanchers-03.jpg

B. — Planchers.
Les avantages du ciment armé, pour les forts planchers principalement, sont réels. Les principes de ce genre de construction ont été exposés par M. Planat, avec sa compétence et sa netteté habituelles dans ce journal (p. 150, 9A année); puis complétés et mis au courant des derniers perfectionnements dans une brochure spéciale.
En résumé, ces planchers, dont toutes les parties (poutres, poutrelles, hourdis) sont solidaires, résistent bien au feu, à l’humidité, aux agents atmosphériques; ils sont imperméables, insonores, mauvais conducteurs de l’électricité ; ils facilitent les précautions hygiéniques; leur emploi procure une diminution dans le poids mort ainsi qu’une économie notable d’encombrement.
Au point de vue théorique, le ciment armé participe des avantages du fer et du ciment : le ciment et les mortiers résistent parfaitement à la compression ; on sait que celle résistance peut atteindre jusqu’à 150 et 200 kilog. par centimètre carré. Le ciment, par contre, se comporte dune façon très médiocre à la tension ; quand il se fendille, sa résistance au travail de tension se trouve absolument détruite. Si Ion a le soin, comme le font les constructeurs sérieux, de placer des barres dans les parties destinées à travailler par extension, cette sorte de feutrage s’oppose au fendillement, et le métal supplée à la résistance de tension de ciment, quand celle-ci devient insuffisante. L’ensemble réunit donc des qualités de résistance dans l’un et l’autre sens, qui permettent de réaliser d’excellentes constructions.

petitpalaisplanchers-04.jpg

Le plancher haut des sous-sols est composé de poutres principales, de 0m,70 ou 0m,45 d’épaisseur, espacées de 5m,90 ou 3m,50 d’axe en axe, et d’un hourdis en forme de voûte très surbaissée, (flèche de 0m,14 pour 3m,03 de portée).

La section droite de chaque poutre est rectangulaire, mais la hauteur varie de telle sorte que chaque poutre forme une voûte dont l’intrados est un arc de cercle ayant 0m,35 de flèche pour des portées de 5m,20 et 5m,90. La figure 4 montre la position des deux fers ronds situés dans un même plan vertical. Le fer inférieur est parallèle à l’intrados, tandis que le fer supérieur, voisin du précédent aux environs de la clef s’en éloigne du coté des retombées. Cette position de l’armature au milieu du ciment n’est pas arbitraire; elle dépend, comme nous l’avons dit plus haut, de l’emplacement des efforts de traction auxquels doit s’opposer la partie métallique du ciment armé.

Comme chaque poutre forme une voûte en arc de cercle les murs qui reçoivent les retombées, ont une tendance au renversement. En vue de combattre cet effort, le mur de façade et le mur intérieur qui lui est parallèle, sont reliés par de nombreux fers ronds de 0m,006 de diamètre placés dans l’épaisseur du hourdis (fig. 4). Il est à remarquer que la hauteur utile de chaque poutre comprend l’épaisseur du hourdis qui la surmonte, par suite de la cohésion du ciment armé composant l’ensemble du plancher.

Outre les ferrures longitudinales, dont nous venons de parler, les poutres et les hourdis sont encore armés d’étriers en forme U allongé, dont la partie ouverte se trouve à la partie supérieure. Ils ont pour but de s’opposer aux déformations que pourraient produire l'effort tranchant ou les effort qui tondent à séparer dans chaque poutre, la région qui travaille à la tension de celle qui travaille à la compression.

petitpalaisplanchers-05.jpg

Cette voûte formant hourdis est très surbaissée, la pression sur les points d’appui est considérable; elle a dû être contrebalancée par des fers perpendiculaires aux poutres servant de point d’appui el qui rendent solidaires les efforts contraires de deux voûtes contiguës.

La partie de ce plancher haut visible du sous-sol a reçu un enduit très léger en ciment de Portland qui a été appliqué par badigeonnage suivant la méthode employée à la confection des enduits intérieurs des égouts parisiens. Il y a lieu de remarquer que cet enduit a une épaisseur très réduite et que son adhérence est parfaite.

