Faïence de Rouen

Paris 1867 - Arts, design, fashion, shows
Avatar du membre
worldfairs
Site Admin
Messages : 8198
Enregistré le : 21 juin 2004 09:41 pm
Localisation : illkirch
Contact :

Faïence de Rouen

Message par worldfairs »

Texte et illustration de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Il n’est point d’art plus ancien que celui de la céramique. Si c’est Dieu, ainsi que nous l’enseignent les Ecritures, qui le premier a moulé et modelé l’argile, l’homme a dii, par ses origines mêmes, par l’instinct de sa propre nature et l’inspiration de son créateur, être porté de bonne heure aux travaux de la poterie et de la céramique.

L'histoire de ces travaux serait curieuse et instructive, car on y trouverait les transformations successives et les perfectionnements d’un art qui a commencé sans aucun doute avec notre race et qui est inséparable de tous les autres progrès matériels et moraux.

Les premiers hommes ne se résignèrent probablement pas longtemps à puiser et à boire l’eau dans le creux de leur main. C’était là un vase trop incommode pour qu’ils ne cherchassent point à le remplacer. Les cornes de leurs boucs, de leurs béliers et de leurs taureaux leur servirent sans doute à recueillir et à conserver l’eau fraîche des repas; puis l’invention allant toujours en avant et à la découverte ils ne tardèrent pas à employer le limon des fleuves ou cette terre glaise, malléable et grasse qui s’assouplit sous les doigts au gré de toutes les volontés, et qui, durcie au soleil ou cuite dans la cendre du foyer, conserve l’empreinte et la forme qu’elle a reçues.

Histoire du travail - Plat en faïence de Rouen
Histoire du travail - Plat en faïence de Rouen

Dès lors il y eut des potiers, et bien que ces ouvriers primitifs aient borné leurs ouvrages aux ustensiles de la maison et de l’étable, on ne craignit pas de les mettre au rang des artistes. Les Grecs les comblaient d’honneurs, et plus tard, à mesure que le métier progressa, à mesure que la matière, de plus en plus docile aux mains savantes qui la façonnaient, prit des contours plus élégants et des lignes plus harmonieuses, l’admiration et l’engouement s’élevèrent et grandirent.

Les nombreux et magnifiques spécimens de céramique égyptienne qui sont au musée du Louvre ont été pétris avec une terre pure, serrée, merveilleusement apte à conserver les reliefs les plus fins et les empreintes les plus délicates. Quelques-uns sont ornés de dessins incrustés ou peints en bleu, noir, violet, vert ou rouge.

La Grèce et l’Etrurie répandirent dans le midi de l’Europe leurs merveilleuses poteries. Rien de plus exquis que les formes de ces vases et de ces amphores, rien de plus enchanteur que les ornements dont ils sont couverts.

Mais bientôt les flots barbares des invasions roulèrent sur l’Occident; ces magnifiques productions de la céramique tombèrent sous la hache d’armes des Huns et des Vandales, et pendant des siècles le secret de cette gracieuse fabrication fut perdu.

C’est en Espagne que reparut d’abord l’industrie de la céramique et ce furent les Maures qui l’y importèrent. Les Arabes firent pour la Sicile ce que les Maures avaient fait pour l’Espagne. Les vases de cette époque sont très-admirés. Leur pâle est blanche et serrée. Leur émail entièrement bleu et leurs ornements vermiculés à reflets d’or et de cuivre d’un très-vif éclat sont bien dans le goût oriental.

Les Pisans rapportèrent, de leur expédition contre Majorque, le secret de la céramique mauresque, et bientôt ce peuple d’artistes travaillèrent la terre avec la même perfection que le bronze et le marbre. D’Italie, l’industrie de la céramique se répandit en France.

La première manufacture royale de faïences fut établie par François Ier à Rouen, où se développa, dans tout son épanouissement, le génie céramique français. Vers la fin du dix-septième siècle, la production rouennaise était dans toute sa prospérité et semblait défier toute rivalité française ou étrangère.

Le plat que reproduit notre gravure est de cette époque. On pourra trouver ailleurs une pâte plus légère et plus fine, mais nulle part un plus riche émail, un coloris plus éclatant et des ornements plus fins et plus variés. Ce plat ferait honneur au plus riche musée céramique du monde.


Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
https://www.worldfairs.info

Retourner vers « Paris 1867 - Arts, design, mode, spectacles »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités