L'orfèvrerie par Odiot

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L'orfèvrerie par Odiot

Message par worldfairs » 27 mars 2019 11:49 am

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

C'est un rare et noble spectacle que celui d’une famille se consacrant de père en fils à la même œuvre, traversant les siècles en se transmettant à elle-même de génération en génération un héritage de travail, d’intelligence, d’honneur et de renommée. Que les familles dont nous parlons se consacrent au gouvernement de l’État, à la distribution de la justice, à l’industrie ou aux beaux-arts , le sentiment qu'elles éveillent est le même et l'exemple qu’elles donnent est des plus moralisants.

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Candélabre, par M. Odiot

Cet exemple n’était rare ni dans les sociétés antiques ni dans les sociétés modernes. Chez les anciens la manière dont le peuple était constitué, l’existence sous une forme ou sous une autre, et souvent malgré des dénominations populaires, d’une classe privilégiée, rendaient cette transmission des fonctions et des professions nécessaires. Au moyen âge il en était de même; on fut seigneur héréditaire, et, dans l’industrie, les moyens techniques étaient si longs et si difficiles à acquérir, les corporations étaient si fermées, qu’il était rare qu’un fils ne succédât pas à son père. Sous la monarchie de Louis XIV, les familles nobles et militaires se perpétuaient, les familles de robe faisaient de même.

Depuis tout est changé, en France du moins, et le mouvement de notre vie démocratique, bouleversant tout, après avoir en un jour rompu toutes les traditions et tous les liens qui unissaient une génération aux précédentes, après avoir fait table rase, a été cause que, au point de vue qui nous occupe, le monde a recommencé.

On est tombé alors dans l’excès contraire à celui des sociétés dont nous parlions et dont le type était la société égyptienne où les professions étaient héréditaires de par la loi : on a rarement pris la carrière paternelle. Rarement le père a élevé son fils en vue de la lui faire adopter : n’ayant pas reçu de tradition il n’a pas songé à en créer. A peine cite-t-on aujourd’hui quelques établissements remontant à la fin du dernier siècle. Et quant à nous, si nous avons, l’autre jour, lu, avec un vif étonnement, sur la devanture de la boutique d’un obscur marchand de vin du faubourg Saint-Germain, la date de 1669 (?), nous sommes bien convaincu que ce cabaret a passé par les mains de plus d’une famille.

Ces considérations que nos lecteurs , nous l’espérons, voudront bien ne pas trouver trop élevées pour avoir été traitées à l’occasion du sujet qui va nous occuper, nous sont suggérées, avec à-propos croyons-nous, par un renseignement que nous communique avec obligeance le chef du grand établissement dont nous allons étudier les travaux.

La maison Odiot est certainement le plus ancien établissement d’orfèvrerie existant aujourd’hui. Fondée en 1720, c’est-à-dire il y a 148 ans, par Jean-Baptiste Odiot , nommé en 1739 l’un des gardes de l’orfèvrerie et nommé grand garde en 1754, on peut suivre la maison Odiot depuis les premières années de Louis XV jusqu’à nos jours : six génération nous amènenent à Jean-Baptiste-Gustave, le chef actuel de cette importante maison, nous allions et nous pourrions dire institution.

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Surtout, par M. Odiot

Nous ajouterons à ces souvenirs si honorables, et nous croyons ne pas nous tromper, qu’un des Odiot , celui qui était chef de l’établissement en 1814, caractère trempé à l'antique et âme pleine de patriotisme, était alors colonel ou commandant de la garde nationale, et se distingua par l’énergie avec laquelle il entraina les ouvriers et les hommes placés sous ses ordres. Nous croyons même qu’il figure dans le célèbre tableau d’Horace Vernet, le maréchal Moncey a la barrière de Clichy, parmi les officiers qui entourent le duc de Conégliano. Si nous rappelons ces souvenirs voici franchement pourquoi : c’est que nous ne trouverons jamais de meilleure occasion, non de venger, mais de défendre l’industrie et surtout le travail d’un préjugé fort sot, mais qui, Dieu merci, s’en va tous les jours.

Il était convenu naguère que le travail était affaire de vilain et que la guerre seule était œuvre de gentilhomme. Ce préjugé est très-vivace encore de nos jours, et il n’est personne appartenant véritablement au noble faubourg qui ne se croie déshonoré de toucher un salaire pour un labeur accompli, ou de recevoir le prix d’un produit industriel. Or, il est temps de faire remarquer à ces dégoûtés qu’il n’en est pas un parmi eux qui ne soit marchand, simplement marchand en gros ou en petit, marchand de vin ou de blé, de bétail ou de laine ; beaucoup sont meuniers et fabricants de sucre de betterave. La cause est donc entendue.

