Chronique des travaux de l'Exposition Universelle

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Re: Chronique des travaux de l'Exposition Universelle

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 9 février 1889"

Le pavillon de la Bresse est complètement achevé ; sa décoration en céramique est très réussie.

Le châlet Simard, le pavillon de la République Argentine, celui de la République Bolivienne, le théâtre des Folies-Parisiennes sur le Champ de Mars, les habitations aux différents âges sur le quai d’Orsay, près de la Tour sont poussés très activement.

Le panorama construit parla Compagnie transatlantique est terminé ; il est situé sur le quai d’Orsay, à l’extrémité de l’avenue de la Bourdonnais.
Sur l’esplanade des Invalides les pavillons de la Tunisie, de l’Algérie, du Tonkin, le palais des Colonies françaises, le palais de l’hygiène, le pavillon gastronomique, le musée du ministère de la guerre avec son château fort, sont très avancés. Nous donnerons prochainement un plan d’ensemble de l’esplanade des Invalides sur lequel seront indiqués les emplacements occupés par chacune de ces diverses constructions.


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Re: Chronique des travaux de l'Exposition Universelle

Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 23 février 1889"

La surface occupée par l’Exposition universelle de 1889 est de beaucoup supérieure à celle qui fut accordée aux expositions précédentes. Outre le Champ de Mars, elle comprend le Trocadéro, le quai d’Orsay sur une longueur de 1,500 mètres, et l’Esplanade des Invalides.

Avec un développement si considérable il était indispensable de mettre à la disposition du public un moyen de locomotion pratique, peu coûteux et rapide.

Aussi a-t-on installé un chemin de fer-tramway, du système Decauville, qui, partant du quai d’Orsay, vis-à-vis l’angle du ministère des affaires étrangères (fig. 1), traverse l’Esplanade des Invalides dans toute ta largeur, suit le quai d’Orsay, intérieurement à la clôture de l’Exposition, traverse l’avenue de La Tour-Maubourg en passage à niveau, passe en tunnel sous le carrefour de l'Alma, traverse à niveau l’avenue de Labourdonnais, s’engage dans une tranchée située entre la Tour de 300 mètres et la Seine, derrière l’emplacement occupé par l’histoire de l’Habitation et le long de la rue en contre-bas construite pour l’Exposition de 1878, et tourne ensuite à angle droit pour longer l’avenue de Suffren jusqu’au Palais des Machines où trouve la station terminus.

La longueur totale de ce tracé est de plus de trois kilomètre-. En plus des deux gares extrêmes, il y aura trois stations intermédiaires sur le quai d’Orsay : la première an carrefour Malar, la deuxième en face du palais des produits alimentaires, la troisième à l’angle du quai et de l’avenue de Suffren.

Ce petit chemin de fer est à deux voies écartées de 2 mètres : le prix des places sera de 0 fr. 25 par personne ; il est appelé a rendre les pins grands services au public désireux de voir beaucoup de choses en peu de temps.

Pour permettre aux visiteurs de communiquer du Champ de Mars avec le quai d'Orsay, on a établi deux passerelles au-dessus des deux tranchées parallèles situées entre la Tour et la Seine.

De même au pont de l’Alma et au pont des Invalides, où il était impossible d’interrompre la circulation comme on l’a fait au pont d’Iéna, afin que les visiteurs ne soient pas obligés de sortir de l’enceinte de l’Exposition pour traverser le carrefour de l’Alma et l’avenue de La Tour-Maubourg, on a établi des passerelles qui permettent de franchir ces voies très fréquentées en temps ordinaire, et qui le seront encore davantage pendant la durée du l’Exposition.

Ces passerelles sont de différents systèmes dits démontables, sauf la passerelle de l’Alma qui a été spécialement construite pour l’Exposition ; nous en parlerons tout à l’heure.

Nous avons déjà dit que sur le quai d’Orsay se tiendront l’Exposition d’agriculture et l’histoire de l’Habitation; ces divers bâtiments sont prêts.

