Les Costumes mexicains

Paris 1867 - Arts, design, fashion
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worldfairs
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Les Costumes mexicains

Message par worldfairs » 16 sept. 2018 06:53 pm

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Paris 1867 - Arts, design, mode - Les Costumes mexicains - gardiensmexicains.jpg

Ce n’est pas sans un peu de tristesse, il faut bien le dire, que les visiteurs français se sont arrêtés à l’Exposition devant l’image très-fidèle, nous dit-on, des ruines du temple de Xochicalco. Ces souvenirs d’une civilisation éteinte, recueillis dans un pays où l’Europe avait songé à transporter les fruits de u propre civilisation, frappaient vivement l’esprit, et devant les deux types de la race hispano-indienne, que le crayon le notre dessinateur a si bien rendus, il était difficile de ne s’arrêter qu’au pittoresque des costumes.

La pensée allait bien loin. Elle formait avec ces deux hommes à la physionomie sombre et mâle, tantôt des groupes nombreux acclamant les soldats de l’Europe et ouvrant leurs maisons et leurs temples aux missionnaires de la liberté européenne, et tantôt des bandes armées, retranchées derrière de hauts taillis, attendant l’heure de la vengeance et du crime.

C’est qu’il y a tout, en effet, dans ces êtres et dans ce costume : qu’une ligne change, et le vaste chapeau qui abrite coquettement le visage d’un homme placide et doux, devient tout à coup le sombrero du brigand classique ; voyez marcher cet homme enveloppé dans les plis de son châle rayé, aux couleurs vives, et ce large pantalon qui s’évase en entonnoir renversé, alourdit ses pas et vieillit son allure; mais qu’il saute sur un cheval, aussitôt son pied bien affermi sur l’étrier se cambre, et le pantalon qui flotte sur les flancs de l’animal semble donner des ailes au cavalier.

L’étoffe, les ornements de laine ou de soie, les parures d’or et d’argent, il n’est rien qui ne se prête à ces brusques transformations : le Mexicain est ainsi fait d’ailleurs qu’il y a en lui toutes les faiblesses et toutes les violences. Nos soldats le connaissent, et ils ont trouvé dans leur langage pittoresque vingt mots pour le dépeindre; tous traduisent ce mélange d’astuce et de vantardise,! de, force et de mollesse qui est dans l’homme et dans le costume.

L’enfant de Paris avait retrouvé à Mexico le pantalon du titi — ce personnage fameux de nos anciens carnavals — et il se souvenait des prouesses chorégraphiques qui immortalisèrent à l’Opéra le congénère du titi, le célèbre débardeur. Costume et caractère de carnaval, en effet, que cet accoutrement de soie et de velours, que cette alliance de courage et de lâcheté!...

Des musées conservent du reste l’image des types mexicains ; le croquis qu’on voit ici n’a d’autre but que de montrer combien est complète la collection des types réunis à l'Exposition. La construction éphémère, dont nos deux héros sont les gardiens, n’a servi également qu’à illustrer pour ainsi dire l’histoire rétrospective de l’art écrite au Champ de Mars, dans l’admirable Galerie du Travail à travers les siècles passés. Le temple de Xochicalco est un des plus curieux spécimens de l’art indien; l’intérieur, qu’on visite, offre également des vestiges des temps les plus reculés. Pourquoi n’avons-nous pu étudier ces précieuses reliques si chères à l’antiquaire, à l’historien et au philosophe, sans céder à la tristesse?

On le sait. Il nous sera donc permis de dire ici, qu’en voyant ces hommes au costume étrange, ces débris de monuments si riches d’originalité, nous pensions que désormais la terre du Mexique aura pour la France d’autres trésors : les tombes de nos soldats, — véritables mausolées de la civilisation moderne!...
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