L'Auberge de la Potée Lorraine

Paris 1925 - Architecture, pavilions
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L'Auberge de la Potée Lorraine

Message par worldfairs » 19 juin 2018 01:08 pm

Article de la revue "La construction moderne" du 4 octobre 1925

L’Auberge de la Potée Lorraine, située au Village français, a été composée et construite par l’architecte Pierre Selmersheim.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - poteelorraine1.jpg

Le nom fait pressentir que l’on y mange la cuisine locale. Le propriétaire M. Bruant, originaire des environs de Toul, a estimé que pour réussir il valait mieux servir des repas à un prix relativement abordable au plus grand nombre possible de clients. Le menu est toujours semblable : une bonne soupe aux choux et au lard, de la quiche lorraine (sorte de flan avec croûte à la crème, aux œufs et au jambon), la potée provenant de la soupe et composée de choux, de légumes, de lard et de mouton et le dessert ; le tout arrosé par de la bonne bière, des vins de Lorraine et suivi d’un café avec de la mirabelle des propriétés du patron. Le service est assuré naturellement par des Lorraines robustes et alertes coiffées du bonnet de leur pays. Il est extrêmement simplifié, puisqu'il n’y a qu’un menu, les clients s’y succèdent, occupent la grande salle, la terrasse couverte, leurs tables et les chaises débordant tout à l’entour du bâtiment.

L’architecte s’est attaché particulièrement à une distribution offrant une circulation rapide, évitant tout embouteillage, toute perte de temps. Le plan et la composition pourraient servir de modèle à n’importe quelle bonne auberge de campagne. M. Pierre Selmersheim nous disait qu’il avait voulu faire quelque chose de simple et de campagnard. Il est arrivé à faire un ensemble simple, coquet et pratique.

Le projet comportait, comme l'indiquent le plan et la coupe, une grande cheminée d’angle qui n’a pas été exécutée, son emplacement est occupé par la caisse.

Les dessins et les photographies montrent bien la composition de M. Pierre Selmersheim, qui a du se conformer a un gabarit, adopté pour éviter de couper les branches des arbres du Cours Albert-Ier. Les caves et les fondations étaient naturellement interdites pour éviter des travaux dans le sol qui auraient atteint les canalisations aussi nombreuses que diverses de la Ville de Paris.


Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - poteelorraine2.jpg

L’Extérieur

Sur la façade principale s’ouvrent les grandes baies de la terrasse du rez-de-chaussée et une porte réservée à l’entrée du personnel des cuisines ou des fournisseurs.

La façade arrière donnée par un dessin est percée de deux baies droites comprenant chacune une porte d’entrée et deux fenêtres, La porte et le haut des croisées sont à petits bois tandis que la partie inférieure de celles-ci est une glace dans un châssis à guillotine. Cette façade est percée, en outre, d’une autre petite fenêtre permettant de mieux éclairer la grande salle et de donner un aspect plus plaisant à l’extérieur. Cette façade est relativement basse par suite de l’exigence à se conformer au gabarit donné à la coupe.

L’office, la cuisine et la laverie s’éclairent sur la terrasse par de grandes baies rectangulaires, garnies de croisées à petits bois tandis que la salle reçoit la lumière de celle terrasse par une grande baie à plein cintre dans laquelle s’ouvre, en son milieu, une grande porte à deux larges vantaux à petits bois comme les parties vitrées latérales à cette porte.
L’étage est éclairé par une fenêtre et par de jolies lucarnes, celle sur la façade principale forme une large baie.

Les toitures à grands pans avec une petite croupe sont couvertes en ardoise, leurs saillies sont assez prononcées. Le dessous du voligeage est peint en jaune, les chevrons et les poutres sont de ton rouge orange très intense comme toutes les parties extérieures des menuiseries des portes et des fenêtres. Les volets de la fenêtre de l’étage sont jaunes et leurs traverses de ton rouge orange.

La terrasse a un plafond du même ton jaune avec un solivage rouge orange.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - poteelorraine3.jpg

Les sols de la terrasse, de la grande salle comme ceux de la cuisine et de la laverie, sont en grands carreaux de ton rouge foncé et de forme carrée.