Esplanade des Invalides
Esplanade des Invalides

Sur l’Esplanade des Invalides (fig. 1) un grand nombre de constructions s’élèvent aujourd'hui, dont la plupart sont complètement terminées ; ainsi le pavillon de l’Algérie, avec son hall central, ses galeries, ses colonnades et ses différentes salles ; de même le palais Tunisien, le palais des Colonies françaises, le Panorama « Le tout Paris » dont nous avons déjà parlé, le palais de l’Hygiène, le bâtiment du Ministère de la guerre avec les deux grosses tours qui flanquent la porte d’entrée.

Il y a aussi sur l’esplanade des Invalides quelques constructions particulières dont les installations intérieures sont en bonne voie d'achèvement.

Nous allons maintenant passer en revue les différents types de passerelles employées an quai d'Orsay pour franchir soit les avenues, soit les tranchées qu’on y rencontre.

Système Seyrig. — Cette passerelle, dont la figure 2 représente l’élévation et la figure 3 la coupe transversale, se compose essentiellement de deux poutres principales écartées de 4m50 d’axe en axe; elles sont à treillis, composées de panneaux de 2m50 de largeur, et susceptibles, par suite de cette division, de constituer des ponts de tontes les longueurs de 2m50 en 2m50, depuis 5 mètres d’ouverture jusqu’à 30 mètres.

Dans la passerelle construite pour l’Exposition par la Compagnie française de matériel de chemins de fer, la longueur entre les appuis est de 15 mètres.

Passerelle système Seyrig Fig.2
Passerelle système Seyrig Fig.2

La hauteur des poutres est de 3 mètres. Chaque panneau est limité par des montants verticaux et contient une seule diagonale. Les montants sont ouverts à leur partie inférieure et laissent passer par cette ouverture les entretoises porteuses qui ont 0 mètres de longueur. Ces dernières reçoivent en quatre points de leur longueur l'appui des longerons qui les entretoisent à leur tour. A l’extrémité des entretoises porteuses s’attachent des contrefiches qui rejoignent les membrures supérieures des poutres principales, constituant ainsi des triangles rigides qui empêchent tonte déformation et, tonte vibration transversale.

La passerelle est complétée par un contreventement horizontal inférieur qui raidit la plateforme.

Les longerons portent directement le tablier en bois constitué par de simples madriers.

Les membrures des poutres principales sont constituées par des fers à double T à larges ailes qui sont dans les meilleures conditions pour résister aux efforts, de compression. Four lui donner une rigidité additionnelle, la membrure supérieure porte une semelle en fer U rivée. Les deux membrures sont constituées par des tronçons de 2m50 de longueur, leurs extrémités portant des goussets rivés, percés d’œils dans lesquels passent les axes d’assemblage.

Les montants des poutres sont, comme nous l’avons vu, espacés de 2m50 ; ils sont formés par deux cornières juxtaposées, donnant une pièce d’une grande raideur.

Passerelle système Seyrig Fig.3
Passerelle système Seyrig Fig.3

Leurs extrémités sont munies de goussets en tôle, percés de trous cylindriques correspondant à ceux des abouts des membrures.

A l’extrémité inférieure du montant, les cornières s’écartent, le gousset est plus grand, et il est percé d’une ouverture rectangulaire qui laisse passer l’entretoise transversale porteuse.

Les treillis sont constitués par des barres formées de deux cornières.

Tous les assemblages entre eux des membrures, montants et treillis, sont semblables. Us sont constitués par un axe unique, en acier tourné, partout de même diamètre. Ce boulon a une tête ronde à l’une de ses extrémités et à l’autre trois trous destinés à recevoir des goupilles en acier, dont la position, dans l’un ou l’autre des trous, donnera toujours l’épaisseur du serrage voulu.

Les entretoises porteuses sont en fer à double T de 0m200 de hauteur ; elles dépassent de côté et d'autre les poutres principales de 0m70 environ.

