Veyrat

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Message par worldfairs » 26 janv. 2019 05:00 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Dès 1815, M. Veyrat fabriquait du plaqué. En 1830, cet habile industriel commença à produire des pièces m argent massif, et appliqua à cette orfèvrerie les procédés expéditifs employés pour le plaqué, c’est-à-dire le tour pour la rétreinte des formes, et le mouton pour l’estampage des ornements; par ce moyen il obtint des pièces d’un poids léger quoique d’un bon usage, et il mit par là l’argent massif à la portée des fortunes modestes. Le jury de l’Exposition de 1834 décerna à M. Veyrat une première médaille d’argent. Depuis, il s’est constamment tenu à la hauteur de tous les progrès accomplis dans son industrie. L’importance et la variété de son exposition au Champ de Mars l’attestent surabondamment.

Nous avons d’abord remarqué dans sa vitrine quelques pièces d’un service de table Louis XV, dont l’exécution fait autant d honneur à M. Veyrat, qui l’a fabriqué, que la composition en fait à M. Guichard, qui l’a dessiné, et la sculpture à M. Brisson. Nous avons vu, dans les magasins, ce service complet qui se compose de plus de cent pièces : il est du meilleur effet.

Il y avait aussi au Champ de Mars un coffret à bijoux de style Renaissance, composé par un homme de beaucoup de talent, Jules Fossey, dont la mort prématurée a laissé un vide très-sensible dans les rangs de nos artistes industriels. Cette œuvre, d’un effet charmant, était estimée plus de dix mille francs.

On se rappellera peut-être aussi trois' compositions allégoriques de Choiselat : les Sciences et les Arts, le Commerce et l'Agriculture, la Guerre et la Marine, et divers objets en argent repoussé, un pot à tabac notamment et un tête-à-tête. M. Veyrat, qui travaille beaucoup pour l’Algérie et pour l’Orient, avait exposé en outre un service à café en argent doré et émaillé qui était d’un style et d’un caractère excellents.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Veyrat - Enlèvement de Ganymède - Bronze argenté oxydé, par Veyrat - enlevementganymedeveyrat.jpg
Enlèvement de Ganymède - Bronze argenté oxydé, par Veyrat

Mais la pièce capitale était son Enlèvement de Ganymède, groupe de grandeur naturelle en bronze argenté oxydé. Cette belle œuvre est due à M. Hippolyte Moulin qui en avait exposé au dernier Salon le modèle en plâtre, qui lui valut une des 40 médailles.

On remarquera avec quelle habileté l’élève distingué de M. Barye a dégagé ses lignes générales et ses masses, animé ses contours et mouvementé sa composition. Ajoutons que l’aspect harmonieux qu’elle offre du côté où notre dessinateur l’a présentée est, sous le rapport de l’unité et du charme, le même partout; on tourne autour de ce groupe sans être jamais surpris ni choqué: chaque point de vue donne un tableau.

L’exécution en bronze n’a pas déparé l’œuvre ; au contraire, et le ton de l’oxyde lui sied bien. M. Veyrat a fait preuve de bon goût en choisissant le plâtre de M. Moulin pour lui faire les honneurs du métal. Du reste cet honorable fabricant, dont le nom, sans être d’une célébrité universelle, est à juste titre parfaitement posé dans le monde de l’industrie et des arts, n’est étranger à aucune des tentatives de progrès qui se produisent dans le domaine de ses travaux. C’est ainsi que, ancien juge au tribunal de commerce, il est membre du Comité de l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués (dont nous-même nous nous estimons heureux d’être l’un des cofondateurs) et vice-président de la Chambre syndicale de la Bijouterie et de l’Orfèvrerie.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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