Arrivons maintenant à l’orfèvrerie de M. Odiot.

Nous avons choisi parmi les plus beaux spécimens exposés au Champ de Mars ceux qui pouvaient le mieux représenter le caractère grandiose et artistique de cette orfèvrerie.

Voici par exemple la pièce de milieu d’un magnifique service de table commandé par M. H. Pétin.

Et ici une observation qui, pour s’appliquer à un cas particulier, n’en a pas moins un sens général, une haute portée que les grands orfèvres ne devraient jamais perdre de vue lorsqu’ils négligent une certaine chose ; quelles que soient d’ailleurs les qualités exceptionnelles de leurs créations, elles pèchent par la base : nous voulons parler de l’à-propos, de l’appropriation d’une chose à sa destination.

Si vous travaillez pour un souverain, dirions-nous volontiers à tout orfèvre, — ceci s’adresse aussi bien à l’orfèvre, qu’à l’ébéniste, qu’au fabricant de bronzes, qu’au tapissier, etc., — que le caractère dominant de votre production soit la majesté ; si c’est pour un homme riche qui aime le faste, soyez luxueux ; si c’est pour un artiste, ayez surtout du goût, et ainsi de suite ; que votre exécution soit en rapport avec celui qui a fait la commande, si ses désirs sont en rapport avec sa situation. Point de ces anomalies ridicules ne couvrez pas de guerriers en armure se livrant de furieuses batailles le service de table d’un archevêque ; mettez peu de Gérés et de laboureurs dans l’argenterie d’un maréchal de France. Point de ces banalités que vous aurez le tort de croire bonnes pour toutes les circonstances ; point non plus de ces insignifiances qui en effet vont partout parce qu elles sont partout également mal placées.

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Candélabre Louis XIV, par M. Odiot

C’est ce qu’a bien compris M. Odiot dans la conception des sujets dont il a orné les grandes pièces de M. Pétin.

M. Pétin est, comme tout le monde le sait, l’un de nos plus importants industriels métallurgiques. Son exposition au Champ de Mars, son splendide pavillon non loin de l’entrée du jardin, ses produits divers si bien disposés dans la galerie de la classe 40, ses autres œuvres disséminées un peu partout, ont attiré non moins l’attention du public que celle du jury international qui lui a décerné une haute récompense. MM. Pétin et Gaudet, dont l’établissement principal est à Rive-de-Gier dans le département de la Loire, travaillent les minerais, produisent de la fonte, des fers, des blindages, des bordages de vaisseaux et de machines, des essieux, des roues, des ressorts de wagons et de locomotives, des pièces de forge en fer et en acier, des canons d’acier fondu de tous les calibres, des boulets d’acier, des aciers en barres, etc. Or, que penseriez-vous d’un service destiné à ce Vulcain, et qui serait^ orné d’Amours joufflus, de colombes attendries ?

La force, le travail, voilà l’idée qui doit dominer dans l’invention d’un service destiné à orner la table de M. Pétin. C’est cette idée qu’a réalisée M. Odiot.

Dans son ensemble, sans être lourde, la grande coupe que nous avons fait graver avec soin offre le caractère de la solidité. La pièce s’élève naturellement, sans effort, avec calme, mais pas assez pour être élancée et frêle. Les lignes en sont sévères et fermes, les ornements sobres et nerveux. Quelques lignes droites, des courbes infléchies sans mollesse, peu de rinceaux et de ciselure, voilà sa physionomie. Quant aux sujets, par un choix très-heureux, ils représentent les ouvriers occupés aux différents travaux qui s’opèrent dans une de ces grandes usines qui commencent leur travail dans le sein de la terre et le terminent en livrant un objet prêt à être utilisé.

Les quatre ouvriers, dont notre gravure nous présente les tçois principaux, sont des hommes vigoureux, dans l’âge de la maturité, vêtus d’un costume qui n’est ni ancien, ni moderne, mais pourrait être symbolique du travail, tant on sent qu’il est le plus commode. Nous disons qu’il n’est ni ancien, ni moderne, nous devrions plutôt dire qu’il est de tous les temps et de tous les pays. Il est en outre sculptural en ce sens qu’il laisse voir à nu le cou et les bras, qu’étant collant par en bas, il équivaut au nu, et que pour le reste il forme draperie. L’attitude des personnages est celle du calme. On a encore eu la bonne idée de les représenter au moment et dans l’attitude du repos. Ce choix contraste avec des compositions où l’on voit à perpétuité de petits êtres qui se démènent comme des forcenés; on sait combien est pénible le spectacle de ces figures d’orfèvrerie qui lèvent pour l’éternité la jambe ou le bras sans jamais les abaisser et semblent ainsi les victimes d’un supplice cruel; on sait en thèse générale que la sculpture ne doit pas rechercher l’action violente, mais au contraire une action synthétique, condensée, contenue, qui rappelle une action qui vient de s’accomplir, ou en annonce une qui va se produire; hors de là on n’arrive qu’à une impression tourmentée.

