Coupe de course par Fannière Frères

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Coupe de course par Fannière Frères

Message par worldfairs » 30 déc. 2018 04:25 pm

Texte et illustration de "Les merveilles de l'Exposition de Universelle de 1867"

coupecoursesfannierefreres.jpg

Il en est des objets d’art comme des monuments et des édifices, de l’orfèvrerie comme de l’architecture : l'œuvre doit à première vue révéler au spectateur sa destination. Si je passe devant une église, il faut que, de prime abord, je reconnaisse en elle l’asile où l’on prie; si je rencontre un théâtre, son extérieur plus ou moins riant doit m’avertir que je suis auprès d’un lieu de plaisir;, le vase offert à un guerrier ou à un savant par la ville qui l’a vu naître, doit différer, par le caractère, par le sentiment, par le style, par la matière et par les attributs, du vase donné en prix au tir ou aux courses.

Voilà ce dont on ne se souvient pas assez aujourd’hui ; les formes, les styles, les attributs se prennent et se mêlent un peu au hasard. Voilà ce dont MM. Fannière comprennent au contraire parfaitement l’importance.

Tout dans la coupe que nous reproduisons indique l’usage auquel elle est destinée. Son style grec fait songer aux jeux olympiques; les chevaux ardents qui forment les anses disent assez dans quel genre de lutte devra triompher celui pour qui ces Victoires ailées préparent leurs couronnes.

On remarquera combien est pur le galbe de ce vase, combien est noble la simplicité des lignes et combien elles sont souples; la masse est abondante et solide sans lourdeur; elle s’élève bien sur le pied qui n’est ni trop faible ni trop fort; c’est, pour l’ensemble, une harmonie parfaite. Le décor est sobre aussi et du meilleur goût. Un souffle grec a positivement passé là-dessus.

Dans les détails, nous signalons les coursiers impétueux, qui sont aussi beaux de face que de profil, et les petits Génies qui, à demi assis, à demi voletants sur le renflement du vase, les tiennent par la bride; chevaux et Génies sont modelés avec une science réelle et sont bien vivants; or, arriver à ce résultat est aussi rare que difficile lorsqu’il s’agit de figures dans les proportions exiguës. Les Victoires sont d’un excellent caractère, sévères sans roideur ni sécheresse, élégantes sans manière ; les draperies qui les recouvrent, légères et jetées librement, sont incidentées de plis agréables à l’œil : les mains sont particulièrement fines.

Les artistes, les amateurs et le public feront bien d’aller, nous ne disons pas seulement voir ce beau travail, mais l’étudier. Il nous a paru réunir ces conditions diverses qui pour une œuvre d’art sont essentielles : la composition harmonieuse qui est l’unité dans la variété, l’invention qui, lorsqu’elle est nouvelle, constitue l’originalité, la vraisemblance, autrement dit l’imagination contenue par la raison, la vérité qui est l’effet de la science, et une exécution supérieure.

Le vase d’argent de MM. Fannière est celui qui a été donné par S. M. l’Empereur aux courses qui ont eu lieu le 2 juin 1867, pour le grand prix de Paris. Ce magnifique objet a été gagné par Fervacques, à M. de Montgomery.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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