Ameublement

Paris 1889 - Arts, design, fashion, shows
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worldfairs
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Texte et illustrations de "La construction moderne - 24 août 1889"

Depuis longtemps déjà, des voix plus autorisées que la mienne se sont fait entendre pour signaler les dangers multiples qui menacent les industries d’art de la décoration et de l’ameublement.

Il serait injuste de ne pas reconnaître que ces cris d’alarme ont été entendus, carde grands efforts ont été faits ; soit par les pouvoirs publics, soit par des associations ou des fondations particulières.

On a créé des musées, ouvert des écoles et fondé d’admirables collections ; on a surtout fait beaucoup pour l’enseignement du dessin.

Et cependant, je crois ne pas être seul à penser que tous ces grands efforts n’ont pas amené les résultats attendus, et que nos industries d’art courent toujours de sérieux dangers, dangers plus grands peut-être qu’ils n’ont jamais été, et si nous n’y prenons garde, ces industries de l’ébénisterie et de la tapisserie, etc., qui sont si françaises, et surtout si parisiennes, nous seront en partie enlevées par nos concurrents étrangers.

Que faire? me dit-on, pour arrêter le progrès du mal, et rendre à ces industries tout l’éclat d’autrefois. Il faut d’abord, ne pas se laisser endormir par des succès trop facilement remportés, et bien étudier le mal, ou mieux, ces maux qui tiennent à des causes et à des considérations très diverses ; c’est ce que je vais essayer de faire en indiquant les moyens que je crois les plus propres a faire cesser cet arrêt dans le progrès, ce commencement de décadence, bien visible, à l’Exposition universelle de 1889.

On a ouvert, ainsi que je l’ai dit plus haut, de nombreuses écoles d’art décoratif, à Paris et en province ; il y a là certainement un bon et utile progrès. Mais le personnel de ces écoles est-il bien compétent dans les questions d’art indus-triol ? Est-il bien rompu aux questions de métier proprement dites ? A-t-il été aux prises avec les difficultés de l’exécution ?

Combien de ces professeurs sauraient diriger l’exécution d’une œuvre un peu importante ? Peu sans doute; car il suffit, pour s’assurer de leur valeur, d’étudier les compositions des élèves qui, sauf de très rares exceptions, trahissent une inexpérience malheureuse.

Si, au lieu de se contenter d’un examen, qui souvent ne prouve nullement la valeur du candidat, on chargeait du soin d’enseigner des hommes ayant un passé ; des dessinateurs et des contre-maîtres ayant déjà fourni une longue carrière dans nos grandes industries d’art, ce serait là pour ces vaillants serviteurs du pays, pour ces modestes et quelquefois très brillants artistes, une honorable et digne retraite, juste récompense d’une vie de travail; et je suis convaincu que nous aurions-là une garantie sérieuse d’un enseignement judicieusement donné.

Il faudrait aussi amener tous les artistes vraiment dignes de ce nom, peintres, sculpteurs, architectes à ne plus dédaigner d’apporter leur concours aux industries d’art.

Il faudrait que les expositions des arts décoratifs ne fussent plus transformées en bazar; mais qu’elles fussent bien réellement une exposition artistique capable d’attirer le public et les artistes.

Pourquoi ne pas créer pour l’ameublement et la décoration des concours analogues à ceux qui existent déjà pour la céramique et la tapisserie; tout le monde est d’accord pour reconnaître que les concours de Sèvres et de Beauvais ont indiqué des artistes de valeur, qu’ils ont formé et intéressé le goût public ; n’est-ce pas là un heureux résultat?

Jusqu’à présent ces tentatives de recherche, de créations originales ont été faites par des industriels de talents, qui n’ont récolté que des déboires et des pertes d’argent pour récompense de leur dévouement. Il serait temps que l'Etat lui-même prenne cette initiative, en mettant au concours les parties de mobilier destinées à décorer et à meubler les résidences présidentielles, les musées et les grandes administrations de l’Etat ; dût-on même être obligé démettre de côté bon nombre d’œuvres remarquables appartenant aux siècles passés, et dignes de figurer dans nos musées. En un mot, faire pour l’ameublement ce qui se fait, depuis longtemps déjà, pour la tapisserie décorative.


