Les Petits Kiosques de Gérard Beau de Loménie, architecte

Paris 1925 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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Les Petits Kiosques de Gérard Beau de Loménie, architecte

Message par worldfairs » 15 juin 2018 01:37 pm

Article de la revue "La construction moderne" du 13 septembre 1925

En province et souvent à Paris, on trouve des petites constructions enlaidissant la voie publique. Nous connaissons, par exemple, une importante ville de l’Est, fréquentée des touristes, qui a laissé construire sur la place de la Gare, au milieu de beaux jardins, une affreuse maison en bois qui ressemble à un bureau d’embauchage d’ouvriers pour des travaux de voirie, alors qu’en réalité elle a été élevée par... le Syndicat d’initiative pour y donner des renseignements aux voyageurs.

L’Exposition des Arts décoratifs avec ses nombreux marchands de boissons, de gâteaux et de menus objets, a été l’occasion pour les architectes ou les décorateurs de composer et d’exécuter des kiosques d’un aspect agréable. Ces petites constructions font prévoir dans l'avenir des créations intéressantes, plus décoratives que celles que nous sommes habitués à voir. Les kiosques des marchandes des Champs-Elysées sont toujours ceux que nous avons connus il y a quarante-cinq ans et que nos pères avaient vu établir par Haussmann.

Nous présenterons aujourd’hui quatre kiosques composés et construits à l’Exposition par un jeune architecte diplômé par le gouvernement, M. Gérard Beau de Loménie.

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Kiosque Lalanne

Le Kiosque Lalanne

Ce kiosque est de composition simple et économique. M. Lalanne désirant vendre des gaufres et habitué à travailler dans toutes les expositions et foires voulait un kiosque démontable, peu encombrant et largement ouvert. Sa vente étant très spéciale, il n’avait besoin que de peu de place pour présenter ses gaufres et installer son matériel.

Le kiosque est encadré par quatre pylônes qui n’ont que deux faces dans toute leur partie inférieure afin de permettre l’installation de tablettes d’étagères d’angles et quatre faces dans la partie haute où se trouve un éclairage électrique derrière des verres de couleur garnissant des petites ouvertures carrées. Ces pylônes reçoivent huit panneaux démontables fixés par des boulons.

La décoration est en lattis quadrillés et au pochoir.

Le peu d’espace concédé a nécessité la construction d’une cave pour loger les sacs de farine.

Le kiosque a un socle en béton. Les pylônes sont blancs et les panneaux peints à l’huile en ton jaune d’or, avec petites baguettes en lattis groupées trois par trois pour les panneaux inférieurs; les panneaux supérieurs sont de même couleur avec un quadrillage en lattis vert tendre et des grosses roses et des feuilles d’un gros vert exécutées au pochoir.

La construction est entièrement en bois, les pylônes et le parquet en planches de Lorraine, les panneaux et le plafond en contre-plaqué. La fermeture est assurée par des stores roulants en bois peints en jaune clair. L’installation est complétée par l’emploi du gaz et de l’électricité.

Ce kiosque est situe au Cours-la-Reinr en face du Pavillon du « Clos Normand ».

Paris 1925 - Architecture, pavillons - Les Petits Kiosques de Gérard Beau de Loménie, architecte - Kiosque Ryss'Bar - kiosqueryssbar.jpg
Kiosque Ryss'Bar

Le Kiosque Ryss’bar

La propriétaire de ce kiosque désirait une construction économique et assez grande, avec un seul côté pour la vente, étant donnée la situation de cette construction presque adossée au Pavillon de la Provence. La vente de vins ordinaires, de vins fins et de bière s’adresse surtout à des clients attirés en nombre qui doivent être servis sans bousculade et le plus rapidement possible, à un seul comptoir, par un personnel très restreint. Par suite de faibles crédits, l’architecte s’est attaché à une décoration modeste, préférant la réunir au centre et la mettre en valeur par un cadre très simple.

Le kiosque est blanc avec un grand auvent horizontal sur la baie du comptoir et deux petits auvents de même hauteur, mais de faible saillie, sur les faces latérales; l’un de ces derniers surmonte une étroite porte d’entrée.

Les auvents sont décorés par des ovales au trait doré et par trois filets d’or intermédiaires les séparant, ils sont couronnés par une petite moulure or et bordés à leur partie inférieure par une baguette carrée également dorée. Les dessous des auvents sont peints en rouge,
celui surmontant la baie du comptoir est de même couleur avec de larges filets dorés formant trois panneaux ornés à leur centre par un trait d’or en spirale formant motif décoratif.

La porte d’entrée est peinte en rouge, imitation acajou, comme le panneau du comptoir qui est orné par trois lattis dorés groupés trois par trois.
La baie du comptoir est encadrée par une moulure dorée limitant un grand motif d’entourage à fond jaune d’or portant l’inscription Ryss’Bar en lettres peintes en noir et décoré par des fleurs modernes rouges ou noires bordées par des traits d’or.

La décoration extérieure est complétée par deux grands ronds de mince couleur rouge rehaussés de traits dorés.

La décoration intérieure est constituée par le fond même du kiosque tapissé en papier peint de ton rouge légèrement orangé avec fleurs modernes noires et dorées posées en semis. Sur cette tenture aux belles couleurs se détachent, derrière le comptoir, les tablettes noires des étagères et sur les côtés les bâtis peints en noir du kiosque. L’éclairage électrique est composé de trois jolies campanules rouges en verre nervées en saillie par quatre ornements noirs et par une ligne d’ampoules placées sous l’auvent principal.

