Le Laboureur et ses Enfants de M. Duverger

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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Le Laboureur et ses Enfants de M. Duverger

Message par worldfairs » 28 déc. 2018 06:06 pm

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Paris 1867 - Arts, design, mode - Le Laboureur et ses Enfants de M. Duverger - laboureuretsesenfants.jpg

Artiste consciencieux et sévère pour lui-même, M. Duverger reste dans les petits coins, pour courtiser la nature. Il ne cherche pas ses modèles dans un monde bien relevé; non, il Fe plaît dans les milieux humbles et vit tout bonnement en compagnie de paysans et de paysannes, d’ouvriers et d’ouvrières. Mais, observateur plein de finesse et méthodique, il dessine raisonnablement, peint comme un homme qui en fait son état — d’un outil inclinant quelquefois vers la mollesse, il est vrai — dans une couleur indécise par endroits, cependant presque toujours harmonieuse et agréable.

Et il a l’art de bien mettre un sujet en scène. Témoin le Laboureur et ses enfants, tableau dont nous publions aujourd’hui la gravure.

On sait de quoi il s’agit. Près d’arriver à ce moment terrible et inévitable, hélas ! où il faut, quoi qu’on en ait, plier bagage, un vieillard, ayant réuni ses fils, leur adresse de suprêmes conseils. C’est ce que Lafontaine raconte dans un de ses apologues où se reflète avec le plus de grâce le tour particulier de son esprit et de son imagination.

Toutefois M. Duverger ne s’en est point tenu au récit pur et simple du bonhomme, et, au programme connu il a ajouté beaucoup du sien. Ainsi, le vieillard fait ses dernières exhortations à tes enfants, que ceux-ci recueillent avec une triste gravité; mais dans la chambre du moribond on voit des personnages auxquels Lafontaine n’avait pas songé : des marmots dont l’un, petit garçon étrangement culotté, s’avance d’un air curieux, une jeune mère de famille, allaitant un bébé rose, et une vieille servante tirant les verrous de la porte sur les indiscrets du dehors. D’autre part, nous ne sommes pas dans un intérieur rustique, ni chez des campagnards, mais plutôt chez des ouvriers; car, point non douteux, voilà des gens qui de leur existence n’ont remué la bêche, taillé la vigne, fauché le foin, ou semé le froment. De sorte que tant d’additions et de modifications ne laissent pas que de jeter l’incertitude dans l’esprit du spectateur au fait du texte de Lafontaine.

Malgré cela, le tableau est intéressant, d’un effet juste et naïf. Les figures sont posées avec aisance; les physionomies ont de l’expression, et l’artiste a pris soin (l’assortir les accessoires les plus propres à développer sa pensée. Il ne manque peut-être à cette toile qu’un peu plus plus de décision dans la touche, d’accent dans le dessin et de variété dans le coloris.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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