Arts de la Rue

Paris 1925 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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worldfairs
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Texte du livre "Arts décoratif & industriels modernes" de 1925

PLANS DE VILLES ET AMÉNAGEMENTS URBAINS

SECTION FRANÇAISE.

L’art urbain n’était représenté pour la France que par quelques plans, d’ailleurs remarquables, & par des maquettes en nombre encore plus réduit. Cette pénurie marquait l’indifférence de l’opinion à l’égard de ces travaux.

En vain le Musée social & son regretté président, Jules Siegfried, s’employèrent, avant 1910, à créer un mouvement en faveur des plans de ville. L’urbanisme, qui déjà prospérait à l’étranger, restait lettre morte en France. Notre pays, qui avait montré l’exemple, s’est laissé devancer aussi bien dans la théorie que dans les applications.

Déjà la Déclaration des droits de l’homme & du citoyen posait en principe que les propriétaires ne devaient pas être dépossédés si ce n’est «pour une cause d’utilité publique» & moyennant «une juste & préalable indemnité».

La loi du 3 mai 1841 mit à la disposition des particuliers une procédure d’expropriation compliquée où les moins habiles trouvèrent le moyen de circonvenir un jury timoré ou incompétent. C’est pourtant sous ce régime que furent exécutés les grands travaux du second Empire. Mais, après la guerre de 1870-1871, la République dut mettre fin à de telles prodigalités. Les constructeurs de villes se trouvèrent découragés par les exigences des propriétaires & le public se détourna d’un art désormais stérile.

Une urgente nécessité a seule pu ranimer les bonnes volontés. Les effroyables dévastations de la guerre ont posé de nouveau la question de l’urbanisme.

Dès 1915, M. Cornudet put faire prévaloir à la Chambre un texte rapidement élaboré, qui, enrichi d’amendements opportuns, fut voté par le Sénat au lendemain de l’armistice, le 14 mars 1919.

Dans les cités dévastées, l’obligation de faire vite, les complications financières, retinrent les municipalités qui hésitèrent à s’engager dans de trop vastes entreprises. Les vues d’ensemble durent être abandonnées. On prit pour base des plans hâtifs, conçus d’ailleurs avec talent, tel celui de la ville de Reims.
Il en fut tout autrement pour les agglomérations épargnées par la guerre.

L’article premier les divise en cinq catégories : villes de plus de 10,000 habitants; villes de 5,000 à 10,000 habitants pour lesquelles les derniers recensements accusent un accroissement rapide; stations balnéaires ou climatiques; localités présentant un caractère pittoresque, artistique ou historique; groupes d’habitations créées par des associations, des sociétés ou des particuliers.

Les grandes villes & les stations balnéaires répondirent aux injonctions de la loi avec un empressement qu’on n’osait espérer. Avant même que fût écoulé le délai de trois ans qui leur était imparti, beaucoup ’entre elles mirent sur pied d’importants projets.

Prévoir pour le développement d’une cité en pleine croissance les aménagements & les extensions nécessaires à sa salubrité, à sa prospérité, à sa beauté, sans porter atteinte à son passé historique, à sa physionomie traditionnelle, c’est l’objectif qu’il faut atteindre & qu'il ne faut pas dépasser.

Pourvu de documents méthodiques dus à des procédés nouveaux tels que les levés photographiques par avions, secondé par la collaboration des ingénieurs, l’urbaniste est à même d’établir, suivant ces données, des projets rationnels & féconds.

Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas destinés à une réalisation immédiate. Ils constituent seulement des directives auxquelles on sera contraint de se conformer dès qu’on voudra procéder à des aménagements, des extensions ou des embellissements.

Une loi complémentaire du 19 juillet 1924 a précisé & renforcé certaines dispositions de la loi de 1919. Elle a limité les abus auxquels donnaient lieu les lotissements laissés jusqu’alors à l’arbitraire. Elle les soumet à l’approbation du préfet & de la commission départementale qui peuvent annuler les marchés, au cas où les conditions d’hygiène Si de viabilité ne seraient pas observées. Jusqu’ici, quatre-vingt neuf projets d’extension & d’aménagement ont été soumis à la Commission supérieure. Certains cas assez complexes, englobant les territoires de plusieurs communes & nécessitant l’institution de groupements intercommunaux, ont été heureusement résolus.