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Surtout Louis XIV, par M. Odiot

Sur la face dirigée vers nous est le mineur sarde qui fournit au travailla matière première; à ses pieds sont des blocs de minerai, sa pioche, son maillet, sa lampe qui lui sert à se guider dans les entrailles de la terre. A ce propos, nous nous permettrons une légère et bien inoffensive critique : Pourquoi ne lui a-t-on pas donné une lampe de Davy au lieu d’une de ces lampes anciennes qui ne sont en usage dans aucune mine ? Il eût été pourtant facile de donner à cet objet un contour artistique. Le type de l’individu est bien celui d’un homme consacré aux travaux manuels : la tète solide et un peu bovine, le col vigoureux, les épaules larges, les bras développés, ainsi que les jambes, dans leur musculature.

Sur la face opposée est le puddler. Ici deux mots d’explication. Le puddlage c’est l’affinage de la fonte, autrement dit l’opération par laquelle on la dépouille des substances qui en altèrent la pureté. L’affinage de la fonte, c’est-à-dire la transformation en fer ductile et malléable, consiste à la chauffer fortement au contact de l’air afin d’oxyder le carbone et les autres matières étrangères. Cette opération s’exécute dans des fourneaux à réverbères appelés fourneaux à puddler.

A droite et à gauche sont le fondeur et le forgeron entourés aussi des instruments de leur travail et ayant à leurs pieds les produits de leur fabrication spéciale.

Les quatre médaillons à la base, ainsi que ceux qui ornent le couronnement de la coupe, portent en un relief délicat l’image de ces machines puissantes, grâce auxquelles le fer est travaillé aujourd’hui avec cette facilité extraordinaire qui fait l’honneur de la science moderne. Ces petites compositions, habilement agencées, forment un décor original et heureux.

Sur des petits cartouches bien encadrés sont les noms des huit usines principales de M. Pétin : Givors, Assailly, Saint-Chamond, etc.

Les fleurs d’ornement, qui couronnent les médaillons, forment au sommet de la composition générale des profils qui ont toute la grâce des lignes garnies d’antefixes dont les anciens surmontaient leurs édifices.

La grosse nodosité qui sert de soutien à la coupe en même temps qu’elle forme une gradation entre le développement de celle-ci et l'épanouissement de la masse qui en forme la base, est composée de rostres ou éperons de galères destinés à rappeler les premiers navires cuirassés avec les plaques sorties des ateliers de M. Pétin.

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Corbeille Louis XIV, par M. Odiot

Les candélabres, qui accompagnent la pièce du milieu, sont conçus dans le même esprit, composés des mêmes éléments et décorés des mêmes motifs. Ils ont le même caractère et sont du même goût, avec cette différence toutefois que les bras des feux d’un candélabre devant toujours être une effloraison, le sommet de la pièce est ici plus délié et plus léger. Et en ce qui concerne ces branchages, nous en signalerons avec plaisir l'élégance; plusieurs détails en sont aussi fort charmants, tels que les petites fleurettes qui s’épanouissent en dessous des branches inférieures, tels que les filets qui soutiennent les plus élevées, tels que les petites feuilles aiguës qui revêtent la naissance des branchages. Le médaillon du socle qui porte le chiffre H, P, répond bien par les lignes de ces lettres à celles des grands médaillons. De fins rinceaux courent sur le pied et un joli lambrequin descend de sa ligne la plus haute. Les deux figures adossées à la colonne sont celles d’un mouleur et d’un ajusteur.

La magnifique pièce Louis XIV que nous donnons ici est un bout de table du service du duc de Galbera. Toute la composition, tous les profils sont inspirés du génie de l’antiquité et n’auraient pas été désavoués par les artistes grecs qui travaillaient à Rome sous les Antonins (car le Louis XIV procède des Romains). Le vase est d’une coupe extrêmement remarquable et le bas-relief dont il est orné est d’un modèle tout à fait exceptionnel. Les frises qui le parcourent sont aussi d’un excellent dessin. Quant aux deux figures principales, nous regrettons d’ignorer le nom de l’artiste qui en est. l’auteur, car ce sont de véritables morceaux de sculpture. L’un représente un jeune Bacchus ou le Ain, l’autre une Cérès ou le Pain. Dans la pièce qui fait le pendant de celle-ci, au lieu du Pain et du Vin , on voit les Fleurs et les Fruits.

