M. Aucoc

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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M. Aucoc

Message par worldfairs » 05 mars 2019 07:15 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

L'exposition de M. Aucoc n’était pas une des moins intéressantes.

Ce qui nous a paru la caractériser principalement, c'est la distinction.

Les formes, le décor des pièces exhibées au Champ de Mars étaient en parfait rapport avec le style, et avec ce que j’appellerai l’esprit de ces mêmes pièces.

Ajoutez à cela une exécution très-soignée et du goût, vous aurez un total qui fait honneur à notre orfèvrerie. On sera de notre avis sur ces divers points, en jetant les yeux sur les accessoires du nécessaire de toilette en vermeil, Louis XVI, ici gravé.

Paris 1867 - Arts, design, mode - M. Aucoc - Lavabo et miroir Louis XVI en vermeil, par M. Aucoc - lavaboaucoc.jpg
Lavabo et miroir Louis XVI en vermeil, par M. Aucoc

Le pot à eau s’élève avec une fierté sévère. Oui, fierté, nous ne craignons pas d’appliquer ce mot à un objet matériel sans rapport avec la figure et l’expression humaines, ou plutôt à des lignes et à des surfaces. La ligne en elle-même est une expression, et pour les délicats esthéticiens, elle est une musique qui peut rendre tous les sentiments sinon toutes les idées. L’une est molle, languissante, amoureuse; l’autre est ferme, dure et exprime l’inaccessibilité; l’autre est capricieuse, folle et légère; celle-ci est gaie; celle-là est mélancolique; telle autre est désagréable et repoussante : n’est-ce pas vrai, ces distinctions? est-ce que je joue sur les mots ou que je m’abuse? Non pas, et voici pourquoi : toute forme a le don d’affecter l’homme d’une certaine façon ; et comme les manières de le toucher sont variées à l’infini dans les nuances, et que les formes sont infiniment variées, il en résulte que chaque contour perçu répand chez l’homme non-seulement une sensation, mais une émotion particulière.

Donc, ici les lignes parlent de dignité et de noblesse. Cette orfèvrerie conviendrait à quelque grande dame un peu hautaine (la hauteur ne mes-sied pas à tout le monde). Mais il faudrait aussi qu’elle fût jeune et très-élégante. Ces guirlandes de fleurs et ces rubans légers appartiennent de droit à la jeunesse. Plus tard les fleurs sont fanées.
La forme de la cuvette est ronde et commode; cette pièce est large, l’on peut s’y plonger à l’aise les deux mains. Or cela est précieux, car cette qualité de l’ampleur des dimensions n’est ni le propre de l’orfèvrerie de toilette (à cause du prix de la matière), ni la spécialité des meubles de toilette français. En vérité, il y a là une réforme à faire et qui est heureusement en bonne voie pour s’accomplir. Lorsqu’on contemple ce qui servait de lavabo à nos aïeux, à nos contemporains d’hier, et ce qui en sert encore dans bon nombre de petites villes, on se demande si nos aïeux n’étaient pas d’une saleté repoussante. Et entre nous soit dit, je le crois fermement : on se débarbouillait naguère, passez-moi le mot, avec une pincée d’ouate légèrement trempée dans l’eau; on fuyait l’eau. Grâce aux Anglais, il n’en sera bientôt plus ainsi nulle part : des ablutions abondantes nous purifient. Et voilà pourquoi même en vermeil M. Aucoc fait des cuvettes qui permettent d’être propre.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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