A défaut d’une participation vraiment représentative, nos urbanistes ont tenu à réunir à l’Exposition des études très variées. Quelques-unes portent sur de grandes cités, d’autres sur des villes de moindre importance, plusieurs sur des stations touristiques. Elles témoignent que notre école n’a rien perdu de ses qualités d’antan & a su les adapter aux nécessités nouvelles.

L’aménagement s’applique rarement aux bourgs & aux villages. La loi française se borne à viser ceux qui ont un caractère historique ou pittoresque.

Quant aux villages détruits par la guerre, ils eussent offert à nos urbanistes un utile champ d’action. Malheureusement la plupart se sont réédifiés sans plan préconçu, sur les emplacements & selon les errements anciens.

Du moins l’attention s’est-elle portée sur les cités-jardins destinées à des travailleurs d’usines.

L’idée nous en est venue d’Angleterre en passant par les États-Unis & par l’Allemagne. M. Georges Risler & M. G. Benoît-Lévy qui, les premiers, en fixèrent chez nous la théorie, en furent longtemps aussi les seuls apôtres. Réagissant contre la déplorable monotonie des corons, le principe est de pourvoir abondamment chaque maison d’air & de lumière, d’obtenir des ensembles agréables à la vue, de réunir les avantages de la ville & de la campagne. Le nombre des demeures est en général limité. Elles sont conçues pour abriter une ou plusieurs familles, mais chaque logement reste indépendant. Elles sont entourées de jardins individuels, aux séparations discrètes & qui constituent de larges ceintures verdoyantes.

On y retrouve le souvenir du cottage anglais : étage unique, amples toits, fenêtres tout en largeur, porche sous auvent. Ingénieusement réparties, diversement orientées, parées de menuiseries peintes, elles donnent une heureuse impression de variété.

Les voies, qu’on trace sinueuses, sont de vastes dimensions, pour la plupart bordées d’arbres. Les principales s’accompagnent de bandes gazonnées se rejoignant en squares. Les cités-jardins sont pourvues ’établissements publics : écoles, bains, «maison pour tous» avec salles de réunion, bibliothèque, parfois salle de spectacle. Presque toutes ont un stade ou des terrains de jeux.

Depuis la guerre, elles se sont multipliées. L’Office départemental d’habitations à bon marché de la Seine en a mis à l’étude & réalisé un certain nombre autour de Pans. L’Office municipal de Grenoble, les Offices départementaux de Seine-&-Oise, des Bouches-du-Rhône ont pris aussi, dans ce sens, d’utiles initiatives & l’on ne saurait non plus passer sous silence les importantes fondations de la Compagnie des Chemins de fer du Nord ni celles de villes industrielles, comme Lens, Reims, Creil, Armentières.

Il convient également de mettre en lumière des travaux qui font partie intégrante des aménagements urbains : les réservoirs & les aqueducs, les usines d’épuration & de filtrage des eaux, d’incinération des matières usées & aussi les grandes constructions modernes à usage collectif, telles que stades, collèges d’athlètes ou cités universitaires.

Un actif mouvement urbain se manifeste actuellement dans nos colonies & dans nos protectorats. L’Exposition de l’urbanisme colonial organisée dans le Pavillon de l’Asie française offrait quelques types instruCtifs, encore que fort incomplets. Les villes de Madagascar & particulièrement Tananarive sont l’objet de vastes travaux d’extension.

Notre civilisation édifie de toutes pièces, en Afrique, des cités nouvelles qui se développent avec une prodigieuse rapidité. Partout où pénètre la locomotive, les agglomérations naissent & grandissent.