Les façades sont crépies en blanc et tranchent sur la couleur grise des soubassements et des appuis des fenêtres et des baies qui sont en ciment.

Les baies de la terrasse sont fermées par une bordure en ciment haute d’environ soixante centimètres se rattachant bien aux soubassements et sans aucune décoration ou saillie. Cette bordure supporte des pots en terre garnis de plantes et des petits tonnelets aux cercles de 1er noirs qui supportent eux-mêmes d’autres pots fleuris.

L’aspect extérieur de « l’auberge de la Potée lorraine » est extrêmement coquet et attire les visiteurs ; ceux-ci installés partout boivent de la bière lorraine en mangeant de la pâtisserie du pays. Le tout est dominé par la traditionnelle enseigne de campagne.

L’architecte a composé cette enseigne d’une façon originale. Sur le prolongement du pilier d’angle s’élève, sur la couverture, un petit pylône en fer forgé supportant une lanterne carrée de ton rouge orange garnie de verres blancs aux ornements moulés, éclairée à l’électricité. De ce petit pylône se détachent des volutes de fer forgé formant potence de l’enseigne. Celle-ci est ronde, en fer forgé, avec l’inscription « La Potée lorraine » en lettres dorées et ornée en son centre par une marmite également dorée.

La façade arrière porte une autre enseigne en potence de composition similaire, mais de forme hexagonale.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - poteelorraine4.jpg

L’Intérieur

La grande salle a donné l’occasion à M. Pierre Selmersheim de faire une vraie salle d’auberge. Cet architecte habitué à composer des intérieurs remarquables, tel par exemple son vestibule de l’Ambassade à la Cour des Métiers, a tenu, naturellement, à composer tout l’intérieur de cette salle, y compris le mobilier extrêmement simple.

Par suite du gabarit, le plafond se compose de deux parties, l’une horizontale, l’autre en pente épousant celle de la toiture. Ce plafond est rouge vermillon foncé comme toutes les solives ou chevrons qui sont apparents. Cette couleur assortie au même ton du carrelage fait valoir la décoration des murs.

Ceux-ci sont revêtus d’une haute boiserie en chêne ciré avec panneaux en aulne vernis. Cette boiserie est couronnée par des tablettes étroites avec consoles en chêne bordées par une légère barre en fer forgé, elles peuvent supporter des bouteilles ou servir de porte-manteaux.

Au-dessus des portes et des baies des tablettes semblables sont destinées à recevoir des plats, des assiettes.

Deux piliers en bois peints en vermillon et supportant le poutrage de même ton ont sur chacune de leurs faces un porte-manteau en fer forgé de composition extrêmement simple.

La salle est entourée par une large frise, peinte à la fresque, représentant un vol de grandes cigognes sur un paysage lorrain vert tendre aux grands arbres fleuris sur lequel tranchent quelques toitures. Celle belle frise est due à M. Robert de la Montagne Saint-Hubert avec la collaboration de Miss Mary Robinson.

L’ameublement est composé d’un comptoir-caisse également en chêne ciré avec panneaux en aulne vernis, par des buffets et par des chaises en hêtre avec hauts dossiers et paillés. Ces chaises rustiques, comme les tables, sont particulièrement réussies et apportent une note originale à l’ensemble qui est complété par des rideaux blancs rayés d’étroits bandeaux rouges assortis au vermillon de la salle. Les mêmes rideaux garnissent les baies éclairant la cuisine et l’office sur les terrasses.

La réputation de l’aimable M. Pierre Selmersheim étant établie, depuis longtemps des compliments paraîtraient superflus. Nous pouvons terminer cependant cette élude en exprimant le désir de voir beaucoup de petites auberges construites avec le même goût et cette petite pointe de coquetterie.
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Re: L'Auberge de la Potée Lorraine

Message par worldfairs » 23 juin 2018 09:44 am

Plans

Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - Potée Lorraine - Coupe transversale - poteelorrainecoupetransversale.jpg
Potée Lorraine - Coupe transversale
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Potée Lorraine - Plan
Paris 1925 - Architecture, pavillons - L'Auberge de la Potée Lorraine - Potée Lorraine - Dessin - poteelorraine5.jpg
Potée Lorraine - Dessin
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