Il faudrait encore que les élèves de nos écoles d’art décoratif restassent bien persuadés que tous les exemples mis à leur disposition dans les collections publiques, ne sont pas là pour être fidèlement copiés, mais bien pour apprendre par leur analyse que chaque époque, dans chaque pays, aura toujours des besoins et des désirs qui lui sont propres ; qu’il est absolument ridicule do voir un monsieur en habit noir trôner sur le fauteuil do Dagobert, ou s’asseoir sur une grâcieuse bergère ayant pu appartenir à la Dubarry.

Ce que je dis pour l’élève, je le dis aussi pour le fabricant, qui bien souvent trouve très commode et surtout très économique de copier dans les musées les œuvres anciennes ; mais c’est là, pour nos industries, un jeu dangereux, car tôt ou tard le goût public reviendra au bon sens et ne voudra plus entendre parler des ridicules plagiats qui font le bonheur de tout amateur désireux dose meubler suivant le goût du jour.

Il faut bien reconnaître qu’une des principales causes du peu de progrès fait par nos industries du meuble, se trouve certainement dans cet engouement du public pour tout ce qui est ancien ; car dès qu’une construction est achevée, on commence à faire entendre à l’architecte (quel qu’il soit) que sa mission est terminée, et que pourvu d’un ami, d’un amateur éclairé, et.... désintéressé, on va étudier cette grave question de l’aménagement intérieur de l'hôtel ou du château avec l’appui d’un des grands collectionneurs à la mode. On ne manquera pas non plus de se rendre dans les musées, pour bien se rendre compte, de visu, si le type choisi est bien conforme à ce que l’habitude nous fait appeler les styles anciens.

Ah ! si les artistes qui ont composé ces charmants meubles et ces décorations qui nous ont laissé des traces si brillantes de leur incomparable fécondité, si ces mêmes artistes, dis-je. connaissant les besoins de notre époque, pouvaient voir les œuvres de ces brocanteurs !
Chargés du soin de décorer les plus somptueux hôtels , ils n’auraient certes pas d’épithètes assez railleuses pour traiter notre paresse et notre déraison.

Comme ils riraient tous ces hommes d’esprit, en voyant les hôtels de nos riches amateurs, transformés en musées, et les demeures plus modestes, en boutiques de bric-à-brac.

Le moment est venu de réagir énergiquement contre toutes ces folies, ces dévergondages si choquants pour le goût et la raison; il faut prouver par tous les moyens possibles que nos artistes en secondant nos industriels, pourront encore trouver des types conformes à nos goûts et à nos mœurs. Si non, il faut s’attendre à voir les industries étrangères, prendre en main la direction d’un mouvement qui déjà, se fait pressentir en Angleterre et en Belgique bien plus fortement qu’en France, où nous nous contentons généralement de vivre du passé, sans songer à l’avenir.

Pavillon en bois dans la galerie du meuble
Pavillon en bois dans la galerie du meuble

Quand on visite, à l’Exposition universelle de 1889, les galeries de l’ameublement, et qu’on étudie sérieusement les œuvres exposées, on reste surpris de rencontrer si peu d’œuvres originales sérieusement étudiées. Partout, sauf quelques rares exceptions, que je suis heureux de signaler, on ne rencontre que des copies, des plagiats plus ou moins bien réussis, on a surtout voulu faire riche, on a voulu étonner; et je sais plusieurs expositions anonymes de nos grands établissements parisiens qui ont un succès d’étonnement bien dû au mauvais goût dont ils ont fait preuve. Il est d’ailleurs juste de reconnaître que les organisateurs de ces exhibitions sont doués d’un flair commercial peu commun ; car ils ont pressenti la venue de tous nos innombrables visiteurs orientaux, seuls juges et amateurs compétents.