Pour répondre aux nécessités commerciales on a dû fonder plus d’un établissement dans des lieux favorables aux transactions mais insalubres. Les épidémies ont contraint les colons à transformer les anciennes bourgades en des villes répondant aux conditions sanitaires modernes. Des centres, comme Brazzaville en Afrique équatoriale, Bouaké à la Côte d’ivoire, comprennent le quartier administratif, le quartier militaire & le quartier du commerce. Les agglomérations indigènes sont nettement séparées. Hôpital, ambulances, marchés, abattoirs sont reportés hors de la ville. Le point de vue esthétique n’est pas négligé : on aménage des lieux de réunion, des terrains de jeux, des allées plantées, des jardins publics ou privés. Grand-Bassam, le principal port de la Côte d’ivoire, est ainsi devenu une ville de résidence agréable pour l’Européen comme pour l’indigène. Et l’on pourrait citer encore Dakar, Konakry, Timbo, Kindia, Abidjean, Dimbokoro, Yaoundé, Port-Gentil, Bangui.

Nulle part le labeur fécond des administrateurs & des urbanistes ne s’est manifesté de façon aussi efficace qu’au Maroc. Qu’il s’agisse de Casablanca, surpeuplée dès les premières années, fortuitement agrandie dans la fièvre des spéculations & où il a fallu tailler & rectifier en tenant compte des habitations existantes; qu’il s’agisse de villes comme Rabat, Meknès, Fez & Marrakech où l’on a pu, au contraire, opérer sur une table rase, comme Kenitra où l’on a procédé à une création de toutes pièces, partout ont surgi des conceptions neuves & audacieuses.

La législation du 16 avril 1914 qui règle au Maroc les plans d’aménagement & d’extension est plus complète que la nôtre. La servitude d’alignement n’est établie que pour une durée de vingt ans. Passé ce délai, la procédure d’expropriation est simplifiée par la suppression du jury. C’est aux tribunaux qu’il appartient, à défaut d’entente, de fixer l'indemnité. La législation marocaine admet l’expropriation par zones des immeubles situés dans un périmètre déterminé. Quand elle est motivée par des considérations d’esthétique, de salubrité ou même par la plus-value dont ils bénéficient, les pouvoirs publics sont autorisés à retenir au profit de la collectivité les plus-values résultant d’expropriations.

C’est au Maroc que fut expérimenté avec le plus de succès le système du remembrement par l'intermédiaire des associations syndicales de propriétaires urbains. Tous les terrains bâtis ou non bâtis, contenus dans un certain périmètre, sont mis en commun entre les membres de l’Association & répartis de nouveau, après le prélèvement des emprises nécessaires à la voirie. Un règlement-type impose aux propriétaires des servitudes précises concernant l’hygiène, la circulation & l’esthétique & cantonne dans certains quartiers non seulement les établissements dangereux, incommodes ou insalubres, mais encore tout commerce ou industrie indésirable. C’est le règlement du «zoning» que nous attendons encore.

Aidés par cette législation, les urbanistes ont pu donner libre cours à leur invention en des œuvres adaptées au climat, à la nature, voire même au style du pays. Il en a été de même dans maintes villes de l’étranger pour lesquelles nos architectes ont établi de vastes projets. Un seul exemple figurait à l’Exposition, mais nombreux sont les plans magnifiquement conçus qui maintiennent & accroissent la réputation de notre école.


SECTIONS ÉTRANGÈRES.

La renaissance de l’urbanisme s’est produite à l’étranger avant de pénétrer chez nous.

La loi suédoise de construction & d’aménagement date de 1874. Elle ne faisait d’ailleurs que consacrer une longue tradition nationale. Dès le xviic siècle, le gouvernement suédois établit des plans de villes & en surveille l’exécution. Quand, au milieu du xixc siècle, se manifesta en Suède comme partout ailleurs, le rapide mouvement de croissance urbaine, on voulut lui imposer une méthode uniforme. Contrôlé par un Comité de construction, chaque plan doit être adopté d’abord par Ië Conseil municipal, puis soumis au Roi qui juge en dernier ressort. Toutes les agglomérations sont tenues de présenter le leur, contrairement à ce qui se passe en Hollande, en Angleterre & en France où les villes d’une population inférieure à un certain chiffre d’habitants sont dispensées de cette obligation.

