Piano Louis XVI par H. Herz

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Piano Louis XVI par H. Herz

Message par worldfairs » 30 déc. 2018 08:01 pm

Texte et illustration de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

Paris 1867 - Arts, design, mode - Piano Louis XVI par H. Herz - pianolouis16herz.jpg

On pourrait peut-être, sans trop de fadeur, comparer le piano Louis XVI, exposé par M. Henri Herz, à une duchesse de l’ancien régime, douée d’une voix merveilleuse : à l’extérieur, le brillant, l’élégance, le grand air; à l’intérieur, des organes tour à tour puissants et délicats, attendrissants et gais. C’est à ce double point de vue que l’on doit examiner ce produit : côté technique d’une part; de l’autre, côté artistique de l’enveloppe. Mais félicitons tout d’abord M. Henri Herz, homme de goût d’ailleurs et d’esprit en même temps qu’artiste éminent, de ne s’être pas contenté de sa fabrication hors ligne, et de n’avoir pas cru au-dessous de lui de revêtir d’une belle enveloppe un de ses précieux instruments.

Sous le rapport de la forme, en effet, le piano est de tous les meubles le plus abandonné : masse pesante, d’un sombre aspect, sans lignes, sans ornements, tel est en général le piano de nos jours. Pourquoi? Est-ce par esprit de contraste qu’on le fait ainsi ? Veut-on emprisonner toujours la voix du rossignol dans le sein du mastodonte? Les contrastes sont bons, mais il n’en faut pas abuser. Que le piano, cette source de jouissances pures et élevées, souvent de plaisir et de gaieté, ne nous repousse pas tout d’abord par un extérieur rébarbatif; qu’il nous appelle au contraire et nous attire; que cet hôte et cette joie de toutes les demeures, que ce compagnon de la jeune fille et des plus nobles dames soit digne d’elles ; que les mains blanches chantent sur le clavier au milieu des arabesques légères et des roses. C’est ainsi que, comme nous l’avons dit plus haut, ce meuble révélera de lui-même sa destination ; c’est ainsi que la forme répondra à l’idée. Nos pères des dix-septième et dix-huitième siècles le savaient bien : tel clavecin de 1642 (Antuerpiœ), que nous pourrions citer, tel autre peint par Lancret, démontrent surabondamment que naguère on n’attachait au clavecin nulle pensée funèbre.

Celui de M. Henri Herz est tout grâces et tout sourires. Il est blanc, légèrement glacé de gris-perle et rehaussé de minces filets d’or. Dans des médaillons, de gentils amours se jouent au milieu des fleurs et des oiseaux harmonieusement groupés par un artiste de talent, M. Gontier. Le décor et les laques sont de M. Bardoux.

« Voilà pour la boite. Mais l’instrument?
— Il est d’une sonorité qui ne saurait être surpassée : puissante quand on la veut forte; moelleuse et suave quand on la veut douce; toujours pénétrante. Il se prête à tout avec une souplesse sans égale; il chantera aussi bien la tempête de l’Océan ou du cœur que la sérénité de l’âme et le calme des campagnes. Il sent tout, il rend tout. Mais vous savez parfaitement qu’il en est ainsi.
— Mais non.
— Si fait; puisque je vous ai dit qu’il était de Henri Herz.
— C’est vrai; et dans ce cas il n’en peut être autrement. »
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