On a beaucoup remarqué dans ces deux figures la beauté du type, le naturel et la grâce de l’attitude, le charme des lignes, la science de la draperie, la simplicité attrayante de la coiffure et la connaissance du modelé.

Le blason des Galbera s’enlève en un beau bas-relief sur le socle qui est mat avec des filets brunis.

Ce service comprend aussi des candélabres à figures et d’autres de même dimension, mais sans personnages, et en même temps, comme pièce de milieu, une corbeille qu'on a eu le bon esprit de faire basse afin de ne pas obstruer la vue et pour que le maître de la maison puisse voir la personne qu’il a placée en face de lui, et qui, par conséquent, est une des plus importantes parmi celles qui assistent à la solennité.

Cette corbeille figurait à l’Exposition, où il est regrettable que le Duc n ait pas consenti à laisser exposer dans son ensemble son beau service.

Nous donnons une troisième pièce de surtout de M. Odiot, parce que ce n’est guère que dans les œuvres de ce genre qu’un grand orfèvre peut déployer toutes les ressources de son art, de son talent et des artistes qui travaillent sous sa direction. Nous avons voulu aussi montrer des œuvres de divers styles.

La pièce de milieu, exécutée pour M. le vicomte de Chevigné, est de style Louis XV. Elle est sobre d’ornements et les lignes en sont contournées avec élégance. Elle se compose d’une série de calices, quatre petits en escortent un grand. Ceux-là sont destinés à recevoir des fruits, et le principal est une corbeille à fleurs.

Le fût qui porte le calice principal est d’une grâce charmante. tant dans les lignes générales qui se courbent tendrement que dans l’ornementation délicate qui les parcourt et les anime. Les côtes du calice, le bouquet de feuilles d’où il sort immédiatement, les renflements du fût qui sont au chapiteau, ce qu’est le bouton à la fleur, les petites guirlandes qui en descendent en légères cascades, les riches volutes du bas, et le socle lui-même si bien épaté, sont d’un effet délicieux. N’oublions pas non plus le joli quadrillé qui est encadré par les nervures.

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Surtout Louis XV, par M. Odiot

Une des choses les plus dignes de remarque aussi dans cette pièce, c’est le fini de l’exécution. Tous les détails que nous venons de passer en revue sont traités avec un talent consommé.

Il en est de même des petites figures dont la musculature et le modelé sont sans reproche. Et à ce propos nous dirons que pour s assurer du fini et de l’exécution correcte d’une pièce d’orfèvrerie ou d’un bronze, c’est aux mains qu'il faut regarder : si la main et le pied sont bien faits, si les doigts sont bien effilés et divisés aux phalanges, si les ongles sont bien placés, si la cheville et le poignet ne sont pas engorgés, il est vraisemblable que toute la statuette est l’œuvre d’un sculpteur sérieux et non d’un vulgaire praticien. C’est le cas du surtout de M. de Chevigné. Ajoutons vite le correctif à la règle que nous venons de poser : c’est qu’il ne faut pas prendre pour des pieds et des mains bien faits, des mains et des pieds limés, polis, finis à l’excès, c’est-à-dire mesquinement.

Terminons par une corbeille Louis XVI qui nous parait aussi du meilleur goût.

Nous signalons l’excellent style de la frise qui l’entoure : ces rinceaux d’un riche et ferme dessin encadrent heureusement, sans former fouillis, ces gracieuses figures de femmes qui se jouent avec aisance au milieu d’eux, le tout formant un sujet gai et des combinaisons de courbes attrayantes à l’œil.
Ces deux femmes des anses qui se terminent en gaines légères (desinit in... folium) sont charmantes de mouvement, et leur attitude cambrée, leur effort nerveux qui semble vouloir soulever le vase sont pleins d’intérêt ; les petites têtes aussi sont des plus jolies.

Nous nous arrêtons ici, priant le lecteur d’observer que si les appréciations qu’il vient de lire sont franchement élogieuses, ce n’est pas (et cela n’a jamais été en pareil cas par suite d’un parti pris d’applaudir, ou d’un optimisme extrême, ou d’une indifférence bienveillante) ce n’est pas autre chose qu’une opinion rigoureusement sincère que nous avons développée. Et cela est facile à démontrer en deux mots. Parmi tant de chefs-d œuvre ou d’œuvres de grand mérite qui peuplaient par milliers les galeries de l’Exposition universelle, nous avons résolu, en fondant cette revue, de ne parler jamais que des meilleures entre les meilleures, que des merveilles. Il n’est donc pas étonnant que nous applaudissions presque toujours. Il n’est pas étonnant que nous l’ayons fait tout le long de cette livraison, puisque nous y avons parlé des plus belles créations d’une des premières orfèvreries de Paris, des œuvres de M. Odiot.
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