Aiguière et coupe orientale de Ch. Duron

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Aiguière et coupe orientale de Ch. Duron

Message par worldfairs » 02 janv. 2019 08:21 pm

Texte et illustration de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Quels arts exquis que ceux du lapidaire et de l’orfèvre! Quelle fête pour les yeux, quel plaisir pour les dilettantes de la forme et de la matière, que ces vases, que ces plateaux, que ces boites, que ces riens, ces ors, ces argents, ces émaux, ces onyx, ces cristaux, unis, gravés, ciselés, repoussés, monochromes, multicolores, infiniment variés! Il est heureux que l’art de produire ces merveilles du monde de la curiosité, comme on l’appelle, ne soit pas perdu. Au contraire, il n’a fait que se transformer, et il est aujourd’hui presque aussi florissant que jamais.

Nous avons emprunté deux pièces à M. Duron, parce que cet orfèvre, qui, du reste, vient d’obtenir une médaille d’or, nous a paru au niveau de tout ce qui s’est fait ou se fait dans le domaine de son art. Il y a telle de ses productions qui ne serait pas déplacée au Louvre dans la galerie d’Apollon.

L’aiguière en lapis de M. Duron mesure vingt-deux centimètres de hauteur sur huit de diamètre. C est une pièce tout originale qui ne reproduit aucun modèle antérieur.

Le lapis qui la forme est d’une beauté exceptionnelle, il a été pris dans un bloc bien connu des amateurs, puisqu’il faisait partie de la collection Pourtalès. Les dessins sont de M. Duron, qui, pour la forme, s’est inspiré de Briot.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Aiguière et coupe orientale de Ch. Duron - Aiguière en lapis par Ch. Duron - aiguierelapisduron.jpg
Aiguière en lapis par Ch. Duron

Le goulot, tout en lapis aussi, est orné d’un grand masque émaillé sur or fin comme tous les autres ornements. L’anse, en lapis encore, est rattachée par des culots de feuilles en émail, relevés et nervés de rose. La panse est divisée en trois compartiments ; deux sont ornés de godrons allongés, d’un bon relief, reposant sur des faces plates. La partie •du milieu est ornée d’oves assez larges appliqués sur des cuirs découpés par des culots sculptés; deux rangées de perles prises dans la masse du lapis encadrent cette zone principale; une large collerette, composée de feuilles d’un modelé très-doux, garnit le haut de la panse et l’attache du goulot. Les feuilles d’émail qui entourent le goulot et qui forment le pied sont d’un relief plus vigoureux.

Malgré l’ornementation de cette pièce, l’aspect en est sérieux à cause du ton intense de la matière principale. Cette aiguière a été exécutée pour M. Edouard Fould.

La coupe que nous donnons est en agate orientale (c’est une pierre brun clair, jaspée de tons chauds et riches); elle a la forme d’un ovale peu allongé, puisque son grand axe n’a que quatorze centimètres, tandis que le petit en a dix; la hauteur est de onze. Le piédouche est pris dans la masse. Nous signalons particulièrement le beau profil de cette pièce. La gorge d’une belle courbe, reposant sur une panse légèrement renflée, présente une noble silhouette.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Aiguière et coupe orientale de Ch. Duron - Coupe en agate orientale par Ch. Duron - coupeagateorientaleduron.jpg
Coupe en agate orientale par Ch. Duron

Mais c’est surtout la couleur de l’ornementation que nous regrettons de ne pouvoir rendre; ce sont ces tons délicats et fins, si heureusement mariés, qu’il faudrait voir. On pourra du moins apprécier toute la légèreté et toute la grâce du dessin des anses et du socle.

Sur la panse sont appliqués (et en vérité on ne sait comment ils s’y tiennent, aucun écrou ne paraissant à l’intérieur) deux mascarons en or émaillé. Ce sont des têtes de vieillards dont la face a les tons de la chair et dont la barbe est d’or; leur profil est correct et leur physionomie sévère. Un diadème bizarre, rouge et vert, les couronne, et de là s’échappent des rinceaux légers d'une courbe singulièrement élégante, et épanouis en détails charmants ; ils se divisent en branches souples et nerveuses, qui après des enroulement> gracieux viennent appuyer sur le bord de la coupe deux jolis culots. Le t<>m des feuillages auxquels se mêlent de blanches aigrettes de perles est agréablement teinté de rose.

On le voit, c’est à la Renaissance qu’est empruntée cette ornementation traitée dans la manière des grands artistes de cette époque.

Cette coupe fait partie de la collection de M. Morrison de Londres.
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