La Porte d’Honneur

Paris 1925 - Architecture, pavilions
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worldfairs
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La Porte d’Honneur

Message par worldfairs » 15 juin 2018 01:03 pm

Article de la revue "La construction moderne" du 13 septembre 1925

La Porte d’honneur, composée par MM. Henry Favier et André Ventre, architectes, s’élève à l’extrémité de l’avenue Nicolas-II et au débouché du Pont Alexandre-III sur le Cours-la-Reine; elle a été reproduite si souvent que pour varier nous en donnons une photographie prise de l’intérieur de l’Exposition.

portehonneur.jpg

M. Edgard Brandt qui a collaboré à sa réalisation, aurait préféré certainement une grille plus monumentale, un ensemble plus important avec des pylônes et des socles en pierre qui auraient fait valoir de la véritable ferronnerie; malheureusement les crédits accordés n’ont pas permis de faire plus grandiose et de construire avec des matériaux plus riches et par conséquent plus coûteux. On a fait de la ferronnerie en plâtre et la production des ateliers Brandt pour de la ferronnerie véritable a été limitée à quelques grilles de petites dimensions.

La disposition de l’ensemble est curieuse puisque cette porte monumentale est constituée de chaque côté par des redans formant encadrement à une place précédant la grille d’entrée par laquelle peuvent pénétrer les voitures et sortir les visiteurs. Les deux côtés de l’ensemble sont naturellement symétriques et ont la même disposition. Dans le redan le plus avancé en venant de l’avenue des Champs-Elysées et face à cette avenue est installée une salle, sorte de bureau pour la vente des catalogues et la distribution des tickets délivrés aux porteurs de Bons de l’Exposition, dans les redans successifs s’ouvrent ensuite trois portes ayant chacune deux tourniquets pour l’entrée des visiteurs. Cette disposition aussi simple qu’ingénieuse permet donc, aux jours de grande affluence, de canaliser, de chaque côté, la foule en trois courants entrant dans l'Exposition, ne se dispersant pas à l’intérieur sur un même front, mais sur des fronts successifs. Cette heureuse conception a permis de constater, à certaines journées où la foule était énorme, l’efficacité du plan de MM. Favier et Ventre pour éviter les bousculades et l’embouteillage des visiteurs à l’entrée. La sortie de ceux-ci s’effectue comme nous l’avons dit par la partie centrale fermée par une grille basse.

La décoration a été tirée presque uniquement d’un seul élément composé d’une gerbe d’eau tombant dans des vasques et s’écoulant en chutes successives; cet élément décoratif étant utilisé en différentes formes et en différentes matières.

La tonalité est celle de l’argent sans aucune autre couleur, cette tonalité est trop monotone pour un aussi grand ensemble; nous l’aurions préférée agrémentée de quelques parties dorées et c’est aussi là que l’on remarque — mais trop tard — combien l’idée de pylônes en pierre était préférable.

Les parties constituant l’ensemble sont encadrées par seize pylônes semblables à bandeaux montant demi-cylindriques séparés par des filets, avec une sorte de chapiteau formé par un bandeau de denticules arrondies et longues. Ces seize pylônes sont couronnés par un motif ornemental représentant de l’eau s’élevant en gerbes et retombant de trois vasques en longues chutes formées par des lignes de bandeaux verticaux.

Dans le redan le plus avancé est disposé le bureau dans lequel on accède par une porte ouverte dans un grand cadre en 1er garni de grands panneaux de verre dus au maître Lalique, ornés chacun d’une vasque, d’une gerbe et de chutes d’eau transparentes et de larges bandeaux perlés également transparents sur un fond laiteux. La salle comporte une sorte de grande niche avec comptoir mosaïqué de gris rehaussé de mosaïques noires et dorées. Les parements de la niche, de la salle et le plafond sont de couleur bronze, ornés d’une décoration gravée représentant des catalogues et des plans de l’Exposition, tranchant sur un fond formé par des grandes pièces de monnaie portant le coq gaulois.

Les côtés latéraux des redans sont formés par un grand soubassement supportant une grosse grille, exécutée en staff, de ton argenté comme l’ensemble.. Cette grille est formée par des éléments composés à la base d’une vasque, d’un jet et de chutes d’eau et se continuant sur tonte la hauteur par le même jet et les mêmes chutes mais sans vasques. Celle grille est surmontée par un bandeau avec denticules longues et arrondies, semblables à celles des pylônes, bordée sur les côtés par des ornements modernes et sur la partie inférieure par de grandes écailles d’un nouveau genre et de jolie composition. Les côtés latéraux sont enfin surmontés, à chacune de leurs extrémités, par un petit motif de couronnement représentant toujours une gerbe d’eau s’écoulant en chutes dans des vasques.

La grande baie d’entrée du bureau et les trois portes des tourniquets sont surmontées par un grand panneau sculpté en bas-relief, également argenté et patiné. Ces quatre panneaux dus à M. Navarre, représentent le métal et la forge, la céramique et les fours, le bois et des menuisiers, et enfin les arts ou le commerce. La composition extrêmement moderne nous paraît étrange, le torse nu des travailleurs a l’aspect de leur pantalon, les menuisiers rabotent avec ardeur et les copeaux s’élèvent en volutes dentelées quelque peu effrayantes. Le quatrième panneau est encore plus curieux, les figures des personnages sont exécutées avec beaucoup de laisser-aller et font valoir le chapeau melon, plus finement exécuté, d’un monsieur auquel trois femmes, en file indienne, présentent des objets d’art; sur la droite un autre personnage représente à, la fois une dame dans un grand manteau avec un chapeau extraordinaire ou un ouvrier en blouse coiffé d’une casquette et chaussé de gros sabots. Un auvent plat, large cl à petits paris, couronne chacun de ces panneaux sculptés, son épaisseur est ornée également des minces denticules appliquées à l’ensemble.

De l’axe de chaque porte et parallèlement aux faces latérales des redans part une rampe en fer forgé exécutée par M. Brandi avec supports terminés par un motif formant gerbe et chutes d’eau. La grille basse de la grande entrée bien composée, noire, rehaussée de parties dorées, est assortie à un grand motif en fer forgé agrémenté d’or séparant les deux tourniquets placés à chaque porte.

L’ensemble est enfin bordé extérieurement par une haie et du gazon tranchant bien sur cette architecture argentée.

Pour conclure on peut estimer que les architectes Henry Favier et André Ventre ont tiré un excellent parti et le maximum des crédits trop faibles mis à leur disposition.
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