En entrant dans les galeries de l’ameublement, l’exposition de la maison Kriéger se présente tout de suite à vos regards, sous la forme d’un élégant pavillon construit dans l’axe de la galerie. Ce pavillon construit en chêne et acajou, est divisé en deux étages.

Le rez-de-chaussée renferme les meubles usuels qui sont tous d’une bonne construction, et très judicieusement com posés, sans une trop grande recherche d’imitation; c’est là d’ailleurs, la grande qualité de cette exposition.

Le premier étage auquel on accède par un escalier à double rampe, renferme un élégant salon ou cabinet de travail dont la couleur est des plus agréables ; c’est un véritable plaisir de reposer sa vue fatiguée sur ce charmant ensemble. Pourquoi faut-il que la composition des détails, des meubles et des sièges, soit si pauvre, et de formes si sèches ; on pourrait croire à une importation anglaise ou américaine, serait-ce là déjà un commencement d’invasion du goût étranger don; nous sommes menacés.

Voyons maintenant les heureux exposants dont les installations ont accès sur la galerie centrale, nous rencontrons d’abord, M. Jeansen avec sa jolie chambre de parade, qui est, paraît-il, de style Louis XVI.

La partie la plus réussie de cette pièce est certainement le décor de la fenêtre, très joli dans son élégante et très ample simplicité ; que ne puis-je en dire autant de la composition lu lit. Pourquoi cette lourdeur de bois, c’est là de la menuiserie, et non de l’ébénisterie, et pour du Louis XVI cela manque de simplicité. Pourquoi ces gaines, ces génies posés comme des factionnaires de chaque côté du lit; une simple patère, de beaux rinceaux eussent été bien mieux à leur place; car il est vrai qu’il faut toujours éviter dans la composition du mobilier de placer des figures d’une trop grande échelle qui luttent comme importance d’aspect avec les êtres vivants ; c’est là un grosse faute d’art décoratif. Le baldaquin qui couronne le lit est trop lourd. La balustrade et les meubles divers se ressentent des défauts du lit.

La maison Marcotte nous offre une fort jolie exposition avec son magnifique traineau Louis XV décoré de jolis panneaux en vernis Martin. Sa charmante bergère Louis XVI d’une exécution un peu lourde est garnie d’une broderie sur satin d’une fort belle exécution. De belles copies de tapisseries anciennes, auxquelles il faut ajouter des broderies à la mécanique sur tulle, dont l’emploi peut être très utile, complètent cette charmante exposition.

M. Wan Pœck Renaut, avec quelques recherches dans son exposition de tapisserie, nous laisse apercevoir une nouvelle manière de composer; il a fait confectionner un meuble de cabinet ou autre, en plaçant un buffet sur une commode et en flanquant le tout d’encoignures ; c’est une idée qui, je l’espère, ne trouvera pas d’imitateurs.

On peut dire que M. Dasson et M. Beurdeley tiennent toujours la tête des maisons de bronze d’ameublement; mais ce n’est pas chez eux qu’il faut chercher le moindre effort d’originalité; en revanche, où trouver une exécution plus parfaite, une interprétation plus complète des œuvres anciennes? Ces deux expositions sont irréprochables à ce point de vue.

M. Marchand lui aussi, avec sa splendide exposition, si remarquable par le choix des meubles reproduits, nous fait regretter le temps des perruques à marteaux, le temps des costumes étincelants, seuls capables de s’harmoniser avec ces admirables mobiliers.

Il faut cependant reconnaître que le beau bureau Louis XVI en acajou et bronze est d'une large et belle simplicité ; qu’il ne serait nullement déplacé dans un grand cabinet moderne. A signaler encore : les beaux vases de porphyre antique, pièces uniques dans leur genre.


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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 31 août 1889"

M. Blanqui de Marseille a voulu démontrer que les fabricants des grandes villes de province étaient capables de lutter avec nos grands fabricants parisiens ; je le félicite d’avoir parfaitement réussi dans son entreprise. Cette exposition, très habilement présentée, et intelligiblement comprise, nous offre deux parties bien distinctes. Dans l’une : M. Blanqui expose des meubles simples, d’un usage courant, bien composés, d’une bonne architecture et d’une parfaite exécution.

