La Porte d’Orsay

Paris 1925 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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La Porte d’Orsay

Message par worldfairs » 15 juin 2018 01:03 pm

Article de la revue "La construction moderne" du 13 septembre 1925

Cette autre porte monumentale située sur le quai d Orsay, au coin de la rue de Constantine à côté du ministère des Affaires étrangères, est l’œuvre de l’architecte L.-H. Boileau et de ses collaborateurs Léon Carrière et Paul Binet.

Paris 1925 - Architecture, pavillons - La Porte d’Orsay - porteorsay.jpg

Son aspect riche et doré nous rappelle les créations de cet architecte auquel on doit les nouveaux Magasins du Bon Marché, le Restaurant Prunier, tant de somptueuses installations et le Pavillon « Pomone » à l’Exposition des Arts Décoratifs.

La Porte d’Orsay, d’une composition fort originale, est constituée par deux grands montants soutenant une grosse poutre transversale portant une grande « bannière » rigide en métal et un grand abri circulaire protégeant l’entrée et ses tourniquets. Chaque montant s’élève sur un grand soubassement auquel il se rattache sur chaque façade par un amortissement. Chaque soubassement étant décoré à ses extrémités par une sorte de vase moderne du à M. Maestri, sculpteur-ornemaniste.

Le ton des parties foncées est marron, presque noir, les hauts soubassements sont de cette couleur tandis que les parties latérales des montants, véritables pylônes, sont de même couleur marron, mais avec de nombreuses mouchetures dorées. Ces montants ont leurs faces latérales droites et leurs tranches ou façades avec sept décrochements à légers arrondis formant de minces contreforts à cette haute construction. Ces façades sont bordées de chaque côté par un long filet doré et ornées par un haut motif dentelé formant sur chaque montant sept grandes feuilles dentelées, dorées, nervées d’un long filet marron soutenu sur chacun de ses côtés par une ligne de petits ronds de ton gris perle.

Les soubassements ont des vases ronds, modernes, curieusement composés, marrons, rainés d’or avec partie basse à cannelures entièrement dorées.
La « bannière » soutenue par de puissantes attaches métalliques dorées, mobiles sur une forte barre de même ton or que la grosse poutre supérieure est à fond ocre jaune clair décoré par un diapré formé de minces cercles gris pâle. Cette bannière, bordée de chaque côté par un bandeau doré de faible saillie, porte en lettres d’or tracées par un trait noir l'inscription « Exposition des Arts Décoratifs et Industriels modernes — 1925 ».

L’entrée est couronnée par une sorte de plafond circulaire dont l’épaisseur sans moulure ni filet est peinte en marron avec mouchetures d'or et porte l’inscription « Porte d’Orsay » lettres dorées. Ce plafond marron moucheté d’or a son centre évidé, complètement doré formant un creux garni de petits verres ronds ornés et transparents, tel un motif de joaillerie creux, entouré d’une ligne circulaire d’ampoules électriques.
Celte description peut donner une idée de l’effet que peut avoir la Porte monumentale de l’architecte Boileau sous un beau jour d’été ou au coucher du soleil; le matin les nuances sont plus tendres et nous paraissent encore plus délicieuses. L’effet certainement désiré est merveilleusement obtenu.

Mais toute bannière a son revers. Celle-ci dont la face extérieure a été si bien ornée par M. Paul Binet a eu son revers peint par M. Voguet qui nous apparaît comme un décorateur amusant. Son dessin n’est pas exempt de critique, mais la noté générale est gaie, très gaie. La bannière de ce côté, face à l’Exposition, représente « l’art décoratif ». On y voit des personnages assez nombreux et des inscriptions dorées facilitant la compréhension du sujet : la mode, le livre, l’architecture la céramique, le fer forgé, les tissus, le meuble, la sculpture, la peinture. Ne pouvant donner une description détaillée, nous nous bornerons à citer comment ont été représentés quelques arts. Le meuble est représenté par une caisse rouge portant l’inscription « le meuble », la peinture est représentée par une feuille de papier sur laquelle est dessiné au trait la moitié de la forme d’un violon, la sculpture par une femme sans pieds, sans bras, sans tête (parce que l’immense bannière n'était pas assez haute) et par un homme lui plantant quelque part un grand clou ou un ciseau à grands coups de marteau. A la vue d’un tel tableau, la Tour Eiffel devenue noire et complètement pointue dansé sur un de ses quatre pieds en s’inclinant fortement, tandis qu’un pont suit le mouvement sous le poids de constructions blanches à terrasses et semblables à celles que nous avons vues à Djibouti. Le ciel, lui-même, en est bien et il y a de quoi, mais bleu de colère car il semble tourner à l’orage, sa teinte est sombre et pleine de menace pour le grand drapeau de la Tour Eiffel qui paraît avoir été dessiné et peint par une main d’enfant.

Mais à part ce panneau, la Porte d’Orsay est véritablement jolie et l’architecte a su faire riche avec des crédits également peu élevés.
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