En dehors du ciment armé, les matériaux employés dans les sous-sols sont : la brique rouge, la meulière et les vieilles pierres de taille qui proviennent du Palais de l’Industrie et qui ont subi une retaille complète.

Jusqu’à présent le sol est en terre ; il sera plus tard bitumé ou planchéié suivant l’usage auquel chaque partie de ce sous-sol sera affectée.

Le plancher haut des sous-sols, a été calculé pour une surcharge de 1.100 kilog. par mètre carré y compris la charge permanente et uniforme de 100 kilog. pour le pavage qui sera en marbre. Nous donnerons prochainement les résultats des essais qui ont été faits le 28 février dernier.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 11 juin 1898"

PLANCHERS DU PETIT-PALAIS DES CHAMPS-ELYSÉES

Une erreur s’est glissée dans le dernier article relatif aux fondations du Petit-Palais des Champs-Elysées, dont est chargé spécialement M. Girault, architecte en chef des nouveaux Palais.

Les fondations ont été établies sur le bon sol du coté des Champs-Elysées, sur environ les trois quarts de la surface du Petit-Palais. Le dernier quart est sur pilotis. Ce n’est que par mesure de précaution que l’architecte a fait noyer dans le béton quelques vieux rails, pour empocher qu’un tassement inégal produise une rupture. Il n’y a donc pas eu, à proprement parler, emploi du ciment armé dans les fondations.



Nous avons étudié précédemment l’exécution des fondations et des sous-sols. Aujourd’hui les murs de façades et de refend sont montés jusqu’au premier étage (fig. 6). Les matériaux employés sont, à l’intérieur, la brique rouge et la meulière ; à l’extérieur, la pierre de taille. Les provenances de cette dernière sont Souppes et Euville ; le premier bandeau sera en roche demi-dure de Coutarnoux dans l’Yonne ; au-dessus, on emploiera le Dane franc de Méry jusqu’à l’entablement qui sera du Banc-Royal de Méry.

Le montage des pierres de taille se fait par l’intermédiaire de 8 monte-charges composés comme à l’ordinaire de quatre sapines en bois contreventées dans tous les sens. Les treuils, placés à la partie inférieure ont été jusqu’à présent manoeuvrés à la main ; ils vont sous peu recevoir la force motrice mécaniquement, par l’emploi de poulies, de courroies, et d’un arbre de couche recevant son mouvement de rotation d’une locomobile que l’on vient d’installer du coté place de la Concorde. De ce môme coté, se trouve le chantier, où les pierres sont coupées et taillées à la main, sans emploi de machines spéciales.


PLANCHER HAUT DE L’ÉTAGE DE SOUBASSEMENT

L’architecte du Petit-Palais, M. Girault, a continué pour le plancher haut de l’étage de soubassement l’emploi, en grand, du ciment armé, qui recouvrira les vastes espaces que l’on aperçoit sur la vue générale de la figure 6.

petitpalaisplanchers-06.jpg

La surface totale de ce plancher est de 4,932m2, non compris la coupole du vestibule principal sur l’avenue Nicolas, dont l’ossature est en briques rouges de très bonne qualité.

Les planchers en ciment armé dont nous nous occupons, sont de deux genres différents, quoique tous deux ressortent du meme système et qu’ils soient exécutés par M. Grousselle entrepreneur général du Petit-Palais, l’un des concessionnaires du brevet Hennebique; 3,02la* de planchers sont formés par un hourdis en forme de voûte à faible flèche, dont le prix du bordereau a été fixé à 19 fr. le mètre superficiel.

Les 1,711m2 restants, sont formés par un hourdis s’appuyant sur des poutres apparentes, le tout en ciment armé. Le prix du bordereau pour ce genre de planchers a été fixé à 21 fr. 50 le mètre carré.

