Vase chinois en bronze

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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Vase chinois en bronze

Message par worldfairs » 14 févr. 2019 06:55 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Le vase antique chinois en bronze doré emprunté à l’histoire du travail est d’une rare originalité. La division en trois masses principales, la supérieure et l’inférieure en forme de cornets, et la nodosité du milieu en sphère aplatie aux pôles, les quatre séries d’ailettes de jade qui courent le long de toute la pièce et y forment comme autant de crêtes, sont fort curieuses et insolites ; le décor n’est pas moins intéressant.

Dans un des détails, nous trouvons une caractéristique que nous devons signaler parce qu'elle résume à elle seule tout l’esprit de cet art décoratif pour lequel les Orientaux, nous le répétons, depuis le Turc jusqu’au Japonais, sont nos maîtres. Prenez une de ces ailettes dont nous parlions et examinez-la : en y regardant de près, mais il faut y regarder de près, on reconnaît que cet ornement informe à première vue et formé d’enroulements échevelés est une figure de poisson; on distingue, en effet, une tête, une bouche, un œil, une queue et des nageoires. Mais que cela est dissimulé et enveloppé! on croirait voir un poisson en train de devenir larve, comme le font les vers à papillon : peu à peu les formes s’épaississent, les détails s’effacent, se lient et se confondent, il ne reste plus qu’une masse laissant à peine voir ce qu’elle a été. Eh bien ! cette transformation de poisson, cette atténuation de la forme, cet effacement partiel fournissent un motif éminemment décoratif : remplacez ces ornements par des poissons bien imités, et bien proprement exécutés, vous ne faites plus là que de la sculpture mal à propos.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Vase chinois en bronze - Vase chinois en bronze - Histoire du travail - Collection du duc de Morny - vasechinoisbronze.jpg
Vase chinois en bronze - Histoire du travail - Collection du duc de Morny

Les mêmes observations s’appliquent aux attributs qui s’étendent verticalement sur le col du vase, sur le fin quadrillage qui le revêt, et qui sont aussi des poissons, dont la tête est en bas, et aussi aux gros mascarons du milieu et du bas, lesquels ont dû être originairement dans la pensée de l’artiste le masque de quelque dragon ou de quelque divinité.

Nous croyons que ce qui précède explique suffisamment ce principe qui pour nous est tout l’art décoratif, savoir, que la décoration des œuvres d’art industriel ne saurait se composer ni de statues, ni de tableaux. Nous disons en principe. Répudions donc dans nos tentures en tapisserie ou en papier peint, dans nos tapis, dans nos porcelaines surtout, et presque en tout, répudions ces petites peintures qui sont déplacées ; en principe il faut leur préférer l’arabesque, l’enroulement, la fleur imaginaire et posée à plat; la proscription cependant n’est pas absolue et il faut la soumettre aux considérations de relation : des tapisseries à personnages conviennent par exemple fort bien à nos vastes salles de châteaux.

Pour en finir avec ce vase, sur lequel la Gazette des Beaux-Arts a naguère publié un bon travail, nous faisons remarquer comme toutes les parties en sont bien liées, comme il monte bien et comme il est bien assis sur sa base solide et élégante ; le socle surtout est d’un dessin excellent.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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