Prie-Dieu Gothique, par A. Giroux

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Prie-Dieu Gothique, par A. Giroux

Message par worldfairs » 05 janv. 2019 12:38 pm

Texte et illustrations de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

C’est un trait bien caractéristique du tempérament français que nous affectionnons les riens ; sans doute même c’est nous qui les avons inventés. Frivolités charmantes, inutilités que l’habitude et le dilettantisme ont rendues si nécessaires, objets de nos fantaisies les plus capricieuses, il y a tout un monde de choses mignonnes que nous chérissons, qui nous est indispensable (et dont les hommes se défont pourtant aussitôt qu’ils les ont acquises, et que les femmes n’achètent guère, parce que ces babioles sont faites pour être données aux unes par les autres).

Aussi, est-ce en France que les riens sont arrivés sous le double rapport de l’idée qui les a créés et de la main qui les exécute à la perfection. Rien de plus gai, de plus riant, de plus joli, de plus fin que ce que dans le commerce on appelle l’article Paris lorsqu’il est de prix. Boites sans autre destination connue que celle d’être boîtes, en nacre, en écaille, en cristal, en malachite, en or émaillé, ou gravé, ou ciselé, ou repoussé, en bois sculpté, en laque, etc., etc. On n’en finirait pas si l’on voulait énumérer les différents motifs sur lesquels s’exerce avec une rare fécondité l’imagination de nos fabricants et de leurs artistes. Mais ces riens, dira-t-on, s’ils ne servent à rien, comment se fait-il qu’il s’en produise tant, qu’il s’en fasse un commerce si considérable ? Achat et vente sont deux compères qui ne se trompent pas : ce que l’un demande, c’est pour satisfaire un besoin réel; ce que l’autre fabrique, il est sûr de l’écouler.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Prie-Dieu Gothique, par A. Giroux - priedieugiroux.jpg

Eh bien, oui, à considérer les choses d’un peu plus haut, les riens sont utiles, non-seulement aux Français, mais à tous les hommes, parce qu’ils contribuent à embellir et à charmer la vie. Ne les dédaignons donc pas, et soyons heureux, au contraire, d’avoir à Paris des établissements qui, comme la maison Alphonse Giroux le fait depuis le commencement de ce siècle, apportent à la fabrication du « bibelot » des soins intelligents.

Les successeurs de M. Alphonse Giroux, MM. Duvinage et Harinkouck, élevés à la bonne école, savent tenir cette maison à la hauteur de son passé; ils ne se bornent pas aux infiniment petits, ils traitent aussi le grand bronze et la grande ébénisterie, ils embrassent même les œuvres d’art; et pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur le prie-Dieu que. nous donnons ici. La sculpture de ce délicieux meuble est mélangée d’émaux cloisonnés, du plus heureux effet; la figure de la Vierge est d’une délicatesse extrême. Ce n’est pas une copie servile du moyen âge, mais une inspiration de cette époque unie au goût moderne. Il a la sévérité que réclame l’oratoire, sans perdre la coquetterie qui flatte la femme élégante. En un mot, c’est un petit chef-d’œuvre qui figurera fort bien à côté des plus jolies curiosités historiques.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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