Une armoire en acajou moucheté, un lit, une table de nuit et une commode en sycomore tenteront certainement toutes les personnes de goût, désireuses de se meubler simplement.

Dans l’autre partie, il nous offre des sièges d’un bon style, dont la garniture est admirablement soignée, un cabinet Renaissance d’une bonne et honnête exécution, une fort belle console en bois doré d’une large composition, et enfin un grand meuble cabinet qui est la pièce principale de son exposition.

Ce dernier meuble composé par M. Sedille, architecte, cet artiste éminent qui a si souvent mis au service de l’industrie ses précieuses qualités de dessinateur, a su créer une œuvre bien digne de son talent. Ce cabinet est en noyer ciré, il est à deux corps réunis par deux colonnes d’angle ; la division basse n’a qu’une porte flanquée de deux cariatides de profil, une plaque en porphyre antique en occupe le centre ; la division haute a deux portes séparées par une fort jolie gaine, et chacun de ces vantaux est décoré d’une remarquable plaque en émail de de Courcy.

Toute la sculpture décorative de ce meuble est fort belle, d’un goût très sûr et d’une parfaite exécution.

Le peu de bronze employé est délicatement traité ; enfin tout a concourra pour faire de la composition de M. Sedille une œuvre dont l’exécution fait le plus grand honneur à M. Blanqui.

La maison Schmith et Piollet nous montre l’intérieur d’une bien gracieuse chambre à coucher; toute la tapisserie de cette pièce est d’un goût exquis et d’une charmante couleur, voyez les sièges garnis, comme ils sont élégants ? et les ravissantes petites chaises.

Le lit, la commode, l’armoire à glace et la table de nuit sont en acajou et citronnier avec moulures en cuivre, et l’emploi de la marqueterie sculptée de buis et de houx donnent à ces meubles un charme tout particulier qui fait penser au talent si fin de M. Fourdinois, lequel, si je ne me trompe, doit être l’auteur de cette charmante création.

Il eût été désirable cependant de voir les couronnes et les guirlandes de roses moins lourdes et mieux accrochées, je trouve aussi les colonnes du lit d’une forme peu agréable, je regrette aussi, pour ma part, la décoration du petit dossier; je trouve cette décoration peu à sa place, une simple marqueterie eût été, il me semble, bien préférable.

M. Zwiener a su produire une fort belle copie du bureau Louis XIV qu’on admire au Louvre et M. Drapier avec ses cabinets en noyer dans le goût flamand a su montrer de l’originalité.

Admirons chez M. Dienst une magnifique chaise longue Louis XV absolument réussie.

M. Bomerie nous montre un ut qui doit être Louis XV lui aussi ; mais quelle imagination, et quelle jolie sculpture mal employée.

Nous voici encore en province avec M. Majorell de Nancy, c’est le triomphe du vernis Martin. A lui le pompon, à M. Majorell, pour faire brillant; il y a du bleu, du blanc, du rouge, c’est comme sur les visages du personnel féminin auquel ces meubles doivent certainement s’adresser. Quelle singulière idée de peindre des figures, presque nature, sur les dossiers d’un lit ; il pourrait peut-être y avoir là matière à enseignement.

L’exposition de MM. Perol frères, vient heureusement nous arracher aux pénibles réflexions que peut suggérer l’exhibition précédente. Là rien de choquant, toute chose est bien à sa place, et je considère l’ensemble de cette jolie salle à manger comme une des meilleures œuvres de l’exposition de l’ameublement. Voyez ce joli buffet, comme il est bien composé, comme ses angles se dégauchissent agréablement et si la mouluration était un peu plus vigoureuse, il serait parfait; voyez ce joli dressoir et ces chaises, comme on sera confortablement assis à cette belle table dont le piètement trop riche est un petit tour de force.

Et la jolie petite vitrine inspirée par la fin du Louis XV est-elle délicate dans sa ravissante sculpture qui nous annonce le Louis XVI.
Toute cette exposition, je le répète, fait le plus grand honneur à ses organisateurs.