Les planchers en forme de voûte sans poutres apparentes sont presque une nouveauté, tout au moins avec les dimensions employées dans une construction de cette importance. Les voûtes sont très surbaissées. Si nous prenons comme type la voûte de la galerie de 43 mètres (fig. 7), nous voyons que cette galerie se compose de deux travées de 6m,10 de large séparées par un arc en briques de 1m,00 d’épaisseur. Sur ces travées se trouvent des voûtes en arc de cercle, ayant, pour 6m,10 de portée et un rayon de 20m,34, une flèche de 0m,23 et une épaisseur de 0m,09 à la clef, et de 0m,32 aux retombées. Ces planchers ont été calculés pour une surcharge libre de..................................... 1.000k
plus un dallage de....................................... 100k
Soit pour une charge totale de....................... 1.100k
par mètre carré.

petitpalaisplanchers-07.jpg

Les essais de réception consisteront, d’après le cahier des charges, à charger ces planchers à une fois et demie la charge pour laquelle ils ont été calculés, ce qui représentera dans le cas présent une surcharge de 1.650k par mètre superficiel.

Sous cette charge d’essai, la flèche au milieu de la portée de la voûte ne devra pas dépasser le 1/800e de la portée.

Pour la voûte ayant la plus grande portée de 6m,10, la flèche maxima ne devra donc pas dépasser 6m10/800 soit 0m,0076.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 juin 1898"

PLANCHERS DU PETIT-PALAIS DES CHAMPS-ELYSÉES


D’après le dire du constructeur, le principe de la construction de ces voûtes sans poutres apparentes est le suivant :
Créer tous les mètres, dans l’intérieur du hourdis, un véritable arc en béton armé formé par deux fers placés dans le même plan vertical ayant une section et un nombre d’étriers suffisants pour pouvoir résister aux déformations provenant de l’effort tranchant. Il est disposé, perpendiculairement à ces fers, d’autres fers de 6 millimètres de diamètre qui viennent s’appuyer sur les arcs ainsi formés pour armer le hourdis compris entre deux arcs consécutifs et solidariser les travées entre elles.

Dans ces conditions une tranche de hourdis de 1m,00 de largeur est considérée par le constructeur comme formant une véritable poutre en béton, dans laquelle on aurait découpé la voûte ; seul le béton de la partie haute qui travaille à la compression est conservé, tandis que la partie inférieure qui travaille à la traction est supprimée; ce qui occasionne sur les murs une poussée supplémentaire, transmise par le béton des retombées.

Avec les dimensions indiquées sur les dessins (fig. 7), le poids pour une tranche de hourdis de I mètre de largeur et 1 mètre de portée se compose comme suit :
1° Poids propre de la voûte d’une épaisseur moyenne de
0m,17 soit 0m3,17 X 2.500k.......................... 425k
2° Surcharge libre................................ 1.000k
3° Pavage en marbre................................. I00k
Soit au total un poids de........................ 1.525k
par mètre superficiel de plancher.

D’après les calculs du constructeur, la compression à la clef serait de 32.241k et la poussée aux retombées de 43.000k. Avec un tel surbaissement des voûtes, il est évident que la poussée sur les retombées est considérable et que ce genre de planchers à voûtes très surbaissées ne peut s’employer qu’avec des murs particulièrement résistants comme ceux du Petit-Palais des Beaux-Arts.

petitpalaisplanchers-08.jpg

Le deuxième genre de planchers employé à cet étage comprend des poutres principales apparentes qui supportent des plateaux formant le hourdis, le tout en ciment armé (fig. 8). Pour une portée de 6m,85, les poutres de 0,33 de large el de 0m,43 de hauteur sous le hourdis, sont espacées de 2m,276 d’axe en axe. Le hourdis présente une épaisseur uniforme de 0m,10 et une portée de 1.946, il est armé de fers ronds placés perpendiculairement aux poutres principales, ainsi que les petits fers en V, formant étriers, placés verticalement, les branches ouvertes à la partie supérieure.

