Meubles d’art de Sauvrezy

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Meubles d’art de Sauvrezy

Message par worldfairs » 26 janv. 2019 10:55 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Monsieur Sauvrezy est bien connu des artistes, des fabricants et des amateurs de meubles d’art; et si nous ne nous trompons, nous avons eu la satisfaction de lui décerner, en 1865, à l'Exposition des Beaux-Arts appliqués, une médaille d’or ; les mérites qui lui valurent cette récompense étaient surtout son sentiment artistique, sa qualité de chercheur consciencieux, et le scrupule avec lequel il repousse tout ce qui n’est pas la réalisation; rigoureuse et pure de son idéal.

Le meuble que nous donnons ici a été conçu et exécuté sous l’influence salutaire de ce goût exigeant sans lequel on est si exposé à défaillir. Ce cabinet, qui nous paraît destiné à recevoir des objets d’art et de curiosité, se distingue par l’harmonie de ses grandes lignes et la pureté des profils; tout se tient bien, tout est bien lié; le caractère de l’œuvre est un; la sculpture est sobre et bien en place ; et c’est avec discrétion que quelques émaux de Claudius Popelin et quelques lapis relèvent la gravité du bois noir.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Meubles d’art de Sauvrezy - Cabinet pour objets d'art, par Sauvrezy - cabinetsauvrezy.jpg
Cabinet pour objets d'art, par Sauvrezy

Le point sur lequel nous appelons toute l’attention de nos lecteurs est celui-ci. Les meubles composés de deux corps, un supérieur et un inférieur, sont presque toujours imparfaits sous le rapport de l’unité et de l’harmonie, qui pourtant sont tout. Les deux parties s’accordent rarement d’une manière parfaite, et ce défaut de concordance tient à ce que, en général, l’ouvrier qui fabrique le haut n’est pas le même que celui qui fabrique le bas : de là une différence d’esprit, une variété d’allure qui frappent vivement lorsque les deux pièces sont mises en contact. Ici, au contraire (et nous savons qu’éviter le défaut que nous venons de signaler est une des préoccupations de M. Sauvrezy), ici, le haut et le bas ne font bien qu’un, et il ne vient même pas à l’idée qu’ils aient pu être exécutés séparément : on est en présence d’une œuvre qui a été, pour ainsi dire, fondue d’un seul jet.

Le couronnement est simple sans être nu, et agréable sans pompe ; la statue du Pensieroso est posée sur une sorte de petite terrasse, ceinte d’une jolie balustrade, qui fait songer aux merveilleux palais de Florence ; un peu plus bas à droite et à gauche, deux représentations du vase antique consacré-à Bacchus de la villa Albani.

Il faut choisir, nous ne pouvons tout mettre sous les yeux de nos lecteurs ; mais nous regrettons de n’avoir pu leur donner un autre meuble en poirier naturel, qui a été considéré par les autorités les plus compétentes comme un chef-d’œuvre de composition et d’exécution. M. Sauvrezv avait aussi à l'Exposition universelle une crédence de style Louis XIII, qu'il aurait pu facilement, en la vieillissant un peu, faire passer pour être réellement de l’époque.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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