Pavillon de la Tchécoslovaquie

Paris 1925 - Architecture, pavilions, gardens, urban furniture
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Pavillon de la Tchécoslovaquie

Message par worldfairs »

Texte du livre "Arts décoratif & industriels modernes" de 1925

Les souvenirs de la Renaissance, du «Baroque» & du «Rococo» sont demeurés vivaces dans toute l’Europe centrale. On ne saurait s’étonner d’en trouver encore la trace dans l’art décoratif tchécoslovaque. La salle d’honneur du Pavillon de la Tchécoslovaquie fournissait un exemple à l’appui de cette remarque. Composée par l’architecte Paul Janak, elle présentait de nobles proportions, mais du sol au plafond, sans repos, toutes les surfaces en étaient animées par une profusion d’ornements.

Au contraire, dans l’architecture, la Tchécoslovaquie a adopté avec enthousiasme les principes du modernisme le plus hardi. Les maîtres que ses jeunes constructeurs admirent & en qui ils voient les prophètes e l’art de demain, ce sont Le Corbusier & les Hollandais J. J. P. Oud & Wills.

Un soubassement rectangulaire portant un étage en ^ retrait, tel était le parti très simple adopté par J. Gocar, professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Prague, pour le Pavillon de 1a Tchécoslovaquie. La construction était en béton armé; mais un revêtement de plaques de verre, d’un rouge ardent, paraît les surfaces régulières du soubassement & contrastait avec la nudité grise du ciment; légitime publicité pour une industrie nationale dont le siège est à Gablonz, en Bohême. L’emploi de ce verre, assez peu résistant aux chocs, serait difficile sans doute à généraliser.

Vu du côté de l’entrée, le pavillon avait l’allure d’une nef dont la haute proue fendait les flots. Cette proue toutefois n’était pas un pur symbole. Sa forme permettait, à l’intérieur, le développement d’un bel escalier en chêne naturel qu’éclairaient les verrières de la façade. Au rez-de-chaussée, grâce au béton, une galerie d’exposition occupait, avec peu de points d’appui, presque toute 1a superficie du soubassement. Celui-ci étant sans fenêtres pour offrir aux vitrines murales le plus de place possible, un plafond de verre diffusait sur les objets précieux la lumière de lampes invisibles.

Dans le hall d’honneur, des tapisseries tenaient lieu dé peintures décoratives. Quant à la sculpture tchécoslovaque, son principal représentant était un artiste de race, Jean Stursa, né en 1880, mort l’année même de l’Exposition. Tout jeune, il était chef d’école & enseignait à l’Ecole des Beaux-Arts de Prague. Parti de l’impressionnisme, il était arrivé par l’observation, la réflexion, la volonté, à réaliser des formes de plus en plus précises & pleines, où jamais la beauté plastique ne se séparait de 1 expression. Était-ce un adieu à la vie, le geste de ce génie qui, si sveltement campé sur la proue tchécoslovaque, semblait, en agitant une palme, adresser aux jours nouveaux un confiant & joyeux salut ?


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Re: Pavillon de la Tchécoslovaquie

Message par worldfairs »

J.Gocar, architecte.
Entreprise générale par Perret-Frère; armoiries en pierre artificielle composées par O. Gutfreund;
exécutées par J. Novak; revêtement en verre corail par J. Riedel.

Le Génie, statue de bronze composée par J. Stursa, exécutée par les Fonderies d'Art F. Bartak.

pavillontchecoslovaquie.jpg
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