Un autre type intéressant est le plancher de la galerie de 12m,00 (grand vestibule de la façade postérieure). Ce plancher est constitué de 6 gros soffites en béton armé, d’une portée do 10m,25 entre points d’appui (fig. 9). Chaque soffite est formé de deux poutres ayant 0m,50 de large et 0m,70 de hauteur, y compris les 0m,08 de hourdis. Ces deux poutres contigües sont réunies par un bloc de ciment ayant 0m,20 de large et 0m,50 de hauteur jusqu’au-dessus du hourdis.

petitpalaisplanchers-09.jpg

L’armature placée à la partie inférieure des poutres comprend 20 fers ronds de 45 m/m de diamètre.

Les deux soffites les plus chargés sont compris entre deux travées de 5™,575 ; ils portent donc une surface de plancher de :
(5,575 + 1,40) X 10m,25 = 71m2,50 Ces planchers sont calculés pour porter :
1° Un pavage en marbre de............................. 100k
2° Une surcharge libre de............................. 700k
Soit au total une charge de........................... 800k
par mètre superficiel. Les essais seront faits pour une surcharge 1 fois 1/2 plus forte, soit pour une charge de 800k X 1.5= 1.200k La charge des soffites, les plus, chargés, sera donc en temps ordinaire, de
71m2,50 X 800k = 57.200k et, pendant l’épreuve, de
71m2,50 X 1.200k= 85.800k Ces soffites travaillent comme une poutre droite posée sur deux appuis ; ils ne déterminent par suite aucun effort de poussée sur les murs.

D'après les calculs du constructeur, le béton qui se trouve au-dessus de la fibre neutre travaille seul à la compression à raison de 25k par centimètre carré. Les fers qui se trouvent à la partie inférieure travaillent à l'extension à raison de 10k par m/m carré ; le béton situé au-dessous de la fibre neutre ne travaille pas et ne sert qu’à maintenir les fers à l’écartement voulu de cette fibre neutre.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 juin 1898"

CONSTRUCTION DES PLANCHERS EN CIMENT ARMÉ

Fig. 10 - Vue perspective du cintrage des planchers en cours l'exécution.
Fig. 10 - Vue perspective du cintrage des planchers en cours l'exécution.

Nous avons parle précédemment des différents systèmes de plancher en ciment armé, que M. Girault, architecte en chef du Palais des Champs-Elysées, avait employés dans le Petit Palais dont il est spécialement chargé.

Comme ce genre de plancher est appelé à se répandre, il est intéressant d’en étudier les détails d’exécution.

Nous nous occuperons du genre de planchers le plus compliqué, c’est-à-dire le plancher à poutres apparentes servant de point d’appui à un hourdis en forme de voûte très surbaissée (fig. 8 ou 9).

La construction d’un plancher de ce système se compose de trois parties :
1° Le cintrage ou confection dos cintres;
2° La préparation des fers ;
3° La pose des fers et l’application du béton.

1° Cintrage. — On a commencé par construire les cintres ou plutôt le coffrage des dix premières poutres (fig. 11). A cet effet, à l’aide de bastaings de 0m,065 d’épaisseur sur 0m,16 à 0m,18 de largeur, on a confectionné, à remplacement voulu, des coffres de 6m,84 de longueur, par la réunion bout à bout d’un bastaing de 3m,33 et d’un de 3m,51.

Ces coffres sont soutenus par des étais placés verticalement et un cours de bastaings placés horizontalement sous lo fonds des moules.

petitpalaisplanchers-11.jpg

On bétonne alors les dix premières poutres dans les coffres ainsi préparés, dont la section utile présente une largeur de 0m,33 pour une hauteur de 0m,265. Naturellement, les fers ronds et les étriers en forme d’U ont été préalablement mis en place.

Lorsque le béton est suffisamment pris, on enlève les bastaings formant les joues de moules des dix premières poutres pour les faire servir à la confection du coffrage des dix poutres suivantes. On a bien soin de laisser en place les fonds de moules qui ne seront retirés qu’après l’exécution et et la prise complète de tout l’ensemble.