Aussi plus de deux nulle plans ont-ils été acceptés depuis la promulgation de la loi.

D’autre part une seconde loi, votée par le Riksdag en 1907, règle les différends qui ne peuvent manquer de surgir entre les autorités municipales & les propriétaires. Elle résout l’importante question des zones en édictant que l’utilisation des terrains, le caractère des constructions, leur hauteur, leur destination, le nombre des habitants doivent être approuvés en même temps que le plan. Elle répartit les frais d’exécution entre les propriétaires & la Ville & octroie aux municipalités des droits d’expropriation étendus.

Grâce à cette législation, de grands travaux ont été entrepris en Suède. On connaît surtout l’exemple de Gothembourg qui, depuis sa fondation en 1620, n’a cessé de s’agrandir suivant des plans déterminés & dont la rapide extension a motivé un nouveau projet, minutieusement conçu, embrassant une superficie cinq fois supérieure à celle de la ville actuelle. Il figurait à l’Exposition avec le plan de Stockholm où de larges extensions sont également envisagées. Nombreuses sont les cités, petites ou grandes, qui pourraient servir de modèles.

En Allemagne, il existe, depuis 1875, une loi prussienne d’urbanisation. C’est à partir de 1870 que les villes ont commencé à s’agrandir démesurément par suite du développement commercial & industriel. Pour remédier aux inconvénients de l’habitation dans les vieilles cités, les Allemands édifient de nouveaux quartiers à proximité des anciens. Leurs corps municipaux ont adopté une politique foncière qui tend à se constituer un vaste domaine, en mettant la main sur tous les terrains d’acquisition peu onéreuse, notamment les terres de culture. Ainsi leur est-il permis d’entraver la spéculation & de favoriser la construction dès que le besoin s’en fait sentir.

En outre, pour peupler rapidement les nouveaux quartiers, les villes font appel aux industriels & aux commerçants & aménagent une partie des terrains en vue de la création d’usines, de docks, de magasins généraux. De puissantes firmes comme Bayer & Cie à Leverkusen, la Badische Ânilin und Soda Fabrik, ont créé de la sorte des agglomérations considérables.

Certains bâtisseurs allemands ont préconisé le principe de n’ériger des maisons que pour une durée limitée. La construction se modifiant en fort peu de temps, une habitation devient très vite désuète & il paraît plus simple de la remplacer par une autre que de s’astreindre à a transformer de fond en comble.

Ce sont les Allemands aussi qui, par une sorte de contradiction, ont essayé de remettre en honneur, sinon le mode de structure, du moins le mode de groupement des maisons du moyen âge. Depuis la publication à Vienne, en 1889, de l’ouvrage de Camillo Sitte, Der Stâdtebau, basé sur une étude approfondie des plans de villes médiévales, toute une école allemande s’est créée qui recherche le pittoresque, les lignes sinueuses, les largeurs variables des rues, la liberté des alignements, l’irrégularité des places. On doit reconnaître la science & l’habileté qu’elle a déployées. II entre pourtant une grande part d’arbitraire dans la plupart de ces travaux qui, ainsi que l’a remarqué Unwin, manquent de vues d’ensemble, de composition, d’ampleur & ne correspondent pas à l’échelle du terrain.

Plus simples & plus rationnelles sont les recherches poursuivies en Hollande, où la loi concernant l’aménagement des villes est entrée en vigueur dès 1901 & où l’on a réussi de belles réalisations en accord avec le mouvement de renaissance architecturale.

En Angleterre, le «Town Planning Act» est venu, en 1909, apporter aux municipalités les directions économiques, les principes d’organisation, les moyens de surveillance adoptés par les chefs des grandes affaires industrielles. A l’illogisme, à l’empirisme, au désordre, la loi nouvelle a substitué une méthode claire, simple, qui fixe l’utilisation des terrains, l’aménagement des voies & des quartiers & fait une part légitime aux recherches esthétiques.

