Costumes italiens

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Costumes italiens

Message par worldfairs » 26 sept. 2018 09:50 am

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Dis-moi comment tu t’habilles; je te dirai qui tu es.

Au costume, aussi bien qu’à l’air du visage et à la démarche, on reconnaît l’homme. Au nord, le costume est sombre comme le climat; il est brillant et varié au midi, comme la campagne inondée de la lumière du soleil.

En Angleterre, tout le monde porte l’habit noir, depuis milord duc jusqu’au dernier des mineurs du Lancashire. La seule différence est dans l’aspect de l’habit qui est neuf sur le dos de milord duc, et râpé, troué, percé aux coudes sur le dos du mineur.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Montagnard de Suze - costumeitalienmontagnardsuze.jpg
Costume italien - Montagnard de Suze

Au fond, cette race anglo-saxonne, qu’on croit si variée et si excentrique, s’habille tout entière sur le même modèle. A Londres et à Boston, chacun veut-être un gentleman. Or, le modèle du gentleman c’est l’homme bien rasé, pourvu de linge blanc, revêtu d’un bel habit, plein d’estime pour lui-même, les lords et les millionnaires, et de mépris pour le reste du genre humain. Ouvrez au hasard l’âme du premier Anglais venu, que ce soit Sa Grâce le duc de Bedford ou le palefrenier de Sa Grâce, vous n’y trouverez que des pensées de cet ordre-là.

De cette uniformité de pensées naît l’uniformité des costumes, ou pour mieux dire, il n’y a qu’un seul costume, celui du gentleman, — Habit noir, pantalon noir, gilet noir, cravate blanche ou noire, et chapeau en forme de tuyau de poêle.

L’Italien, lui, n’est pas indifférent au costume; chaque province a le sien, qui date de dix siècles, et qui marque la diversité des races et des souvenirs. Piémontais, Lombards, Toscans, Romains, Napolitains, ont gardé et garderont encore ces vêtements si beaux, si nobles, si variés, de forme et de couleur, qui sont pour eux comme un dernier souvenir des anciens jours. Le bourgeois ou le noble Italien, s’habille à la française comme tout le reste de l’Europe ; mais l’homme du peuple repousse ce costume étranger, si étroit, si lourd, si disgracieux.

De tous ces costumes italiens, un seul est aussi laid que nos vêtements bourgeois, et, j’ai regret de le dire, c’est le costume des montagnards de Suze, nos plus proches voisins. Ces montagnards n’ont d’Italien que le nom. Au fond, ils sont de la race des Allobroges, colonie gauloise qui s’est établie sur les deux versants des Alpes au temps presque fabuleux de Sigovèse et de Bellovèse.

Suze est au fond de la vallée, au pied des Alpes. C’est un des nombreux passages par où l’on va de France en Italie. Nos armées ont vingt fois frayé cette route, et les vieux Allobroges, portiers des Alpes, tantôt ouvraient tantôt fermaient la porte. De là cette mine un peu sombre et mélancolique de gens toujours foulés les premiers par l’invasion.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Pêcheur de Gêne - costumeitalienpecheurgene.jpg
Costume italien - Pêcheur de Gêne

A cette rude école de guerre continuelle ils sont devenus réservés, concentrés, défiants; mais leur âme s’est endurcie et leur courage s’est trempé comme l’acier le plus dur. C’est par là qu’ils ont mérité de défendre d’abord, et ensuite de dominer l’Italie. Pendant que Florence, sous les Médicis, s’endormait dans la joie et le plaisir, le sobre Piémontais, sans vue sur la mer (car Gênes était fermée), menacé à l’ouest par les Français, au nord-est par les Allemands, ne vivait que par miracle.

On le devine à ses vêtements qui n’ont rien de noble ou d’élégant. Son chapeau bicorne, sa veste à courts revers, son gilet long qui couvre la moitié du ventre, sa culotte courte et ses gros souliers sont tout à fait semblables à ceux de nos vieux paysans. Sa mine et son costume sont d’un dur travailleur, qui ne donne rien à l’apparence, et qui lutte bravement (vaincu quelquefois) contre la pluie, la neige, la grêle, l’avalanche, toutes les horreurs d’un climat alpestre, —et surtout contre le pire de tous les fléaux, — l’impôt.