La construction est entièrement en contre-plaqué, la couverture en rubéroïd. L’installation comprend aussi une petite cave pour les approvisionnements, un fourneau électrique, etc.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - Les Petits Kiosques de Gérard Beau de Loménie, architecte - Kiosque Menvielle - kiosquemenvielle.jpg
Kiosque Menvielle

Le Kiosque Menvielle

M. Menvielle désirait vendre de la pâtisserie fine et des glaces à une clientèle élégante. Le kiosque devait être coquet avec le plus d’ouvertures possible pour la vente; ces ouvertures pouvant être fermées en partie les jours de pluie. Pour celle raison P architecte a adopté des châssis vitrés à glissière, en deux parties, une moitié remontant au-dessus de la fenêtre, l’autre moitié descendant sous la tablette de vente dont une partie est mobile avec charnières et se rabat une fois le châssis descendu.

Le kiosque est de forme octogonale à deux grands côtés placés dans le sens du Cours-la-Reine, trois autres plus petits et d'égale grandeur en forment les extrémités. Sur les longs côtés un grand auvent d’environ 1 m. 20 de saillie permet de consommer à l’abri les jours de pluie, dépassant de beaucoup la largeur des autres kiosques il permet à celui de M. Menvielle d’être vu de très loin sur le Cours-la-Reine. Ces auvents se prolongent sur les autres côtés par un autre de moindre saillie épousant les formes du kiosque. Chaque grand auvent est soutenu par deux consoles de ton crème rainés d’or qui forment un agréable couronnement aux baies principales.

Le kiosque est entouré par un socle en béton et par un haut soubassement peint en rouge avec des filets noirs minces figurant de grands carreaux de revêtement avec petits losanges dorés aux croisements de ces filets; ce soubassement est bordé à sa partie supérieure par un large bandeau d’or sans saillie. Les trumeaux sont de ton crème comme l’épaisseur des auvents. Une large frise rouge entoure le kiosque, elle est ornée de fleurs et de feuilles dorées, exécutées au pochoir et d’un très bel effet décoratif. Cette frise est surmontée d’un large bandeau doré en quart de rond formant corniche au plafond rouge de l’auvent La décoration est complétée par un filet ondulé et des petits ronds dorés agrémentant les façades de l’auvent, bordées en leur partie inférieure par une baguette dorée et en haut par une moulure d’or. L’intérieur du kiosque est jaune orange.

L’installation comprend aussi une rampe d’ampoules électriques placée au-dessous et autour du plafond de l’auvent, l’eau, le gaz et le téléphone.

La charpente est en bois, les enduits en plâtre sur bacula cloué, la couverture en rubéroïd.

Ce kiosque est situé en face du Pavillon de la République Polonaise.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - Les Petits Kiosques de Gérard Beau de Loménie, architecte - Kiosque Grégoire - kiosquegregoire.jpg
Kiosque Grégoire

Le Kiosque Grégoire

Ce kiosque est situé sur le quai d’Orsay, immédiatement après le boulevard de Latour-Maubourg.

La Maison Grégoire fabrique des biscottes et désirait faire plutôt de la publicité que de la vente, d’où cette grande inscription placée entre deux pylônes et éclairée la nuit par un réflecteur dissimulé par le bandeau de couronnement et les deux lanternes au sommet des pylônes.

Le kiosque est de forme rectangulaire, mais son comptoir est en partie avancée à deux pans, il est entouré d’un socle et d’un soubassement peint en rouge, rehaussé de parties dorées et semblable à celui du kiosque précédent. Il est de ton crème' comme les pylônes encadrant l’inscription.

Ces pylônes sont de forme octogonale à quatre petits pans et supportent des lettres en métal doré surmontées par un ornement métallique bronzé.

Un seul côté est réservé à la vente, étant donné le peu de débit, la baie est entourée par une large moulure dorée qui épouse la forme à pans du comptoir. Cette baie est fermée la nuit par trois panneaux rouges à encadrement plat, en saillie et doré.

Les parements du kiosque sont en ton crème comme les faces des pylônes, ils sont surmontés d’une jolie frise particulièrement plaisante; cette frise est rouge à grandes veinures dorées avec un semis de fleurs blanches au petit centre rouge entourées d’un trait d’or. Cette frise est surmontée d’un large bandeau noir orné de losanges blancs en saillie séparés par des ronds également blancs et aussi en saillie, ce bandeau est limité par une baguette basse carrée et dorée et à sa partie supérieure par une moulure également dorée. Ce bandeau forme l’épaisseur d’un auvent large, plat et à pans couronnant la baie avec plafond également rouge.

Les pylônes enfin sont décorés à leur partie supérieure par un large bandeau rouge à fleurs semblables, blanches, entourées d’un trait d’or sur un fond uni sans les marbrures dorées; ce bandeau étant limité par des baguettes et des moulures dorées.

Le kiosque est construit avec une charpente en bois, des enduits en plâtre sur bacula cloué et couvert en rubéroïde. Les lettres de l’enseigne sont en zinc doré. L’intérieur est tapissé avec du papier peint.

Ces quatre kiosques construits par M. Gérard Beau de Loménie comme celui du « Champagne Becker » plaisent beaucoup. Il est à souhaiter que leur auteur se spécialise dans ces petites constructions; la décoration qu’il compose sur un ton rouge, riche et agréable, retient particulièrement l’attention.
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