Fêtes publiques, Cortèges, Illuminations

Paris 1925 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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Fêtes publiques, Cortèges, Illuminations

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Texte du livre "Arts décoratif & industriels modernes" de 1925

Les artistes apportent rarement leur concours aux fêtes publiques. Les idées qu’ils ont pu fournir pour certaines manifestations comme les Bals des Quat' z’Arts ou les Bals de l’Opéra n’ont point laissé de trace. Il en est de même des collaborations suscitées lors du Défilé de la Victoire.

Aussi les difficultés apparurent-elles dès qu’on voulut, à la Classe 26, réunir des envois. Il s’agissait de concevoir & d’exécuter des projets de fêtes populaires qui, tout en répondant à l’idéal de tous les temps, devaient s’inspirer néanmoins de la vie moderne.

L’imagination s’exerce mal sur des réjouissances purement hypothétiques. En fin de compte les projets se réduisirent, pour la Section française, à huit maquettes. Les Sections étrangères n’en présentèrent aucune.

Malheureusement une maquette de fête publique, plus encore qu’une maquette de mise en scène théâtrale, n est qu’une image schématique, impuissante à exprimer la pensée de son auteur. C’étaient des manières de tableaux, parfois de couleurs agréables & de thèmes ingénieux, mais où l’on ne pouvait trouver que de lointaines suggestions.

Les auteurs de maquettes se sont efforcés d’affirmer leurs tendances novatrices dans le costume & l’accessoire tout autant que dans le décor. Tantôt ils se sont livrés à des interprétations de pure fantaisie qui valaient surtout par le charme des figures & des coloris, ou encore par l’imprévu de déformations spirituelles, tantôt, dans le projet d’une fête du travail, ils ont trouvé d’intéressantes stylisations symbolisant les instruments du labeur contemporain.

Pour les fêtes de nuit on avait prévu l’usage de l’électricité sous toutes ses formes : tel, par exemple, le puissant projeteur destiné, dans le projet de fête de l’aéronautique, à lancer sur la foule des feux multicolores. Plusieurs ont compris le parti qu’on pouvait tirer de l’instinctive collaboration du public mêlant son mouvement, sa couleur & sa gaieté aux éléments & aux effets réglés de la figuration.

D’une façon générale, ces études ont donné l’impression très nette qu’un effort était possible pour sortir de la banalité des cortèges carnavalesques à chars désuets ou à landaux officiels & pour enrichir la rue, aux jours de liesse, de grâce vivante & de beauté.

Il semble logique de faire rentrer dans le cadre de ce chapitre les quelques manifestations qui se sont déroulées au cours de l’Exposition. On peut évoquer l’admirable Fête de la Parure qui eut pour scène l’escalier monumental du Grand Palais où des artistes & clés mannequins, délicieusement habillés, évoluèrent toute une nuit selon des rythmes ordonnés avec art; la Fête des Provinces qui ressuscita la savoureuse originalité des costumes locaux; la Fête italienne & la Fête suisse qui, sur les mêmes degrés, éveillèrent des souvenirs historiques & de somptueux groupements; enfin l’émouvant Défilé des Nations dont les drapeaux traversèrent la grande nef & vinrent tous se ranger au pied de la tribune centrale pour la distribution des récompenses.

Chaque fois on constatait les puissants effets qu’il est possible d’obtenir d’une foule aux mouvements bien réglés, toute proche du spectateur & communiant avec lui.

L’Exposition tout entière était une fête quotidienne. La nuit, l’éclairage électrique surgissait de toutes parts. Des attrapions inédites attiraient les regards, telles ces fontaines lumineuses jaillissant de la Seine qui, diversifiant leurs jeux, croisant leurs courbes en des dessins inattendus, s’épanouissant, s’étrécissant, montaient pour mourir peu à peu, en passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel; telles ces nappes en rideau changeant sous l’arche du pont Alexandre; tels ces jets d’eau qui naissaient au long des rives, empruntant leurs parures à d’invisibles palettes.

Ce n’étaient là que les détails du décor qui, chaque soir, renouvelait la féerie des guirlandes, des girandoles, des larges faisceaux lumineux dessinant la silhouette des pavillons & perçant l’ombre des jardins.


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