Plus brillant est l'homme de Gênes, le pêcheur qui traîne son filet sur le rivage. Son costume, sans être trop recherché, ne manque pas d’éclat et d’ampleur. Sa tunique est serrée aux reins par une ceinture rouge et couvre les jambes jusqu’au genou et les bras jusqu’au coude. Un court manteau sans manches est agrafé vers le cou et un grand bonnet couvre la tête. Les bras et les jambes sont nus.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Pifferaro de Rome - costumeitalienpifferarorome.jpg
Costume italien - Pifferaro de Rome

Ce pêcheur n’est pas le premier venu. Il a sa patrie et ses souvenirs, ses pères ont fait la gloire de Gênes; pendant le moyen âge ils ont disputé la Méditerranée aux Vénitiens et aux Turcs. L’amiral le plus illustre du seizième siècle, André Doria était Génois; Christophe Colomb aussi, c’est à peine si l’Europe entière peut montrer depuis trois siècles deux marins pareils à ceux-ci. Il n’est pas un des palais de Gênes qui n’ait sa légende et son histoire. Ne parlez pas à ce fier pêcheur de Liverpool et de ses mille vaisseaux; ne lui dites pas que la moitié du coton de l’Orient et de l’Occident s’entasse sur les quais de la Mersey et de là se répand dans des milliers de manufactures. Il secouera la tête et dira que ce coton vient d’Amérique, et que sans le génie de Christophe Colomb il n’y aurait pour nous ni Amérique, ni coton, et que le génie est préférable au coton, et qu’après tout, s’il lui plaisait,-à lui aussi, de fabriquer des mouchoirs de poche et des toiles peintes et de gagner beaucoup d’argent, il aurait bientôt atteint et dépassé tous les marchands de coton et tous les pêcheurs de harengs; mais
qu’il aime mieux sa mer bleue, son golfe de Gênes, ses thons, ses sardines, son beau ciel, ses montagnes dont le pied se baigne dans les flots, ses statues et les souvenirs de ses pères. Et il aurait presque raison.

Beaucoup plus, à coup sûr, que ce pifferaro de Rome qui s’avance en jouant de la cornemuse comme un highlander d’Écosse, et qui se croit le descendant des vainqueurs du monde.

Son chapeau en forme de cône est entouré d’une rangée de rubans, de médailles et d’amulettes qui doivent conjurer les maléfices du démon. Sur ses épaules s’étend un long manteau frangé et usé par le bas, ses jambes soigneusement vêtues sont serrées de bandelettes qui descendent jusqu’aux pieds et retiennent ses sandales.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Habitant de Campidano - costumeitalienhabitantcampidano.jpg
Costume italien - Habitant de Campidano

Celui-là est tout juste assez artiste pour avoir le droit de mendier. Ses yeux noirs et farouches brillent sous son chapeau rabattu. Évitez de le rencontrer au coin des bois. S’il est avec des camarades et si vous êtes seul, il ira prendre son escopette, cachée dans l’herbe, et vous emmènera dans la montagne, ou vous tuera sur la place, si vous résistez.

Ce Romain à la mine équivoque et au costume sale et usé, est-il bien le descendant des Scipions et des Gracques, ou même des simples plébéiens qui combattirent Annibal, ou plutôt n’est-il pas le descendant de ceux à qui Scipion Émilien disait en plein forum :
« Silence, faux fils de l’Italie! ceux que j’ai amenés prisonniers à Rome derrière mon char de triomphe ne me font pas peur aujourd’hui, quoiqu’on ait brisé leurs fers! »

La race des vieux Romains a péri depuis vingt siècles, exterminée par les guerres étrangères, par les guerres civiles, et surtout par la misère et l’usure. Les esclaves syriens et grecs ont pris la place et se sont assis au foyer de leurs vainqueurs. Juste châtiment de la Providence! Pendant que les Romains se consumaient à vaincre et ravager le monde, leurs esclaves, restés au logis, s’emparaient de Rome sans coup férir.

Cette hideuse cornemuse aux sons criards est l’arme de l’esclave affranchi, qui a le travail en horreur et qui garde encore sur ses épaules meurtries les traces du fouet. Avilie par la mendicité, la paresse et le vol, cette race a conservé l’orgueil de ceux qu’elle croit ses pères et qui ne furent que ses prédécesseurs et ses maîtres; mais cet orgueil, mêlé d’ignorance et de cruauté, n’est plus qu'un vêtement troué sous lequel elle cherche vainement à couvrir ses autres vices.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Paysanne de Lombardie - costumeitalienpaysannelombardie.jpg
Costume italien - Paysanne de Lombardie

En revanche l’habitant de Campidano a l’aspect noble et fier d’un chevalier du moyen âge. Campidano est une ville sarde, et la Sardaigne, aussi étrangère à l’Italie qu’au reste de l’Europe, a gardé les mœurs et les coutumes du moyen âge.