A chaque extrémité de l’entretoise se trouve assemblée une contrefiche dont la tête est prise par le boulon d’assemblage de la membrure supérieure qui se trouve dans le même plan ; elle est fixée à l’entretoise par deux clavettes de réglage.
Les longerons qui vont d’une entretoise porteuse à l’autre sont en fer double T de 0m140. Ils reposent sur les entretoises dans des sabots eu acier moulé, de forme telle qu’une fois entrés ils sont fixés, et qu’il faut un mouvement spécial pour les faire sortir.

Dans le plan des axes des membrures inférieures se trouve un contreventement horizontal dont le but est de donner la rigidité voulue au tablier. Il se compose de cornières posées en diagonale, à raison d’une par panneau. Leurs extrémités sont attachées par les axes d’articulation des membrures, ce qui assure une liaison parfaite de tous les éléments entre eux.

Le poids total de cette passerelle est de 8,122 kilos, soit 542 kilos par mètre courant; elle est située au-dessus de l’avenue de La Tour-Maubourg, en face le pont des Invalides ; elle est ù 5 mètres au-dessus du sol ; pour y arriver on a construit un escalier eu bois à chaque extrémité. Une rampe en fer très légère règne de chaque côté de la passerelle.

Système de Schryver. — Ce système de pont est composé de deux poutres principales, formées d’une succession de panneaux en treillis de dimensions constantes (1m222 de largeur et 1m750 de hauteur), à l’exception des panneaux extrêmes qui réalisent les appuis et qui sont de Om611 sur 1m750. Les éléments des nervures des poutres sont combinés de telle façon que l’on poisse obtenir facilement un pont de telle portée qu’on le désire. Les diagonales du treillis sont supposées ne recevoir que des efforts de tension, ainsi qu’un système de treillis à simples diagonales tendues. Les contre-diagonales ne sont employées que dans le but d’obtenir une symétrie parfaite de tous les panneaux et de donner une pins grande résistance des poutres au gauchissement dans le sens transversal. Ces contre-diagonales sont efficaces lorsque l’on doit procéder au lançage du pont; elles sont alors destinées à supporter les efforts de compression qui tendraient h déformer les diagonales proprement dites.

Passerelle système Schryver Fig.4
Passerelle système Schryver Fig.4

Les longerons sont espacés transversalement de 3 mètres d’axe en axe et sont réunis par une série d’entretoises. Ces pièces de pont sont it leur tour reliées dans le sens de la longueur de la passerelle par deux files de longrines en U écartées de l^bO et sur lesquelles reposent les madriers du plancher de la passerelle.

Les assemblages des différentes pièces s’opèrent facilement avec boulons et pivots de types différents peu nombreux.

Tous les joints des éléments constitutifs des nervures des deux poutres se trouvent être en quinconce.

La partie libre maximum de ce système de pont démontable est de 18 X 1.222 + 2 X 0,611 = 23m,218 d'axe en axe des montants extrêmes.

Un léger contreventement horizontal, qui relie les deux cours de longrines aux points d'attache des entretoises, assure la stabilité du tablier sous l’action des efforts anormaux qui tendraient à s’exercer dans le sens transversal.

Toutes les pièces métalliques de cette passerelle sont en acier et présentent une résistance pratique maximum de 12 kilos par millimètre carré de section.

Passerelle système Schryver Fig.5
Passerelle système Schryver Fig.5

Aucun élément, pour en rendre le transport facile, ne dépasse le poids de 70 kilos. Le poids par mètre courant de cette passerelle est de 515 kilos.

Deux passerelles de ce système (fig. 4 et 5) sont construites au-dessus du quai d’Orsay, entre le pont d’Iéna et la gare du Champ de Mars; elles font communiquer le Champ de Mars, près de la Tour de 300 mètres, avec la partie du quai d’Orsay où est située l’Histoire de l’Habitation, en aval du pont d’Iéna.

