Pompe Hermann-Lachapelle et Ch. Glover

Paris 1867 - Inventions, novelties and means of transport
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worldfairs
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Pompe Hermann-Lachapelle et Ch. Glover

Message par worldfairs » 08 mars 2019 07:50 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

En parcourant la grande galerie des machines, le visiteur s’arrêtait, étonné, devant un pavillon de style mauresque, qui, porté sur ses minces colonnes, se dressait comme une tente au-dessus du promenoir aérien.

Contraste étrange ! l’œuvre la plus fraîche et la plus brillante de l’imagination et de la fantaisie orientales, un avant-corps des cours de l’Alhambra, transporté de Grenade la Vermeille ; au Palais de l’Industrie, servait de portique à la classe o3, qui renfermait les engins les plus puissants qu’aient pu créer le génie industriel, la science et le calcul. D’éclatantes banderoles flottent au-dessus du dôme brodé comme une riche étoffe et dont les entrelacements variés à l’infini s’étendent et se dentèlent sur toutes les parties de l’édifice. Le bleu et le rouge s’enlevant sur un fond d’or permettent à l’œil de suivre les capricieuses combinaisons des lignes et font mieux ressortir le relief des arabesques.

Paris 1867 - Inventions, nouveautés et moyens de transport - Pompe Hermann-Lachapelle et Ch. Glover - Chateau d'eau, par Hermann-Lachapelle et Ch. Glover - chateaueauhermannlachapelleglover.jpg
Chateau d'eau, par Hermann-Lachapelle et Ch. Glover

Une nappe d’eau tombant des bords du dôme dans un bassin en cristal forme un rideau diaphane au devant des arcs latéraux dont le cintre allongé repose en fer de cheval sur l’entablement de frêles colonnettes. Une pompe aux puissantes allures, actionnée par une machine à vapeur verticale, alimente cette nappe d’eau. C’est la partie essentielle de l’Exposition, l’engin dont le jeu et les effets sont soumis au public. Le pavillon mauresque n’est là que pour servir de décoration et de cadre, comme la partie monumentale d’un château d’eau sert de décoration architectonique à la machine hydraulique qui fournit l’eau nécessaire aux besoins de la population. Nous nous occuperons donc exclusivement de l’appareil hydraulique et de son moteur.

MM. Hermann-Lachapelle et Ch. Glover sont des constructeurs habiles et d’intelligents industriels. L’Exposition eût suffi pour établir leur réputation, s’ils ne l’avaient déjà conquise avec une énergie et une activité remarquables. Leurs machines fonctionnaient au Champ de Mars en cinq endroits, et leurs appareils à boissons gazeuses n’ont cessé d’y fabriquer pendant toute la durée de l’Exposition.

La place que la Commission avait assignée à leur château d’eau n’était pas la plus favorable. La nappe d’eau ne coulait pas toujours aussi abondante ni aussi limpide que celle qui, après avoir jailli de la fontaine des Lions, va remplir à l’Alhambra les bassins en marbre blanc de la cour des bains. Dans la galerie, l’eau et la vapeur parcimonieusement partagées aux exposants ne permettaient aux machines que de marcher d’une manière lente et pénible; plus près de la berge, à côté de la grande pièce d’eau du parc, la même pompe actionnée par sa machine, librement chauffée comme elle devait l’être, eût élevé sans fatigue cent mille litres à l’heure, trois mille mètres cubes en vingt-quatre heures, quantité suffisante pour approvisionner une ville de 30 000 âmes, en supposant une consommation journalière de 100 litres par habitant, deux fois plus qu’ils en ont dans la plupart des villes de France.

L’eau joue un rôle immense dans l’alimentation, dans l’hygiène, dans l’industrie des populations; s’en approvisionner et la distribuer au mieux des besoins a toujours été une des grandes préoccupations des peuples civilisés. De là ce grand nombre de machines hydrauliques de tout genre qu’on voyait à l’Exposition. En établissant leurs appareils, MM. Hermann-Lachapelle et Ch. Glover ont voulu fournir aux villes, aux communes, aux établissements industriels et aux exploitations agricoles, des engins hydrauliques : — d’un rendement parfaitement exact et sûr, déterminé à l’avance ; — d’une installation prompte et facile ; — d’un entretien aisé et peu coûteux; — d’un prix relativement bas et qui ne soit pas susceptible de ces écarts qui déroutent les prévisions et détruisent l’équilibre des budgets.

La pompe et le moteur sont accolés et réunis sur le même socle d’assise. Leur disposition verticale, leurs dimensions proportionnelles et leurs formes harmoniques donnent à l’ensemble un aspect monumental. Ils arrivent à destination tout montés, et occupent peu de place ; un seul homme peut suffire à leur surveillance et à leur conduite.