Dès le temps des Romains, cette île était la plus sauvage de l’Europe. Est-ce l’effet de la race ou du climat ou de l’un et l’autre réunis! Qui pourrait en décider? Sénèque disgracié fut jeté en Sardaigne, C’était la Sibérie de Caligula. Sénèque en revint pourtant, survécut à Caligula, vit Claude et fut le précepteur de Néron. Preuve que le climat était fort supportable. En revanche, la race était intraitable, et l’est encore.

Le costume du Sarde, à la fois oriental et européen, me semble indiquer son origine. La Sardaigne dut être une colonie phénicienne ou carthaginoise, ce qui est à peu près la même chose, et le sang africain et asiatique s’est mêlé sans doute au sang des Pélasges et des Étrusques, premiers habitants de l’île.

On devine aisément les effets de ce mélange. Tyr et Carthage ont disparu, mais leur chute même, si complète qu’on sait à peine où elles furent situées, indique assez l’énergie indomptable de la race. Pour vaincre de tels hommes il fallait les tuer, et de plus, exterminer leg femmes et les enfants. Tout ce qu’on sait de leurs lois est terrible ou atroce.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Femme du peuple de Rome - costumeitalienfemmepeuplerome.jpg
Costume italien - Femme du peuple de Rome

Après un échec, on égorgeait, pour se rendre Moloch favorable, des centaines d’enfants de sénateurs. Jugez si l’on devait épargner les plébéiens, les esclaves et les étrangers. M. Flaubert, dans ce beau livre de Salambô qui est une admirable œuvre d’archéologie, a retrouvé avec un talent merveilleux tous les traits du peuple carthaginois. Jamais Amilcar ou Annibal n’a fait ou demandé quartier. Ils tuaient les prisonniers, ils brûlaient les villes, ils ravageaient horriblement le pays, ils ne faisaient grâce à rien ni à personne. Aussi Carthage a-t-elle péri, regrettée seulement par les antiquaires.

La seule trace qui nous reste du peuple carthaginois, aussi inconnu aujourd’hui que le mastodonte et le mammouth, se retrouve probablement en Sardaigne. Ni les Romains, ni les Grecs, ni les Gaulois, ni les Italiens n’ont pu fonder un établissement durable dans cette île. Tous se sont heurtés contre le caractère sauvage des habitants. Le Per le mieux trempé s’est émoussé sur ce roc. Joseph de Maistre qui avait vu et gouverné la Sardaigne pendant cinq ans, en a gardé un souvenir ineffaçable et une horreur profonde.

Voyez le chapeau à larges bords, qui fait place quelquefois à une sorte de béret dont le gland pend sur la poitrine, cette veste soutachée comme celle des zouaves, cette chemise à longs plis qui découvre le cou comme celle qu’on voit au Louvre dans le portrait de César Rorgia, cette tunique qui se termine en jupon et qui est serrée par un large ceinturon derrière lequel on place un poignard, ce pantalon à larges plis qui s’arrête au genou, ces longues guêtres qui tombent sur des souliers à boucles, voilà le costume du Campidanien. C’est solide, commode et magnifique. L’esprit du spectateur flotte entre un Sarrasin et un hidalgo du quinzième siècle, et s’arrête au Sarrasin.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Femme de Molise - costumeitalienfemmemolise.jpg
Costume italien - Femme de Molise

Le costume des femmes d’Italie, comme on devait* s’y attendre, est plus beau que celui des hommes.

La paysanne lombarde ressemble beaucoup à celles du Tyrol et de la Suisse, mais avec plus de grâce et de finesse. Son peigne, pareil à un éventail déployé ou à la queue d’un paon, son ruban noir, auquel est suspendue une croix d’or {la croix de sa mère, sans doute), ce fichu léger qui s’enfonce dans un corset de velours noir, cette robe relevée par dessus un jupon, tout indique une rare élégance. La femme lombarde appartient à une race du Nord, aiguisée et raffinée par le soleil du Midi. Elle n’est pas brune et impétueuse comme l'Espagnole, ni lente, épaisse et lourde comme l’Allemande, ni sèche, nerveuse et bondissante comme l’Anglaise, à qui l’abus du thé donne une agitation continuelle, elle se rapproche plutôt de la Française, mais avec plus d’ampleur et de mollesse voluptueuse. La Joconde qu’on voit au Louvre est une beauté lombarde. On reconnaît dans ce beau portrait, l’influence d'un climat tempéré, d’an pays fécond, d’une vie douce et facile. La vallée du Pô est la plus fertile et la plus basse de l’Europe. Longtemps avant d’arriver à la mer Adriatique, le fleuve (phénomène singulier, qu’on retrouva dans les vallées du Gange et du Mississipi) est plus élevé que la plaire qu’il arrose. Ce pays qui, vu à vol d’oiseau, ressemble à une assiette immense dont les bords seraient les Alpes et les Apennins, explique le tempérament et le caractère de la femme qui l’habite. Elle n’est pas déformée par le travail, comme les montagnardes; aussi est-elle plus belle et plus coquettement habillée. Telle la femme, tel le costume.

