Orfèvrerie de M. Veyrat - Groupe III. — Classe 21

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Orfèvrerie de M. Veyrat - Groupe III. — Classe 21

Message par worldfairs » 21 mai 2018 10:36 am

Texte de "L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée"

Paris 1867 - Arts, design, mode - Orfèvrerie de M. Veyrat - Groupe III. — Classe 21 - Orfèvrerie - Ganymède - orfevrerieganyméde.jpg
Orfèvrerie - Ganymède

On voit dans la rue de France, vis-à-vis l’entrée du salon de la bijouterie, une charmante statue qui représente Ganymède enlevé par Jupiter. Ce sujet allégorique est de ceux qui conviennent merveilleusement à l'ornementation des pièces d’orfèvrerie qu’il est de mode de placer en surtouts de table. L’auteur du Ganymède est M. Moulin; cette œuvre lui a valu, ainsi que nous l’avons déjà dit dans une revue générale de l’orfèvrerie, une récompense au salon annuel.

Mais ce n’est point seulement à cause de son mérite incontestable que nous avons reproduit cette délicieuse statue. Elle est pour nous le type des tendances artistiques d’un exposant digne d’encouragement, M. Veyrat, récemment nommé juge au tribunal de commerce. C’est dans les vitrines de M. Veyrat que figure la réduction de l’œuvre de M. Moulin.

Sans doute afin de conserver à l’artiste tout le mérite artistique de son oeuvre, M. Veyrat n’a pas fait retoucher cette pièce à la ciselure, car la retouche est ordinairement indispensable quand il s’agit de préparer un' modèle pour les opérations de la reproduction métallique.

La reproduction du Ganymède, telle que Si. Veyrat se propose de l’exécuter indique que sa fabrication est entrée depuis plusieurs année déjà dans la voie de la grande orfèvrerie massive.

Pendant quinze ans M. Veyrat a lutté avec avantage contre le plaqué anglais. C’est en 1830 qu’il eut l’idée d’appliquer à l’orfèvrerie d’argent le procédé usité pour la fabrication du plaqué ordinaire. Il fut imité par ses confrères, et l’on peut dater de cette époque le grand accroissement de l’exportation française pour l’orfèvrerie.

Les procédés du tour et de l’estampage permettent de fabriquer à des prix relativement très-bas. C’est ce qui explique la présence dans la vitrine de M. Veyrat de divers objets d’apparences absolument les mêmes, et qui sont cotés cependant à des prix notablement différents.

Or, ce qui distingue l’orfèvrerie d’art proprement dite de l'orfèvrerie ordinaire, c’est l’usage du marteau, de la fonte et de la ciselure pour la première; du tour et de l’estampage pour la seconde. On comprend vite combien le travail manuel et tout artistique du premier procédé entraîne des frais supérieurs à ceux des moyens mécaniques du second procédé.

La fabrication deM. Veyrat a constamment suivi une marche ascensionnelle. C’est ainsi que lorsque les brevets galvaniques d Elkington et de Ruolz tombèrent dans le domaine public(IR55), cet exposant organisa dans ses ateliers 1 exécution de ce genre de produits auxquels la maison Cbristofle doit sa célébrité.

Je terminerai cette courte étude de l’orfèvrerie de M. Veyrat, en faisant remarquer que c’est à une persévérance digne de tous nos éloges que cet exposant doit le rang élevé auquel il est parvenu, et que parti, en 1815, d’une petite échoppe de la corderie, il est arrivé à posséder aujourd’hui l’un des établissements les plus importants de Paris, par l’aménagement et le nombre des ouvriers.
Pour tout savoir sur les expositions universelles et internationales.
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