Cette méthode est due aux expériences antérieures & aux études des urbanistes britanniques. La morne tristesse des agglomérations ouvrières anglaises, surpeuplées & malsaines, avait attiré [attention des sociologues & des architectes. Dès 1842, une Société avait été créée pour améliorer le logement des travailleurs. Une loi de 1890 autorisa les communes à démolir les îlots insalubres. Le Conseil de Comté de Londres décida de construire quatre colonies de cottages dans la banlieue de la capitale; il y logea 65,000 personnes dans d’excellentes conditions. Des Sociétés telles que «The Artisans dwellays company», la «Berbeak Society», des industriels imitèrent cet exemple. Lever frères ont construit la cité-jardin de Port Sunlight, Cadbury celle de Bournville. Enfin la Société des cités-jardins a entrepris la fondation de la ville de Letchworth sur un terrain de 1,600 hectares. Un publiciste, Ebenezer Howard, formula la théorie de la cité-jardin dont Raymond Unwin fut le technicien. C’est l’honneur de l’Angleterre d’avoir posé le principe de cette utile institution.

Elle fleurit également aux États-Unis, où ni l’État ni les municipalités ne s’occupent des logements ouvriers, mais où il n’est pas rare de voir construire des villes par des particuliers. Ainsi Gary a érigé, par l’intermédiaire d’une Société immobilière, une ville de 3,500 hectares à côté de son usine du lac Michigan. Le village d’Echota, composé d’habitations ouvrières & d’une usine d’attente, a été créé par une compagnie qui exploite les chutes du Niagara.

Encore que l’Amérique soit considérée comme le pays des gratte-ciel, on doit reconnaître que ceux-ci, situés sans plan prémédité au centre des capitales, gardent un caractère exceptionnel. On étend au contraire les villes en surface : l’effort se porte sur le tracé clés avenues qui sont larges & s’allongent à perte de vue. Le système des combinaisons géométriques sur le type de la grille ou du damier y domine; la monotonie en est corrigée par des percées en diagonale, par des aménagements de parcs & des allées ombragées. La ville de Philadelphie offre un exemple caractéristique de cette conception.

II faudrait encore signaler l’œuvre accomplie en Belgique où la reconstruction des cités atteintes par la guerre a suscité de fécondes initiatives, sous les auspices de î’« Union des Villes & Communes belges»; en Danemark où de remarquables travaux édilitaires ont été entrepris; en Espagne où plusieurs grands centres, & surtout Madrid, sont l’objet d’études approfondies; en Suisse où fut élaboré pour la ville de Lausanne un règlement qui peut servir de modèle; enfin dans les républiques sud-américaines qui ont fréquemment recours aux lumières de nos urbanistes.

On ne saurait trop regretter que si peu de témoignages de cette œuvre considérable aient paru à l’Exposition. Toutefois, en dehors des plans de Stockholm & de Gothembourg on a pu voir quelques projets de constructions à Rome qui évoquaient l’ample mouvement de renaissance urbaine dont l’Italie est actuellement le théâtre.

L’U. R. S. S., toute à son dogmatisme un peu abstrait en architecture, nous montrait des plans de villes nouvelles, surtout théoriques, mais remarquables par le sens du rythme & des proportions, & aussi quelques types de maisons ouvrières où le souci du confort & de l’hygiène apparaissait rigoureux, sans que pourtant leurs auteurs eussent cessé de s’inspirer du style local si savoureux.

Yougoslavie. — Seule de toutes les nations exposantes la Yougoslavie avait envoyé, outre des vues photographiques de plusieurs de ses villes, une abondante série de plans d’aménagement de Belgrade. Cette capitale, presque anéantie par la guerre & qui renaît de ses cendres, est appelée, comme on le sait, à devenir une très importante agglomération. Située au carrefour du Danube & de la Save, elle occupe une position économique qui, si l’on tient compte en outre des conditions politiques, permet d’envisager une extension rapide. Les projets élaborés qui portent sur la création ou sur la reconstitution de voies nombreuses, de belles places, d’un important réseau de tramways, d’une grande gare, révèlent des conceptions de large envergure procédant d’un esprit résolument moderne. Non moins séduisants sont les projets d’aménagement du Kaptol & du Dolac, apportant une note moderne dans la vieille ville de Zagreb.


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