Celui de la Transtévérine de Rome a moins de grâce et plus de majesté. Rien différente du pifferaro, tantôt voleur et tantôt mendiant, elle a dans sa pose, dans ses traits et dans ses vêtements, toute la fierté hautaine de Cornélie, fille du grand Scipion, mère des Gracques. Une pièce d’étoffe s’aplatit sur sa tête et descend sur ses épaules. Un collier à trois rangs de perles fait le tour de son cou. La manche, de trois couleurs différentes, couvre le bras jusqu’au poignet. La robe, de couleur sombre, est traversée par un grand nombre de bandes horizontales et descend jusqu’à la cheville. L’ensemble est imposant et magnifique.

Paris 1867 - Arts, design, mode - Costumes italiens - Costume italien - Femme de Trapani - costumeitalienfemmetrapani.jpg
Costume italien - Femme de Trapani

Peut-être la Romaine a-t-elle un peu trop la froide noblesse d’une statue. La main est appuyée sur la hanche : pose trop virile. On voudrait voir plus de douceur, de nonchalance et de grâce. La force est le trait dominant des Romaines.

Peut-être la contemplation des monuments du passé, le récit continuel de l’histoire du passé, et le souvenir des héros disparus ont-ils donné à la race ce caractère de fierté. Ce peuple, qui n’a rien fait depuis trois siècles, vit encore sur son antique gloire, — je veux dire sur la gloire de ceux qui ont habité Rome avant lui, car dès le temps des Césars on aurait eu peine à retrouver un vrai Romain, même dans le sénat. Annibal, Marius, Sylla, César, Pompée, Antoine et Auguste avaient fait maison nette.

La femme de Molise (ex-royaume de Naples) a plug de vivacité, de grâce et de coquetterie que la Romaine. Ici nous sommes dans la Grande-Grèce, qui fut avec l’Asie Mineure le plus beau séjour du genre humain. Qui nous rendra la ravissante Smyrne, et les délices d’Éphèse, et les charmes de Milet, et toutes ces républiques heureuses que les Perses d’abord, et plus tard les Macédoniens, ont réduites en cendres ?

Qui nous rendra Crotone, si célèbre par ses athlètes, Tarente où le peuple était assis à des banquets continuels (heureux peuple! il ne connaissait sans doute ni la conscription ni l’impôt !) et la molle Sibaris d’où les chaudronniers étaient bannis? Hélas! on ne vous reverra plus, ô cités sainte? du plaisir; on ne s’assoira plus à l’ombre de vos orangers pour boire sans relâche du vin de Samos ou de Falerne près des jeunes Corinthiennes à la robe de pourpre.

Voyez cependant cette Molisane. N’a-t-elle pas gardé quelque chose de la voluptueuse vivacité de ses aïeules? Sa coiffure descend le long de ses joues et encadre son visage comme le heaume des anciens chevaliers. Un premier corsage brodé couvre sa poitrine, il est couvert à son tour par un second corsage très-échancré qui descend par derrière sur le jupon. Le jupon lui-même est recouvra sur le devant d’une sorte de tablier à bords dentelés. N’est-ce pas une de ces jeunes Campaniennes dont les caresses ont amolli les soldats d’Annibal? Quel est le sage sept fois sage qui peut résister aux sourires et aux regards d’une jolie femme?

Mais si le terrible Annibal, ce dur Africain, fut vaincu par les femmes de Molise et de Capoue, n’aurait-il pas plus sûrement rendu les armes aux Siciliennes de Trapani ?

Il n’est pas de costume plus séduisant que celui des Trapaniennes. Un voile assez long, presque semblable à celui des religieuses et recouvrant une guimpe, descend sur les épaules et jusqu’au milieu du dos. Le cou est orné d’un collier de corail auquel on suspend la croix d’or. La robe, nouée à la taille par un cordon, s’arrête à la hauteur du genou et fait place à un jupon bariolé qui descend jusqu’à mi-jambe et laisse voir le brodequin attaché au pied par des bandelettes. Ce costume sévère et piquant, qui tient à la fois de la religieuse et de la soubrette, est d’un effet incomparable.
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