La plus petite de ces passerelles a 8m634 de portée ; elle se trouve au-dessus de la tranchée qui existait déjà en 1878 et qui a été conservée; la seconde passe au-dessus de la tranchée occupée par le chemin de fer Decauville qui parcourra tout le quai d’Orsay, sa longueur est de 12m30.

Ces deux passerelles sont réunies par un escalier commun en bois ; à chacune des deux antres extrémités se trouve un escalier également en bois.
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Message par worldfairs »

Texte et illustrations de "La construction moderne - 6 avril 1889"

Système Eiffel.— Ce système se compose de deux poutres formant garde corps, réunies à leur partie inférieure par les pièces de ponton entremises porteuses.
systemeeiffelfig6.jpg

Ces pièces de pont sont à leur tour reliées par des files de longerons qui supportent le plancher (fig. 6 et 7); un contreventement complète la structure du pont.

systemeeiffelfig7.jpg

La disposition fondamentale de ce système consiste à composer les poutres d’un nombre d’éléments triangulaires identiques les uns aux autres, adossés et assemblés entre eux.

Dans la poutre il y a trois sortes de pièces : 1° les éléments courants; 2° les éléments d’extrémité on demi-éléments, et 3° les tirants.

Les éléments courants des poutres sont des triangles isocèles dont la base, les côtés et le montant sont composés par de simples cornières, qui sont assemblées par des goussets rivés.

systemeeiffelfig8.jpg

Chaque élément forme ainsi un ensemble superficiel absolument indéformable (fig. 8 ).

systemeeiffelfig9.jpg
systemeeiffelfig9.jpg (78.33 Kio) Vu 52 fois

Dans les éléments d’extrémité, le montant est renforcé et porte le patin d’appui sur la culée (fig. 9).

Les tirants sont composés d’une cornière et servent à constituer la membrure inférieure des poutres.

Les trous des boulons qui servent à l’assemblage des parties constitutives des poutres sont percés au forêt, et les boulons, tournés exactement au même diamètre, pénètrent dans les trous, sans jeu appréciable.

systemeeiffelfig10.jpg
systemeeiffelfig10.jpg (72.9 Kio) Vu 52 fois

Pour faciliter leur entrée et en même temps pour opérer le rapprochement des pièces à assembler, ils ont une partie conique qui prolonge le corps cylindrique et qui agit comme une broche (fig. 10).

Le tablier de la passerelle se constitue en réunissant les poutres par les pièces de pont qui reposent sur les goussets d’attache des barres du treillis, à la pointe inférieure de l’élément triangulaire, en venant s’appliquer contre le montant vertical sur lequel elles sont boulonnées. Leur longueur excède la largeur de la passerelle. De ces extrémités, qui font ainsi saillie, comme dans le système Seyrig, partent des cornières contre-fiches qui, venant se boulonner contre la partie supérieure des montants verticaux des poutres, assurent le maintien de celles-ci dans leur plan vertical.

Les pièces de pont sont réunies par les fils de longerons qui supportent le platelage. L’assemblage des longerons avec les pièces de pont se fait sans boulons, en emboîtant les longerons dans une rainure créée par deux équerres fixées sur la pièce de pont, lesquelles servent d’appui aux ailes supérieures du longeron.

La rigidité transversale de la passerelle est assurée à l’aide d’un contreventement en barres plates qui s’attachent sur les pièces de pont au moyen de petites équerres.

Toutes les pièces de ce pont sont en acier, ce qui permet de les faire travailler de 10 à 12 kilogrammes par millimètre carré.

Le poids par mètre courant de cette passerelle est de 350 kilogrammes.

Deux passerelles de ce système placées l’une à côté de l’antre, comme l’indique la figure 7, servent à franchir les mêmes tranchées que les passerelles du système de Schryver, mais elles sont situées en amont du pont d’Iéna ; on y accède également par un escalier à chaque extrémité.
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