Les moteurs Lenoir

Paris 1867 - Inventions, novelties and means of transport
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worldfairs
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Les moteurs Lenoir

Message par worldfairs » 28 déc. 2018 06:10 pm

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Paris 1867 - Inventions, nouveautés et moyens de transport - Les moteurs Lenoir - moteurlenoir.jpg

Nous avons déjà parlé de la force motrice développée par la vapeur de l’eau; il serait superflu de décrire les moteurs à gaz inventés par M. Lenoir, et construits par un ingénieur de talent, M. Gustave Lefèvre.

La simplicité de ces moteurs a des avantages économiques qu’il importe de développer.

Il arrive fréquemment qu’à la force humaine, quelque pénible et coûteuse qu’elle soit, on ne peut substituer, même à frais égaux, un moteur mécanique.

Le constructeur actuel du moteur Lenoir a très-intelligemment limité le rôle de ses machines au moment précis où, au bras humain, on peut substituer un bras mécanique; et son action se termine au moment où les frais de la combustion du gaz nécessaire à la force employée dépasseraient ceux des chaudières à vapeur.

Aucune des difficultés qu’oppose l’établissement des machines à vapeur n’entoure celle des moteurs Lenoir.

Pas d’enquête de commodo et incommodo, pas d’explosion possible, pas de ces cheminées qu’un écrivain a appelées les obélisques de l'industrie, ayant déplus que leur homonyme égyptien la triste ornementation d'un panache noir.

Son poids, qui varie de 300 à 1200 kilogrammes pour une machine d’un demi-cheval ou de deux chevaux, lui permet de fonctionner à tout étage. C’est la force motrice à domicile. Les innombrables petits métiers dont on n’a étudié qu’une partie dans le cours de cette publication, et qui font la gloire de l’ouvrier parisien, gagneraient énormément à l’adoption des moteurs à gaz.

Ainsi serait réalisé le désir émis par notre rédacteur en chef, d’utiliser par le louage la force motrice, avec cette différence qu’au lieu d’aller chercher la force au palais du Champ de Mars, c’est la force qui viendrait trouver l’ouvrier chez lui.
Comme le moteur Lenoir ne marchant qu’à la moitié de sa force ne consomme que la moitié du gaz nécessaire à sa force totale ; comme en outre il suffit pour arrêter tout travail, de fermer le robinet à gaz, rien de plus facile que de réaliser économiquement le projet que nous ne faisons qu’indiquer.

L’entretien des moteurs à gaz est des plus simples : il suffît de surveiller la source électrique; une boussole révélatrice du courant constitue une espèce de manomètre du fluide, et d’un seul coup d’œil on peut apprécier la tension.

Les sources d’électricité sont, du reste, très-perfectionnées de nos jours; mais M. Lefèvre a annoncé la prochaine apparition d’une pile sèche à courant constant, fondée sans doute sur les phénomènes d’induction et de polarisation des métaux électro-positifs et électro-négatifs.

Le premier soin, d’où dépend tout le mouvement de la machine Lenoir, sera donc bientôt réduit à sa plus simple expression, sinon totalement supprimé.

Reste le nettoyage des organes du moteur, tout nettoyage supposant un encrassement.

Sauf les cas d’un travail plus spécialement encrasseur, une machine de trois chevaux, marchant pendant onze heures par jour, n’a besoin de nettoyage que tous les trois mois ; ce nettoyage ne nécessite, du reste, que la demi-journée d’un mécanicien.

Ajoutons à ces avantages que les dimensions de ces moteurs, variant de 1m,90 de longueur, sur 72 cent, de largeur, pou r un demi-cheval; jusqu’à 1m,28 de largeur,, sur 3m,59 de longueur, pour trois chevaux, sont peu gênants et en parfaite harmonie avec les distributions restreintes de nos appartements actuels.

L’administration du gaz a une sympathie toute particulière pour le moteur Lenoir, cela se conçoit; mais nous lui signalerons un progrès à réaliser qui ne gênerait en rien son organisation financière et qui peut-être lui profiterait, tout en favorisant les petites industries les plus dignes de sollicitude : c’est de diminuer ses tarifs pour le gaz employé comme moteur.

Ce progrès serait le prélude de bien d’autres, car la production du gaz préoccupe à juste titre un grand nombre de savants qui sont à l’affût de la découverte sérieuse d'une source de gaz autre que la houille.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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