Chez M. Jeanselm, nous sommes en plein style empire ou pour mieux dire en plein consulat. La jolie chambre à coucher qu’il expose est d’une exécution charmante et d’une bonne composition, elle repose un peu des nombreuses créations inspirées du Louis XV et du Louis XVI.

Tous les meubles de cette chambre sont en acajou avec marqueterie et sculpture dorées; les sièges et la tapisserie proprement dite sont très réussis et nous rappellent les créations de la même époque, qu’on peut encore admirer à Fontainebleau.

M. Chevrié, lui aussi, s’est inspiré de la première période du style empire ; il a presque fait du Louis XVI avec sa vitrine qui a le tort d’être trop riche et trop lourde ; c’est une faute décorative sérieuse de faire une vitrine devant renfermer des objets d’art, capable de lutter par sa richesse avec les objets qu’elle renfermera; de gracieuses lignes suffisent avec des points d’appui les plus légers possibles.

Que vient faire ce trophée qui écrase le meuble, la corniche manque de saillie et le socle est trop maigre.

Une jolie table empire et deux charmantes consoles Louis XV complètent l’œuvre intéressante de M. Chevrié.

Je signale en passant la ravissante bibliothèque et les tentures d’un beau lit Renaissance exposées par la maison Drouard.

Puis M. Flachat de Lyon vient faire revivre le charmant style de l’école lyonnaise à l’époque de la Renaissance. Le buffet qu’il expose est parfait de composition et d’exécution, de jolis cabinets du même style et une console Louis XYI nous apprennent qu’à Lyon comme à Marseille nos fabricants parisiens ont trouvé des concurrents capables, sinon de les surpasser, au moins de les égaler.

Je ne peux terminer ce compte rendu de l’exposition d’ameublement, sans faire une petite excursion à travers l'exposition de la marbrerie, pour signaler le beaux dressoir de salle à manger, composé et dessiné par M. Cuvilier, architecte, et exécuté par la maison Parfonry, quoique je trouve étrange de voir découper ainsi d’aussi beau matériaux que ceux employés-, je ne peux malgré cette réserve me lasser d’admirer le charme de l’ensemble de cette composition, qu’un Ducerceau ou un Philibert de Lorme n’aurait pas craint de signer.

Cette œuvre fait le plus grand honneur à M. Cuvilier, l’habile architecte, dont le consciencieux talent n’est plus à connaître.

Admirons aussi, dans cette section, la jolie cheminée exécutée et composée par M. Legrain, sculpteur ; c’est une œuvre d’une élégance rare et qui nous rappelle les plus jolies cheminées de la Renaissance française.

Comme il est regrettable de ne pouvoir continuer ce compte rendu de la section française d’ameublement par celui des expositions étrangères ! Malheureusement, pour des considérations que je n’ai pas à discuter ici, bien peu d’industriels étrangers ont pris part, dans ces industries, à notre concours international.

Cependant, voyez l’Angleterre, voyez surtout la Belgique, et ne manquez pas de remarquer les jolis dessins de décoration; voyez aussi les quelques meubles; comme ils sont bien modernes. Et le Danemark avec sa ravissante exposition nous laisse apercevoir ce que l’industrie de ces pays voisins peut et sait produire.

Si le nombre des exposants étrangers est fort restreint, nous sommes heureux de faire remarquer qu’en France une part brillante a été prise dans l’exposition d’ameublement par l’industrie de province ; espérons que cette heureuse concurrence sera la cause d’une fructueuse émulation dans l’avenir. Avenir qui pourra, si on le veut encore, être aussi brillant que le passé; car il est difficile d’admettre que le pays qui a produit Ducerceau, Etienne Delaulne, Berain, Boule, Delafosse, Riesner et tant d’autres ne puisse nous donner encore des artistes ingénieux et féconds, capables d’assurer à la France cette incontestable supériorité, qui de tout temps a été l’un des plus beaux fleurons de sa glorieuse couronne.
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