Revenons maintenant aux dix premières poutres préparées ainsi que nous l’avons dit. Pour exécuter le cintrage nécessaire à la confection du hourdis avec le triangle demandé de chaque côté des poutres, on place le long des poutres, sur toute leur longueur et à 3 centimètres du niveau supérieur du béton exécuté (fig. 12), des bastaings que l’on maintient à l’aide de serre-joints spéciaux en fer plat.

petitpalaisplanchers-12.jpg

Sur ce cours de bastaings, on place à plat, tous les 1m,50, d’autres bastaings de 2m,00 coupés à la longueur de 1m,91. On obtient donc en plan la disposition de la figure 13 et en coupe celle de la figure 12.

Le triangle demandé de chaque côté des poutres est obtenu en coupant en deux des bastaings, sur toute leur longueur et suivant un plan oblique; les deux cotés des bastaings ainsi coupes servent l’un d’un coté et l’autre de l’autre.

petitpalaisplanchers-13.jpg

Comme on peut aisément s’en rendre compte, il faut une quantité considérable de bois pour un travail de ce genre. Les bastaings ont été préférés aux planches comme offrant plus de résistance et, par conséquent, plus de sécurité. Pour exécuter les planchers de la moitié d’un étage, surface suffisante puisque le bâtiment est symétrique, il n'a pas fallu moins de 20 kilomètres de bastaings de longueurs diverses. Il est utile de dire, toutefois, que très peu de bois ont besoin d’être coupés, et que la plus grande partie des bastaings peut n’être prise qu’en location.

2° Préparation des fers. — Il arrive sur le chantier des fers du commerce ronds et plats. La préparation consiste à couper les morceaux de longueur, à plier les fers plats pour la confection des étriers en forme d’IJ, à cintrer les fers ronds pour leur donner les profils voulus, enfin à aplatir en forme de queue de carpe les extrémités des fers ronds qui entrent dans la constitution des poutres.

3° Pose des fers et application du béton. — Les fers préparés avec les longueurs et les formes voulues, sont posés à l’emplacement qu’ils doivent occuper définitivement à l'intérieur du béton.

La composition du béton employé pour les planchers est la suivante :
0m2,850 litres de gravillons ;
0m3,400 litres de sable;
25Ok de ciment de Portland.

La fabrication du béton s’exécute sur un emplacement libre dans le voisinage du lieu d’emploi.

Pour les planchers hauts de l’étage de soubassement, le mortier fabriqué est placé dans des seaux d’environ 12 litres avant d’être monté à hauteur à l’aide de treuils à main ; le contenu de deux seaux est alors versé sur une civière que deux manœuvres transportent au lieu d’emploi, où le béton arrive sans avoir été trop secoué et, par conséquent, sans qu’il y ait eu séparation par ordre de densité entre les parties lourdes (gravillons, sable) et la partie claire du mortier.

Le béton est alors mis en place sur les cintres ou dans les coffrages, puis pilonné jusqu’à tassement complet.

Les bétons ne sont décintrés que 6 à 8 jours après leur exécution. Mais les essais ne se font qu’un mois après la terminaison complète des planchers. Nous en donnerons les résultats, quand on aura procédé à toutes les épreuves exigées par le cahier des charges.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 9610
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Re: Le Petit Palais

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 juin 1900"

Le petit palais des Beaux-Arts, aux Champs-Elysées, est le grand succès artistique de l’Exposition. L’œuvre de M. Girault est très remarquable, et bien digne de l’art français. Nous donnerons plusieurs gravures de cet important édifice. Aujourd’hui nous reproduisons la partie centrale sur l’avenue Nicolas. Ce pavillon d’entrée, à la décoration très riche et très fine, donne accès à la cour intérieure, qui est d’une élégance et d’une proportion qui ont attiré tous les suffrages.

Nous en donnerons également une vue.

Tous les détails de ce monument demanderaient à être étudiés à part.

La sculpture , la ferronnerie, dont la grille d’entrée est le morceau principal, témoignent que notre art décoratif est doué d’une grande fécondité. Cette abondance d’ornementations serait peut-être la seule critique à faire à une telle œuvre, mais le goût qui y a présidé, écarte facilement toute velléité de protester contre cette profusion de beaux détails.

petitpalais-02.jpg
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Répondre

Retourner vers « Paris 1900 - Architecture, pavillons, jardins, mobilier urbain »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 0 invité