Paris 1867 - Inventions, nouveautés et moyens de transport - Pompe Hermann-Lachapelle et Ch. Glover - pompe et moteur hydrauliques, par Hermann-Lachapelle et Ch. Glover - pompemoteurhermannlachapelleglover.jpg
pompe et moteur hydrauliques, par Hermann-Lachapelle et Ch. Glover

Les pompes sont à pistons plongeurs, c’est le seul système qui puisse élever de grandes masses d’eau à de grandes hauteurs, sans perte notable de travail et de force. Dans les essais comparatifs, faits par la ville de Paris, il a été reconnu que les pompes à pistons plongeurs avaient un rendement effectif de près de quatre-vingt-dix-huit pour cent,- tandis qu’on obtenait à peine de quarante à soixante pour cent avec les autres systèmes; aussi est-ce le seul qu'elle ait adopté pour ses grandes usines élévatoires de Saint-Maurice, de Chaillot et d’Asnières. Les pistons sont en bronze; les clapets sont parfaitement ajustés sur leurs supports; leur visite est des plus faciles, il suffît de dévisser les couvercles des ouvertures placées en face.

Le réservoir d'air est très-grand, avantage énorme qui assure la régularité de la marche et l égalité du jet. Il sert d’appui aux bâtis qui portent les coussinets dans lesquels fonctionnent l’arbre à double manivelle qui met en jeu les bielles des pompes équilibrées aux flancs de réservoir, et le prolongement de l’arbre de la machine, qui lui transmet directement le mouvement par engrenage. Les pompes et le réservoir sont fixés par des boulons à écrous sur un socle en fonte portant les bouches d’aspiration et de refoulement.

Ces pompes sont actionnées par des machines verticales montées sur socle-bâti isolateur. C’est le type des moteurs de petite force le plus remarquable et sans contredit le plus parfait de tous ceux du même genre produits jusqu’ici. Il est suffisant pour faire la fortune et entretenir l’activité de la maison Hermann-Lachapelle et Glover, dont les ateliers pourvus de l’outillage mécanique le plus complet et le mieux approprié livrent aujourd’hui une machine par jour. Résultat remarquable, surtout si l’on songe qu'elle exposait en 1862 à Londres une des premières machines à vapeur qu'elle ait construites.

Le socle-bâti isolateur qui caractérise le type porte toute la machine et lui donne une grande stabilité et de l'élégance. Il isole complètement la chaudière, assise sur le socle, de tous les organes du mouvement groupés en parfait équilibre sur les colonnes et sur l’entablement. Les inconvénients si nombreux qui résultent de l’adhérence des pièces du mécanisme sur la chaudière, et qu’on regardait comme inhérents â toutes les machines portatives ou locomobiles, sont ainsi évités.

La chaudière est verticale, â bouilleurs horizontaux croisés et à foyer intérieur. Le feu y est enfermé dans un fourneau circulaire dont les parois sont entièrement baignées par l’eau. Les bouilleurs pris en plein par le feu brisent la flamme; les gaz de combustion se trouvent ainsi retenus dans un espace assez vaste pour qu’ils s’y mêlent intimement à l’air et où règne une température assez haute pour qu’ils brûlent avant d’arriver â la cheminée. Toute la surface de chauffe reçoit donc l'action directe de la flamme des gai chauds et du rayonnement de la couche incandescente; tout le calorique est utilisa.

Un bac réchauffeur fournit à la pompe d’alimentation l’eau chauffer .1 80 degrés par la vapeur d’échappement. Le cylindre est à enveloppe à circulation de vapeur; les serrages sont à vis et les articulations à rotule. Chaque machine est pourvue d’un régulateur et d’une détente variable.

La série des pompes est de sept numéros classés suivant leur rendement, qui est de 3000 à 100 000 litres à l’heure. La force des machines s’étend de 1 cheval à 15 chevaux-vapeur. Le rendement de la pompe et la hauteur à laquelle l’eau doit être élevée déterminent la force qu’on doit appliquer. Le prix de ces installations complètes varie de 2900 à 18000 francs. Un château d’eau ordinaire du même produit coûterait le double; son installation serait longue, ennuyeuse, son rendement moins sûr, son entretien moins aisé et plus coûteux.

En créant ces engins hydrauliques si commodes, si faciles à installer, à entretenir et à conduire, d’un rendement si sûr, MM. Hermann-Lachapelle et Ch. Glover ont rendu un grand service à une foule de localités qui manquent d’eau, cette condition première du bien-être et de la santé des populations.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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