Les publications artistiques

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Les publications artistiques

Message par worldfairs » 02 janv. 2019 08:28 pm

Texte et illustration de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

La gravure d’illustration et la typographie de luxe sont aujourd’hui dans un état très-prospère. Le procédé facile et comparativement rapide de la gravure sur bois a été, croyons-nous, le grand instrument de création de tant de livres et de publications illustrées très-remarquables, qui, œuvres d’art eux-mêmes, ont servi plus que quoi que ce soit à la popularisation de l’art. On pourrait hardiment dire, si le mot n’était pas mauvais sous le rapport de la langue, qu’ils ont conduit à la « démocratisation » de l’art. En effet, il existe en France maints volumes ou recueils périodiques, qui, au plus bas prix, donnent au public d’excellentes gravures, souvent des bois du premier ordre. C’est de quelques-unes de ces publications que nous allons entretenir nos lecteurs.

Au premier rang se place un ouvrage bien connu et que tous les amateurs d’art, d’archéologie et d’histoire ont dans leur bibliothèque, c’est le Dictionnaire raisonné du Mobilier français, de l’époque carlovingienne à la Renaissance, par M. Viollet-le-Duc. Ce savant ouvrage, publié par Morel, contient à chaque page quelque gravure reproduisant un meuble royal, religieux, seigneurial ou bourgeois, datant du neuvième au quinzième siècle; ces bois simplement et exactement dessinés, pittoresques cependant, ont été taillés avec élégance et vivacité ; les artistes se sont inspirés de la physionomie particulière des objets qu’ils étaient chargés de représenter, et ont su faire d’un objet individuel le type du genre auquel il appartient, en même temps qu’ils faisaient passer dans l’image le caractère d’une époque. Sous la forme qui n’est qu’une correcte copie se retrouve l’esprit.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Les publications artistiques - Reliure du XIIe siècle, appartenant à Firmin-Didot - reliure13sieclefirmindidot.jpg
Reliure du XIIe siècle, appartenant à Firmin-Didot

Nous empruntons à l’éminent architecte un coffret à bijoux ou écrin en ivoire. C’est un chef-d’œuvre dont on appréciera les mérites généraux et les détails qui sont sans nombre, la perfection en un mot. Il est formé de plaquet d’ivoire ; les charnières, les poignées, la bosse de la vertevelle et son moraillon sont en argent ciselé, ainsi que les clous; les écus armoriés sont peints et dorés ; les fonds sont peints aussi, et de fines dorures courent sur les habits des personnages, mais avec cette sobriété qui conserve intacte la belle pâleur de l’ivoire, surtout sur les têtes, les mains et les autres parties nues des figures.

On pourra se rendre compte, d’après notre planche, de l’habileté, de la science avec lesquelles sont calculés et combinés les reliefs et les creux; avec un peu d’attention on verra parfaitement avec quel soin l’artiste inconnu qui a mis au monde ce coffret merveilleux, s’est appliqué à disposer ses saillies de açon à ce que la lumière en s’y accrochant aille se refléter sur les creux et fasse ainsi partout valoir le fini du travail, soit qu’il se présente franchement, soit qu’il se tienne discrètement à l’écart.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Les publications artistiques - Ecrin ancien en ivoire - ecrinancienivoire.jpg
Ecrin ancien en ivoire

Entre mille objets, l'Art pour tous a reproduit la couverture de manuscrit que nous donnons ici. Cet important ivoire du treizième siècle qui figure à l’Exposition universelle, dans la partie française de la galerie de l’histoire du travail, appartient à la collection hors ligne de M. A. Firmin-Didot. Nous reproduisons cette merveille aux 4/5 de l’original. Le sujet central de cette reliure d orfèvrerie, représentant le Christ en croix, est sculpté en plein ivoire. La bordure qui 1 entoure est en or repoussé, profilée en biseau et ornée de caissons où la même rosace est répétée invariablement. Les angles sont occupés par quatre énormes boutons en cristal de roche, qui sont destinés à supporter le livre comme sur quatre pieds; les cabochons, les filigranes, les émaux qui forment la bordure principale, et l’ivoire même du centre sont ainsi préservés de tout contact destructeur. 11 est difficile au seul examen de la gravure de se faire une idée réelle de la richesse et de l’éclat de cette pièce d’orfèvrerie, où le ton mat de l’ivoire est opposé aux tons fauves de l’or, tempérés à leur tour par l’éclat des cabochons et la rare vigueur des émaux.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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