Papiers peints par Isidore Leroy

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worldfairs
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Papiers peints par Isidore Leroy

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Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Il y a une vingtaine d’années environ une révolution s'opéra dans la fabrication des papiers peints. L’impression au rouleau venait de faire son apparition dans l’industrie française. Le travail a la main était remplacé par la machine, et les papiers peints communs allaient bientôt pouvoir abandonner les tons criards et les dessins informes que quelques auberges de village ont tenu cependant à conserver sur leurs murs.

Le travail à la planche ou à la main n’a point été complètement abandonné toutefois, car le travail à la machine présente un inconvénient sérieux :
celui de fondre légèrement les couleurs qui, mises l’une sur l’autre sans action de séchage, se mêlent ensemble, et forment un lavis qui souvent fait perdre sa forme au dessin et lui ôte une grande partie de sa valeur.

D’un autre côté, le travail à la mécanique l’emporte de beaucoup sur la fabrication à la planche pour les papiers connus sous la dénomination de papiers rayures et algériennes ; pour ces papiers, quelque grande que fût l’habileté de l’imprimeur, on ne pouvait éviter des défauts plus ou moins saillants dans les raccords des bandes.

Décor style Louis XVI, fabriqué à la mécanique, par Isidore Leroy (Médaille d'or)
Décor style Louis XVI, fabriqué à la mécanique, par Isidore Leroy (Médaille d'or)

Il en est résulté que la plupart des fabricants se servent des deux systèmes, et que pour certains décors d’appartement du genre riche, ils les emploient conjointement.

C’est à M. Isidore Leroy que revient l’honneur d’avoir le premier fait valoir la fabrication à la machine, qu’il modifia et qu’il perfectionna par l’addition d’un nouveau système. De perfectionnements en perfectionnements , M. Leroy a élevé cette fabrication à un degré qui a fait dire à MM. les ouvriers délégués par les imprimeurs en papiers peints, dans leur rapport adressé à la Commission d’encouragement : « M. Isidore Leroy a amené cette fabrication à un résultat où il peut être dit que le papier à la mécanique est arrivé à son apogée de perfection.

D’une seule machine, mue à bras, qu’occupait M. Leroy, en 1835, cet industriel est parvenu actuellement à en occuper vingt-cinq, plus deux machines à vapeur à imprimer à huit, dix et douze couleurs, des fonceuses, des accrocheuses, etc., etc.

Nous avons visité les ateliers de la maison Leroy, et nous pouvons affirmer que cette manufacture peut être placée en première ligne pour son genre de travail et pour les soins apportés dans le perfectionnement de la fabrication.

N’oublions pas de mentionner que la maison nommée ci-dessus occupe vingt-cinq imprimeurs à la planche.

Décor Alhambra, fabriqué à la mécanique, par Isidore Leroy (Médaille d'or)
Décor Alhambra, fabriqué à la mécanique, par Isidore Leroy (Médaille d'or)

Nous n’ajouterons rien à ce jugement, et nous allons parler des deux décors que nous avons reproduits afin de rendre sensibles à nos lecteurs les difficultés vaincues par M. Leroy et le degré de perfection auquel il est parvenu dans sa fabrication.

Notre première gravure représente un décor Louis XVI d’un style très-pur. La sobriété des détails n’en exclut pas cependant la beauté et le bon
goût; ce travail exclusivement obtenu par la machine, présente beaucoup de difficultés à cause de la finesse des détails et des soins exigés pour obtenir une harmonie parfaite dans les teintes.

C’est le premier résultat obtenu dans ce genre de décoration imitant l’article riche, qui se trouve placé ainsi dans des conditions de prix le rendant accessible à toutes les fortunes.

Notre seconde gravure représente un décor Alhambra qui a été fort remarqué. Ce décor est produit par une réunion de divers dessins de même style, combinés pour former un ensemble de grande décoration. C’est une idée complètement nouvelle appliquée à la décoration des papiers peints à bon marché.

L’exécution de ces dessins par la machine donne à ce travail un mérite particulier qu’on ne saurait méconnaître; la multiplicité des détails avait exclu jusqu’à ce jour ce genre de travail de ceux exécutés à la mécanique, et le travail à la main avait seul osé aborder ce genre d’impressions.

Si à ces travaux importants nous ajoutons la série de papiers ordinaires nommés demi-fins qui étaient remarquables comme coloris et comme teintes de fond, d’un goût charmant, on ne s’étonnera pas que le jury international ait récompensé les efforts de M. Isidore Leroy en lui accordant la médaille d’or.


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